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Le festival de films LGBT de Paris du 7 au 16 octobre

La 17ème édition du festival de cinéma LGBT de Paris, "Chéries-Chéris", aura lieu du 7 au 16 octobre 2011 au Forum des images.

La programmation annoncée proposera en une cinquantaine de séances "des oeuvres engagées, des films inédits qui arrivent des quatre coins du monde, aux regards singuliers", selon la présidente du festival Pascale Ourbih.

Au programme, le très attendu "Week end" du réalisateur Andrex Haigh et une soirée dédiée à l’actrice et chanteuse Marie-France.

Un jury de professionnels, composé d’artistes et de journalistes, décernera un nouveau prix international de cinéma en clôture de la manifestation.

L’affiche de l’édition 2011 est signée Pierre et Gilles. Mis en ligne le 30/09/2011

« Bye Bye Blondie », de Virginie Despentes en ouverture du 17e festival Chéries-Chéris

http://yagg.com/2011/10/05/%c2%abbye-bye-blondie%c2%bb-de-virginie-despentes-en-ouverture-du-17e-festival-cheries-cheris/ 5 octobre 2011

Publié par Yannick Barbe Belle affiche pour l’ouverture, vendredi 7 octobre, de la 17e édition de Chéries-Chéris, le festival de films gays, lesbiens, trans’ et ++++ de Paris, qui se tiendra au Forum des Images, jusqu’au 16 octobre.

ONZE ANS APRÈS « BAISE-MOI »

Projection en avant-première de Bye Bye Blondie, le nouveau film de Virginie Despentes (11 ans après Baise-moi), avec Béatrice Dalle et Emmanuelle Béart dans les rôles principaux, et qui seront là pour présenter le long métrage en compagnie de la réalisatrice qui adapte ici l’un de ses romans.
Avec une particularité intéressante : l’intrigue hétéro du livre est devenue lesbienne dans l’adaptation ciné.
L’histoire ? « Gloria et Frances se sont aimées dans la France des années 80 comme on s’aime à 16 ans.
Puis la vie, autant que les contraintes sociales, les ont séparées.
Vingt ans après, à nouveau, leurs chemins se croisent… ».

LE TRÈS ATTENDU « WEEK-END »

Dans le programme particulièrement riche de ces 10 jours de festival, on ne ratera pas la première française de Week-end, d’Andrew Haigh (le 14 octobre), qui jouit d’un buzz ultra favorable.
La bande-annonce de ce « one-night stand » entre deux gays qui dure justement plus d’un soir nous donne déjà très très envie. Notre fibre romantique risque fort d’être comblée :

À ne pas manquer également (mais malheureusement le même jour et quasiment à la même heure que Week-end), House of Shame – Chantal All Night Long, le documentaire de Johanna Jackie Baier qui raconte l’histoire de Chantal Lehner, légende vivante du Berlin underground, organisatrice des soirées House of Shame. Squats, soirées destroy et performances queer : ce sera Berlin à Paris !

Chéries-chéris : Les films à ne pas manquer ce week-end

Têtu par Louis Maury 07 octobre 2011 | Premier week-end du festival parisien Chéries-Chéris. Au côté d’une large sélection de courts-métrages, les films proposés vont d’une saga familiale japonaise à un Shakespeare revisité entre soldats gays en passant par une étrange balade thaïlandaise.

LA FAMILE AU GRAND COMPLET (THE FAMILY COMPLETE) - EN COMPETITION

Un homme déguisé en ours qui viole un grand-père.
C’est la scène d’ouverture de ce film japonais où toute une famille est emportée par un désir interdit.
Le grand-père est porteur d’un virus qui a infecté tous les membres de la famille et tous veulent avoir des relations sexuelles avec lui.
En même temps, le virus empêche de vieillir.

