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Insémination pour toutes par Internet

HETERHOMO : en Fance le don de sperme n’est autorisé que pour des stériles hétérosexuels

Voilà une dicrimination à laquelle on doit mettre fin

Se faire faire un enfant par un coït furtif est un vol de paternité, il vaut mieux s’adresser à une entreprise danoise, à condition d’avoir l’argent.

Pas besoin d’aller au Danemark, l’importation illégale se fait par Internet et avec son médecin.

Il en coûte en moyenne environ 1200 € pour réussir.

Publié le 17 septembre 2008

Tourisme de fertilité au Danemark

cyberpresse

Un cycliste danois promène sa joyeuse marmaille à Copenhague. Photo Jean Goupil, La Presse

Marc Thibodeau
Les Vikings repartent en campagne.
L’invasion des Vikings passe par des fioles où sont congelés les spermatozoïdes de leurs descendants danois.
L’épicentre de ce singulier retour de l’histoire se trouve à Copenhague, dans les locaux de Cryos, l’une des plus importantes banques de sperme d’Europe, voire de la planète.

Le président de l’entreprise, Ole Schou, souligne que les donneurs danois de l’entreprise sont responsables de la naissance de 12 000 enfants répartis dans une soixantaine de pays.

Troels Larsen est l’un de ceux qui contribuent à son succès.
L’étudiant en physiothérapie de 23 ans vient une fois par semaine faire un don dans une clinique discrètement aménagée dans un immeuble résidentiel du centre-ville.

Après quelques minutes dans une cabine décorée de quelques affiches suggestives, il ressort avec un petit contenant qu’il remet à une technicienne.
Celle-ci se charge aussitôt d’analyser la motilité des spermatozoïdes avant de déposer la fiole dans un contenant de nitrogène liquide.

Le jeune homme empoche ainsi chaque mois 400 euros, un « bon supplément » à sa bourse d’études.

L’anonymat vaut de l’or

_ Il a choisi de faire des dons sans préserver son anonymat de manière à permettre aux enfants qui naîtront grâce à lui de connaître un jour leur père biologique.
La plupart des donneurs refusent cependant d’en faire autant.

« Je ne veux pas que quelqu’un se présente à ma porte dans 20 ans en disant que je suis son père », souligne Jacob Heiden, un jardinier de 25 ans, également donneur chez Cryos.

La préservation de l’anonymat, selon M. Schou, est l’une des raisons qui expliquent la croissance de sa banque de sperme, qui dispose d’une succursale à New York et s’apprête à en ouvrir une en Inde.

Plusieurs pays voisins, dit-il, ont interdit le don anonyme au cours des dernières années, ce qui a fait fuir les donneurs potentiels au point de créer de graves pénuries.

Faute de pouvoir bénéficier rapidement d’un don de sperme dans leur pays, nombre de couples désireux de recourir à la procréation assistée viennent de Suède, de Grande-Bretagne ou d’ailleurs pour consulter les cliniques danoises.

La Dre Ursula Bentin-Ley, qui travaille dans une clinique de fertilité de Copenhague, souligne que le quart de la clientèle de l’établissement est d’origine étrangère.
Les gens viennent aussi bien de France que d’Allemagne ou d’Italie, où une loi interdit carrément les dons de sperme et d’ovules.

Des risques à prendre

D’autres États libéraux, comme la Belgique, tirent profit de ce « tourisme de fertilité ».
L’entrée dans l’UE de plusieurs pays de l’Est où les traitements peuvent coûter sensiblement moins cher n’a fait que renforcer le mouvement.

Guido Pennings, éthicien belge, a écrit récemment que la diversité législative en Europe doit être vue comme une « valve de sécurité » permettant aux personnes dont les valeurs diffèrent de celles de la majorité de trouver une réponse à leurs besoins.
Il ne faut pas pour autant, souligne-t-il, minimiser les risques posés par le tourisme de fertilité.

Certains États autorisent des interventions qui seraient jugées trop risquées ailleurs. Une Française de 44 ans qui s’était rendue en Grèce pour contourner les restrictions de la loi française est ainsi tombée dans le coma en juin après avoir accouché de triplés.

Les normes sanitaires varient aussi largement d’un pays à l’autre.
L’UE a produit l’année dernière une directive très restrictive sur les tissus humains qui vise à protéger le public, mais plusieurs pays tardent à l’implanter, selon Mme Bentin-Ley.

Dons interdits

Ironiquement, cette loi pourrait avoir pour effet d’accroître encore les mouvements internationaux en entraînant la fermeture de banques de sperme mal équipées.
« Toute mesure qui tend à diminuer l’offre va pousser les gens à aller voir ailleurs  », souligne M. Schou, qui a accepté à plusieurs reprises d’expédier des fioles dans des pays où le don de sperme est strictement interdit.
L’entreprise préfère laisser porter aux médecins la responsabilité juridique de ces envois plutôt que de refuser.
« Il est difficile pour nous de chercher à imposer des normes éthiques puisque ce qui est inacceptable dans un pays peut être tout à fait acceptable dans l’autre
 », souligne-t-il.

