Concert pour tous mardi 21 mai à la Bastille !
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Concert pour tous mardi 21 mai à la Bastille !
Têtue par Elsa Bastien 27 juillet 2011,
Après trois ans de pause, les anglaises d’Electrelane se reforment enfin pour une tournée estivale. Au lendemain d’un premier concert français, TÊTUE a pu rencontrer ce groupe 100% féminin qui plaît tant aux lesbiennes rock’n’roll.
TÊTUE : Vous avez tweeté « Paris we love you » après votre concert à Glazart, vendredi dernier. Que pensez-vous du public français ?
Mia Clarke : Exubérant ! Le public français a toujours été notre préféré. Emma Gaze : Les gens donnent tellement, on le ressent et on n’en joue que mieux. On se dit qu’on doit être à la hauteur. A Glazart, tout le monde nous souriait, et on pouvait voir que les gens s’amusaient vraiment.
Est-ce que vous avez dû répéter beaucoup avant de vous lancer dans cet été de concerts ?
Emma (batteuse, NDLR) : On a répété deux semaines. Tous les jours, pendant cinq heures. Le premier jour, la batterie n’était pas très puissante. Ça nous a fait rire d’ailleurs. Mais dès le troisième jour, c’était comme avant, et même mieux.
Mia : On est bien plus confiantes, plus relaxées. Peut-être parce qu’on est plus âgées et matures !
Emma : Maintenant, il ne s’agit plus que de nous, il n’y a pas un label à défendre derrière, donc il n’y a aucune pression. Je ne sais pas si vous avez vu, mais on sourit beaucoup plus sur scène !
Vous qui avez créé votre groupe il y a plus de dix ans, pensez vous qu’être un groupe 100% féminin est plus facile aujourd’hui ?
Ros Murray : Il y a beaucoup plus de groupes de filles maintenant. Ce qui a réellement tout changé, c’est le punk et les riot grrrls. A l’époque, être un girl band n’était pas du tout un problème. Mais les choses ont beaucoup fluctué. Aujourd’hui, les gens s’attendent toujours à ce que vous jouiez d’une certaine façon en tout cas.
Emma : Il y a toujours beaucoup d’hommes autour de nous, des techniciens, etc. Quelquefois on a pu ressentir une certaine condescendance. Maintenant, si ça arrivait, je n’y prêterais même plus attention, ça me ferait rire. Clairement, on sait jouer, et on fait bien ce qu’on fait. Mais au début, j’étais très sensible à tout ça.
Verity Susman : Il y a toujours deux poids deux mesures en ce qui concerne les femmes sur scène. D’ailleurs, des journaux turcs ont écrit, en annonçant notre venue « attention, elles sont connues pour ne pas trop interagir avec le public sur scène ». Alors que plein de groupes de garçons le font, sans qu’on en fasse un plat. Beaucoup disent qu’on est trop sérieuses. Des femmes sérieuses, ce n’est pas acceptable.
Vous avez repris la chanson Smalltown Boy de Bronski Beat, un hymne gay. Est-ce que vous vous définissez comme un groupe queer ?
Emma : Certaines d’entre nous sont queer, mais ce n’est pas notre identité en tant que groupe.
Ros : Nous avons beaucoup de fans queer et c’est vraiment cool. Quant à la reprise de Smalltown Boy, nous savons ce qu’elle représente. Nous adorons cette chanson, elle est tellement bien.
Verity : Tout comme individuellement, nous sommes féministes, mais ne sommes pas un groupe féministe. C’est comme les gens qui nous demandent comment définir notre musique, ce n’est pas possible. J’aime que nous ne puissions pas être définies, et mises dans une petite boite.
Electrelane de retour sur scène, juste le temps d’un été ou peut-on espérer d’autres projets ?
Mia : On y pense, mais il y a tellement d’aspects à prendre en compte. Donc peut être !
Si vous faisiez un nouvel album, à quoi il ressemblerait ?
Emma : On parlait de trance psychédélique hier (rires)… Mais ça pourrait aussi bien être une ballade folk !
Verity : En tout cas, on est plutôt dans quelque chose de puissant en ce moment, donc à mon avis ce ne serait rien de très doux ou léger.
Regardez la reprise de Smalltown Boy lors du concert à La Plage Glazart :
et celle de I’m on fire :
Verity et Ros ont lancé le Dyke Bar, à Londres, où elles sont régulièrement DJ.
Electrelane sera en concert le 12 août lors du festival La Route du rock.

"Pour un raciste, les noirs seraient une race dangereuse et inférieure et ils menaceraient de nous détruire, mais même le pire raciste ne pourrait craindre que les noirs aient le pouvoir séducteur de le rendre noir. Or c’est exactement en quoi consiste l’homophobie". Léo Bersani