La famille au complet est certainement l’un des films les plus barrés d’une sélection qui n’en manque pourtant pas.
Koichi Imaizumi (Naughty Boys, First Love) choisit les thèmes de la famille et de l’incommunicabilité et les dynamite avec ce drame fantastique et hardcore, dans lequel le sexe lie tous les personnages. Un conte étrange sur l’obsession sexuelle qui a bousculé tous les festivals où il a été présenté.

LA CLE DES CHAMPS (STADT, LAND, FLUSS) - EN COMPETITION

Marko est apprenti dans un lycée agricole de la campagne berlinoise.
Taiseux et secret, on ne sait rien de lui.
Mais Jacob va peu à peu l’apprivoiser et une escapade inattendue à Berlin va changer leur vie.

Présenté à la dernière Berlinale, où il a reçu le Prix du magazine Siegessäule des Teddy Awards, La Clé des champs est le premier long-métrage de Benjamin Cantu, réalisateur tout droit venu du cinéma d’animation.
Dans un univers peu exploré par le cinéma gay, ce film qui refuse les effets faciles offre aux deux acteurs, Lukas Steltner et Kai-Michael Müller, deux très belles partitions tout en délicatesse. Une œuvre pudique, épurée et sûrement l’un des plus beaux films de ce festival.

SOLDAT ROMEO (PRIVATE ROMEO) - HORS COMPETITION

L’idée est belle et le résultat surprenant d’intelligence et de ferveur.
A partir du texte original et pieusement respecté de Roméo et Juliette, Soldat Romeo croise les existences de huit cadets presque livrés à eux-mêmes dans un camp d’entraînement militaire.
L’exaltation amoureuse est traitée avec le « Don’t ask, don’t tell » en trame de fond, et les tabous liés à l’homosexualité dans l’armée, le tout sur une bande originale de rock indépendant. Le charisme des jeunes comédiens, dont beaucoup de jeunes figures montantes de Broadway, n’est pas pour rien dans la réussite de cette aventure originale qui bouscule le théâtre classique.
Et cela plaît. Soldat Roméo a reçu le Grand prix du public au dernier Outfest, le festival du film LGBT de Los Angeles.

CIBRÂIL - HORS COMPETITION

Du nom de son protagoniste, Cibrâil raconte l’histoire d’un jeune policier berlinois amoureux de sa compagne et heureux jusqu’à l’arrivée d’un cousin de sa petite amie, qui va bouleverser sa vie.

Premier long-métrage d’un cinéaste auteur de nombreux courts, le propos est simple : un gay épanoui face à un homo qui ne peut s’assumer.
Et la passion comme lien indestructible.
Cibrâil assume son propos avec une certaine candeur. C’est ce qui fait son charme et sa force.

MONDO LUX, L’UNIVERS VISUEL DE WERNER SHROETER - EN COMPETITION

Mondo Lux : Die Bilderwelten des Werner Schroeter en V.O. est un documentaire d’Elfi Mikesch, réalisatrice et chef-opératrice de plusieurs films de Werner Schroeter, dont l’un de ses films les plus connus : Le Roi des Roses.
En tant que directrice de la photographie, Mikesch a signé plusieurs films de Schroeter, comme Malina ou Poussières d’amour.

Sorte de dernier journal intime de l’artiste décédé en avril 2010, on suit le travail de Werner Schroeter, depuis toujours fasciné par la voix.
On balaye ici son génie créatif qui a touché films, théâtre et opéra.
Un bel hommage à ce géant de la culture allemande qui dans les années 1970 avec Fassbinder ou Margarethe von Trotta, a bousculé l’univers de la création outre-Rhin.

THE TERRORISTS (POO KOR KARN RAI) - EN COMPETITION

Soyons clair, cet hybride entre documentaire, film expérimental et collage de scènes assez spéciales en déroutera plus d’un.
Il réunit 17 segments de fictions qui se veulent un puzzle politique autour de la démocratie thaïlandaise.
Réalisé par un universitaire proche de Apichatpong Weerasethakul, le résultat rappelle les films politiques des années 1970 où radicalité politique cohabitait avec sexe désinhibé. Présenté à la dernière Berlinale et soutenu par Jürgen Brüning (producteur des derniers brûlots de Bruce LaBruce, Otto ou L.A. Zombie), The Terrorists, qui est dédié aux Chemises rouges, victimes de répression sanglante à Bangkok en avril et mai 2010, est sûrement un des choix du festival qui divisera le plus.

