Concert pour tous mardi 21 mai à la Bastille !
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Concert pour tous mardi 21 mai à la Bastille !
Quelques 4.000 personnes ont répondu à l’appel d’un député libéral Janusz Palikot en assistant samedi à Varsovie au congrès fondateur de son mouvement politique "La Pologne moderne" qui prône une réelle séparation de l’Eglise et de l’Etat et des unions d’homosexuels.
"Il faut en finir avec l’impérialisme de l’Eglise catholique" en Pologne, a lancé Janusz Palikot sous les applaudissements de ses sympathisants réunis devant les caméras de télévision au Palais de la culture, une bâtisse géante de style stalinien au coeur de la capitale.
"Les couples homosexuels devraient bénéficier des mêmes droits que les couples hétérosexuels concernant les impôts et l’héritage. Il n’y a aucune raison de les pénaliser", a-t-il déclaré en présentant son manifeste politique.
"Les cours de catéchisme doivent quitter les écoles. Il faut en finir avec les subventions de l’Etat à l’Eglise", a-t-il dit.
"Quand verrons-nous enfin une seule cérémonie d’Etat sans les gros ventres des évêques", a-t-il martelé dans un langage audacieux pour une Pologne où 90% des habitants se disent catholiques.
Janusz Palikot, homme d’affaires de 46 ans et enfant terrible de la politique polonaise, a annoncé qu’il quitterait le 6 décembre les rangs du parti libéral Plateforme civique (PO) au pouvoir et qu’il renoncerait à cette occasion à son mandat de député de ce parti.
Philosophe de formation, Janusz Palikot a plusieurs fois choqué l’opinion publique en exhibant lors de ses interviews télévisées des pénis en plastique ou des têtes de porc, pour illustrer ses propos.
Le Premier ministre et chef de PO Donald Tusk a estimé samedi qu’une concurrence pourrait être bénéfique pour la vie politique en Pologne.
Selon un sondage réalisé par l’institut Homo Homini avant le congrès et publié samedi, le parti de Janusz Palikot pourrait compter sur un soutien de près de 4% des Polonais.
Mis en ligne le 04/10/2010
Par Rédaction 27 septembre 2010
Invitée sur un plateau télé, elle a évoqué publiquement l’homosexualité de son contradicteur.
« Une erreur » s’est excusée la ministre.
« De l’homophobie » répond le militant outé.
Drôle d’ambiance sur le plateau télé d’une émission de la chaîne polonaise TVN24, mardi dernier. La ministre de l’Egalité des chances a publiquement évoqué l’homosexualité de son interlocuteur pour illustrer ses propos.
Bourde involontaire ou tentative de discrédit ?
Pour participer à ce programme matinal, la ministre Elzbieta Radziszewska faisait face à Krysztof Smiszek, président d’une association pour une loi anti-discriminations en Pologne.
Au centre des débats, les récents propos de la ministre dans un journal catholique : selon elle, les écoles privées ont le droit de refuser ou de licencier des profs homos.
Krysztof Smiszek lui fait remarquer que les normes européennes et le code du travail polonais interdisent à un employeur de poser des questions sur l’orientation sexuelle d’un employé.
La ministre indique alors que chaque dossier doit être traité au cas par cas, et illustre son propos en invoquant son contradicteur : « Si par exemple M. Smiszek, alors qu’on sait qu’il est membre de la société homosexuelle, qu’il est militant de la Campagne contre l’homophobie (la principale association LGBT polonaise, NDLR), et dont le nom du partenaire, ce n’est pas un secret, est… »
Alors que Krysztof Smiszek reste pantois, le présentateur interrompt Elzbieta Radziszewska et lui demande si, de par ses fonctions, elle ne devrait pas plutôt se situer de l’autre côté de la barrière. « C’est exactement ce que je fais », répond la ministre.
Mais Krysztof Smiszek n’est pas de cet avis, et voit rouge.
« C’est de la pure homophobie » s’empresse-t-il de réagir dans la presse, en indiquant qu’il envisage d’envoyer l’affaire devant les tribunaux.
« Je ne cache pas mon orientation sexuelle, mais ce sont des affaires privées.
Mes droits personnels ont été violés », ajoutant que « dans aucun autre pays de l’Union européenne, une telle personne n’aurait gardé son poste ».
