Concert pour tous mardi 21 mai à la Bastille !
Skip to content | Skip to the menu | Skip to search
Concert pour tous mardi 21 mai à la Bastille !
Rachel Kahn : « la sexualité est devenue un enjeu de notre épanouissement »
Têtu par Anne Delabre 05 mai 2010
Entretien avec la journaliste et auteure du documentaire « Sexe, amour, société », réalisé par Sylvain Bergère et diffusé en trois volets sur France 2 (6, 13 et 20 mai en deuxième partie de soirée).
TÊTUE : Une quarantaine de témoins (de 17 à 86 ans), une dizaine d’experts de tous horizons (sociologues, sexologues, psychanalystes…), des archives très diversifiées (cinéma, publicité, chanson…) : Qu’avez-vous voulu montrer avec cette série documentaire ?
RACHEL KAHN : Notre but était de capter en amont comment nos mœurs ont fait bouger la société. Côté homosexualité, entre les témoignages de Laura 20 ans (« Un jour j’ai dit à ma mère : - Maman, je sors avec quelqu’un. - Ah oui ? C’est bien, comment il s’appelle ? - Elle s’appelle Sabrina. ») et celui d’Henri, 56 ans (« J’ai voulu mourir car je ne pouvais pas affirmer mon identité »), nous faisons un voyage dans le temps incroyable ! Toutes les inhibitions sautent, les tabous patriarcaux et religieux tombent…
Comment avez-vous choisi de découper les différentes parties autour de votre fil rouge ?
Dans le premier volet, j’ai voulu rappeler le combat des femmes, les jeunes ne sachant pas tout à ce sujet, et montrer comment les choses ont changé depuis 1945.
Dans le second, il s’agit de montrer comment la sexualité est devenue un enjeu de notre épanouissement personnel, presque un dogme !
Enfin, un dernier volet est consacré aux nouvelles façons d’aimer avec l’arrivée d’internet et l’émergence du 3ème âge comme « minorité sexuelle ».
Des difficultés particulières ?
Nous n’avons malheureusement pas pu recueillir le témoignage de musulmans car ils ont refusé de parler devant la caméra à visage découvert. C’est vraiment dommage…
Grâce au net, des homos peuvent sortir virtuellement de leur cité où ils jouent aux machos, des filles hétéros y trouvent aussi un espace de liberté.
L’omerta est très dure et le fait d’être regardé par leur communauté en train de parler publiquement de leur sexualité n’est pas concevable.
Quelle place avez-vous accordé à l’homosexualité dans votre travail ?
Nous avons interviewé 5-6 homos sur 50-60 personnes, pour que ce soit représentatif. En tant que témoins, mais parfois également experts, comme Didier Lestrade ou Wendy Delorme.
Ou Laura, bisexuelle comme beaucoup de jeunes de cette génération, qui ne veut rien s’interdire. Mais aussi Thérèse, 82 ans, qui parle de ses expériences lesbiennes. D’autres évoquent leurs expériences échangistes avec des femmes…
Toutes les frontières sont donc en train d’exploser en matière de sexualité ?
Nous avons vécu jusqu’à présent sur des schémas de représentation d’une sexualité jeune, hétéro, mais tout cela est en train de bouger.
Confinée à la chambre à coucher, elle a surgi au grand jour et a bouleversé la société de ces cinquante dernières années.
Ceci grâce aux combats, aux lois, à la psychanalyse, etc.
A la science aussi, qui a beaucoup apporté, notamment avec la pilule qui a permis de rendre les femmes autonomes.
Quant aux homos, ils ont rejoint la communauté nationale. Dans l’ensemble, c’est un combat gagné, même s’il reste des zones de résistance.
Avez-vous un regret ?
Oui, celui de ne pas avoir montré à quel point la sexualité homo a influencé la sexualité hétéro…
Liberté, égalité, sexualité : le jeudi 6 mai,
Chacun cherche son sexe le jeudi 13 mai,
Sexe.com le jeudi 20 mai
Sur France 2
C’est bien connu : les homosexuel-le-s étant obligé-e-s de vivre en marge de la société, y ont gagné en liberté, en libération sexuelle surtout dans les années 60 : pas de protocoles à observer.
Cette liberté a rendu des hétérosexuel-le-s jalouses et jaloux qui se sont mis-es à les copier.
Quelle insuffisance de l’émission en effet, dommage !

Dès le premier jour, notre sexe sert de prétexte au dressage à la "féminité" ou à la "masculinité". Impossible d’y échapper. Les parents qui tentent de briser la contrainte de la distribution des rôles n’y parviennent qu’en partie.