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“Kaboom”, première Queer Palm du Festival de Cannes

suivi de Cuchillo de Palo

http://www.yagg.com/2010/05/22/kabo…

Publié par Yannick Barbe

Exclusif : Tout sur la Queer Palm, le premier prix gay du Festival de Cannes !


Ce samedi 22 mai, à la veille du palmarès officiel, la première Queer Palm (en partenariat avec Yagg) de l’histoire du Festival de Cannes a été décernée au film Kaboom, de Gregg Araki (Mysterious Skin, Nowhere).

La Queer Palm, initiative “off festival” lancée par le journaliste Franck Finance-Madureira (qui a également couvert l’actualité de cette édition cannoise pour Yagg), récompense un film présenté à Cannes, toutes sélections confondues (Sélection officielle, Un Certain Regard, La Semaine de la Critique, La Quinzaine des réalisateurs), “pour sa contribution aux questions lesbiennes, gays, bi ou trans”. Kaboom était présenté hors-compétition, en Sélection officielle (lire la critique du film).

Le film devrait sortir sur les écrans français à la rentrée 2010.


Retour sur “un rêve devenu réalité” et une aventure hors du commun avec Franck Finance-Madureira, qui répond à nos questions.

Pourquoi avoir choisi Kaboom, de Gregg Araki, pour cette première Queer Palm ? Le film a-t-il fait l’unanimité auprès du jury ?

Kaboom est un film complètement queer : le héros est bisexuel et sa meilleure amie est lesbienne, tout cela ne pose absolument aucun problème et la sexualité est au centre même du film, une sexualité fluide et libre qui a beaucoup séduit les membres du jury.
Les jurés ont beaucoup échangé sur les quatre très bons films qui se dégageaient des sélections cannoises : Kaboom, Les Amours imaginaires, Cuchillo de Palo, et Tournée que nous avons trouvé aussi vraiment queer.

Que gagne le film avec ce prix ? Le film sera soutenu toute l’année par l’organisation de la Queer Palm et sera “chouchouté” par les médias partenaires.
Yagg s’est engagé à offrir une campagne de publicité sur son site et Première et Studio Ciné Live, partenaires presse du prix, sauront mettre le film en valeur lors de sa sortie.

Les films de cette édition 2010 étaient quand même moins gay-friendly que ceux de l’année dernière, non ? Y a-t-il assez de films pour une Queer Palm ?
C’est vrai que l’année dernière était particulièrement riche en termes de films traitant des thématiques lesbiennes, gay, bi et trans’. Mais les quelques films dont nous avons débattu cette année ont suffi à créer une réelle émulation et je crois que tous les membres du jury sont très fiers d’avoir participé à cette première édition.

Quel bilan fais-tu de cette première édition ?
Un souvenir marquant ?

C’était un rêve qui devenait réalité et j’ai eu la chance d’avoir un jury absolument exceptionnel. La quinzaine a été riche en échanges et j’espère que l’année prochaine les membres du jury 2010 seront là pour passer le relais aux membres du jury 2011 !
La réunion des délibérations restera pour moi un souvenir très très fort et, même si après 15 jours à Cannes, tout le monde est un peu épuisé, je suis déjà impatient d’assister aux délibérations du prochain jury !

Quelles ont été les réactions des professionnels ? De nouveaux soutiens depuis le début de l’aventure ?
Les réactions du milieu associatif, des journalistes et des professionnels du cinéma ont été extrêmement bienveillantes ! La Queer Palm a été le vrai buzz de ce Festival et tout le monde en parlait !
Côté partenaires, j’étais déjà très heureux d’avoir réuni autour d’un prix un site LGBT et les deux plus grands magazines de cinéma en France que sont Première et Studio Ciné Live : c’est la première fois que les deux titres “rivaux” associent leur image sur un événement.
Pour ce qui est des annonceurs, un peu frileux avant la création, les contacts sont en train de se mettre en place et j’espère ainsi pouvoir monter l’édition 2 de la Queer Palm un peu plus facilement et sereinement que cette année.

