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Heterhomo

Égalité des Genres et des Sexualités dans le Monde de l'Éducation

Concert pour tous mardi 21 mai à la Bastille !

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Le triangle rose et le triangle noir

En 3ème il est inconcevable que ce sujet soit encore occulté. La République a mis 60 ans à réparer son erreur de la libération. Les vieux démons peuvent revenir. Dans certains pays l’homophobie et la répression de l’homosexualité augmente. On peut conseiller le film : un amour à taire

Avant l’arrivée d’HITLER au pouvoir, l’Allemagne apparaissait comme le « fer de lance » en matière de tolérance à l’égard des homosexuel-le-s.
En 1905, Berlin possède plus de 40 Bars Homos, et 320 publications gays y sont imprimées.

En 1910, le Comité Humanitaire et Scientifique (le WHK) de Magnus Hirschfeld regroupe 5.000 membres.

En 1929, la Ligue des Droits de l’Homme rassemble près de 50.000 homos. Ces associations mènent, par ailleurs, une action demandant l’abrogation du paragraphe 175, instauré en 1871, punissant d’une peine de prison, pouvant aller jusqu’à 5 ans, « les rapports contre nature entre les hommes ».
Une pétition est signée sur l’initiative du WHK qui rassemble des signatures des leaders sociaux-démocrates, d’Alfred Einstein, ou encore Thomas Mann.

Mais déjà, les nazis s’en prennent aux homosexuels, et, plus particulièrement, à Magnus Hirschfeld au début des années 20.

En mai 1933, l’Institut de Berlin est mis à sac.
10.000 livres sont brûlés, ce qui entraîne l’exil de son fondateur, et la déportation de son bras droit, K. Hiller.
Dès 1933, les Camps de Dachau et d’Oranienburg sont ouverts et reçoivent les homos les plus visibles : opposants, responsables, personnalités de la vie associative allemande : hommes et femmes sont concerné-e-s.
En 1934, les bars sont fermés, la presse homo est interdite.
Une loi est votée, imposant la stérilisation
des schizophrènes, des épileptiques, des drogués, des hystériques, des aveugles, des malformés de naissance, mais aussi des homosexuels.
En 1935, le paragraphe 175 est modifié, afin de permettre de punir également « l’intention homosexuelle ». En 1939, près de 25.000 personnes sont arrêtées, victimes de l’application de cette loi.

Les nazis ont ainsi mis fin, en quelques années, à un puissant mouvement homosexuel allemand, et lancé leur politique d’extermination.
« Le véritable danger de ces individus, véritable danger à éliminer, car les dégénérés doivent être éliminés pour la pureté de la race. » (Citation tirée du livre Homosexualité et Droit Pénal du juriste nazi, Rudolf Klare).

L’idéologie nazie est basée sur une échelle des valeurs des individus et une hiérarchie raciale ; mais aussi, sur l’élimination des inférieurs : asociaux, parasites, indésirables.
La répression est fatale. J.P. Joecker cite en 1981 les chiffres suivants : 835 homosexuels ont été arrêtés en 1933 ; 948 en 1934 ; 5 321 en 1936 ; 24.450 en 1939.
Le rapport de l’Église Protestante Allemande indique 220.000 victimes pour cause d’homosexualité.

Gay = triangle rose, lesbienne = triangle noir

Pétain contre les homos

De l’autre côté du Rhin, le Maréchal Pétain veut redresser la France !
Or, l’encadrement autoritaire de la population est renforcé par la volonté de purifier la société.
La "purification" va commencer.

Dès octobre 1940, une loi est votée qui permet d’interner dans des Camps Spéciaux les étrangers de race juive !
Ainsi, avant même que l’Allemagne n’accentue sa pression et n’impose son programme de déportation massive, le Gouvernement de Vichy a, et de lui-même, ouvert des camps sur son territoire, et, édicté un statut en fonction des critères raciaux.

La politique de Vichy s’accentue en 1942, c’est le temps de la collaboration : des milices combattent les résistants ; des légions de volontaires français se battent aux côtés des nazis en Russie ; les initiatives, visant à l’arrestation, l’internement et la déportation des ces « anti-français », se multiplient.
Les rafles commencent. Pétain, sans aucun remord, fait le jeu des Allemands. Les Nazis n’en espéraient pas autant !

Avec un tel leitmotiv, redresser la France, au nom du Travail, de la Famille et de la Patrie, quelle place peut laisser le Gouvernement de Vichy aux homosexuel-e-s ?