Chéries-Chéris : Les films à ne pas rater cette semaine (1/2)

Têtu par Louis Maury 10 octobre 2011,

Le festival Chéries-Chéris se poursuit avec une sélection très internationale. On peut ainsi découvrir des films islandais ou polonais, une love story américaine ou encore la chronique d’une histoire d’amour franco-américaine entre film expérimental et journal intime.

SUICIDE ROOM Dominik est un enfant de la nouvelle grande bourgeoisie polonaise. Membre d’une école d’élite, il craque pour l’un de ses camarades qui va l’humilier sur le net. Dominik se réfugie alors dans le monde virtuel et fait la connaissance de Sylwia, une jeune fille suicidaire qui lui présente à son tour ses amis d’une « Suicide Room »… Troisième long métrage de Jan Komasa, ce film polonais d’une très grande tenue esthétique, est un mélange très intéressant. Suicide Room est à la fois une interrogation sur le rôle et le poids des réseaux sociaux et le premier film polonais à aborder sans détour, et pour le grand public, l’homosexualité adolescente. Suicide Room propose également une 3D alliant animation et fiction fortement influencée par la culture manga, sans oublier une B.O. particulièrement bien choisie. Jan Komasa avait présenté ainsi son jeune héros au dernier festival de Berlin : « Je ne vois pas le héros de ce film comme homosexuel ou hétérosexuel. Pour moi il est queer. Il n’a pas besoin de se décrire ».

JITTERS Gabriel quitte son Islande natale avec quelques camarades pour Manchester, en Angleterre, où ils partent tous afin de parfaire leur anglais. Le jeune homme craque alors pour son colocataire Marcus, tout en assistant, impuissant, à la dérive existentielle de son amie Stella. Ce premier film islandais, sensible et généreux, a déjà été présenté dans différents festivals, où il a été comparé à une version soft de la série télé britannique Skins. Dans le genre déjà très exploré du « teen movie », Jitters brille par sa délicatesse et par un casting inspiré dans le cadre peu filmé d’une Islande urbaine à l’étrange atmosphère.

LE CIMETIERE DES MOTS USES

Ils s’appellent Denis et Luther. Ils s’aiment par delà les océans. L’un est cinéaste et vit en France, l’autre est architecte et vit à San Francisco. Ils s’aiment en secret depuis 19 ans. Pourtant, ils ne se voient qu’une fois par an, et seulement quelques jours, voire parfois quelques heures. Et chaque nuit, ils se parlent… Etrange film dialogue, entre journal intime, chronique vidéo et auto confessionnal, ce Cimetière est sûrement l’une des propositions les plus surprenantes de ce festival. On pourra être hermétique à ce long (plus de deux heures) cri d’amour susurré. Mais si vous succombez à sa petite musique, ce voyage vous marquera. Son réalisateur, François Zabaleta, est plasticien, vidéaste, graphiste et écrivain. A l’heure du web, ce journal intime est en tout cas le parfait trait d’union entre les passions artistiques multiples du réalisateur.

SOMEFARWHERE En 2003, pendant la guerre d’Irak, Price, un jeune Américain part au Moyen-Orient à la recherche de son amant, un Marine accusé de désertion. Somefarwhere a notamment été tourné en Jordanie avec des équipes locales et des acteurs du cru, souvent gays. En dehors de son sujet original, le film a aussi connu un processus créatif hors normes. Everett Lewis a régulièrement lâché sur la toile des extraits ou des séquences du film en cours de montage et suivait les réactions des internautes. Un parti pris de le réalisateur, qui a pour ambition de travailler à une nouvelle définition du cinéma indépendant.

