2 lesbiennes mariées légalement par erreur !
Deux lesbiennes, dont l’une trans, vont se marier à Nancy
Têtue par Rédaction (avec agence) mardi 31 mai 2011,
Stéphanie, une femme trans toujours considérée comme un homme par l’état-civil, devrait épouser sa compagne samedi, quelques heures avant la marche des fiertés LGBT de Nancy.
Bientôt un mariage entre deux femmes ?
Selon les bans publiés par la ville, deux lesbiennes vont se marier samedi à Nancy.
L’une d’elles, née homme, est en effet toujours considérée comme tel par l’état-civil.
Stéphanie, née Stéphane il y a 59 ans, a expliqué avoir subi une intervention chirurgicale pour avoir un corps de femme, mais elle refuse de fournir à la justice les documents attestant de cette opération.
Des documents qui sont exigés pour un changement de sexe à l’état-civil selon une jurisprudence établie par la Cour de cassation en 1992, régulièrement dénoncée par les associations.
Début avril, la Cour d’appel de Nancy a confirmé cette position, arguant que la requérante n’apportait aucune preuve « de nature intrinsèque » de son changement de sexe. Stéphanie s’est alors pourvue en Cassation.
HETERHOMO : faute de pouvoir officialiser son identité de genre, comme lot de consolation, et félicitations de cette fausse république, elle a le droit au mariage, elle !
Quelques heures avant la Marche des fiertés
En attendant, c’est officiellement en tant qu’homme que Stéphanie épousera sa compagne samedi à Nancy. La cérémonie aura lieu quelques heures avant la Marche des fiertés LGBT qui aura lieu dans cette ville.
Les deux futures mariées n’ont pour l’instant pas souhaité s’exprimer avant la célébration de leur union.
En 2005, deux femmes, dont l’une trans et considérée comme un homme par l’état-civil, avaient déjà tenté de se marier.
Le maire de Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine), Patrick Ollier -actuel ministre chargé des relations avec le Parlement- avait saisi la justice.
Le parquet de Nanterre s’était alors opposé au mariage de Camille et Monica, le considérant comme « une provocation ».
« Situations paradoxales »
La Cour d’appel de Versailles avait confirmé cette position en juillet 2005, estimant que « l’intention matrimoniale alléguée » par les deux candidates au mariage n’était « pas conforme à celle qu’induit l’institution matrimoniale du mariage en l’état du droit ».
Le 17 mai dernier, lors de la journée internationale contre l’homophobie et la transphobie, GayLib avait interpellé Jean-François Copé sur la question des trans et du mariage.
Dans une lettre adressée au secrétaire général du parti de la majorité, le groupe homo de l’UMP indiquait « le changement des papiers d’identité (…) crée des situations encore paradoxales.
En effet, lorsque nous sommes en face de situations de transexualités qui aboutissent à des situations d’homosexualité. »
Face à ces situations nouvelles, le plus simple serait alors selon GayLib d’ouvrir « le droit au mariage pour tous les Français ».
Avec AFP.
COMMUNIQUE DE PRESSE DE TRANS AIDE (ASSOCIATION NATIONALE TRANSGENRE) DU 1ER JUIN 2011
Quand deux femmes se marient en France… Souhaitons-leur tous nos vœux de bonheur !
Le 4 juin 2011, en Lorraine, ce sera la Marche des Fiertés LGBT, plus déterminés que jamais à exiger l’égalité au sein de la République quel que soit son sexe, son orientation sexuelle, ou son genre.
Mais c’est aussi la journée où la République verra célébrer l’union de deux femmes à la mairie de Nancy.
Comment une telle cérémonie peut-elle avoir lieu en France, pays de l’homophobie et de la transphobie d’État, refusant à la fois le mariage des personnes homosexuelles et le changement d’identité sur simple demande pour les personnes transgenres ?
Tout simplement en mariant une personne transgenre de genre féminin, Stéphanie Nicot, qui n’a pas encore eu son changement d’état civil, avec Élise, sa compagne. Ensemble depuis plusieurs années, elles ont décidé de s’unir devant leurs proches, des parents et amis, à la mairie de Nancy.
Femme et lesbienne dans la vie quotidienne et aux yeux de tous, Stéphanie
Nicot n’est pourtant pas reconnue comme telle par l’État français qui se
déconsidère en refusant, depuis des années, de changer son état civil.
Elle serait donc, si l’on en croit l’étrange logique gouvernementale,
hétérosexuelle, puisque toujours « de sexe masculin »… sur ses papiers
d’identité !
Voilà comment ce mariage de deux lesbiennes est conforme à la législation
française. Peu importe : pour Élise et Stéphanie, c’est avant tout
l’engagement de deux personnes qui s’aiment.
Alors, en attendant que le mariage républicain soit ouvert en France à tous et toutes, comme c’est déjà le cas dans de nombreux pays européens, souhaitons à ces deux femmes tous nos vœux de bonheur !
Pour Trans Aide, La secrétaire nationale Delphine Ravisé-Giard
Deux lesbiennes, dont une transgenre, se disent « oui » à Nancy
Têtu par Rédaction 05 juin 2011,
Les errements judiciaires dont sont victimes les transgenres ont cependant permis à Stéphanie, toujours considérée par un homme par l’état civil, d’épouser Elise, samedi à Nancy.
