Islam et Homosexualité par Omar Nahas
Selon l’Islam, l’activité sexuelle entre gens de même sexe est un péché.
Mais cette condamnation explicite ne suffit pas à expliquer l’homophobie musulmane.
La consommation d’alcool, par exemple, est également condamnée par l’Islam ; pour autant, elle n’entraîne pas de réaction phobique à l’encontre de ceux qui s’y adonnent. C’est donc que l’homophobie musulmane ne tient pas seulement à des raisons religieuses.
Quoi qu’il en soit, dans le Coran apparaissent plusieurs épisodes qui semblent justifier l’homophobie. L’histoire de Loth par exemple, est rapportée entièrement ou partiellement dans 13 chapitres différents : 7:80-84, 11:69-83,15:51-77, 21:71-75, 22:42-43. 25:40, 26:159-175, 27:54-58, 29:28-35, 37:133-138, 50:12-13, 54:32-40, 66:10.
Ces surates décrivent les forfaits du peuple de Loth, débauche sexuelle, mais aussi vol de caravanes et viol des passagers.
Les crimes sexuels du peuple de Loth ne concernent pas seulement l’homosexualité, car ils avaient des rapports sexuels avec les « créatures mâles », comme l’indique la surate 26:15, terme générique désignant les jeunes garçons, les bébés, voire les animaux de sexe mâle.
Même les actes strictement homosexuels semblent toujours accompagnés de violence. Ainsi, ces hommes de luxure tentent de forcer les hôtes du prophète à avoir des relations sexuelles avec eux. La réprobation qui pèse sur ces pratiques concerne donc à la fois la débauche et la violence sexuelles. C’est pourquoi le peuple de Loth fut détruit par Dieu, qui ensevelit la ville sous un déluge de pierre.
Dans les termes du Coran, les « actes du peuple de Loth » ne sauraient être désignés par le terme homosexualité tel que nous l’entendons aujourd’hui, lorsque nous désignons une relation réciproque entre deux adultes de même sexe, sur la base de l’amour, du respect et de l’égalité.
Lorsque les musulmans d’aujourd’hui assimilent les homosexuels au peuple de Loth, ce qu’ils redoutent en fait, c’est d’être violés ou sexuellement manipulés, ce qui n’a rien à voir avec la prohibition religieuse de l’homosexualité masculine ou féminine.
Cette prohibition apparaît dans un autre passage du Coran, qui n’évoque pas le peuple de Loth, mais « la turpitude » (fahisha) 7 : 33. L’homosexualité est condamnée d’un point de vue théologique, mais ne reçoit pas de sanction terrestre.
En effet, la réprobation générale qui pèse sur les relations homosexuelles se fonde sur la spiritualité, et n’a pour les individus qu’une valeur éthique.
Cette valeur éthique demeure une affaire entre le croyant et son Dieu.
Il ne devrait donc pas y avoir de conséquences pratiques ou de punitions terrestres pour les actes homosexuels.
Il en va de même pour tous les actes qui transgressent la loi, sans pour autant causer de tort à une autre personne.
S’opposant à cette approche libérale, il existe des interprétations selon lesquelles les homosexuels doivent être lapidés. Cette sanction est choisie à dessein, car on veut voir dans les homosexuels d’aujourd’hui une sorte de réincarnation funeste du peuple de Loth : Dieu a fait tomber une pluie de pierre « céleste » sur le peuple de Loth ; c’est pourquoi, de même, les homosexuels doivent être lapidés.
Au-delà du Coran, l’homosexualité semble être condamnée également par le Prophète Mahomet. De manière tout à fait significative, il utilise les termes même du Coran, évoquant ainsi « les actes du peuple de Loth ». C’est dire encore une fois que ce dont parlent les textes saints n’est pas ce que nous désignons aujourd’hui sous le terme « homosexualité ».
Mais au fil du temps, les termes utilisés pour désigner ces réalités subissent une évolution notable. Alors que Mahomet parle des « actes du peuple de Loth », les interprétations médiévales comme celle de Al Fakhr Ar-Razi parlent de Liwat.
En réalité, l’homosexualité n’est pas toujours condamnée dans les traditions musulmanes. Lorsque les commentateurs anciens évoquent les « actes du peuple de Loth », ils condamnent sévèrement le viol homosexuel, mais ils sont bien moins sévères à l’égard de l’homosexualité de deux adultes s’aimant mutuellement.
