Concert pour tous mardi 21 mai à la Bastille !
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Concert pour tous mardi 21 mai à la Bastille !
Le Kiss-in devant monument religieux fait polémique
par Christophe Martet, de Yagg
http://www.yagg.com/2010/05/17/le-g…
Depuis plusieurs semaines, les autorités religieuses ont multiplié les déclarations injurieuses vis-à-vis de la communauté homosexuelle.
Le 12 avril dernier, le numéro 2 du Vatican, le cardinal Tarcisio Bertone, associait dans la presse chilienne pédophilie et homosexualité. Un mois plus tard, à Fatima, le pape Benoit XVI classait le mariage des couples de même sexe et l’avortement parmi “les défis les plus insidieux et les plus dangereux”.
Quelques semaines ? Ça fait 2000 ans que ça dure.
Preuve s’il en était besoin que des hommes qui aiment les hommes et des femmes qui aiment les femmes ont vécu et se sont aimés avant la naissance de Jésus, de Mahomet ou de Bouddha, les principales religions monothéistes ont fait de l’homosexualité un des pires maux.
La religion est une croyance. Dans la République laïque qu’est la France, les croyants sont libres de vivre leur foi.
Mais au nom de la religion, personne n’est fondé à réclamer, comme le font des groupes extrémistes catholiques, une part de l’espace public comme leur appartenant, au motif qu’un bâtiment religieux y est érigé.
L’homosexualité est aussi vieille que le monde. Il n’est pas question ici de croyance.
Les homosexuels n’ont pas à se justifier et ils ne veulent convaincre personne de les “rejoindre”.
Depuis juin 2009, c’est au nom de l’amour qu’ils se portent que des hommes et des femmes homosexuelles (mais pas seulement) organisent régulièrement des kiss-in, qui ne durent pas plus de 5 minutes.
Les organisateurs, qui se défendent d’être militants, savent cependant très bien ce que cette action a de politique.
Montrer cet amour-là en public dérange, agace, surprend, fait aussi avancer les choses.
Mais par deux fois, un kiss-in organisé sur une place publique a provoqué l’ire des extrémistes catholiques, qui ont réussi à les empêcher.
À Paris, sur le parvis de la cathédrale Notre-Dame, la tentative de s’embrasser malgré tout a même failli dégénérer en affrontement (voir la vidéo du rassemblement).
Une petite digression s’impose. Ce fut une erreur de la part de Bertrand Delanoë de renommer cette place, un espace public comme un autre, du nom de Jean-Paul II. C’est au nom de la défense de “leur place”, qui porte le nom de “leur” pape, que des extrémistes catholiques y ont menacé de casser du pédé.
À Lyon, le week-end dernier, la préfecture a préféré prévenir tout incident, en exigeant que les organisateurs du kiss-in reportent la manifestation sur la place Saint-Jean au mardi 18 mai.
Homos contre cathos, c’est ainsi que certains chroniqueurs s’emparent du sujet. Parler des pendaisons d’homosexuels en Iran, ça n’est pas très vendeur. Brandir la “cathophobie”, ça c’est un angle !
Bruno Roger-Petit, bloggeur sur Le Post.fr, a franchi le pas en écrivant : Des militants gays font-ils de la cathophobie au nom de la lutte contre l’homopbobie ? (voir ci-dessous)
Bruno Roger-Petit donne lui-même la réponse. Je cite : “Dans le fond, il est regrettable que des activistes gays, au nom de la lutte pour l’extension des droits civils les concernant, inventent aujourd’hui une “cathophobie” aussi détestable que l’homophobie dans la mesure où cette “cathophobie” repose sur les mêmes fondements : la haine de la différence, le rejet de l’autre, le refus du dialogue. L’intolérance en somme, le tout incarné par des Harvey Milk de série Z”.
Comparer une supposée “cathophobie” à l’homophobie bien réelle et les renvoyer dos à dos, c’est cela le nouveau franc-parler, la nouvelle frontière de l’information à l’ère d’internet ? Non, les homos ne sont pas particulièrement haineux envers l’Église catholique, mais ce qui a changé depuis quelques années, c’est qu’ils revendiquent leurs droits et ne tendent plus l’autre joue lorsqu’on les agresse.
_Si nous avons bien suivi l’affaire, un certain nombre d’activistes de la cause gay avaient décidé ce soir d’organiser un « kiss-in » devant l’une des plus belles églises de France, la primatiale Saint Jean.
Pour ceux qui l’ignoreraient encore, un « kiss-in » est une opération qui a pour but de rassembler un maximum de personnes avec pour objectif ultime de se rouler des pelles pendant deux minutes trente. Il paraît que c’est censé lutter contre l’homophobie. C’est a priori bon enfant, non-violent et la question de l’appréciation du bon goût de la chose dépend de la sensibilité de chacun.
Mais ces derniers temps, des « militants », plus inventifs que d’autres, ont décidé qu’il était temps d’organiser des « kiss-in » à proximité des Eglises catholiques. L’une de ces initiatives a failli mal tourner il y a quelques mois à Paris, sur le parvis de Notre Dame, car bien évidemment, ce genre de zozotterie déclenche en retour la mobilisation des plus ultras des catholiques. C’est le cas du « kiss-in » lyonnais. Et le danger est tel de voir une éventuelle confrontation dégénérer que la préfecture a tenté d’interdire pour de justes motifs liés à l’ordre public le "kiss-in" susceptible de se transformer en « bash-in ».