En fait, cette maladresse, involontaire ou non, est la dernière casserole traînée par la ministre. Car Elzbieta Radziszewska est depuis longtemps dénoncée par ceux qu’elle est justement censée défendre. Une association féministe lui reproche depuis des mois de ne pas s’intéresser au sort des femmes ou des minorités sexuelles. L’une de ses prédécesseurs à ce poste l’enfonce : « Elle a une vue très conservatrice du monde, c’est comme nommer un pacifiste comme ministre de la défense ! » De son côté, Elzbieta Radziszewska s’est excusée publiquement le lendemain de l’émission. « Je ne voulais pas lui porter préjudice » a-t-elle déclaré, ajoutant qu’elle pensait que l’homosexualité de Krysztof Smiszek était de notoriété publique.
Un groupe polonais de défense des droits homosexuels a demandé au gouvernement de retirer de la circulation un manuel utilisé dans les écoles secondaires qui dépeint l’homosexualité comme une maladie. L’Association pour la diversité, une organisation LGBT basée à Varsovie, affirme que le livre, qui est utilisé pour les cours d’éducation sexuelle, présente une vision rétrograde de l’homosexualité conforme à celle défendue par l’Église catholique polonaise.
Selon l’association, le livre reste "silencieux sur les problèmes d’homophobie et de discrimination et relaye la théorie selon laquelle l’homosexualité est quelque chose de réversible et qu’il existe une ’normalité’ à laquelle on pourrait revenir".
"Ce genre d’attitude aggrave le manque d’acceptation des gays, lesbiennes et bisexuels et perpétue la croyance que certaines orientations sexuelles sont anormales et nuisibles", regrette l’Association pour la diversité.
Bien qu’extrêmement critique, l’organisation LGBT a précisé que l’édition actuelle du manuel avait adopté une position moins extrême qu’une précédente qui avait mis l’homosexualité sur un pied d’égalité avec l’inceste et la pédophilie.
Le ministère de l’Éducation polonais a répliqué que les manuels avaient été approuvés par des conseils "d’experts".
"Nous conseillons à nos experts d’accorder une attention particulière à toute discrimination raciale, sexuelle ou religieuse avant d’approuver un manuel, et dans ce cas, ils n’ont rien trouvé à redire", a soutenu un porte-parole de ministère.
"Nous ne pouvons pas retirer un livre simplement parce que un groupe de personnes est en désaccord avec les théories exposées par les spécialistes qui l’ont écrit" ! a-t-il ajouté.
Mis en ligne le 27/08/2010
Têtu par Sarah Collin 06 juillet 2010,
Le libéral Komorowski a remporté les élections présidentielles en Pologne. Mais son avance plus limitée que prévu montre qu’il lui faudra composer avec la gauche, plus tolérante sur les questions de mœurs en général et l’homosexualité en particulier.
Bronislaw Komorowski, président par intérim issu du parti au pouvoir Plate-forme civique, a été élu à la tête de la Pologne avec 53% des voix.
Il faisait face au conservateur Jaroslaw Kaczynski, le frère de l’ancien président tué dans un accident d’avion le 10 avril dernier.
Pas de déclarations homophobes
Première surprise, l’écart entre les deux candidats a été plus serré que prévu.
Certains sondages comme celui du journal Gazeta Wyborcza donnaient en effet Komorowski vainqueur dès le premier tour !
Il faut dire que son adversaire a été particulièrement habile dans la gestion de son image.
Jaroslaw Kaczynski s’est particulièrement appliqué à gommer son agressivité naturelle et sa propension à la controverse.
Morceau choisi : c’est lui qui avait soutenu en 2005 : « l’affirmation de l’homosexualité conduira à la ruine de la civilisation ».
Pour cette campagne, il a soigneusement évité la polémique en n’abordant que des thèmes rassembleurs.
Le vainqueur, de son côté, ne s’est jamais distingué par des déclarations homophobes, quoique son parti de droite libérale ne fasse pas mystère de convictions peu progressistes en matière de mœurs.
Le réel imprévu est plutôt venu de la gauche, que les analystes disaient moribonde en Pologne.
Le candidat du parti SLD (gauche démocratique), Grezgorz Napieralski, a remporté 13,6% des suffrages au premier tour, alors que les sondages le créditaient de 3 à 10% des intentions de votes.
Les médias l’attendaient donc comme l’arbitre du second tour.
