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Les animateurs de « Je t’aime pareil » : « On ne sort pas intact d’un tel sujet »

Radio : « Je t’aime pareil » revient pour une saison 2

Têtu par Paul Parant 16 juillet 2011,

« Comprendre et accepter les différences », c’est le credo de l’émission qui avait réussi sa mission l’an dernier : parler d’homosexualité pendant une heure sur le service public. Elle revient cette année, mais n’évoque plus uniquement l’homosexualité.

Vous avez aimé la première saison de Je t’aime pareil, l’émission de France Inter sur l’homosexualité, qui était diffusée chaque samedi d’été l’an dernier ?

Réjouissez-vous : Harry Eliezer et Marjolaine Koch (lire leur interview) reviennent pour une saison 2 cet été.

Une thématique élargie

Cette fois, grâce au nouvel horaire de début d’après-midi, pas d’interruption due aux festivals estivaux.
En revanche, la thématique s’élargit et seule la moitié des émissions touchent directement à l’homosexualité.
« On était vraiment contents de la saison passée, nous confient les animateurs.
Des auditeurs nous remerciaient car ils n’avaient rien à voir avec l’homosexualité mais ils avaient appris des choses. On avait vraiment l’impression d’avoir réussi notre pari. En même temps, c’était dommage de rester sur le carcan (sic) de l’homosexualité.
Cette année on s’ouvre à l’acceptation de toutes les différences. »

« Il faut cultiver la différence et non l’indifférence ! »
Le clin d’œil aux Trois frères lance chaque émission et donne le ton.
« On s’intéresse plus largement cette année à tous ceux qui ont fait leurs choix de vie et qui en sont heureux, mais qui ont encore à supporter le regard des autres et les petites remarques de leur entourage », expliquent « Marjo » et Harry, qui conservent leur point de vue, extérieur mais plein d’empathie, sur leurs sujets.
Après deux premiers épisodes déjà diffusés des thèmes LGBT, écoutables en ligne, quelques autres viendront au cours de l’été.

Demandez le programme :

2 juillet : Ils ont un look hors-norme

9 juillet : Ils ont assumé leur homosexualité sur le tard

16 juillet : Ils ne veulent pas d’enfant

23 juillet : Ils sont ouvertement homos au travail et ils le vivent bien, avec Jean-Paul Cluzel (président de la Réunion des musées nationaux et du Grand Palais des Champs-Élysées) et Catherine Tripon (porte-parole de l’Autre cercle)

30 juillet : Ils cherchent une alternative à la société de consommation 6 août : Ils sont homos et malgré les contraintes, ils ont choisi d’avoir un enfant

13 août : Ils vivent leur couple différemment (infidèles, polyamoureux…)

20 août : Ils vivent entre deux cultures

27 août : Elles vivent leur maternité au plus près de la nature.

Emissions à écouter en direct sur France Inter les samedis de 15h à 16h, sur la page dédiée du site de France Inter ou en podcast.

Les animateurs de « Je t’aime pareil » : « On ne sort pas intact d’un tel sujet »

Par Fabien Jannic samedi 14 août

INTERVIEW. Un mois et demi après le début de leur émission de radio consacrée à l’homosexualité, sur France Inter cet été, Harry Eliezer et Marjolaine Koch livrent leurs impressions.

Marjolaine Koch et Harry Eliézer en plein enregistrement.
Les photos illustrant cet article sont de Daniel Conrad, lui-même invité de l’émission.

L’émission estivale de France Inter aborde sans tabou et sans clichés l’homosexualité, chaque samedi soir depuis le début de l’été. Les deux animateurs font un premier bilan.

TÊTU : Heureux de l’accueil réservé à « Je t’aime pareil » ?

Marjolaine Koch : On est très contents. La quasi totalité totalité des retours que l’on a eu sont positifs.
C’est vrai qu’avant que l’émission ne démarre, on a eu quelques critiques. Dont une sur le fait que les animateurs n’étaient pas homosexuels.
Je pense que l’on a montré que l’on peut parler du sujet sans être directement impliqué, puisque que l’on n’entend plus du tout ça maintenant.

Harry Eliézer : Et puis c’est peut être aussi un apprentissage de l’ouverture pour certains. (Rires)
Si on veut qu’une majorité de gens soient ouverts, certains homos devraient également s’ouvrir un peu plus aux hétéros.

TÊTU : Marjolaine, en juin dernier vous confiez vouloir présenter cette émission parce que vous aviez pris conscience de ne connaître la communauté homosexuelle qu’en surface. Vous pensez avoir appris des choses ?

M.K. : Oui, énormément. Par exemple, je me suis rendu compte qu’il y a en France une tolérance bien pensante.
Il faut dire que l’on est ouvert, mais on voit vite que les mots qui sont utilisés sont ceux de la fermeture.
La tolérance n’est pas forcément le droit à l’indifférence que demandent les homosexuels.
Il y a un champ lexical qui pourrait faire croire à une ouverture des gens que l’on interroge, mais en creusant un peu on se rend compte que certaines personnes sont en fait très fermées.
Ceci dit, quand on a fait l’émission sur le mariage on s’est rendu compte que les réactions sont plutôt encourageantes, au contraire sur l’homoparentalité, il y a encore du travail.

Enfin, présenter cette émission à deux nous à permis de réfléchir. On a des regards très complémentaires.

TÊTU : Et vous Harry ?

H.E. : Je ne pense pas que l’on puisse ressortir intact d’un tel sujet.
On apprend forcément des choses sur les autres, mais aussi sur soi-même.
Je me suis rendu compte que la plupart des homos que je côtoie restent très discret sur leur vie privée.
Par exemple, un ami m’a envoyé hier un message pour m’annoncer qu’il était gay, alors que ça fait un bon bout de temps que l’on bosse ensemble.
Je ne pensais pas qu’aujourd’hui il pouvait être aussi difficile de dire « je suis homo ».
Grâce a cette émission j’ai réalisé qu’en tant qu’antillais, je partageais pas mal de choses avec la communauté homo. J’ai le sentiment que les minorités en France partagent les mêmes façons d’être ostracisées.

TÊTU : Autre chose que vous avez appris ?

_
H.E. : Il y a le fait que dans une communauté qui vit déjà un ostracisme, on observe d’autres petites exclusions.
Par exemple la lesbophobie dans le monde homosexuel.
L’émission m’a aussi poussé à me poser des questions, de savoir si j’avais dans mon discours des mots qui pourraient blesser.
Il y des propos qui sont intégrés dans l’inconscient collectif, que l’on a tous, et pendant l’émission je me suis rendu compte qu’ils pouvaient facilement blesser.

M.K : J’ajouterai que l’on a essayé de montrer la diversité des parcours.
Pour un homosexuel le chemin vers l’acceptation peut être parsemé de moments très douloureux.
C’est à nous de faire en sorte que les homos n’aient pas un chemin de croix à traverser avant de pouvoir vivre comme ils sont.

Je t’aime pareil, tous les samedis de 21h05 à 22h jusqu’à fin août, sur France Inter.

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Citations

"Selon certains, la raison principale de la filiation est l’ignorance de la vertu reproductive du coït : avant la reconnaissance de cette vertu, les femmes étaient engrossées par un ancêtre (femelle) des dieux, le vent : les femmes étaient l’intermédiaire par lequel passait la régénération de l’espèce." Wikipédia Suite demain…

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