Et patatras, à l’occasion du lancement du « club Crèches et Entreprises », hier, le Ministre a renvoyé la réforme aux calendes grecques.
Le congé parental est pourtant au cœur des problématiques d’égalité professionnelle dont le gouvernement assure, la main sur le cœur, qu’elles sont prioritaires.
Tel qu’il existe aujourd’hui, ce congé est un cadeau empoisonné pour les femmes. Appelé Complément de libre choix d’activité (CLCA), il permet au parent s’arrêtant complètement ou partiellement de travailler pour élever un enfant de toucher entre 140 et 550 euros par mois environ. Durant six mois pour un enfant, 3 ans lorsqu’il y en a trois.
Puisque les femmes ont des salaires plus bas que les hommes, ce sont elles qui font le « choix » de cesser leur activité professionnelle : 98 % des bénéficiaires du CLCA sont des mamans. Lesquelles dégonflent ainsi les statistiques du chômage. Elles ont ensuite les pires difficultés pour se réinsérer lorsque le CLCA disparait.
Leurs perspectives de carrière et de progression salariale se réduisent et le partage sexuel des rôles dans la société ne bouge pas d’un iota.
Lot de consolation pour elles : Xavier Darcos insiste sur « la nécessité d’améliorer la formation professionnelle et l’employabilité des femmes en fin de congé parental » et compte sur le déjà très débordé « Pôle emploi » pour pallier leurs difficultés. Une façon de soutenir l’égalité hommes/ femmes comme la corde soutient le pendu.
Pas de consensus à 52, pas de réforme
Le but de la réforme était pourtant de prendre le mal à la racine en rendant le congé parental attractif pour les hommes comme pour les femmes.
A égalité devant le congé parental, ils auraient eu plus de chance d’être à égalité devant l‘emploi.
L’Objectif a été un peu perdu de vue au fil des réflexions des 52 membres du HCF qui, au bout du compte, ne sont pas parvenus à un consensus.
Leurs différentes propositions tournaient autour d’une idée de congé plus court mais mieux rémunéré…
Pas au point d’atteindre les 80 % du salaire comme en Suède.
Et préconisaient de multiplier les modes de garde pour prendre en charge les enfants.
Anticipant les mécontentements divers, Xavier Darcos a préféré renoncer. Rappelons que 64 % des enfants de moins de trois ans sont gardés par les mamans qui renoncent à leur travail.
Isabelle Germain Les nouvelles news L’autre genre d’info