Le jeune homme politique, 36 ans, ne cachait pas le prix de son soutien : adhésion à la Charte des droits fondamentaux (que l’ancien président avait refusée afin de ne pas accorder trop de droits aux gays), introduction de la parité hommes/femmes aux élections, retrait des troupes polonaises en Afghanistan. Son parti prépare par ailleurs un projet de loi sur un partenariat civil ouvert aux homosexuels.
Patience et combativité
Finalement, Napieralski n’appellera à voter pour aucun des deux candidats, ses conditions n’ayant pas été satisfaites.
Les résultats prouvent logiquement que les voix de gauche se sont majoritairement reportées vers Komorowski, pro-européen et plus centriste. Celui-ci devra donc compter avec cet électorat jeune plus ouvert sur des questions sociales.
Prochain enjeu : les élections législatives au premier semestre 2011, qui pourraient de nouveau renverser la vapeur.
Mais les LGBT polonais devront surtout s’armer de patience et de combativité pour voir leur situation s’améliorer : pas de loi anti-discrimination, pas d’union civile, pas de législation anti-discours de haine, le chemin vers l’égalité reste long à parcourir en Pologne.Illustration : DR.
La Cour européenne des droits de l’Homme a estimé hier que la Pologne discriminait un homosexuel pour avoir refusé de le traiter, lui et son partenaire décédé, de la même manière qu’un couple marié hétérosexuel.
Piotr Kozak a vécu avec son partenaire de 1989 à 1998 où la tuberculose a provoqué le décès de ce dernier.
Le contrat de location de l’appartement où vivait le couple était du défunt, et après sa mort, les autorités ont résilié ce contrat de location, obligeant le conjoint survivant à quitter les lieux.
Bien que la Pologne reconnaisse certains droits aux concubins, les autorités ont rejeté la demande de maintien dans les lieux de Piotr Kozak au motif que ces droits ne s’appliquaient pas aux couples homosexuels.
La Cour européenne des droits de l’Homme -vers laquelle s’est tourné Piotr Kozak - a rejeté à l’unanimité cet argument, statuant que la Pologne a violé l’article 14 (interdiction de discrimination) et l’article 8 (droit au respect de la vie privée et familiale) en refusant de reconnaître la cohabitation de partenaires homosexuels.
Le tribunal a déclaré que la Pologne devait trouver un équilibre entre la protection de la famille et de la proctection des droits des personnes LGBT.
Evelyne Paradis, directrice exécutive de l’ILGA-Europe, a salué cette décision. "Il s’agit de la deuxième décision affirmant que si un Etat donne certains droits aux concubins de sexe différent, les mêmes droits doivent être aussi ouverts aux partenaires de même sexe", a-t-elle souligné.
En 2003, la Cour européenne des droits de l’Homme avait en effet estimé que l’Autriche discriminait les couples homosexuels, car elle ne reconnaît pas les partenaires de même sexe dans l’application de son droit de la location.
Mis en ligne le 04/03/2010
Une polonaise qui avait agressé verbalement à plusieurs reprises un de ses voisins à propos de son orientation sexuelle a été condamnée à lui verser environ 3.500 euros de dommages et intérêts. Une première en Pologne.
Anna S., 44 ans, avait pris pour cible Ryszard Giersz, qui vivait dans le même immeuble qu’elle en compagnie de son partenaire.
La juge a estimé que "chacun a le droit de vivre une vie normale dans la société et que l’orientation sexuelle devait rester une affaire privée".
Elle a interdit à l’accusée d’utiliser le terme "pédé" à l’encontre de de son voisin en plus de la condamnation financière.
Anna S. a estimé la somme réclamée exorbitante et affirmé que tous les témoins dans cette affaire avait menti.
Selon l’organisation LGBT polonaise Campagne contre l’homophobie, c’est la première fois en Pologne qu’un homosexuel faisait appel à la justice pour faire respecter son homosexualité.
Selon le journal Gazeta Wyborcza, Ryszard Giersz et son petit ami avaient également dû faire face à des jets pierres et de tomates dans la rue. Le journal affirme que la victime a également dû changer d’emploi.
Ryszard Giersz s’est déclaré "très heureux" du jugement.
"Je suis une personne normale et je veux juste vivre avec mon partenaire.
Les derniers six mois ont été atroces", a-t-il commenté.
"J’espère que ce verdict rendra les gens plus tolérants et les fera réfléchir avant d’agresser quelqu’un qui est simplement différent d’eux".