Deux lesbiennes se sont mariées samedi à Nancy dans la stricte application de la loi républicaine puisque Stéphanie, transgenre, est toujours considérée comme un homme.
Un « pied de nez militant » alors que le mariage entre personnes de même sexe reste interdit en France.
« Un symbole »
« Il s’agit du premier mariage en France sur ce modèle-là », a reconnu Laurent Hénart, adjoint (Parti Radical) au maire de Nancy.
Le procureur de la République à Nancy avait observé, quelques jours avant l’union, que l’« on ne (pouvait) pas empêcher un homme et une femme de se marier ».
« C’est un symbole pour les millions de gays et lesbiennes qui aimeraient avoir les mêmes droits, pour que la France devienne un vrai pays républicain », ont déclaré Stéphanie Nicot, née Stéphane, 59 ans, et sa compagne Elise, 27 ans
Les mariées ont ensuite rejoint la Marche des fiertés lesbiennes, gays, bi et trans (LGBT) qui a rassemblé 2.000 personnes dans la cité lorraine.
« Très humaniste »
La mairie dirigée par André Rossinot a par ailleurs déclaré que « la logique de ce mariage avait été celle de l’application républicaine de la loi », en précisant que la cérémonie s’était faite de manière « très humaine, très humaniste ».
Les deux femmes, en couple depuis quatre ans, ont exprimé leur « émotion », lors de ce mariage « qui se voulait un moment d’amour et de tendresse avec nos proches », ont-elles expliqué devant la presse à l’issue de la cérémonie.
La témoin de mariage d’Elise a cependant regretté que l’adjoint au maire qui a uni les deux jeunes femmes ait « appelé Stéphanie Nicot sous son ancien prénom masculin ».
« Drame des transgenres »
Mme Nicot dit avoir subi une intervention chirurgicale pour devenir une femme, mais elle refuse de fournir à la justice les documents attestant de l’opération.
La présentation de tels documents est indispensable pour obtenir le changement de sexe à l’état-civil, en vertu d’une jurisprudence établie par la Cour de cassation en 1992.
« C’est une situation un peu folle », a-t-elle ajouté, en observant que « le problème auquel (elle est) confrontée n’est pas résolu ».
Début avril, la cour d’appel de Nancy a confirmé son refus du changement d’identité de Stéphanie Nicot, qui s’est pourvue en cassation.
« Paradoxalement, en nous discriminant, on nous a fait le plus beau cadeau », a réagi Stéphanie lors d’une conférence de presse.
Selon Laurent Hénart, « le vrai scandale, ça n’est pas que deux femmes se marient, c’est de voir que Stéphane est devenue Stéphanie et qu’il n’est toujours pas reconnu comme tel.
Ce mariage, c’est le drame des transgenres », a-t-il ajouté.
À Montreuil, le mariage de Sophie et Sarah
Publié par Judith Silberfeld
http://yagg.com/2011/09/11/a-montreuil-le-mariage-de-sophie-et-sarah/
Sophie Lichten, vice-présidente du Comité Idaho chargée des questions trans’, et Sarah Colin, présidente de l’association Balad’loisirs, se sont mariées hier, samedi 10 septembre, à la mairie de Montreuil.
Un mariage en mairie se résume souvent à une poignée d’ami-e-s et un discours convenu.
Hier, les ami-e-s étaient bien là, mais Gilles Robel, l’adjoint qui a officié, a su trouver les mots justes, émouvants sans mièvrerie, avec juste ce qu’il fallait de message politique.
La cérémonie fut simple et belle, les mariées aussi, un rien tendues avant la cérémonie, heureuses simplement ensuite.
Ne souhaitant pas médiatiser leur union avant la cérémonie, Sarah et Sophie ont accordé une interview à Yagg il y a quelques jours, que nous publions donc aujourd’hui.
Vous êtes deux femmes, pourquoi votre mariage est-il possible en France ?
Sophie : Je suis trans’, j’ai encore mes papiers masculins, ce qui me fait subir moult discriminations, mais de ces discriminations devait ressortir une bonne chose : ça me laisse la possibilité de me marier.
Légalement, nous serons mariées, unies au nom de la loi ce samedi à la mairie de Montreuil.
Nous remercions d’ailleurs chaleureusement la mairie de Montreuil pour tout le travail qui a été fait, la prise au sérieux de notre mariage.
Ils ont tout fait pour que ça se passe au mieux ce samedi.
J’extrapole mais quand je vois tout ce qui est fait à la mairie de Montreuil, tout ce que d’autres ne peuvent pas avoir, cela me rend encore plus solidaire avec les gays et les lesbiennes qui ne peuvent pas se marier.
Le mariage devait être célébré par Dominique Voynet, finalement il le sera par l’un de ses adjoints, Gilles Robel, que s’est-il passé ?
Sophie : Dominique Voynet est retenue à l’étranger.
Vous êtes déçues ?
