Concert pour tous mardi 21 mai à la Bastille !
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Concert pour tous mardi 21 mai à la Bastille !
Lutter contre les stéréotypes de genre
Dans la classe
De manière générale
Lors des entretiens, les enseignant-e-s nous ont signalé que les différences entre les filles et les garçons se font surtout remarquer à partir de la deuxième maternelle, c’est-à-dire à partir de trois ans et demi, quatre ans environ.
C’est à ce moment-là que les enseignant-e-s travaillent sur la
différence entre les sexes, plus particulièrement sur les différences physiques.
Les filles et les garçons apprennent notamment à se reconnaître en tant que garçon ou fille lors de l’apprentissage du schéma corporel.
De manière plus générale, les enseignant-e-s observent également des
différences de comportement entre les filles et les garçons.
« Les garçons sont plus bagarreurs (physiquement), ils aiment jouer. »
« Les filles crient plus et aiment travailler. »
« Les filles vont moins facilement jouer avec des voitures qu’avec les poupées alors que les garçons vont jouer avec les voitures mais aussi avec les poupées. »
Les garçons vont plus facilement utiliser les jeux à d’autres fins et les filles, quant à elles, respectent plus facilement les ‘règles’ du jeu.
« Dans ma classe les garçons ont imaginé que les cerceaux étaient des voitures et se sont amusés à faire des courses de voitures. »
Les filles aiment les détails.
« Les filles sont soucieuses des détails notamment en termes de petite motricité et les garçons sont plus à l’aise avec la grande motricité. »
Les enseignant-e-s nous ont également signalé que les enfants développent les mêmes compétences, mais pas forcement au même moment. A la fin de l’année scolaire, filles et garçons confondus de la même classe auront développé les mêmes compétences.
Lors de l’apprentissage du schéma corporel, les enfants développent une idée sur les différences entre les filles et les garçons et se nourrissent des stéréotypes.
Il est donc important de faire le lien entre l’apprentissage du schéma corporel et l’existence des stéréotypes sur les filles et les garçons et de ne
pas se limiter à la différence entre les sexes.
Les différences perçues entre les filles et les garçons relatées par les enseignant-e-s sont partagées par beaucoup.
Toutefois, l’important est de ne pas généraliser.
Ainsi, pour chaque exemple stéréotypé, les enseignant-e-s interviewé-e-s pouvaient donner des exemples contraires : des garçons qui aiment
travailler des détails et dessiner à longueur de journée ou des filles ayant besoin de beaucoup se dépenser.
Évitons donc d’enfermer les filles et les garçons dans des schémas stéréotypés prédéfinis.
Cela leur permettra de réaliser librement tout leur potentiel individuel, qu’il soit plutôt conforme aux attentes de la société (un comportement ‘normal’ ou ‘attendu’ d’une fille ou d’un garçon) ou qu’il soit justement différent.
Les stéréotypes sont une réalité à laquelle nous – enfants comme
adultes – pouvons difficilement échapper, ils catégorisent notre
vision de la société.
Il est donc important de permettre aux filles et
aux garcons de développer leur sens critique en les confrontant aux
stéréotypes.
Par exemple, en menant une réflexion sur les activités choisies habituellement et en les amenant à découvrir d’autres activités qu’ils ne choisissent pas fréquemment.
Donc, se développer librement veut aussi dire amener les filles et les garçons à développer leur sens critique en découvrant d’autres activités
qu’ils n’auraient pas choisies habituellement.
Ces différentes activités leur permettront d’élargir leur champ de compétences et, plus tard, de faire des choix plus libres.
¤ Séparer les filles et les garçons comme principe organisateur ?
Les enseignant-e-s interrogé-e-s mélangent les filles et les garçons de manière systématique, mais certain-e-s utilisent parfois le sexe comme principe organisateur pour des questions de facilité.
