Communiqué du 5 mars 2003 Mix-Cité Collectif contre le Publisexisme
Il y a toujours autant d’actes de violence envers les femmes, ce sont toujours elles qui s’occupent des enfants et des tâches domestiques, et l’école, soi-disant haut lieu d’apprentissage des valeurs civiques et d’égalité, continue de promouvoir des programmes sexistes et de diffuser des outils pédagogiques discriminants pour les filles.
Il suffit d’ouvrir un manuel d’histoire pour s’en convaincre.
Hormis Marie Curie, Jeanne d’Arc et Marie-Antoinette, combien de figures historiques féminines sont présentes dans les livres de classe ?
1789 est certes la date de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, mais qu’en est-il des droits des femmes de la révolution ?
1848 est présentée comme l’adoption du suffrage universel. Universel pour qui ?
Pas pour les femmes, qui n’ont obtenu le droit de vote qu’un siècle plus tard, en 1944.
Les manuels scolaires reproduisent des stéréotypes sexistes : aux hommes la politique, la philosophie, l’art et la science. Aux femmes la maternité, la dévotion, la discipline…
Nous réclamons une éducation non sexiste :
dans la formation des enseignant-e-s, des modules obligatoires sur les inégalités, les discriminations liées au sexe et à la sexualité, et sur la mixité au quotidien ;
l’intégration, dans les programmes scolaires, des figures féminines de l’Histoire, ainsi que d’explications sur les conditions de l’oppression des femmes ;
la création d’un organisme public de vérification des manuels scolaires, pour éviter les représentations sexistes et discriminantes ;
une véritable application de la féminisation du langage (nom de métier, de grades et de fonction) et une révision des règles de grammaire qui aujourd’hui consacre la domination du masculin sur le féminin.

