Concert pour tous mardi 21 mai à la Bastille !
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Concert pour tous mardi 21 mai à la Bastille !
Écrit par La rédaction - 15 Juin 2011
Dans plusieurs pays, notamment en Asie, les familles privilégient la naissance de garçons.
Cinq agences des Nations Unies appellent à mettre fin à ce symptôme de discrimination, aux graves conséquences pour les femmes.
Il naît dans le monde davantage de garçons que de filles : quand elles sont 100 à voir le jour, ils sont 106 en moyenne.
Mais, dans certaines régions, ce ratio est bien plus important : jusqu’à 130 garçons pour 100 filles.
Conséquence de normes sociales qui accordent plus d’importance à l’héritier mâle et qui conduisent à des avortements sélectifs.
Dans un document réalisé en commun, cinq agences de l’ONU (1) s’inquiètent de ce phénomène.
Elles y voient « un symptôme d’injustices sociales, culturelles, politiques et économiques contre les femmes et une violation manifeste de leurs droits fondamentaux »
Ces dernières décennies, le ratio en faveur des garçons à la naissance a même augmenté dans un certain nombre de pays d’Asie.
Et notamment dans les deux pays les plus peuplés du monde.
En Chine, il est passé de 107, en 1982, à 120, en 2005.
C’est le cas même dans des grandes villes comme Shanghai ou Pékin.
En Inde, la moyenne est moins forte, mais en hausse également selon le dernier recensement de 2011 : 109,4 garçons pour 100 filles, contre 107,9 en 2001 (selon l’analyse de l’INED - Institut national des études démographiques).
Et dans certains districts du nord du pays, le ratio dépasse les 130.
L’ONU s’inquiète également d’une hausse au Vietnam, ainsi que dans des pays d’Asie centrale : Arménie, Azerbaïdjan, Géorgie (2).
Le constat n’est pas nouveau. En 2004 déjà, Gilles Pisan, chercheur à l’INED, observait en détail cette « augmentation de la masculinité des naissances depuis les années 1980 » et la liait à la conjonction de trois phénomènes : « la réduction de la taille des familles, la volonté d’avoir un garçon à tout prix et la diffusion de l’échographie. »
Combiner les stratégies
Aujourd’hui, l’ONU dénonce cette pression sociale pesant sur les femmes pour qu’elles aient des garçons.
Une pression « qui, non seulement, affecte leur décision en matière de reproduction mais a aussi des implications pour leur santé et leur survie, et les met dans une position où elles doivent perpétuer le statut inférieur des filles ».
Face à cette situation, les agences onusiennes prônent des politiques actives pour mettre un terme à cette sélection prénatale.
Et citent en exemple la Corée du Sud.
Dans les années 1980 et 90, le ratio de garçons à la naissance n’a cessé d’augmenter dans le pays, pour atteindre 116. En 2007, il était redescendu à 107.
Pour l’ONU, ce progrès est dû à « une combinaison de stratégies, comme la mention et la promotion de l’égalité entre les sexes dans les lois et politiques, des plaidoyers ou encore des campagnes médiatiques. »
Parmi les mesures concrètes qu’elles proposent dans leur déclaration, les agences évoquent la possibilité de primes pour les familles n’ayant que des filles.
Et appellent plus généralement les Etats à « stimuler le concept d’égalité homme-femme » en élaborant « des politiques dans des domaines tels que celui des lois relatives à l’héritage, à la dot et à des formes de protection sociale des personnes âgées, qui reflètent un engagement envers les droits de l’homme et l’égalité entre les sexes ».

"Qu’il s’agisse du sur-mâle viril plein d’assurance ou de la femme-objet incarnation parfaite de la féminité, on ne peut exister en tant que stéréotype, d’où une grande frustration". Guillaume Carnino.