Mis en ligne le 25/08/2009
Des catholiques polonais veulent boycotter la célèbre marque suédoise de meubles Ikéa parce que son catalogue présente des photos de couples homosexuels.
La campagne est menée par un site Internet baptisé Fronda.
La presse et les sites Internet polonais ont publié des témoignages de catholiques qui accusent la marque de "piétiner la conception chrétienne de la famille".
Ikéa, pour sa part, a vigoureusement défendu sa communication, affirmant que "l’homosexualité est un des éléments essentiels de la vie dans la société contemporaine".
Mis en ligne le 28/11/08
Environ deux mille personnes ont manifesté samedi après-midi dans le centre de Varsovie dans une "Parade de l’égalité" organisée par le mouvement homosexuel polonais.
Entourant quelques plate-formes installées sur des camions et aux sons de la musique de danse, les manifestants ont parcouru les rues principales de la capitale séparant l’Hôtel de ville et le siège du Premier ministre libéral Donald Tusk. Le mot d’ordre de la parade était "Vis, aime et sois".
La police a déployé à Varsovie des forces supplémentaires, prévenant toute attaque potentielle des mouvements d’extrême droite.
Les associations homosexuelles polonaises luttent contre l’homophobie dans ce pays catholique à plus de 90% où ils sont considérés souvent comme des malades, des déviants ou tout au moins comme des pécheurs.
Selon un sondage publié samedi, deux Polonais sur trois refusent aux organisations d’homosexuels le droit de manifester dans la rue.
Pour 69% des Polonais, les homosexuels ne devraient pas manifester publiquement leur orientation sexuelle et pour 37% des Polonais les homosexuels ne devraient pas avoir de relations sexuelles entre eux.
76% des Polonais se déclarent opposés à l’idée des mariages homosexuels et 90% excluent celle d’adoption d’enfants par des couples gays ou lesbiens.
Mis en ligne le 09/06/08
Le porte-parole de la Plate-forme civique (droite chrétienne) au parlement a fait une déclaration homophobe inquiétante lors d’un débat télévisé au sujet d’une mère lesbienne à qui la garde de sa fillette a été retirée par la justice polonaise.
"La Cour n’a pas cédé à la pression de cette communauté homosexuelle, a-t-il estimé avant d’ajouter : Il est inacceptable que cette petite ait deux mères ou deux pères.
S’ils (les homosexuels, ndlr) veulent vivrent ensemble très bien, mais éloignons leurs enfants du mal".
Le responsable libéral a également affirmé qu’il soutiendrait un texte de loi visant à éloigner les enfants des homosexuels.
Sources : Pinknews / Têtu Mis en ligne le 06/06/08
La marche pour l’égalité des homosexuels à Cracovie, dans le sud de la Pologne, a été perturbée samedi par une contre-manifestation d’extrême droite nationaliste, obligeant la police à intervenir pour prévenir des affrontements.
Environ 150 membres d’une organisation de jeunes nationalistes ont barré le passage à environ 600 partisans de la tolérance.
Ils ont lancé en leur direction des cailloux et des œufs, et les ont couverts d’insultes.
La police, forte sur place de 450 hommes, a tenu à l’écart les camps opposés et interpellé quelques personnes particulièrement agressives.
Mis en ligne le 28/04/2008
La loi de ratification du Traité de Lisbonne, bloquée jusqu’ici par l’opposition conservatrice en Pologne, sera soumise au vote du parlement ce mardi.
Le Premier ministre Donald Tusk est parvenu a un accord avec le président Lech Kaczynski pour ratifier le Traité par voie parlementaire et a annoncé qu’il était déterminé à organiser un référendum national en cas d’échec du vote au parlement.
Cette ratification laisse cependant de côté la Charte des droits fondamentaux – qui garantit notamment les droits homosexuels - pour laquelle la Pologne a obtenu de faire exception.
En s’opposant à la ratification du traité, les frères Kaczynski ont relancé les thèmes homophobes qu’ils avaient cultivés lors de la campagne électorale de l’automne 2007.
Mis en ligne le 01/04/2008
Les organisateurs de l’Europride ont désigné Varsovie comme ville-hôte pour l’édition 2010.
C’est la première fois qu’une Europride se déroulera dans un des pays de l’Est et ce choix a valeur de symbole pour toute l’Europe de l’Est qui connaît de fréquentes atteintes aux droits LGBT malgré l’entrée d’un certain nombre de pays dans l’Union européenne.
