Concert pour tous mardi 21 mai à la Bastille !
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Concert pour tous mardi 21 mai à la Bastille !
Rien de biologique, ni de naturel : l’école du sexisme
C’est à la démonstration, preuves à l’appui que s’est livré l’italienne Elena Gianini Belotti dans son livre : "Du côté des petites filles".
Toutes les qualités et les défauts des petites filles sont inculquées de force souvent consciemment mais même inconsciemment par la force de l’éducation qu’on a reçu soi-même.
Aucune n’est biologique ni naturelle, on ne nait pas femme ou homme on le devient par des dressages contraires, mais le dressage des filles par les mères est beaucoup plus draconien.
Le servage des filles est orchestré depuis la première têtée par la façon même de donner la têtée !
Ce livre qui est paru en France en 1974 est un best seller, il a permis d’en prendre conscience, mais relativement peu de personnes l’ont lu, et les mentalités n’ont évolué que dans certaines couches de certaines sociétés occidentales, et encore même là, l’école du machisme est omniprésente.
Une étude passionante sur le conditionnement dont sont victimes les petites filles bien avant la crèche, à la crèche, à l’école dite "maternelle" et pour toute la suite de la vie.
Il s’agit pour préserver l’ordre social patriarcal de faire avaler aux petites filles qu’elles se sentent inférieures car elles sont inférieures, elles doivent se sacrifier pour la maison et la famille, vivre avec abnégation car le capitalisme ne peut rémunérer le travail domestique.
La fameuse différenciation des filles et des garçons est voulue, opposée et en faveur du garçon pour en faire un privilégié, c’est le sens de toutes les philosophies et politiques conservatrices soutenues par tous les textes religieux dans toutes les civilisations. Même dans les sociétés dites "matriarcales", les principes d’éducation sont sexistes.
Si l’éducation ne visait qu’à développer les qualités humaines de l’enfant, sans tenir compte de son sexe, cette inégalité fabriquée de toute pièce, s’effacerait d’elle-même.
Ecrit par une enseignante, étayé par des enquêtes, il montre clairement et irréfutablement les racines des inégalités entre hommes et femmes. La petite fille est enfermée dans un rôle écrit à l’avance et qui se perpétue à peu de choses près.
Ce n’est pas un acte d’accusation contre les parents, mais un appel qui doit leur faire prendre conscience des conditionnements qu’ils ont subis et qu’ils risquent de reproduire.
La passion habite ces pages, l’amour des enfants, l’aventure de leur développement et la passion de leur liberté habite cette étude rigoureuse.
Dans son livre "l’assujettissement des femmes" écrit en 1869 John Stuart Mill fut le premier à interroger le concept de "nature féminine".
La matrice des difficultés successives des femmes se trouve dans la zone obscure de la prime enfance.
A 3 ou 4 ans tout ce qui est lié dans son destin au sexe auquel il appartient, est déjà accompli, car il n’y a pas de lutte consciente contre l’oppression durant cette période. L’objectif de l’identification de l’enfant au sexe qui lui est assigné est très vite atteint et aucun élément ne permet de déduire que ce phénomène complexe a des racines biologiques. Malgré les facteurs génétiques et hormonaux, c’est l’éducation qui est l’élément déterminant.
Il n’existe aucune preuve que les comportements différenciés des deux sexes soient innés !
Tout vient de ces petits gestes quotidiens, ces attitudes différentes, ce ton de la voix, ces froncements de sourcils, ces réactions automatiques intériorisées toujours considérées comme des vérités intangibles. Il n’est pas simple de casser la chaîne des conditionnements.
Il s’agit d’apprendre à ne pas les reproduire, car ils peuvent être modifiés.
Cette rupture à produire, concerne surtout les femmes, puisqu’elles s’occupent tellement de la prime enfance.
Chaque individu qui naît doit avoir la possibilité de se développer de la façon qui lui convient indépendamment de son sexe, sans inculquer aux petites filles les modèles masculins.
Le petit garçon est modelé tout aussi inexorablement selon un moule bien defini mais qui en fait un privilégié de la caste supérieure.
Il subit lui aussi une mutilation tout aussi catastrophique, sa personnalité en est déformée, appauvrie, ce qui rend difficile les rapports entre les deux sexes.
Personne ne peut dire combien d’énergie, combien de qualités sont détruites dans le processus d’intégration forcée des enfants des deux sexes dans les schémas masculins et féminins. Personne ne nous dira ce qu’il adviendrait d’une petite fille, si elle ne trouvait pas sur le chemin de son développement tant d’obstacles insurmontables placés là uniquement en raison de son sexe !

"La primauté de la parole masculine, son aptitude à apparaitre « neutre et universelle » est l’un des mécanismes qui permet au masculin de servir de référence, de modèle et de prototype au genre humain". Godelier.