AUCUNE. Avec l’arrivée de Pétain au pouvoir, une loi sur la répression des homosexuels fût votée en août 42.
Ainsi un homo risque de 6 mois à 3 ans de prison.
Mais le Gouvernement de Vichy, en réalité, n’emprisonne pas les "pédés", mais les déportent vers les Camps de Concentration allemands.
Et, de plus, c’est par la collaboration de la Police Française et de ses fichiers que la Gestapo allemande a pu arrêter, puis déporter les homosexuels.

Triangle rose

Arrivés dans les camps, les déportés découvraient alors qu’une hiérarchie était établie entre eux.

Les nazis les classaient en 4 groupes : adversaires politiques, membres de races inférieures (juive, tzigane, …), les criminels et les asociaux, tels que les homosexuels… C’est la catégorie la plus basse et la plus dégradante. De plus, le triangle rose était parfois 2 à 3 cm plus grand que les autres.

La hiérarchisation des déportés, qui place les triangles roses parmi la plus basse caste du camp, a une conséquence tragique pour eux. En effet, les homos ont les plus grandes difficultés à entretenir des relations avec les autres déportés. Ils n’arrivent pas à être intégrés dans un « réseau de solidarité », à moins d’avoir des relations sexuelles avec les kapos (chefs de baraquement) ou les soldats ; et encore là, ça pouvait devenir très dangereux.

Appartenant donc à la plus basse caste du camp, les travaux les plus pénibles et les tortures les plus dégradantes et les plus douloureuses leur étaient réservés. Ils et elles étaient aussi les cobayes préféré-e-s des nazis pour des expériences scientifiques : sur l’étude du paludisme, du typhus, de la stérilisation féminine, de la castration, ou encore des injections d’hormones synthétiques dans l’aine droite… afin d’obtenir, en principe, une inversion des tendances de l’individu-e !

Et les lesbiennes dans tout ça ? Selon l’idéologie nazie, la femme est d’abord celle qui procrée et, toujours selon eux, l’homosexualité féminine n’empêche pas d’atteindre cet objectif.
Néanmoins, l’essence même de la femme allemande ne peut coexister avec le lesbianisme.
Les lesbiennes semblent moins nombreuses, sont plus discrètes et surtout mettent moins en péril la pureté du sang allemand.
Voilà les raisons qui expliquent que les nazis n’ont pas mené, comme ils l’ont fait, à l’égard des "pédés", une politique systématique d’extermination des gouines.
Pourtant celles fichées n’ont pas échappé aux camps, où elles portaient le triangle noir des asociaux.

La reconnaissance longtemps occultée en France

A la Libération, fin 44, les camps sont enfin libérés par les Alliés.
La confusion y règne alors.
Et, l’on reproduit, une fois, encore, les schémas nazis en hiérarchisant les déportés. On donne plus d’importance à un résistant qu’à un juif ! ! ! En 1948, Les homos et les droits communs sont exclus de la réparation due aux victimes du nazisme.

Par ailleurs, la fameuse loi pénalisant l’homosexualité est toujours d’actualité. Elle fût ratifiée par le Général De Gaulle le 8 février 1945.
En 1960 l’amendement Mirguet classe l’homosexualité comme un « fléau social », et donne au Gouvernement le droit de légiférer par décret, pour la combattre.
Il faudra attendre 1981 pour que François Mitterrand arrête le fichage des homosexuel-le-s. Ainsi, les déportés du triangle rose risquaient-ils la prison s’ils dévoilaient à la Libération la cause réelle de leur internement.

En 1984, une plaque commémorative est posée au Camp de Concentration de Mathausen, en Allemagne.
En 1985, un Mémorial officiel est créé à Hambourg, en Allemagne. En 1987, un Mémorial Officiel est créé à Amsterdam et des réparations financières sont accordées dans tous les Pays-Bas. En 1990, un Mémorial officiel est créé à Bologne en Italie. Il existe, aussi, un Mémorial à Londres, à Berlin et même en Australie, pour les Femmes et les Hommes au Triangle Rose.

A la différence de ces pays, jusqu’à aujourd’hui, la déportation des homosexuel-le-s est longtemps restée, en France, un sujet occulté, une mémoire confisquée. En 1975, l’association G.L.H. de Paris tente de déposer une gerbe au Mémorial. Elle est immédiatement expulsée. La même situation se reproduit en 1984 à Paris, en 1985 à Besançon, ainsi que les années suivantes à Orléans, Nantes, Bordeaux. Depuis 1990, à Lille, les Gays et Lesbiennes sont encore et toujours refoulés à la Cérémonie et mis à l’écart derrière les barrières de policiers.