On précisera également que les organisateurs du "kiss-in" ont prétendu que leur manifestation ne visait en rien l’Eglise catholique. Si c’était le cas, la demande du préfet les enjoignant de trouver un autre endroit pour s’adonner aux joies du baiser n’auraient pas dû pas leur poser de problème, or, ils se sont accrochés à leur "kiss-in" prévu devant l’Eglise. Inconscience ou hypocrisie ? à vous de juger.
Finalement, le "kiss-in" a été annulé et remplacée par une manif de protestation qui aura lieu le 18 mai devant… La cathédrale Saint-Jean…
Et comme il fallait s’y attendre, certains catholiques "musclés" hurlent à la provocation, déclarant au sujet des manifestants qu’ils "montrent leur vrai visage, c’est bien la preuve que leur véritable intention était de provoquer l’Eglise toute entière et nous considérons cela comme une déclaration de guerre".
Tout cela est navrant. Pour tous les Hommes de bonne volonté.
Une fois la présentation des faits accomplie, on s’interroge.
Certains activistes gays ont été déçus, et même un peu énervés, par les dernières déclarations de Benoît XVI relatives au mariage entre personnes de même sexe et homosexualité. Ils en ont le droit, mais dans le fond, pourquoi accordent-ils une importance démesurée à ces propos ?
Benoît XVI ne s’adresse qu’aux catholiques se reconnaissant dans son Eglise. Nombre de ceux qui organisent les « kiss-in » ont depuis longtemps renoncé à l’espérance catholique et ils n’en s’en cachent pas. En France, l’Église est séparée (heureusement) de l’État depuis 1905, mais elle conserve le droit, en tant qu’inspiratrice de courant de pensée, par l’intermédiaire de ses représentants, et au même titre que les autres institutions religieuses, de participer à tous les débats qui intéressent le « vivre ensemble » comme on dit maintenant (avant on disait « la vie de la cité », mais ça doit faire vieux jeu). Même réticent à l’égard des homosexuels, Benoît XVI n’est pas homophobe.
Alors pourquoi ces provocations inutiles ? A part réveiller les catholiques intégristes qui voient là renaître le spectre des orgies hébertiennes de 1793 et qui n’en demandent pas tant pour se faire mousser alors qu’ils sont en voie d’extinction, en quoi ce « kiss-in » fera-t-il avancer l’extension des droits civils liés au mariage entre personnes de même sexe ?
Depuis quelques semaines, on note chez certains militants gays une volonté d’accabler l’Église catholique et de la présenter comme le principal vecteur de l’homophobie, le tout à travers cette cible facile qu’est Benoît XVI, un pape intellectuel conservateur qui ne comprend rien à la communication contemporaine. Ils commettent ainsi deux erreurs :
1/ Le lieu du débat ne se situe pas dans le sein de l’Église catholique, mais au cœur de la République. Les seuls décisionnaires ultimes en la matière sont le gouvernement et le Parlement de la République.
Les promoteurs de « kiss-in » seraient mieux inspirés de les organiser face au Palais Bourbon, Matignon ou l’Élysée. Ils seraient en phase avec ce qu’ils invoquent sans cesse pour justifier in fine leurs actions, car l’ironie de l’histoire, c’est qu’ils sont les plus fervents à se réclamer de la laïcité et de la loi de 1905 alors qu’ils passent leur temps à replacer l’Église au centre d’un débat où elle ne joue plus qu’un rôle juridiquement nul.
2/ Ces provocations à l’égard des catholiques, et pas seulement les plus intégristes, mais aussi ceux qui sont loin d’être défavorables au mariage civil entre personnes de même sexe, desservent la cause qu’elles prétendent servir. En agissant ainsi, de façon aussi infantile que désordonnée, ces activistes n’aident pas ceux, qui, proches de l’Église, ne sont pas insensibles à leur demandes. Et hors de l’Église, elles offrent le prétexte nécessaire à tous les conservateurs hostiles (la plus redoutable des homophobies est la plus silencieuse) à toute évolution du droit civil. Vanneste et ses amis parlementaires n’ont pas besoin de se fatiguer beaucoup pour instrumentaliser ces manifestations qui sont de nature à heurter le député ou le sénateur de base UMP un brin réac. Et mieux encore, un député PS me confiait récemment que dans sa circonscription rurale, certains de ses électeurs le priaient de ne pas en faire trop pour « les homos », au motif que quand même, ils ne sont pas corrects. Du coup, il m’a confié que tant que des manifs « à la con » (sic) se produiraient, il ne faudrait pas compter sur lui pour lever le petit doigt en la matière.
Dans le fond, il est regrettable que des activistes gays, au nom de la lutte pour l’extension des droits civils les concernant, inventent aujourd’hui une « cathophobie » aussi détestable que l’homophobie dans la mesure où cette « cathophobie » repose sur les mêmes fondements : la haine de la différence, le rejet de l’autre, le refus du dialogue. L’intolérance en somme, le tout incarné par des Harvey Milk de série Z.
PS : j’espère que le choix du Saint Sebastien qui illustre ce post conviendra aux lecteurs catholiques OU aux gays OU aux bi OU aux trans OU aux catholiques ET bi ou gays ou trans… De même qu’à tous les hétérosexuels, catholiques ou autres…

"Je n’ai jamais réussi à définir le féminisme. Tout ce que je sais, c’est que les gens me traitent de féministe chaque fois que mon comportement ne permet plus de me confondre avec un paillasson". Rebecca West