Concert pour tous mardi 21 mai à la Bastille !
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Concert pour tous mardi 21 mai à la Bastille !
Têtue par Mélanie Vives 14 mai 2010
Un document exceptionnel est diffusé sur France 4 :
fait par une lesbienne « découvrant » l’univers lesbien, c’est un état des lieux juste et touchant d’une part méconnue de la communauté LGBT.

Rencontre avec la réalisatrice.
Le documentaire Des filles entre elles est diffusé ce vendredi soir sur France 4.
60 minutes pour explorer le monde de l’homosexualité féminine et poser, avec humour et sensibilité, les questions de société qui lui sont indissociables.
Rencontre avec la réalisatrice, journaliste reporter d’image, ancienne chroniqueuse sur PinkTV, et ouvertement lesbienne.
TÊTUE : Comment résumer votre documentaire ?
Jeanne Broyon : C’est une balade en terres lesbiennes.
J’ai essayé de montrer ce qu’étaient les lesbiennes aujourd’hui en France.
Etre exhaustive était impossible, j’ai donc pris le parti de choisir quelques personnages et de montrer leur quotidien, de façon simple, en me disant que beaucoup de gens ne connaissaient pas du tout ce monde et qu’ils allaient découvrir que ces filles étaient finalement comme tout le monde…
Quels sont ces personnages ?
Il y a notamment Oriane, qui a 21 ans et qui vient de faire son coming out.
J’ai 32 ans, je ne fais plus partie de la dernière génération de lesbiennes et je cherchais quelqu’un d’assez jeune pour voir si c’était plus facile aujourd’hui de dire à ses parents qu’on était homo.
Recueillir le témoignage de parents de jeunes lesbiennes, c’est quelque chose qui a été dur ?
Le plus dur, ça a surtout été les témoignages de victimes de lesbophobie.
Elles ont peur d’être montrées du doigt, peur des réprimandes.
Mais c’est vrai que pour les parents ça n’a pas été facile non plus.
Par exemple pour ceux d’Oriane, je pense que c’est parce que le coming out de leur fille est tout récent.
En insistant, le papa d’Oriane a quand même accepté. Mais en général, je ne sais pas pourquoi, les parents ont du mal à parler…
Humour et émotion, ce sont les deux maîtres mots du film ?
Je ne sais pas m’exprimer autrement que par l’humour : pourquoi pas militer en rigolant ?
L’émotion, c’est grâce à Anne Gintzburger, la co-réalisatrice.
Elle a une grande sensibilité, elle sait mettre en avant les émotions sans tomber dans le pathos.
Sans notre rencontre, le film n’aurait jamais été ce qu’il est.
Anne est hétéro, elle ne connaissait pas du tout ce monde lesbien.
C’est difficile de vulgariser quelque chose que l’on connaît trop bien. Réaliser le film avec une hétéro, ça aide ?
Exactement. Elle me répétait sans cesse pendant les tournages : « Tu t’adresses à des gens qui ne connaissent peut-être pas de lesbiennes, qui n’y connaissent rien ».
Et c’était pas facile car effectivement je suis pas mal sortie dans les milieux de filles, j’adore ça et je connais très bien.
Quelle séquence vous a particulièrement émue ?
Celle qui me donne encore des frissons, c’est celle qu’on a tournée à SOS homophobie, quand Bartholomé Girard (le président de SOS homophobie) répond au téléphone à une jeune fille qui lui dit que sa famille l’a reniée…
Il y a aussi l’accouchement de Francine et Karen, un couple de mamans. Karen est la mère biologique. Francine est ce que l’on appelle la « deuxième maman », j’avais envie de mettre son point de vue en avant car on entend peu parler ces « deuxième mamans », or c’est une situation pas évidente du tout. En plus, il se trouve que j’en suis moi aussi une.
Vous êtes présente à l’écran tout au long du film, en tant que lesbienne séparée de la femme avec qui vous avez eu un enfant. On vous voit notamment écrire une lettre pour revendiquer la reconnaissance des droits parentaux pour les mères non biologiques…
Mon garçon a trois ans, je n’ai aucun droit sur lui.
Je n’ai pas la délégation d’autorité parentale.
Cette situation a bouleversé ma vie.
Le fait de ne pas être reconnue par la société m’a fait me sentir extrêmement seule.
Une reconnaissance du « deuxième parent » changerait beaucoup de choses, et notamment dans le regard des gens.
Comme le dit Stéphanie Arc (membre aussi de SOS homophobie) dans le documentaire, « on ne serait plus des citoyennes de seconde zone ».
Des filles entre elles, de Jeanne Broyon et Anne Gintzburger, sur France 4. Genre : documentaire. Durée : 60 minutes.

" L’homophobe se montre moins violent envers la folle ou la camionneuse, qu’envers ceux qui n’affichent pas le stéréotype car celui-ci permet de rassurer en gardant une distance, mais une fois le cliché disparu, l’angoisse de s’imaginer lui-même homosexuel déclenche la peur et le dégoût" Daniel Borillo