Bien qu’un grand nombre de pays musulmans aient une législation relativement « tolérante » à l’égard de l’homosexualité, il est certain que le Coran et les textes islamiques peuvent toujours être utilisées de manière opportune pour condamner l’homosexualité.
De nos jours, les associations homosexuelles en pays musulman sont rarissimes. En revanche, dans les pays d’émigration, plusieurs organisations se sont constituées comme Al-Fatiha, groupe multi-ethnique basé aux Etats-Unis et en Angleterre, Kelma, en France et en Belgique, ou Yoesuf aux Pays-Bas.
Texte de Bab el Houria
D’abord, avant de parler d’homosexualité, il faut savoir que la vie d’un musulman, croyant et pratiquant, est régie par une minutieuse législation "la Chariâ".
Ce sont des lois basées sur l’interprétation à la fois de la parole du Dieu, inscrite dans le Coran (livre sacré et divin des musulmans) et de la coutume de son Prophète Mohamed (la Sunna), dont la source principale est les "dits" (Hadith) du Prophète et ses gestes.
On distingue, toutefois, les "Sunnites" qui sont les partisans de la "Sunna" à l’opposé des "Chiites" qui vénèrent plutôt son gendre "Ali".
La question sexuelle n’échappe pas à l’interprétation par ces textes.
Pour aborder la position que prennent les législateurs islamiques (Oulama= savants=théoligiciens de l’Islam) vis à vis de l’homosexualité, il est nécessaire de clarifier le regard qu’ils portent sur la sexualité "normale" (hétérosexuelle).
Avant tout il faut savoir que toute relation sexuelle doit se faire dans le cadre du lien sacré et divin du mariage.
Tout autre acte hors ce cadre est condamnable.
"La fornication" est un péché capital qui peut aller jusqu’à la lapidation des fautifs et fautives.
Par contre peu des religions valorisent autant la volupté charnelle que l’Islam. Le plaisir sexuel considéré chez les chrétiens comme un péché originel, devient pour l’islam un don qu’il convient d’accepter, d’en jouir et de s’y avouer corps et âme.
(Les exemples ne manquent pas, entre autres, la polygamie, avec des restrictions toutefois, et le mariage de jouissance…)
En même temps cet acte est considéré comme un acte religieux, car dans l’islam l’accouplement ne vise pas seulement la procréation mais il manifeste aussi l’harmonie de l’ordre divin, dont la distinction entre masculin et le féminin et leur complémentarité constituent la base élémentaire.
"De toute chose on a fait un couple. Puissiez-vous vous en souvenir" (Extrait du Coran, Sourat 51,Adh-Dhâriyât, verset 49)
Ainsi la chasteté et le célibat sont diabolisés : "Le célibataire est le frère du diable" (Le Prophète Mohamed) car cela équivaut à s’abstenir de témoigner de sa chair de cette harmonie de la création.
A cet égard l’homosexualité, mais surtout plus précisément "l’efféminat" de certains homosexuels, comme la virilité de la garçonne, sont considérés comme une transgression des frontières entre homme et femme et donc une violation de cette harmonie.
Le Coran aborde l’homosexualité entre autres en condamnant le peuple de Loth (ou loût, peuple de Sodome et Gomorrhe) dans leurs pratiques sexuelles, mais toutefois plus modérément que dans la version biblique.
Ainsi dans la Sourat An-Naml (Les fourmis) versets (54-57) Loût, quand il dit à son peuple : « Vous livrez-vous à la turpitude alors que vous voyez clair". [54] Vous allez aux hommes au lieu de femmes pour assouvir vos désirs ? Vous êtes plutôt un peuple ignorant. » [55]
Puis son peuple n’eut que cette réponse :
« Expulsez de votre cité la famille de Loût ! Car ce sont des gens qui affectent la pureté. [56] Nous le sauvâmes ainsi que sa famille, sauf sa femme pour qui Nous avions déterminé qu’elle serait du nombre des exterminés. »[57]
Ces versets furent révélés au Prophète Mohamed par fragments séparés. Le terme "Tajhaloun" signifie "ignorer" ce qui atténue, d’après certains auteurs, quelques part, "la flétrissure morale dont sont victimes les homosexuels" et laisse entr’apercevoir que le châtiment qui leur est infligé est dû principalement au fait qu’ils ont démenti "un messager de Dieu".