Sophie : Je ne vais pas le cacher, nous sommes déçues, nous avons rencontré Mme Voynet cette semaine, nous le lui avons exprimé mais c’est comme ça. Tant que ça n’entache pas notre mariage… Elle a montré aussi la volonté que tout se passe au mieux.
Vous vous mariez par amour, bien sûr, mais aussi, j’imagine, un peu par militantisme ?
Sarah : Par amour c’est sûr. C’est ce qui a mené la démarche jusqu’à ce point, mais il est certain qu’il y a un aspect militant, car on connait le contexte actuel autour de cette question du mariage des couples de même sexe, et toutes les déceptions que cela peut entrainer dans les vies personnelles, puisque, que ce soit les personnes directement concernées ou des personnes qui aimeraient simplement vivre dans une société où le choix existe, aujourd’hui cela crée beaucoup de polémiques, de discordes, aussi bien au sein de la communauté LGBT que dans les milieux politiques susceptibles de faire évoluer les choses concrètement.
Le mariage permet de montrer la force des sentiments qui existent de même manière entre les personnes, homos ou pas homos.
De ce point de vue militant, qu’attendez-vous de ce mariage ?
Sophie : Que la société française puisse changer, que nos député-e-s réalisent enfin que les derniers sondages montrent que la société française a vraiment changé et que beaucoup de Français-e-s ne s’opposent pas au mariage des couples gays et lesbiens.
Qu’on arrive véritablement à un changement, qu’on ait non seulement le mariage mais aussi la parentalité.
Que la communauté LGBT puisse accéder enfin à un projet matrimonial.
Je pense notamment à toutes celles et tous ceux qui ont déjà des enfants mais qui n’ont ni droits ni devoirs envers leurs enfants.
Votre mariage intervient après celui de Stéphanie Nicot, de l’association Trans Aide, et de son épouse Élise, célébré à Nancy le 4 juin dernier, quelques jours avant le rejet par l’Assemblée nationale de la proposition de loi visant à ouvrir le mariage à tous les couples. Ce mariage n’a pas fait réagir autant qu’on aurait pu l’imaginer. Pensez-vous que le vôtre peut servir d’électrochoc sur l’incohérence de la loi ?
Sophie : Stéphanie nous a précédées, et a fait aussi son mariage parce qu’elle a été discriminée par les tribunaux, elle n’a pas pu obtenir ses papiers, elle en a fait véritablement un mariage militant.
Elle ira, pour obtenir ses papiers, jusqu’à la CEDH, et j’espère pour cela que la France sera condamnée, parce que de très nombreuses personnes trans’ ne peuvent pas obtenir leurs papiers d’identité.
Mais je suis très pessimiste sur l’impact que peut avoir notre mariage.
Celui de Stéphanie n’a pas interpelé les député-e-s, les gens qui nous gouvernent…
Certains sont tellement conservateurs, quand on voit que 80 député-e-s veulent faire interdire des manuels scolaires, au secours ! C’est affolant, et affligeant. Ils sont tous à brandir la menace homosexuelle comme si on allait convertir leurs enfants.
Ce qu’ils sont en train d’oublier, c’est tout le lobby catholique intégriste qui se met à l’œuvre pour un retour à la chrétienté…
Regardez ce qui se passe à Malte et vous verrez comment ces gens voudraient que nous vivions : divorce interdit*, avortement interdit. Est-ce la société que les Français-e-s voudraient ?
Revenons à votre mariage. Vous n’avez pas souhaité le médiatiser avant qu’il ait lieu. Pourquoi ?
Sophie : C’est peut-être par superstition.
Comme Sarah l’a indiqué c’est d’abord et avant tout un mariage d’amour, également un mariage militant, mais nous tenons absolument à ce que ce mariage puisse vivre, et que nous puissions nous protéger l’une et l’autre à travers le mariage, avec tous les devoirs qui existent dans la loi mais aussi les droits que nous procure la loi.
Je le répète, c’est d’abord et avant tout un mariage d’amour.
Nous tenons énormément à ce que ce mariage puisse vivre normalement, et à ce titre nous ne voulons pas en faire une grosse publicité.
Il est normal que nous nous exprimions sur Yagg, qui est le média LGBT par essence, mais nous n’avons pas voulu le médiatiser comme Stéphanie, nous ne souhaitons pas que la foudre s’abatte sur nous, comme on a pu le voir dans le passé pour le mariage de Camille et Monica.
Sarah : C’est aussi pour montrer que même dans ce contexte, le mariage peut avoir une image totalement amicale et familiale.
Sophie : Je voudrais également rappeler que nous faisons toutes les deux le choix de nous marier, j’ai fait le choix de garder mes papiers masculins, mais cela implique que je ne pourrai aujourd’hui changer mes papiers d’identité que lorsque la loi ouvrant le mariage aux couples gays et lesbiens sera passée, ce qui nécessite un véritable changement, et pas seulement une union civile comme certains pensent pouvoir le proposer.
Si je demande mon changement d’état civil après mon mariage, le juge ne me l’accordera pas et me demandera de divorcer au préalable.
* À Malte, le divorce n’est autorisé que depuis le 25 juillet dernier.