La suite de la Queer Palm, c’est quoi ?
C’est accompagner Kaboom toute l’année, c’est rencontrer les organisateurs de festivals LGBT dans le monde entier, c’est constituer un jury aussi intéressant que celui de cette année (avec la parité hommes/femmes, j’y tiens beaucoup !), c’est continuer à être passionné par le cinéma et à en parler le mieux possible sur Yagg ! Un beau programme !

Kaboom, de Gregg Araki (Sélection officielle – Hors-compétition) : Crazy ! Gregg Araki a fait son chef d’œuvre (Mysterious Skin, inspiré du roman éponyme en 2005), ce qui n’est pas donné à tout metteur en scène.
Mais il avait l’envie folle (encouragé en cela par John Waters) de refaire un film plus personnel et complètement issu de son imaginaire comme l’était Teen Apocalypse, sa fameuse trilogie des années 90 (Totally f**ed up, The Doom Generation, Nowhere).

Et pour le coup, il est revenu à ses fondamentaux : un film débridé, complètement lâché et en même temps, d’une totale maîtrise en terme d’image.
Le scénario est complètement dingue puisqu’autour du personnage de Smith (Thomas Dekker), bisexuel autoproclamé “sans étiquette” qui trippe sur son coloc’ à la fac, s’articule une faune assez réjouissante et potentiellement maléfique. Pour vous mettre en appétit : sa meilleure amie sort avec une “sorcière” (la Marseillaise Roxane Mesquida, vue chez Catherine Breillat), Smith se tape une bonne copine de temps en temps mais ne rechigne pas à se faire embarquer par un bear marié sur une plage nudiste, et son voisin de chambrée surfeur passe son temps à s’entraîner à l’auto-fellation ou à la lutte gréco-romaine en sous-vêtements avec son meilleur pote.
Araki avoue avoir voulu faire son Twin Peaks, sa série culte. Et quand il revisite l’absurde de Lynch à la sauce série américaine sur un campus, on peut dire que ça dépote. Un peu trop pour certains car pendant les (nombreux) éclats de rire dans la salle, quelques silhouettes s’évadaient le plus discrètement possible. Dommage, car le dernier quart d’heure digne d’un “previously” de série américaine (vous savez, le résumé avant le nouvel épisode où défilent les extraits-clés des scènes avec les révélations les plus marquantes) est le final le plus hilarant jamais vu sur grand écran !

Exclusif : Le teaser déjanté de « Kaboom », de Gregg Araki

http://yagg.com/2010/08/24/exclusif-le-teaser-dejante-de-kaboom-de-gregg-araki/

Publié par Yannick Barbe

Yagg vous propose de découvrir en exclusivité le teaser de Kaboom. Vous allez faire la connaissance de quelques personnages, dont l’ultra-sexy Thor. Alors, gay ou hétéro ?

Pour voir le teaser, cliquez sur l’image ci-dessous :


KABOOM - 2ème extrait
envoyé par wildbunch-distrib. - Court métrage, documentaire et bande annonce.

ET ENCORE


KABOOM - 3ème extrait
envoyé par wildbunch-distrib. - Court métrage, documentaire et bande annonce.

Gregg Araki : « Kaboom est un film mûr sur une période immature »

Têtu par Louis Maury 02 octobre 2010

INTERVIEW. Le réalisateur « queer » culte raconte à TÊTU comment il a abordé son nouveau film, qui pourrait rencontrer un large public. Et il révèle que son prochain projet est un film d’horreur… Smith va avoir 19 ans, il est à l’université.
Il fantasme sur son colloc Thor qui est un surfeur beau et idiot (son idéal masculin), et ne quitte pas sa meilleure amie Stella, une lesbienne déjantée.
Mais la nuit, en rêves, peut-être prémonitoires, il assiste à un meurtre.
Il va tenter alors de découvrir ce qui se passe…

Bien connu des cinéphiles, Gregg Araki a une belle légion de fans, mais sa nouvelle comédie fantastico-nihiliste, très réussie, pourrait être un vrai succès public.
Kaboom