L’exemple" du peuple de Loth est mentionné à ce titre dans plusieurs versets du Coran. Ainsi dans la Sourat(7)d’Al-Arâf (80-82) il figure entre les "exemples" du peuple du "Prophète Salah" et du peuple Madyan et leur "leur frère Chouayb", deux peuples qui ont transgressé les recommandations de leurs Messagers.
Et Loût, quand il dit à son peuple :
« Vous livrez vous à cette turpitude que nul, parmi les mondes, n’ a commise avant vous ? [80] Certes, vous assouvissez vos désirs charnels avec les hommes au lieu des femmes ! Vous êtes bien un peuple outrancier. » [81]
Et pour toute réponse, son peuple ne fit que dire : « Expulsez-les de votre cité. Ce sont des gens qui veulent se garder purs ! » [82] Musrif" en arabe signifie "impie et outrancier" alors que la règle en islam, en général, est la modération.
D’autre part, Le Coran promet aux croyants qu’au paradis ils seront servis par des éphèbes (se dit du très beau jeune homme, à l’origine l’adolescent grec qui faisait son service sportif et civil avant d’entrer dans l’âge adulte "éphébie").
Les poêtes et les sultans ne cessaient d’invoquer ces promesses pour justifier les relations illicites qu’ils entretenaient .
Mais pour la plus part des "Oulamas" il n’y a pas à chercher une interprétation plus profonde que celle mentionnée : « L’homosexualité est la turpitude des turpitudes », la condamnation est donc claire et nette.
Pour la Sunna, la condamnation de la pédérastie est catégorique : « Lorsque vous trouvez deux hommes accomplissant le péché de Loth, mettez-les à mort, le passif comme l’actif » (le Prophète Mohamed).
…Ce "hadith" ne laisse aucun autre recours aux Sunnites que le rejet des pratiques homosexuelles.
Néanmoins, une telle condamnation aussi lourde que la "fornication" entre deux adultes (homme+femme) adultères ne se prend pas à la légère.
Une telle accusation de "fornication" requière le témoignage de quatre musulmans, mâles, majeurs dont l’honorabilité testimoniale est reconnue. Et qui devront attester d’avoir vu l’action de pénétration du membre sexuel du "fornicateur".
Tout est fait donc pour décourager le témoignage et surtout la calomnie.
Ce qui laisse présager que certaines pratiques (Soft) échappent à cette règle extrême.
D’autre part, pour certaines branches de l’islam, c’est l’émission du sperme qui détermine l’acte sexuel plus que la pénétration elle-même car c’est le sperme qui contient les germes de vie et c’est lui qui assure la continuité de cette harmonie de Création.
Toute entreprise de cette source de vie, dans un engendrement hors du cadre du lien sacré du mariage, est sévèrement condamnée.
Etant donné que l’acte homosexuel n’est pas susceptible d’engendrer la vie, plusieurs personnes se sont accommodés en quelques sorte de l’homosexualité.
D’ailleurs les pratiques homosexuelles sont moins mal vue que l’adultère chez certaines de ces sociétés.
Au lecteur de ces lignes, il apparaîtrait que ces textes traitent de l’acte sexuel dans tous ces détails mais laissent des marges d’interprétation et d’accommodation plus ou moins larges. L’homosexualité représente 10% de la population mondiale pour ceux qui ne se cachent plus, Et on peut compter 15 et 17% au total.
Certaines coutumes ou religions ou même lois, dans certains pays dont le notre obligent au silence et au secret, mais ne le renions pas, ils existent par la nature même si la " normalité " créée par l’Homme les rejette : s’ils sont là , c’est qu’Allah l’a permis. Et si Allah a permis qu’ils soient sur la terre auprès de nous tous, je ne pense pas que ce soit pour qu’on ait de la haine pour eux. Allah a voulu que les êtres soient différents, certainement pour nous apprendre à aimer plus que nous-mêmes.
Musulman, croyant… les mots ne doivent pas séparer les êtres humains.