Chéries-chéris, côté trans : les séances à ne pas manquer

Têtu par Elsa Bastien 07 octobre 2011,
le festival de films gays, lesbiens, trans et +++ de Paris revient au Forum des Images pour sa 17ème édition.
Les films ou docus trans ne sont pas en reste : découvrez notre sélection.

Apparence féminine, de Richard Rein (1979)- Thématique Patrimoine
Si vous êtes curieux de l’histoire de la transidentité, il faut aller voir ce documentaire de 1979, retrouvé dans une salle de cinéma : trente ans qu’il n’a pas été diffusé.
Un petit bout d’histoire concentré dans le témoignage de Dominique, anciennement Jean-Paul. Filmé en caméra fixe, on entre dans l’intimité de cette femme qui nous livre son parcours, sans artifices, et on découvre l’évolution des mots et des luttes de la communauté trans.

Miwa : A la recherche du Lézard noir Documentaire,
C’est un peu notre coup de coeur. 1968, Le Lézard noir sort sur les écrans japonais. Un succès, avec en tête d’affiche Akihiro Maruyama, alias Miwa. Transgenre, femme fatale au cinéma, chanteuse, à la fois populaire et underground… voilà cinquante ans que cette icône du cinéma japonais joue avec les genres tout en restant une star dans son pays.
Un docu à voir absolument donc, parce qu’on aime Miwa et son univers kitsch et camp typiquement japonais.

Other Angels Long-métrage, Chéries-chéris, c’est aussi l’occasion de connaitre la situation des trans dans d’autres pays.
Dans cette fiction, le réalisateur turc Emre Yalgin nous amène dans les rues d’Istanbul à la découverte du monde des femmes trans.
Il nous fait entrevoir le quotidien de Sanem et de trois autres prostituées trans avec lesquelles elle partage un appartement.
Petit à petit, elle se rapproche de son nouveau voisin Gokhan, un jeune homme au cœur brisé.
Tout deux apprennent à se connaître, et à aller au delà de leurs préjugés respectifs.
En peignant la vie de ces prostituées trans, Erme Yalgin s’attaque sans sensationnalisme à un sujet très peu traité en Turquie et rend visible une communauté souvent décrite à grand coups de stéréotypes.
Le tout avec des actrices elles-mêmes transgenres dans la vie.

Gun Hill Road de Rashaad Ernesto Green.
Plongés en plein Bronx, aux États-Unis, on assiste à l’implosion d’une famille.
Après trois ans de prison, Enrique revient chez lui et découvre que son fils Michael a fait une transition et s’appelle désormais Vanessa, et que celle-ci économise pour pouvoir se faire opérer.
Un film à voir ne serait-ce que pour la magnifique performance de Harmony Santana, qui incarne Michael/Vanessa.
Elle-même en début de transition MtF, elle s’occupait d’un stand de prévention lors d’une parade LGBT lorsque que le réalisateur Ernesto Green l’a vue, après avoir fait le tour de New-York à la recherche de l’actrice idéale.

A voir également, un ovni queer expérimental et poétique avec du porno et du féminisme dedans : Community action center, de A.K. Burns et A.L. Steiner, , et une séance de courts lesbiens et trans intitulée « le genre qui doute »

Chéries-Chéris : Les films de la semaine à ne pas rater (2/2)

Têtu par Louis Maury jeudi 13 octobre 2011,

SUR LE DEPART - Mont-de-Marsan, dans les Landes. Un soir de juin, deux garçons, amants, se disent adieu. On ne connaîtra jamais leurs prénoms.
Ils sont justes Clarinette et Piano, les deux instruments dont ils jouent et qui les ont un jour réunis.
Pendant 12 ans, ils se retrouvent à intervalles irréguliers à l’occasion des retours de Clarinette dans la ville. Entre regrets, reproches et rapprochements.