Mis en ligne le 26/09/07
La police polonaise a abandonné ses investigations au sujet des fausses bombes découvertes dans quatre villes du pays, en 2005, quelque heures avant l’élection présidentielle et revendiquées par une prétendue "Brigade du pouvoir gay".
L’hypothèse d’une manipulation s’en trouve crédibilisée.
13 engins explosifs, "très sophistiqués" aux dires de la police, avaient été retrouvés à Varsovie provoquant le chaos dans la ville.
De fausses bombes identiques avaient été découvertes dans des gares de Gdansk, Gdynia et Sopot, suscitant la panique dans les rues.
Dans un "manifeste" adressé à la presse de Varsovie, sous forme de message électronique de sept pages, une certaine "Brigade du pouvoir gay" s’en prenait au maire homophobe de la capitale, Lech Kaczynski, candidat de la droite conservatrice, qui se présentait à l’élection présidentielle.
Kaczynski venait d’interdire la tenue de la Gay Pride, mais 2 500 personnes avaient néanmoins manifesté dans les rues. "Vous paralysez notre vie, nous allons paralyser les vôtres", revendiquait notamment ce manifeste. Ces alertes avaient en partie joué en faveur de l’élection de Kaczynski.
Pourtant, dès les premières recherches de la police, aucun indice n’est apparu concernant l’existence effective d’une quelconque organisation LGBT en relation avec ces fausses "bombes". Les milieux libéraux et la communauté gay ont rapidement émis l’hypothèse d’une manipulation de partisans de Kaczynski pour peser sur l’élection en effrayant l’opinion publique.
Depuis, l’enquête n’a jamais crédibilisé la réalité d’un quelconque poseur de "bombes gay". La photo floue de l’auteur prétendu du mail ayant averti de la pose des engins n’a jamais permis une quelconque identification. Et aucune arrestation n’a été faite par la police malgré l’interrogatoire de dizaines de personnes -dont le milieu LGBT notamment.
Mis en ligne le 14/09/07
C’était prévisible, le tout récent "Rapport sur la situation des bisexuels et des homosexuels en Pologne 2005/2006" livre quelques données inquiétantes quant à la vie des personnes LGBT dans ce pays pourtant membre de l’UE.
Ce rapport élaboré par les deux principales associations LGBT du pays : KPH (1) et Lambda Warszawa (2) indique, en effet, que 17,6 % des répondants (plus de 1 000) ont été victimes d’une "forme de violence physique lors des dernières années." 20,2 % des victimes sont des hommes et 13,9 % des femmes. Pour les personnes agressées, 41,9 % l’ont été plus de trois fois au cours des deux dernières années. 18,6 % deux fois au cours des deux dernières années et 39,5 % une fois.
En matière de violences physiques, ce sont les coups ou bousculades graves qui sont le plus fréquemment commis. Ce type d’agression physique représente 67,6 % des cas de violence. Suit le harcèlement sexuel avec 32,4 % des cas. Très nombreuses aussi sont les violences psychologiques. Là encore, ce sont les hommes qui sont le plus concernés avec 54,6 % des cas contre 45,9 % chez les femmes. Plus de 70 % des répondants ont subi plus de trois fois cette forme de violence au cours des deux dernières années. Il s’agit d’agressions verbales pour 75 % des cas, d’insultes pour 55,8 % et de propos dépréciatifs mais pas injurieux dans 44,6 % des cas. 5,9 % des répondants ont subi des tentatives de chantage quant à la révélation de leur homosexualité au cours des deux dernières années.
Dans ce contexte, comme on l’imagine quasiment personne n’évoque son homosexualité au travail.
Le "Rapport" rapporte que "l’inégalité de traitement envers les homos dans le travail est très difficile à prouver".
La difficulté pour les homos de faire valoir leurs droits est d’autant plus grande que "le taux de chômage étant très élevé, il n’est pas difficile pour les entreprises de trouver des candidats" aux postes à pouvoir.
En gros, lorsqu’on a un travail, on fait tout pour le garder. Ce mutisme quant à l’homosexualité se retrouve aussi à l’université.
51,6 % seulement des étudiants déclarent pouvoir parler librement de leur orientation sexuelle et encore le font-ils à des personnes choisies.
En matière de services publics ou de commerces, 32 % des répondants estiment avoir été traités différemment (plutôt moins bien) du fait de leur orientation sexuelle.