COMPLÈTEMENT DINGUE

Et pour le coup, avec Kaboom, Araki revient à ses fondamentaux avec un grand film queer : débridé, complètement lâché, sans tabou et, en même temps, d’une totale maîtrise visuelle.
Le scénario est complètement dingue puisqu’autour du personnage de Smith (Thomas Dekker, « cutissime »), bisexuel autoproclamé « sans étiquette » qui trippe sur son coloc à la fac, s’articule une faune assez réjouissante et potentiellement maléfique.
Pour vous mettre en appétit : sa meilleure amie (Haley Bennet, révélation à suivre) sort avec une « sorcière » (la Marseillaise Roxane Mesquida, vue chez Catherine Breillat), Smith se tape une bonne copine de temps en temps (l’incroyable Juno Temple) mais ne rechigne pas à se faire embarquer par un musclé bear marié sur une plage nudiste, et son voisin de chambrée surfeur passe son temps à s’entraîner à l’auto-fellation ou à la lutte gréco-romaine en sous-vêtements avec son meilleur pote.
Araki avoue avoir voulu faire son Twin Peaks, sa série culte.
Et que dire du dernier quart d’heure ! Digne d’un « previously » de série américaine (vous savez, le résumé avant le nouvel épisode où défilent les extraits clés des scènes avec les révélations les plus marquantes), c’est le final le plus hilarant jamais vu sur grand écran !

Rencontre avec le cinéaste américain, grand amateur de cinéma tricolore, tout surpris de l’intérêt que lui porte la France…

TÊTU : Kaboom, sous des dehors de film américain, est en fait une production largement soutenue par la France. Votre cinéma est-il plus facile à financer en France qu’aux Etats-Unis ?

Gregg Araki : Les français aiment toujours le cinéma. Ce n’était pas un gros budget, je voulais avoir beaucoup de liberté et plus vous avez d’argent, moins vous êtes libre. Je voulais être à la fois drôle, sexy, outrageant et inquiétant. Kaboom est un film unique, un peu comme l’a été Twin Peaks… mais sûrement plus drôle !

« La post-adolescence, c’est la période de tous les possibles. C’est une source d’inspiration idéale pour le cinéma. » Vous jouez ici sur l’univers du teenage movie, un genre à part entière du cinéma américain. Pourquoi avez-vous voulu revisiter le mythe de la bimbo, du geek, du sportif ?

Il y a une fascination de la culture américaine pour ce genre. La post-adolescence, c’est la période de tous les possibles. Vos émotions sont plus fortes, vos questionnements plus chaotiques. C’est une source d’inspiration idéale pour le cinéma. A 19 ans, vous êtes totalement dans le flou sur votre futur, votre identité sexuelle, votre carrière. C’est cela que j’avais envie d’explorer avec Kaboom. Avec une pointe de nostalgie. Quand vous êtes au cœur de cette période, elle vous angoisse. Mais quand vous l’avez quittée, vous y pensez presque comme à un âge d’or. Ce sont peut-être les plus belles années de votre vie…

Présenté à Cannes, le film a été très bien reçu, non seulement par vos fidèles, mais aussi par un public plus large. Vous avez envie avec le temps d’être plus grand public ?

C’est plutôt une affaire de maturité. Kaboom est mon premier film mûr qui parle d’une période totalement immature. A l’époque de Doom Generation, le nihilisme était le reflet de mon immaturité à l’époque. J’étais peu sûr de moi, angoissé. C’est mon film Nine Inch Nails ! Kaboom est une sorte d’enfant de mes deux dernières œuvres, Smiley Face et Mysterious Skin. Smiley est mon film le plus léger, Mysterious le plus sombre. Kaboom est en l’enfant hybride de ce croisement.

Vous vous sentez plus apaisé aujourd’hui ?

J’ai un regard presque paternel sur les troubles de l’adolescence. Je suis passé à travers tant de choses que j’ai un regard beaucoup plus posé sur les choses qui m’entourent.