Sans approfondir les arguments Freudiens, en se penchant sur les sociétés musulmanes on constate que les mâles vivent dans un système dont ils sont les piliers. L’homosexualité reste le seul exutoire pour ceux que leur trop-plein de virilité encombre. Il faut dire que la ségrégation entre les sexes et l’interdiction de tout rapport avant le mariage, ne fait que renforcer cette tendance.
D’autant plus que , comme partout en Méditerranée, seuls sont considérés péjorativement comme homosexuels les partenaires passifs alors que les actifs développent une réputation de virilité débordante qui leur apporte la considération et l’estime des autres parfois.
Ce regard que porte la société sur la virilité provoque des réactions parfois ironiques :
Les partenaires actifs sont obligés d’adopter parfois des comportements dévalorisant vis à vis des passifs qui peuvent aller jusqu’à l’humiliation devant les hétérosexuels.
Les qualificatifs d’homosexuels et bisexuels sont ainsi complètement reniés pour éviter tout soupçon de sentimentalisme mettant en cause leur virilité.
Ainsi les relations se résument dans la plupart des cas à des simples rapports d’assouvissement des besoins sexuels. Le tout en cachette, car l’homosexualité est légalement interdite par la loi, mais toutefois tolérée si elle reste discrète. Les sentiments sont ainsi discrédités et révoqués , et donc tout autre cadre de vie en commun, en couple est complètement exclus par la société.
Dans les milieux traditionalistes profondément rattachés à la religion, les passifs sont consid\érés comme des personnes inférieures, immatures, et simples d’esprit.
Tandis que les actifs sont traités de bestiaux et de pervers.
Entre le rejet de la religion et celui de la société l’homosexuel arabe préfère rester dans le placard pour éviter ce jugement péjoratif et honteux, son destin est le mariage forcé ou la solitude et la déprime et dans les cas limites le suicide.
Seules les personnes des sphères bien aisées de la société peuvent "affirmer" cette appartenance, mais ils restent cloîtrés dans leurs cercles privés.
Dans le cas des "Beurs", Français d’origine maghrébine généralement, à ce rejet de la famille et des "semblables" se greffe le rejet de la société en tant qu’étranger !" et le risque accroissant de la maladie.
L’homosexuel "Beur" se trouve ainsi sans "racines" ni "espoirs".
Ces derniers temps cette "Communauté a commencé à s’organiser pour sortir au jour et revendiquer leurs droits à la reconnaissance.
Mais si cet appel ne trouve pas d’échos chez les Maghrébins de France, ces homosexuels risquent de se claustrer dans un ghetto comme les autres communautés homosexuelles.
En conclusion, l’homosexualité a connu des périodes moins stressantes que de nos jours.
Les sociétés arabo-musulmanes n’ont pas cessé d’accommoder l’application de la "Chariâ" à leur train de vie et leurs aspirations .
L’émergence de temps en temps des courants fondamentalistes qui n’admettent pas ce contexte remet en cause cette évolution.
L’homosexualité n’échappe pas à cette règle de balancement entre fermeté et tolérance (néanmoins marginalisée). Elle a existé et elle existera toujours.
Mais il faut peut être attendre trés longtemps pour voir une reconnaissance franche des homosexuels dans les pays arabo-musulmans.
Pour replacer le débat dans un autre contexte, il faut je pense bien considérer que les religions - Islam ou christianisme - définissent des normes qui visent à conduire l’individu à la sainteté.
Si tous le hommes - voire simplement tous les musulmans ou tous les chrétiens - étaient des saints, on l’aurait remarqué depuis longtemps et l’humanité n’en serait pas où elle en est !!!
Le respect des interdits charnels n’est donc qu’un des aspects de la recherche de la sainteté, il est loin d’être le seul et il n’est probablement pas le plus important. Le propre des péchés liés à cet aspect des choses c’est qu’ils sont mesurables et dénombrables alors que tel n’est pas le cas des recommandations en matière d’amour de son prochain, de charité , voire de simple respect du bien d’autrui, tous domaines où on trouve aisément des arrangements avec sa conscience !
On me permettra de penser que l’exploitation de la misère des hommes - même conjuguée avec l’assistance à la messe ou le respect de la charia - est infiniment plus condamnable que le fait pour deux hommes de s’aimer en toute liberté entre eux.