On connaît à la fois le poids et la nocivité de l’Eglise catholique dans la société polonaise sur les questions LGBT.
Cela se traduit évidemment dans les chiffres. 43,6 % des répondants ayant rendu leur homosexualité publique ont été moins bien traités ou considérés que les hétéros par des représentants religieux : mises à l’écart de la communauté, propositions fermes de soins médicaux.
La seconde partie du "Rapport" explique quels sont les ressorts politiques et sociétaux de l’homophobie en Pologne.
Comme l’explique Robert Biedron (Lambda Warszawa), une des grandes figures du militantisme LGBT local, la Pologne est passée d’une "forme de négation de l’homophobie" à une "mise au ban des militants LGBT dans les années 2004-2006" avec des attaques lors des manifestations progay de Varsovie, Cracovie ou Poznan.
L’arrivée des frères Kaczynski en 2005 n’a évidemment pas amélioré la situation des personnes LGBT. C’est ainsi que le Parti Droit et Justice (PiS) soutient, dans la coalition gouvernementale, des formations d’extrême droite très homophobes qui multiplient les attaques aux droits des gays : menace d’intimidation sur les marches, publication de brochures homophobes, menaces d’interdire les homosexuels dans les professions éducatives, projet de loi visant à proscrire toute présentation sous un jour favorable de l’homosexualité dans les collèges et les lycées, etc.
D’ailleurs Robert Biedron et Marta Abramowicz, l’éditrice du "Rapport", l’affirment "le système d’éducation polonais traite de l’homosexualité avec beaucoup de préjugés et de superstitions". Il assure même "la promotion de l’homophobie."
Jean-François Laforgerie
(1) KPH (campaign against homophobia). Infos sur www.kampania.org.pl (2) Lambda Warszawa. Infos sur www.warszawa.lambda.org.pl
Qui a répondu ?
Les résultats de cette enquête ont été recueillis à partir de plus de 1 000 questionnaires. Chaque questionnaire comprenait 59 questions très détaillées. Les répondants sont à 41,7 % des hommes et 58,3 % des femmes. 51.6 % des hommes sont gay et 29.5 % des femmes lesbiennes. Les autres répondants se définissent comme bisexuels. Ce sont les 18/25 ans qui sont le plus représentés (51,9 % des répondants) suivis des 26-40 ans (36,5 % des répondants). La majorité vit dans les grands centres urbains, villes de 500 000 à plus d’un million d’habitants.
Mis en ligne le 30/05/07
C’est une des conséquences évidente de son appartenance à l’Union européenne.
Pour autant, le gouvernement Kaczynski ne lève pas le pied contre les droits LGBT.
Comme toujours, c’est le ministre polonais de l’éducation Roman Giertych (chef d’un parti d’extrême droite notoirement homophobe) qui est chargé des basses œuvres.
Depuis des mois, Giertych essaie de faire passer, dans une loi sur l’éducation, l’interdiction de diffusion de toute information sur l’homosexualité à l’école.
S’il passait ce texte obligerait les directeurs d’école à "lutter contre la propagation de l’homosexualité".
Giertyck (1) est même allé jusqu’à évoquer l’interdiction des homosexuels dans l’enseignement.
Fort heureusement, l’appartenance de la Pologne à l’UE interdit cette discrimination.
Fort heureusement aussi, les mouvements LGBT polonais — KPH notamment (2) — sont particulièrement réactifs et jouent depuis longtemps la carte de la solidarité internationale. Les groupes LGBT ont ainsi lancé une pétition internationale (3) avec une ONG américaine (HRW) quelques jours avant la grande marche pour l’Egalité qui s’est tenue, le 19 mai à Varsovie en présence de nombreuses délégations étrangères.
Le texte demande au président Lech Kaczynski de "mettre fin aux attaques verbales et discriminatoires incessantes dues aux membres de l’actuel gouvernement, lesquelles vont à l’encontre des droits fondamentaux des personnes LGBT."
Maciej Giertych, le père du ministre Roman Giertych est connu pour avoir publié (en usurpant le logo du Parlement européen dont il est élu) une brochure "European values" particulièrement homophobe

La femme est le trône de Satan, la pudeur lui est à charge ; fuis-la, lecteur. B. de Morlas, cité par Delumeau, La peur en Occident, coll. Pluriel, Éd. Hachette.