Sur le départ est l’une des belles surprises de ce festival.
Avec ces accents « rohmerriens », ce film délicat, réflexion sur ce que l’amour a été ou aurait pu être, est fort joliment mené.
Il y a une intensité et une sincérité confondante dans cette ronde amoureuse qui transcende le cadre inattendu d’une ville de province assoupie. Dans le rôle du duo ami-amant, Adrien Dantou et César Domboy sont parfaits dans la suggestion et l’émotion.

ROMEOS - EN COMPETITION


A première vue, on pourrait croire à une love story adolescente balisée : un joli rebelle libéré qui se prête au jeu de la séduction face à son opposé timide et en manque d’assurance.
Et pourtant, entre Fabio, à la gueule d’ange et à la sexualité débridée, et Lukas, à la personnalité discrète, l’histoire d’amour est atypique.
Car Lukas est un jeune trans en pleine transition, qui attend de se « débarrasser » de ses seins pour être enfin le garçon qu’il sait avoir toujours été. Ce qui troublera Fabio, à la fois attiré par Lukas et bloqué par les tabous que cet amour peut bousculer.

Présenté avec succès au dernier festival de Berlin, ce premier long métrage de Sabine Bernardi après les documentaires Transfamily (2005), Riot Girls (2008) met efficacement en avant un personnage phare « female to male » et a une énergie communicative. Rick Okon, qui campe Lukas, tire le meilleur d’un rôle casse-gueule face à Maximilian Befort (Fabio), qui arrive à être autre chose qu’un simple cover boy.

Regardez la bande-annonce (sous-titrée en anglais) :

LES FRAISES DES BOIS - Violette vit en pleine campagne chez ses parents, de riches propriétaires agricoles en Picardie.
Gabriel, est vendeur dans un supermarché. En apparence, ces deux personnages discrets sont sans histoire.
Pourtant, ils étouffent dans leur quotidien et vont tout faire pour en sortir. Alors que de nombreux films français souffrent de formatage, de propos prévisibles dans des univers cadrés, ces Fraises des bois sont une vraie bouffée d’oxygène. Exalté par un très beau travail visuel et des comédiens hors pairs, ce film d’atmosphère, sorte de country movie imprévisible, est une très bonne surprise. Ne le ratez pas.

Week-end

Tout commence par un vendredi soir presque banal. Après une fête chez ses amis hétéros, Russell rentre dans une boîte gay et drague maladroitement Glen, un petit gaillard drôle et bitchy.
Ils finissent chez Glen pour ce qui à toutes les chances de devenir une aventure d’un soir sans conséquence.
Contre toute attente, c’est l’inverse qui se produit. Depuis sa présentation, ce modeste film anglais tourné à l’arrache en 15 jours alimente le buzz et s’est vu saluer partout où il est projeté.
Lucide, drôle et touchante, vrai regard sur la peur de s’engager et la maladresse à communiquer, cette histoire d’amour, dont on ne sait si elle se finira bientôt ou sera les prémices d’une vraie passion, a un charme unique.
Tom Cullen et Chris New, deux trentenaires à qui tout le monde pourra s’identifier, ont une magnifique alchimie. Après une sortie très remarquée en Angleterre et aux Etats-Unis, ce film devrait arriver en France début 2012. Personne ne sera étonné si Week-end est au palmarès final de Chéries-Chéris.

Festival Chéries-Chéris : Les derniers films à ne pas rater ce week-end

Têtu par Louis Maury 14 octobre 2011, Suite et fin de notre sélection des séances à voir absolument au festival de films gays, lesbiens et trans, qui s’achève ce week-end au Forum des Images de Paris.

DES JEUNES GENS MODERNES Un légendaire critique rock des années 1970 prend possession d’une bande de jeunes noctambules dans la nuit d’aujourd’hui.
De Paris à Pékin en passant par New York, Montréal et Hong Kong, déferle alors une vague onirique à la Burroughs, où passés sensuels et futurs urbains se confondent dans un délire de musiques d’aujourd’hui et d’alors…

Drôle d’engin que ce film qui fait le lien entre jeunesse de la nuit des années 1970 et d’aujourd’hui. Et sans jouer la carte de la nostalgie, force est de constater que les témoignages des « anciens » ne manquent pas d’intensité.
On croise entre autres Lio, l’égérie de la nuit, Edwige et son groupe Mathématiques Modernes ou l’écrivain journaliste et chroniqueur Alain Pacadis.

