par Hugo Morissette
Article mis en ligne le 4 mai 2007
L’intervenant en santé gaie Francis Vermette vient de compléter une tournée des écoles secondaires de Laval, tournée qui lui a fait réaliser que l’homophobie était encore bien présente chez les jeunes Lavallois. (Photo : Martin Alarie)
L’homophobie est un phénomène encore très bien représenté dans les écoles secondaires de Laval, mais de l’amélioration est tout de même constatée, selon l’intervenant Francis Vermette, du projet « Structu.re ».
De retour d’une vaste tournée des écoles secondaires du territoire lavallois, où il a animé des ateliers et discuté avec plusieurs élèves, Francis Vermette confie en avoir appris beaucoup sur les jeunes.
Cette tournée, il l’a menée dans le cadre de « structu.re », un projet dont le mandat est d’aider les jeunes gais de 14 à 29 ans dans leur processus d’acceptation de leur orientation.
« J’ai rencontré des jeunes avec des attitudes de toutes les sortes face à l’homosexualité, lance d’emblée l’intervenant. Autant ai-je remarqué une plus grande ouverture d’esprit que par le passé, autant il en existe encore qui ont réellement peur des homosexuels. »
Dans le cadre de son travail, M. Vermette dit avoir rencontré des dizaines de jeunes qui ont dû se résigner à abandonner leurs études, à défaut d’être acceptés par leurs confrères de classes.
« Les jeunes qui laissent tomber l’école parce qu’ils n’en peuvent plus de se faire traiter de "fif" jour après jour sont nombreux, assure-t-il. L’un des grands problèmes dans ce genre de cas, c’est que l’homophobie est souvent banalisée par les élèves et, dans certains cas plus rares, par le personnels de certaines écoles, souvent par ignorance. »
À la demande d’une école, Francis Vermette a récemment présenté un atelier au personnel éducatif, activité qu’il souhaiterait bien offrir dans d’autres institutions.
« Le phénomène est encore très méconnu mais, pourtant, la problématique est grande, estime l’intervenant. Il existe des manières bien précises d’intervenir auprès de ces jeunes. L’homophobie doit être dénoncée et bannie des écoles. »
« Trop de jeunes vivent encore la violence, autant physique que verbale, poursuit-il. On les bouscule, on les frappe, on les insulte et on les humilie, tout simplement parce qu’on ne les accepte pas. Moi-même, lors de mes présentations, j’avais l’impression que plusieurs me percevaient comme un spectacle. »
-Francis Vermette, intervenant
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