« Quand nous sortons de la classe, je demande aux enfants de faire une rangée de filles et une de garçons, c’est plus facile. »
« Lors de la collation, je regroupe les filles entre elles et les garçons entre eux. »
« Pour descendre l’escalier menant à la cour de récréation, je demande aux garçons de se mettre ensemble et à l’avant afin de ne pas bousculer les filles, qui elles, sont placées à l’arrière. »
D’autres pratiques :
« Lorsque je lis une histoire aux enfants, je leur demande de se mettre en cercle. S’ils chahutent trop, je les dispose de manière alternée, une fille-un garçon-une fille, afin que le groupe soit plus calme. »
« Pour faire deux lignes, je demande parfois aux enfants avec des vêtements rouges et verts de se mettre en ligne et aux enfants restant de faire une autre ligne à côté. »
« Je préfère laisser les enfants choisir la ligne dans laquelle ils veulent se mettre, indépendamment de leur sexe. »
En utilisant le principe organisateur ‘un garçon-une fille-un garçon-une fille…’ dans le seul but de calmer l’agitation de la classe, l’on risque de renforcer le stéréotype de la ‘fille sage’ et du ‘garçon bruyant’.
Dans ce cas-ci, le fait de changer tout simplement certains enfants plus turbulents de place peut parfois suffire.
Sauf but précis (éventuellement, l’apprentissage des différences physiques), il n’y a pas de plus-value ou d’intérêt particulier à séparer les garçons des filles lors d’activités diverses et surtout pour une raison d’organisation.
Les derniers exemples repris dans l’encadré montrent qu’il n’est pas compliqué
d’organiser la classe à partir de principes plus neutres, comme par exemple la création de deux lignes distinctes selon les couleurs de vêtements des enfants.
¤ Feed-back (retours)
Les enseignant-e-s réagissent directement à ce qui se produit en classe et notamment lorsqu’un enfant exprime un stéréotype sexiste.
« Un jour, Xavier a pris un crayon rose pour dessiner et Valentine lui a répondu que c’était une couleur pour les filles. Quand j’ai entendu cela, je suis intervenue tout de suite et j’ai demandé à Valentine de me dire pourquoi elle pensait ainsi tout en lui expliquant que les garçons comme les filles peuvent dessiner avec un crayon rose. Aucune couleur n’est plus destinée à
une fille qu’à un garçon.
« Lors d’une activité cuisine, Aïcha (4 ans) a expliqué que ce sont les mamans qui font à manger.
Gilles a répondu, fâché, que ce n’était pas vrai, les papas aussi cuisinent, tout comme le sien. Je suis intervenue et nous avons discuté de cette répartition des tâches avec tous les enfants en concluant qu’autant les mamans que les papas peuvent faire à manger. »
« Lors de l’heure de psychomotricité, j’ai proposé aux enfants de faire de la corde à sauter et Jérôme m’a dit que la corde à sauter était une activité de ‘filles’. J’ai donc cherché un exemple inverse et lui ai expliqué que les boxeurs s’entraînent eux aussi avec une corde à sauter. Il n’a plus rien dit et a également fait de la corde à sauter. »
« En discutant de ce sujet avec vous, je me rends compte qu’une fois, j’ai en effet répondu à un petit garçon de ma classe qui était en train de pleurnicher à cause d’un léger bobo : « ça va mieux maintenant, arrête de pleurer, tu es un grand garçon courageux, non ? »
Ce n’est pas
toujours facile de se rendre compte des messages que l’on transmet. Ils sont parfois dits de manière spontanée et inconsciente. »
Grâce aux entretiens, nous avons pu remarquer que le concept de genre, et plus particulièrement les différences entre les filles et les garçons, est une thématique rarement travaillée en classe.
En général, les enseignant-e-s réagissent directement sur ce qui peut se produire en classe et notamment lorsqu’un enfant exprime un stéréotype sexiste.
La réaction des enseignant-e-s amène le plus souvent une discussion
avec l’enfant qui a exprimé les stéréotypes sexistes et, si la remarque est importante, ils-elles en font même une discussion collective avec les enfants.
Il n’est pas toujours facile de rendre compte des messages que l’on transmet. Ils sont parfois dits de manière spontanée et inconsciente.
Le dernier exemple nous montre qu’il faut rester vigilant à ne pas renforcer un stéréotype,
« C’est normal que…car tu es une fille ou c’est normal que…car tu es un garçon ».
Ce n’est pas parce qu’il est un ‘grand’ garçon ‘courageux’ qu’il ne peut pas pleurer.
Les messages les plus anodins que l’on transmet spontanément peuvent imprégner fortement les enfants, tout comme les adultes, et sont souvent lourds de stéréotypes.

"Drames personnels, rejet familial, scolaire ou professionnel, blessures intimes, désespoir : l’homophobie est une violence sociale encore méconnue qui continue à briser des vies" Bertrand Delanoë