INSECTS IN THE BACKYARD En l’absence de leur mère, le père de Johnny, 15 ans, et Jennifer, 17 ans, se travestit en « Big Sister Tanya », une sorte de travestie inspirée des grandes actrices hollywoodiennes des années 1950. Un trouble identitaire qui affectera ses deux enfants. Depuis sa présentation en 2010, ce film de la réalisatrice Tanwarin Sukkhapisit, figure phare de la scène indépendante et trans thaïlandaise, subit les foudres de la censure locale.
Il a été interdit pour « immoralité » et « pornographie » et plusieurs scènes érotiques et une séquence de rêve où le fils tue son père n’ont pas été approuvées.
Ayant refusé de couper les scènes en question, La réalisatrice a fait appel. Film onirique qui rappellera à certains l’univers de Weerasethakul, Insects in the Backyard est en tout cas un mélodrame étonnant et inclassable. Regardez la bande-annonce :

LES MAUVAIS ROMANS Une mère célibataire qui rencontre un étudiant, un homme qui rencontre l’homme idéal, une femme qui devient un jouet amoureux.
Les mauvais romans retrace le destin de sept jeunes hommes et femmes, et leurs trois histoires dans un chassé croisé sentimental hétérosexuel, homosexuel et bisexuel dans le Pékin d’aujourd’hui.

François Chang, jeune réalisateur chinois de 24 ans, est très épris de culture française. On le voit dans son film alors qu’il y fait de nombreux emprunts à Rohmer et Truffaut. Ce film, esthétiquement très beau, est d’autant plus inattendu qu’il a été tourné en Chine.
Sa liberté de ton et son érotisme délicat n’ont heureusement pas effarouché les censeurs.

Le film allemand « Romeos » grand vainqueur au festival Chéries-Chéris

Têtu par Louis Maury 17 octobre 2011,

Déjà remarqué à la Berlinale, « Romeos » repart avec la récompense suprême du festival de films LGBT parisien, marqué cette année par une sélection de haute volée et une belle présence française.

Le film allemand Romeos a reçu dimanche le Grand Prix au 17ème festival de films LGBT Chéries-Chéris 2011,
Un prix mérité pour cette histoire d’amour forte et touchante entre un rebelle et un trans en plein milieu de sa transition « female to male ».
Malheureusement, le film, premier long-métrage de Sabine Bernardi, n’a pas encore de distributeur en France.

Sur le départ

Autre récompense décernée : le prix du jury de Chéries-Chéris, qui est allé au film français Sur le départ de Michael Dacheux. Ou les errances sentimentales de deux ados venus de Mont-de-Marsan qui reviennent sur ce qu’a été, et aurait pu être, leur histoire d’amour. Une œuvre sensible portée par un cinéaste visiblement marqué par le cinéma de Rohmer et Truffaut.

Quant au prix d’interprétation, il a été remis ex-æquo aux actrices iraniennes Nikohl Boosheri et Sarah Kazemy pour En secret de Maryam Keshavarz, une très belle love story lesbienne dans le Téhéran d’aujourd’hui. Le film sortira sur les écrans français le 1er février prochain. Regardez la bande-annonce de Romeos (sous-titrée en anglais) :

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Citations

"Non seulement la société définit le sexe comme une réduction à partir de différents facteurs biologiques et sociaux, mais surtout elle transforme les individu-e-s de façon à les faire correspondre aux archétypes de sexe." Guillaume Carnino "La prise de conscience de la gravité du phénomène homophobe est un préalable nécessaire à l’action répressive, car dans le cas contraire, celle-ci sera ressentie comme partiale, au service exclusif des intérêts d’une partie de la population" Daniel Borillo

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