Par Cyrille, 26 janvier 2007 : En direct du Danemark :

« Félicitations, c’est un Viking ! » Comment une banque de sperme danoise est partie à la conquête du marché de l’insémination.
Par Anne-Françoise HIVERT QUOTIDIEN : 20 janvier 2007 source www.liberation.fr Århus (Danemark) envoyée spéciale Il mesure 1,80 m et pèse 78 kg. Ses cheveux sont châtain clair. Ses yeux marron, teintés de vert. Et ses lèvres « de taille normale » . Boie est danois. Sympa. Sportif. Bosseur. Artiste à ses heures, il a déjà vendu plusieurs de ses toiles. Le reste du temps, il prépare une maîtrise de biologie moléculaire. Il vise le doctorat. Une histoire de famille sans doute : ses parents sont titulaires d’un doctorat. Sa soeur, elle, dirige un établissement scolaire. Boie est l’archétype du gendre idéal.
Et pourquoi pas le géniteur des enfants que vous ne parvenez pas à avoir, faute de spermatos vaillants ? Inutile de réserver un billet d’avion pour Copenhague. Vous ne rencontrerez jamais Boie, qui n’est d’ailleurs qu’un pseudonyme. Un coup de téléphone de votre gynéco à la banque de sperme danoise Cryos International, basée à Århus, suffira. Vous recevrez, sous vingt-quatre heures, les précieux gamètes de cet apprenti Picasso, prêts à être inséminés.

Avec un stock de 75 000 paillettes (mini éprouvettes contenant chacune quelques millions de spermatos congelés), des ventes qui ont atteint 2 millions d’euros en 2006 et plus de 12 000 naissances à son actif dans une cinquantaine de pays, Cryos est aujourd’hui considéré comme un leader sur le marché du sperme, disputé par des dizaines d’opérateurs privés, notamment aux USA.
La banque danoise fait florès sur le créneau de l’enfant de type nord-européen, avec un site en anglais orné d’un bébé blond aux yeux bleus et d’un slogan : « Félicitations, c’est un Viking ! » Le fondateur de Cryos, Ole Schou, dément toute tentation eugéniste : « Nous ne vendons pas de superbébés, mais nos donneurs sont scandinaves et la référence aux Vikings est un moyen de nous faire connaître. »
La majorité des clients américains sont d’origine nord-européenne, précise-t-il. « Et c’est parce qu’ils veulent un enfant qui leur ressemble qu’ils s’adressent à nous
 », déclare Claus Rodgaard, le directeur du bureau new-yorkais ouvert par Cryos.
La folie du « sperme scandinave » a également atteint les côtes britanniques. En 2002, le tabloïd The Sun raillait déjà : « Si les Danois viennent à notre rescousse, ce ne sera pas la première fois dans l’histoire qu’une grosse quantité de leur sperme se retrouvera ici.
Il y a plus de mille ans, le sperme danois était distribué par les Vikings, que les vierges britanniques le veuillent ou non. » Et en novembre, le journal britannique The Times titrait sur « la conquête du monde par le sperme danois ».

112 euros la paillette

Celle-ci commence au 2e étage d’un immeuble ordinaire situé dans le centre de la ville universitaire danoise d’Århus, où des hommes viennent déposer leur semence. Pas de publicité sur la façade. « Nous essayons de rester discret pour ne pas gêner nos donneurs », explique Thomas Ebbesen, laborantin chez Cryos.
Les locaux sont accueillants. Des spermatos bleus défilent sur les murs blancs, des photos de marmots à la mine épanouie complètent le décor.
Un gobelet en plastique à la main, un jeune homme blond aux yeux clairs entre dans l’une des deux pièces insonorisées, face à l’accueil. Sur une table basse, quelques revues de charme.

Les films pornos sont réservés aux hommes souhaitant congeler leur sperme avant de subir un traitement anticancer susceptible de les rendre stériles : « C’est plus difficile pour eux », explique Ole Schou. Le donneur ressort, rapide. Le contenu du gobelet est examiné au microscope avant d’être congelé dans des paillettes, à ¬ 196 ° C. Celles-ci y resteront pendant six mois au minimum.
Le temps de vérifier que la sérologie du donneur est bien négative. Puis leur contenu sera de nouveau analysé, pour compter le nombre de spermatozoïdes mobiles, survivant à la congélation, paramètre dont dépend la qualité du sperme… et son prix de vente.
Une paillette de qualité moyenne, contenant quelques millions de spermatos, sera vendue 112 €.
Il faut en acheter une douzaine en moyenne, estime-t-on, pour avoir un enfant, les inséminations ne réussissant pas à tous les coups.
La détermination d’un prix du sperme humain, selon sa « qualité », ne semble pas déranger Ole Schou. « C’est le mécanisme qui permet à l’offre et la demande de se rencontrer », commente ce diplômé de l’université d’économie d’Århus.
Quitte à en faire une banale denrée ? Ole Schou précise, très politiquement correct, que son objectif est d’ « aider les couples qui ne peuvent pas faire d’enfant ».

