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Égalité des Genres et des Sexualités dans le Monde de l'Éducation

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La naissance des pieuvres

Date de sortie cinéma : 15 août 2007

Film disponible en DVD Réalisé par Céline Sciamma

Avec Pauline Acquart, Adèle Haenel, Louise Blachère

Long-métrage français . Genre : Drame Durée : 01h25min Distributeur : Haut et Court

Synopsis

 : L’été quand on a 15 ans. Rien à faire si ce n’est regarder le plafond. Elles sont trois : Marie, Anne, Floriane. Dans le secret des vestiaires leurs destins se croisent et le désir surgit. Si les premières fois sont inoubliables c’est parce qu’elles n’ont pas de lois.

Critiques

Le film de Céline Sciamma possède bien des qualités, et aussi des maladresses, il faut l’avouer.
Car oui c’est bien un film un peu marqué : premier film d’une tout juste sortie de la Fémis, et la réalisation est somme toute très classique et convenue.
On peut donc lui reprocher d’avoir un peu trop glaner du côté « ciné français intello » et de s’attarder parfois un peu trop sur certaines scènes.
Un film aussi intelligent et sensible aurait mérité un traitement un peu moins académique peut-être.

Mais je n’en boude pas moins mon plaisir, car j’ai vraiment beaucoup beaucoup aimé.

Evidemment, un film qui évoque l’homosexualité chez des gamines de 15 ans, c’est déjà pas mal.

Et la prouesse là est de le faire avec une vérité, une simplicité et une clairvoyance qui m’ont vraiment frappé.
En outre, les trois comédiennes Pauline Acquart (Marie), Louise Blachère (Anne) et Adèle Haenel (Floriane) sont épatantes et convaincantes dans ces rôles très délicats.
Marie est amie avec Anne. Cette dernière est un peu la grosse adolescente classique qui fait de la natation, tandis que Marie est étrangement attirée par une autre fille de la piscine : la capitaine de l’équipe de nage synchronisée, Floriane.

On suit donc les trois filles, avec leurs problèmes, leurs émois, leurs petites vacheries et autres souffrances adolescentes.
Floriane est une « fausse salope », Anne donne son corps faute de mieux, et Marie essaie de voir clair dans ce qu’elle ressent…
Les parents sont totalement absents du film, mais je pense que ce n’est pas tant pour marquer un renoncement que pour ancrer le film dans un univers totalement adolescent.
Et en effet, j’ai trouvé que ça fonctionnait très bien, on se retrouve vraiment dans une atmosphère et des codes que nous avons tous connus, et qui n’ont pas bien changé à vrai dire.
Le scénario est à ce niveau là particulièrement brillant, dans les intrigues, l’épaisseur psychologique des personnages ou bien les dialogues, il y a énormément de choses qui sonnent très justes, et font mouche.
Le film du coup n’est pas tant une oeuvre qui parle d’homosexualité, mais plutôt de femmes et de leur entrée dans la vie adulte.
Certaines scènes sont très agréablement soulignées par une bande son originale particulièrement belle et efficace, signée Para One.

L’ensemble donne vraiment à cette oeuvre beaucoup de charmes et de qualités, et viennent facilement estomper les quelques défauts qu’on pourrait y trouver du premier film de Céline Sciamma, 27 ans. Pour prendre le spectateur à contre-pied, refouler tous les clichés et refuser tous les fantasmes générés par ce type de situation.
Au départ, il y a deux copines, Anne la grosse et Marie la maigre. Conformes ni l’une ni l’autre aux canons de la séduction, elles ont peur de suer sous les bras, de "puer de la gueule", de dégoûter. Cette radiographie de la naissance de la féminité est placée sous le signe de la cruauté.
Floriane, la troisième, est une belle blonde et un sujet de malentendus. Les garçons tournent autour d’elle, on la prend pour une allumeuse, elle embrasse ses courtisans par convention, fait mine d’assumer son image de lolita mais cache qu’elle est toujours vierge, pétrifiée par un statut social qui ne correspond pas à ce qu’elle est.
Il y aura bisbille entre Anne et Marie, entre autres parce que Marie quitte l’enfance pour découvrir le désir et que le secret objet en est Floriane. Pour se rapprocher d’elle, Marie doit faire semblant : d’être attirée par la natation synchronisée dont Floriane est la reine, d’être intronisée dans le groupe.
Pendant ce temps, adulte avant les autres, c’est la bonne grosse qui passe à l’acte avec un garçon, et qui est le dindon de la farce. Les premières expériences amoureuses des jeunes filles gauches ou avides de métamorphoses, on a vu cela cent fois, sauf qu’ici ce n’est pas tout à fait comme d’habitude.
Parce que Céline Sciamma a fait disparaître les adultes du champ, renvoie les garçons aux rôles de figurants, ignore tout ce qui pourrait faire mode. Optant pour l’intemporalité et la stylisation, se jouant des codes comme des "trucs de princesse débiles" et refusant la scène stéréotypée du coming out, elle parle de malentendus, de rétention, de la difficulté de vivre une pulsion homosexuelle à 15 ans.
Naissance des pieuvres aligne sèchement des gestes qui n’autorisent aucun sentimentalisme, aucun jugement.

On y enterre son soutien-gorge dans le jardin, on y expédie un crachat dans une bouche, on s’y conduit en sorcière ou en petit soldat discipliné pour la compétition.

Mais les ballets nautiques sont un leurre, car l’essentiel est d’apprendre à tomber amoureuse d’une fille.

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Citations

"Acceptée dans la sphère intime de la vie privée, l’homosexualité devient insupportable quand elle revendique publiquement l’équivalence avec l’hétérosexualité" Daniel Borillo.

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