Quand vous avez débuté, on a beaucoup parlé de l’avènement du Queer cinéma, une notion qui semble s’être évanouie aujourd’hui ?

Je pense que le Queer Cinéma était le reflet très précis d’une époque : la fin des années 80 et le début des années 90.
Le sida faisait des ravages, il fallait se battre en ne sachant rien du lendemain. Mon premier film, The Living End, capturait la rage et l’énergie que j’avais alors. Il y avait une sorte de désespoir qui nous rendait combatif. Regardez Swoon (de Tom Kalin) ou Poison (de Todd Haynes), la même rage les habitait. Je ne pense pas que les jeunes gays réalisent à quel point les nuages noirs étaient à l’époque au-dessus de nos têtes. On assistait à un génocide quotidien. Le Queer cinéma, c’était tout cela.

La lutte contre l’homophobie n’est-il pas le combat à mener aujourd’hui ?

Si, mais je pense que la situation est moins tendue aujourd’hui. Dans les collèges, les lycées, l’orientation sexuelle des élèves n’est plus majoritairement un problème. Qui aurait pu imaginer il y a deux ans que la question du mariage homo serait un tel débat de société aux Etats-Unis ? La société a beaucoup évolué en quinze ans. (Note de la rédaction : cet entretien a été réalisé avant la vague de suicides de jeunes qui a beaucoup ému aux Etats-Unis, lire notre article)

Que vous l’aimiez ou pas, vous avez un statut d’icône gay. A Cannes, vous avez reçu un accueil de rock star !

Je ne me vois pas du tout comme cela. Au dernier festival de Deauville, je signais des autographes, on y analysait très doctement les films, c’est très flatteur. Et un peu intimidant. Mais à L.A., je ne suis pas harcelé ! Je ne peux m’imaginer dans la peau d’un Quentin Tarantino ou d’un John Waters. Cela doit être effrayant…

On dit que vous préparez un film d’horreur ?

Oui ! Creeps, ce sera un film doté d’un plus gros budget. Mais rassurez-vous, ce sera subversif. Mes fans seront ravis et le grand public aussi !

LE FILM DU JOUR

Cuchillo de Palo (108), de Renate Costa (sélection Acid) : Mon oncle, mon père, ces héros.

Renate Costa signe un premier long métrage documentaire au titre énigmatique qui fait référence à un dicton espagnol qui dit que “Chez le forgeron, le couteau est de bois”, et, par ricochet, à la tradition familiale des Costa qui veut que tous les hommes soient forgerons.

Rodolfo, l’oncle de Renate, était différent, il voulait être danseur. À travers cette enquête sur sa propre famille, Renate se retrouve à enquêter sur l’affaire des “108″ (une liste d’homosexuels) qui fut à la fin des années 50 le précédent fondateur d’une homophobie d’État, mais aussi sur un complot sordide qui, pour protéger le fils du dictateur Alfredo Stroessner d’une sombre histoire de meurtre, déclencha une nouvelle stigmatisation des homosexuels. Grâce aux témoignages puissants qu’elle recueille, la cinéaste dresse en creux le portrait de son père. Au-delà du propos politique, les scènes père-fille sont absolument sublimes, on les croirait écrites par un scénariste-dialoguiste de génie. Ce documentaire ambitieux et un peu brut sur la forme, est, au final, une plongée extrêmement sensible dans l’homophobie ordinaire.
Le coup d’essai bouleversant d’une jeune cinéaste à suivre de près.

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Citations

"Que la femme écoute l’instruction en silence, avec une entière soumission. Je ne permets pas à la femme d’enseigner, ni de prendre autorité sur l’homme ; mais elle doit se tenir dans le silence. Car Adam a été formé le premier, Ève ensuite ; et ce n’est pas Adam qui a été séduit : c’est la femme qui, séduite, est tombée dans la transgression. Néanmoins, elle sera sauvée en devenant mère…" St Paul, Épître aux Éphésiens-V, 22-24 1ère Épître à Timothée-II 11-14

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