La première banque de sperme humain a ouvert aux Etats-Unis en 1963. Profitant de la législation danoise qui autorise les établissements privés à recueillir les dons de gamètes, Ole Schou fonde Cryos en 1987.

Ses premiers clients sont des hommes qui s’apprêtent à subir une chimiothérapie. Pas rentable. Mais en mai 1991 il livre ses premières paillettes à une clinique privée.
« Une semaine plus tard, nous avions une première grossesse, puis cinq autres la semaine suivante. »
Depuis, Cryos affiche un taux de réussite de 30 % dès la première insémination, contre 10 % pour les autres banques.
Réputation qui lui a permis d’ouvrir en 1994 deux bureaux à Copenhague et Odense, tandis que son principal concurrent danois fermait boutique en 2006.

250 donneurs triés sur le volet

La banque dispose aujourd’hui d’un catalogue de 250 donneurs, souvent des étudiants, dont les profils détaillés sont accessibles sur l’Internet, moyennant finance.
Leur description ¬ physique et sociale ¬ sert à rassurer les futurs parents, selon Ole Schou : « Si vous alliez dans un bar à la recherche d’un géniteur pour vos enfants, n’essayeriez-vous pas d’en savoir un peu plus sur les hommes qui sont là ? » Tous ont été testés, assure Cryos.
Par des examens sanguins et génétiques destinés à éliminer les porteurs de maladie infectieuse (sida, hépatite…) et de quelques affections héréditaires communes comme la mucoviscidose.
Par un long questionnaire supposé sonder l’état de santé de la parentèle (pour écarter les prédispositions à certaines maladies) et la motivation du don. Et par un entretien avec un médecin. Un candidat sur dix seulement serait retenu.
Une fois sélectionnés, les donneurs continuent de subir des tests sérologiques tous les trois mois.
En cas de révélation d’une contamination, leurs paillettes seront immédiatement détruites. « Mais ça n’est jamais arrivé », précise Thomas Ebbesen.
La plupart des donneurs viennent une ou deux fois par semaine. Certains tous les jours.
La législation danoise autorise 25 procréations par donneur (contre 10 en France) pour prévenir les risques de consanguinité. Mais l’exportation du sperme danois a permis de lever cet obstacle. Une poignée des donneurs de Cryos a déjà engendré une centaine d’enfants.

Si le Danemark interdit la rémunération du don du sperme, il autorise le versement d’une « compensation financière », exonérée d’impôt.
Son montant varie en fonction de la quantité et de la qualité du sperme, mais tournerait à plus de 15 € par don.
Cette « compensation », souligne Ole Schou, permet de garantir un approvisionnement régulier en sperme, une des clés du succès de la société
.
Car en Europe la tendance à la pénurie se trouve aujourd’hui aggravée dans les pays comme la Grande-Bretagne, qui ont interdit l’anonymat du don.

Un réseau de banques franchisées

Inquiets de se voir traquer par des rejetons, les donneurs ont déserté les banques de sperme. « Quel homme voudrait voir débarquer dans son jardin, le jour de ses 50 ans, une vingtaine d’inconnus qui l’appellent papa ? » interroge Joergen Grinsted, directeur de la clinique de fertilité Trianglen, à Copenhague.
Résultat : les files d’attente pour bénéficier d’un don de gamètes s’allongent en Grande-Bretagne, à tel point que certains couples choisissent une insémination à l’étranger, dans les pays aux législations plus laxistes.
En Belgique, par exemple, mais au Danemark aussi, où depuis le 1er janvier femmes seules et lesbiennes ont accès à la PMA, dont l’insémination avec donneur.
Désormais, environ 10 % des patientes de la clinique Trianglen sont étrangères. La plupart viennent de Norvège, de Suède et du Royaume-Uni. Un tourisme de la fertilité qui touche aussi la France : Cryos affirme avoir contribué à la naissance d’au moins 200 bébés français ces dernières années.
La banque assure même avoir collaboré avec une poignée de médecins français, en toute illégalité puisque l’importation de sperme est interdite en France.

Si la majorité des clientes de Cryos se sont faites inséminer dans leur pays, avec un sperme envoyé sur commande, Ole Schou voit plus loin et travaille au développement d’un réseau international de banques « franchisées ».
La première sera inaugurée aux Etats-Unis, début mars, et Cryos négocie avec la République tchèque, la Norvège et l’Espagne.
Ole Schou est convaincu que seuls quelques établissements dans le monde survivront aux réglementations de plus en plus exigeantes sur la sécurité sanitaire des dons de gamètes et autres prestations du baby business . Il espère que Cryos sera bien l’un d’entre eux.

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Citations

"Où est passée l’instruction civique pour enseigner les principes de liberté d’égalité et de fraternité et ses conséquences en terme de conduite dans la vie de tous les jours, des valeurs qui, lorsqu’elles ne sont pas appliquées, oppriment". Heterhomo.

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