La Fidl (Fédération indépendante et démocratique lycéenne) a adressé dimanche au ministre de l’Education nationale Luc Chatel un appel à lutter contre l’homophobie au lycée et contre les préjugés qu’elle entraîne.
"Nous ne pouvons plus accepter que des jeunes soient mis en situation d’exclusion à cause de leur orientation sexuelle.
Personne n’est sans savoir que l’orientation sexuelle est la première cause de suicide chez les jeunes aujourd’hui, il y a donc urgence à s’attaquer aux préjugés et aux fantasmes liés à l’homosexualité, à briser le tabou afin de faire évoluer les mentalités et faire comprendre que l’homophobie est une haine comme les autres", dit-elle encore.
Le Fidl demande au ministre de mettre en place :
• l’intégration dans les programmes scolaires de la lutte contre l’homophobie
• une semaine nationale obligatoire d’éducation contre l’homophobie dans les établissements scolaires
• un plan pluriannuel de recrutement d’un(e) psychologue et d’un(e) infirmière scolaire à temps plein par établissement afin de prévenir et de répondre à la souffrance des jeunes
• une formation spécifique des personnels de l’éducation nationale afin qu’ils puissent détecter les situations d’exclusion due à l’homophobie.
Dans le cadre de cette campagne, elle a lancé un sondage auprès des lycéens via son site www.homophobie.fidl.org. Elle a obtenu 21.565 réponses. Il en ressort que 73,16% des lycéens disent "avoir dans leur entourage quelqu’un d’homosexuel", que 70,76% savent que l’homophobie est punie par la loi et que 60,34% "ne jugent pas du tout choquant" de voir deux hommes ou deux femmes s’embrasser (19,20% trouvent cela "tout à fait choquant").
Une écrasante majorité (90,98%) considère que "sale bougnoule est une insulte aussi grave que sale pédé". 66,09% des lycéens qui ont répondu au sondage sont d’accord avec l’affirmation "sexisme, homophobie, racisme, même combat".
54,39% pensent qu’on peut croire en Dieu et être homosexuel(le), et 14,78% répondent "impossible, Dieu l’interdit".
Enfin, ils sont 84,95% à estimer qu’il faut aborder l’homophobie dans les programmes scolaires, au même titre que l’égalité hommes-femmes, les massacres, les génocides, le racisme. En revanche, 9,66% répondent "l’homosexualité, ce n’est qu’une question de mode, n’en faisons pas trop" et 5,39% "c’est choquant, l’homosexualité ne doit absolument pas être abordée dans les programmes scolaires".
www.e-llico.com Mis en ligne le 18/05/2010
Heterhomo
Questions à la FIDL :
le questionnaire a-t-il été présenté à un panel respectant les différentes catégories d’établissements, lycées classiques ou professionnels, huppé ou de quartier sensibleou bien que des établissements BCBG ?
Les élèves avaient-ils reçu une formation à la lutte contre l’homophobie avant ?
Remarque : souvent les ados ont à coeur de délivrer le message qui fait plaisir, et qui ne met pas la honte sur l’établissement ni le quartier.

