Concert pour tous mardi 21 mai à la Bastille !
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Concert pour tous mardi 21 mai à la Bastille !
Têtu par Cécile Strouki 22 avril 2011,
Actuellement visible à Paris dans un premier one-woman-show détonnant, la comique nous en dit un peu plus sur la visibilité lesbienne et la difficulté de s’assumer quand on travaille dans le show business.
A 37 ans, Karine Dubernet, qu’on avait découverte dans Le Gang des Potiches, présente actuellement son premier one-woman show, au Point Virgule.

Vous avez jusqu’en juin pour découvrir ce spectacle qui présente une galerie de personnages tous plus exubérants les uns que les autres.
C’est drôle… et en plus ça parle de lesbiennes. Rencontre.

Regardez deux extraits de Karine Dubernet dans l’émission On n’demande qu’à en rire :
TÊTUE : Dans ton spectacle, il est question d’homosexualité. Tu parles de ton amour pour ta copine de classe, Sabrina, du Marais, de gays… C’était important pour toi d’en parler ?
Karine Dubernet : Le spectacle s’inspire de mon quotidien.
Et le monde gay en fait partie !
Sabrina a vraiment existé : à 6 ans, j’étais fascinée par elle.
Il fallait donc que j’en parle.
Pour me moquer de moi. Pour aider tous ceux qui en souffrent, c’est ma façon de militer.
Mais aussi parce que, pendant 27 ans, je l’ai caché à tout le monde. Maintenant que je m’assume complètement, je refuse de retomber dans le mensonge.
Au contraire, je veux montrer qu’il n’y a rien de grave à être lesbienne, que ça peut même être drôle.
As-tu été tentée de faire une pièce seulement sur le sujet ?
Je suis justement en train d’écrire un vaudeville qui parle d’homoparentalité et de coming-out, à travers un couple de femme, dont l’une est enceinte.
Comment réagit le public quand tu parles d’homosexualité ?
Je n’ai jusque-là jamais eu de réactions négatives ou agressives.
Seulement des gens qui rient quand je dis que j’aime Sabrina.
Ça m’étonne vachement ! Peut-être qu’ils sont plus tolérants que ce que je pensais…
Comment expliques-tu le fait que certaines artistes dissimulent leur attirance pour les femmes ?
Il y a en effet beaucoup de lesbiennes tapies dans l’ombre, à part Océanerosemarie qui en a fait le sujet de son spectacle.
La plupart des réalisateurs, des agents et des acteurs conseillent aux artistes femmes de taire leur homosexualité pour que le public continue de fantasmer et ne les mette pas dans une case.
En France, on catalogue vite les gens. Donc si tu le dis, tu risques de te retrouver cantonnée à des rôles de lesbiennes, d’avoir plus de difficulté à trouver du travail et de perdre une grande partie du public.
A la base, on fait du show-biz, donc faut un produit qui fait vendre.
Or, être homo, ce n’est malheureusement ni populaire ni fédérateur.
Le fait de l’assumer t’a-t-il valu des remarques ?
Oui, quand j’ai commencé le one-woman-show, on m’a reproché de ne pas être assez douce, assez féminine, assez maquillée…
Les gens veulent être rassurés sur la personne qu’ils ont en face d’eux : si c’est une femme, elle doit être jolie, fine.
Mais moi, sur scène, mon but, c’est pas de faire un défilé de mode !
En tant que comédienne, je suis une créature transgenre qui se travestit, fait des grimaces, transforme sa voix.
Pour convaincre, j’utilise le gag, la création de personnages marquants… C’est par là que je revendique ma féminité.
La bande-annonce de son spectacle :
Karine Dubernet vous éclate, du dimanche au mardi à 21h15, au Point Virgule, Paris Photos : Ingrid Mareski

L’homophobie contribue à la propagation du SIDA dans de nombreux pays : « l’épidémie continuera tant que les homosexuels ne pourront pas réclamer un traitement sans craindre pour leur sécurité ». Elton John.