Concert pour tous mardi 21 mai à la Bastille !
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Concert pour tous mardi 21 mai à la Bastille !
Écrit par Julie Verdier - Jeudi, 17 Juin 2010 Rentrer dans le moule ou se démarquer ? La Fondation Wyeth pour la santé de l’enfant et de l’adolescent a présenté, mercredi 16 juin, le bilan de la 6ème édition des forums Adolescences. Ces échanges sur le thème « Filles, garçons : savoir vivre ensemble » dévoilent un rapport ambivalent des adolescents à la différence, et l’attente d’un environnement scolaire plus ouvert.
Quelques chiffres : 9 académies impliquées, 43 lycées mobilisés, 3 500 personnes dont 2 500 ados engagés dans les forums Adolescences entre février et mai 2010. Une véritable ruche pour analyser, traiter et concrétiser la problématique de la différence autour de la mixité. L’occasion de tordre le cou à certains préjugés tenaces et d’esquisser un espace scolaire plus ouvert.
Au final, 130 propositions concrètes sur l’apprentissage du respect, d’une meilleure convivialité entre les deux sexes, et sur l’équité entre les orientations scolaires ont été adressées aux responsables ministériels et autorités en vigueur. Dix d’entre elles ont été publiées dans un livret « Filles, garçons : 10 clés pour mieux vivre ensemble ».
La tyrannie des marques, le sectarisme des genres, la stigmatisation des sexes faussent les rapports dans l’environnement scolaire, à tel point que 30% des adolescents se sentent « différents », selon une enquête menée par Ipsos Santé pour la fondation Wyeth en 2009.
« La différence est un sujet de préoccupation pour les adolescents car elle renvoie à leur propre normalité » explique Laila Idtaleb, d’Ipsos Santé.
Une singularité vécue pour beaucoup comme un facteur de vulnérabilité et un outil de discrimination.
L’enquête révèle que 81% des jeunes pensent que les gens différents sont discriminés. Voire en danger.
Près d’un adolescent sur 2 affirme avoir été victime de violences physiques ou verbales à cause de son apparence physique, ou de son sexe (pour les filles).
Pourtant, la recherche de la distinction peut s’avérer être positive pour 74% des adolescents.
En ce sens, il existe une ambivalence dans le concept de différence à l’école.
« On s’interroge sur l’estime de soi par rapport à sa différence.
Comment accepter la diversité et se reconnaître différent ?
C’est un réel défi pour des lieux collectifs comme les établissements scolaires » souligne Jean Louis Auduc, directeur-adjoint de l’IUFM de Créteil.
Une opinion partagée par Philippe Jeammet, pédopsychiatre « La prise de conscience met les jeunes face à cette ambivalence, et les fait se questionner sur leur identité.
A ce moment là, ils vont réfléchir en terme de bien ou mieux ».
Cette différence peut se matérialiser dans divers domaines, comme l’orientation scolaire (36% des jeunes ne croient pas que les filles et garçons ont les mêmes chances de réussite), l’apparence physique (pour 62%), leur relation avec les adultes.
Ou encore le sexe des adolescents :14 % d’entre eux associent différence de sexe à inégalité.
C’est pourquoi les propositions émises suite aux concertations cristallisent le désir des adolescents « de lutter contre les stéréotypes », affirme Jean Louis Auduc, directeur-adjoint de l’IUFM de Créteil.
« Les jeunes veulent un lycée conçu comme un espace ouvert sur le monde, un espace de savoir mais aussi de citoyenneté ».
Accepter la diversité des parcours et de réussite, ou encore former un élève comme médiateur au sein de l’établissement, sont quelques uns des principes auxquels les adolescents sont attachés pour lutter contre les poncifs sociétaux.

"Les théories théologiques, morales, juridiques, médicales, biologiques, psychanalytiques, anthropologiques, etc., ne sont jamais que des raisons trouvées pour justifier a posteriori une intime conviction, évidemment injustifiable." Louis Georges Tin