Concert pour tous mardi 21 mai à la Bastille !
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Concert pour tous mardi 21 mai à la Bastille !
¤ Mélanger les filles et garçons
Les enseignant-e-s mélangent les filles et les garçons pour la plupart des activités auxquelles tous les enfants doivent participer. Les tâches quotidiennes, comme le rangement et le nettoyage de la classe, sont également exécutées par tous les enfants, indépendamment de leur sexe.
« Tous les enfants doivent participer à toutes les activités que nous proposons.
Tous-tes ne le font pas avec la même envie, mais cela fait partie des règles de la classe. »
« Un jour, Baptiste ne voulait pas faire les tâches ‘ménagères’ alors que c’était son tour.
Il dit à sa soeur de les faire à sa place puisqu’à la maison c’était de toute façon sa maman et sa soeur qui les faisaient.
Nous en avons discuté ensemble et je lui ai fait comprendre qu’en classe,
‘les règles’ étaient différentes qu’à la maison et qu’il devrait faire ses tâches comme tous ses camarades. »
« Cette année, j’ai eu une classe avec une majorité de garçons qui avaient grand besoin de se défouler à l’intérieur de la classe.
J’ai trouvé une solution en installant de gros ballons de mousse afin qu’ils puissent dépenser toute leur énergie. Je me posais tout de même un peu
des questions quant aux réactions qu’allaient avoir les quelques filles de la classe.
J’ai constaté qu’elles ont joué comme les garçons en dépensant également un maximum d’énergie.
Finalement, tout le monde y a trouvé son compte. »
Les enseignant-e-s nous montrent qu’il est important que chaque enfant participe à toutes les activités quitte à ce qu’il y soit obligé.
Comme avec les jouets, certains enfants n’auraient peut-être pas
forcément eu l’idée de participer à telle ou telle activité sans une incitation externe.
De plus, si certaines activités sont connotées comme plus traditionnellement ‘féminines’ ou ‘masculines’, cela permet aux enfants, tous sexes confondus, d’y participer et de ne pas rester dans des rôles figés et limités.
La mixité des groupes est en ce sens une excellente pratique, comme le montre très bien l’exemple de l’enseignante ayant installé des ballons de mousse dans sa classe.
Le but premier (‘calmer’ les garçons) était atteint, mais en plus, les filles ont pu, elles aussi, se défouler et développer par la même occasion leur grande motricité.
¤ Les fêtes des mères et des pères
Les enseignant-e-s étaient tous-tes d’avis qu’en règle générale, les cadeaux offerts pour la fête des mères et des pères étaient très souvent stéréotypés.
« Cette année, nous avons fabriqué avec les enfants un collier pour leur maman.
Pour les
papas, je n’ai pas encore d’idée. Peut-être ferons-nous un marque-page pour l’agenda ? Ce n’est pas évident finalement. »
« Cet entretien me fait bien réfléchir : Et si je proposais d’offrir des gants de cuisine pour les papas ? On pourrait les personnaliser ?
Bon, c’est peut-être un peu de la provocation, mais finalement, pourquoi pas ? Oui, je vais proposer cela ! »
« Cette année, nous avons fait de la confiture pour les papas. »
Il n’y a pas de mauvais cadeaux en soi. Il est vrai, par contre, qu’il est difficile de ne pas tomber dans les stéréotypes.
Les cadeaux pour les mamans rentrent le plus souvent dans la sphère de l’intime, comme des cadeaux ciblés sur le sentiment, le beau ou le corporel (un collier, une fleur, un poème…) et ceux pour les papas rentrent davantage dans la sphère professionnelle ou de leur hobby (un marque-page
pour agenda, une boîte avec la photo de leur sport préféré,…).
Bien souvent, ces types de cadeaux renforcent des images figées sur les femmes et les hommes en les plaçant dans des rôles traditionnels
- la mère tournée sur l’intérieur, sur son foyer, sur sa personne et le père tourné sur l’extérieur, sur son travail, son hobby - alors que la réalité peut être bien différente.
Pourquoi ne pas montrer, à travers les cadeaux offerts, une autre vision du monde avec un cadeau ciblé sur le sentiment, le beau ou le corporel pour le papa, ou un outil pour les mamans bricoleuses ?
Une autre possibilité est d’offrir des cadeaux plus neutres en terme de genre, comme l’exemple de la confiture, ou d’utiliser le même matériel et les mêmes couleurs pour les cadeaux des deux parents, voire d’offrir le même cadeau.
¤ Les fêtes de fin d’année
Pour les fêtes de fin d’année, chaque enfant participe au spectacle qu’il prépare avec les enseignant-e-s.
Les thèmes, tout comme les rôles attribués sont variés et les enfants sont en général mélangés, mais pas systématiquement.
« Cette année, j’ai fait une danse avec les enfants de ma classe.
La partie des filles était plus lente sur une musique un peu douce et celle des garçons était plus dynamique sur une musique rapide. »
Lors des spectacles de fin d’année, les rôles que l’on peut attribuer aux enfants ne sont pas toujours neutres.
Comme il s’agit d’une fête avec bien souvent des déguisements, il est tout à fait possible de casser certains rôles figés ou d’éviter, en tous cas, de renforcer de vieilles images traditionnelles comme la princesse et son prince charmant.
Pourquoi ne pas profiter des spectacles pour mettre en pratique ce que vous auriez pu déconstruire durant l’année avec les enfants, que ce soit dans les livres ou dans les jeux ?
Les événements festifs sont de bons moments pour transmettre une vision non stéréotypée des rapports entre les filles et les garçons, et de la partager avec les parents.

Il n’y a pas de prétendue « nature féminine » préexistant aux conditions sociales qui produisent les femmes en tant que femmes. Guillaume Carnino.