Dénoncer l’hypocrisie

Les Associations homosexuelles françaises demandent simplement que l’on cite une fois le terme « homosexuel-le-s » dans le texte, et, qu’elles puissent participer financièrement à la gerbe officielle, et qu’elles gardent leur signe distinctif « le triangle rose ».
Pourquoi ? Parce que, pour toutes ces raisons évidentes, les hommes au Triangle Rose et les femmes au Triangle Noir, qui sont sorti-e-s, par quel miracle ?, vivant-e-s de ce cauchemar, se sont tu-e-s à la Libération de peur de se retrouver encore une fois enfermé-e-s dans des cages. Ainsi la déportation homosexuelle a bien existé, y compris en France.

Une recherche menée par la Fondation pour la Mémoire de la Déportation a retrouvé les noms de 210 Alsaciens et Mosellans déportés dans les camps de concentration du Struthof et de Schirmeck (Alsace).
Parmi eux, Pierre SEEL, fiché quelques années avant la guerre comme homosexuel par la police française et seul survivant à avoir témoigné. Pierre SEEL est décédé en novembre 2005.

Depuis de nombreuses années, le Mémorial de la Déportation Homosexuelle (MDH) et de nombreuses associations LGBT (lesbienne, gay, bi, trans) travaillent pour que soit connue et reconnue la déportation pour motif d’homosexualité, notamment lors des cérémonies de la Journée nationale du souvenir qui ont lieu tous les ans le dernier dimanche d’avril.
En 2005, suite à une série de rencontres entre les associations LGBT, le Ministère de la Défense et l’ONAC (Office National des Anciens Combattants), des circulaires ont permis d’obtenir des avancées inégalement répercutées en région.
En dépit des positions plus ouvertes exprimées par les fédérations d’associations d’anciens déportés, la situation entre les associations LGBT et certaines associations d’anciens déportés reste parfois tendue.
Les associations LGBT sont donc mobilisées un peu partout en France pour que les cérémonies de la Journée nationale du souvenir des victimes et des héros de la déportation transmettent une mémoire juste et complète de cette tragédie.

L’année dernière, la majorité des associations portant le souvenir de la déportation pour motif d’homosexualité ont été invitées aux réunions préparatoires en Préfecture et/ou aux cérémonies officielles. Ce fut notamment le cas à Angers, Bordeaux, Dijon, Lille, Marseille, Montpellier, Nantes, Nice, Nîmes, Orléans, Paris, Reims, Saintes, Tours…

Guy Hascoet, secrétaire d’État dans le gouvernement Jospin, a résumé la situation sans ambiguïté : « Il faut dénoncer l’hypocrisie. La déportation d’homosexuels, durant la dernière guerre, est un fait historique. Simplement, le régime de Vichy les a classés sous l’étiquette d’internés politiques… Pourquoi aurions-nous une mémoire sélective ? »
"Il est important que notre pays reconnaisse pleinement les persécutions perpétrées durant l’Occupation contre certaines minorités - les réfugiés espagnols, les Tziganes ou les homosexuels. Nul ne doit rester à l’écart de cette entreprise de mémoire."
Lionel Jospin, Premier ministre, le 26 avril 2001.

« Nous sommes là pour nous souvenir que la folie nazie voulait éliminer les Tziganes. Nous sommes là pour nous souvenir que la folie nazie voulait éliminer les plus faibles, les plus fragiles, les personnes frappées par le handicap dont l’existence même faisait affront à leur conception de l’homme et de la société. En Allemagne, mais aussi sur notre territoire, celles et ceux que leur vie personnelle distinguait, je pense aux homosexuels, étaient poursuivis, arrêtés et déportés. Aujourd’hui, nous savons que la tolérance et le refus des discriminations appartiennent au socle intangible des droits de l’homme. »
Jacques Chirac, le 24 avril 2005

Source : Génération gay (http://gene-gay.fr/nouvo%20GG/index…)
Plus d’infos sur le site du Mémorial de la Déportation Homosexuelle : http://deportation-homosexuelle.org/

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Citations

Le tragique du drame de l’identité sexuelle réside dans le fait que notre société soi-disant égalitaire n’accorde aucune place a un comportement ambigu : on est soit complètement femme, soit complètement homme. Si l’on n’entre pas dans l’une ou l’autre des deux catégories, on n’a pas de place. Etre tout bonnement humain-e, mais ça ne suffit pas ! Bien au contraire, ça peut mener un-e être humain-e à un conflit déchirant qui se terminera bien souvent par le suicide.

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