Concert pour tous mardi 21 mai à la Bastille !
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Concert pour tous mardi 21 mai à la Bastille !
Têtue par Matthieu Conquet jeudi 20 janvier 2011
La Française vient de sortir un troisième album, « Jouer dehors », dans lequel on trouve du rock, bien sûr, mais aussi du piano et du violon. Katerine Gierak revient sur ses textes, ses modèles, son ambiguïté…

« J’veux qu’on me lèche sur la vitrine, J’veux qu’on me dise "T’es bonne Katerine !" »
Cinq ans après son apparition avec Ça me vexe, Katerine Gierak a toujours la niaque.
Sur la photo de son troisième album, Mademoiselle K joue au cow-boy et aux Indiens, une pomme rouge dans la main.
Entre nouvelle Ève et sorcière délicieuse, retour rock et verve pour ce nouveau Jouer dehors d’une écriture nerveuse et directe. Rencontre.
Il y a une chanson très à part dans cet album plutôt rock, c’est Laurène l’horizon : tonalité sourde, orchestration cordes et piano…
Elle vient de vraiment loin, on l’a beaucoup travaillée.
Avec, déjà, un côté musique classique, qui renvoie à mon passé (étude de la flûte à bec, musicologie), super intime.
Comme pour Maman X/Y c’est une de ces chansons que j’écris quand je me sens perdue, le cul entre deux chaises.
Des hésitations sur l’identité mais aussi sur la langue, je me suis même demandé pourquoi ne pas écrire en anglais.
Mais pour l’instant je suis incapable de dire ce que je ressens autrement.
Depuis le début tu as un look hyper fort : corset en latex, combi glam-rock conçus par Laurène Stein.
Question double : c’est elle Laurène l’horizon, et c’est qui tes modèles de style ?
Pour la chanson, oui c’est elle. Son travail m’a souvent poussée, comme quand elle m’a proposé un corset avec des ailes dans le dos.
Ça m’a conditionnée. Tu ne peux pas porter à moitié ces trucs, alors, tu pars sur scène en mode « maître du monde », sinon t’y vas pas.
Pour les modèles ils sont plutôt masculins, Bowie surtout.
J’aime les trucs sophistiqués mais je suis aussi fan de grunge, les trucs destroy avec plein de trous…
C’est mon côté ado attardé, j’assume pleinement.
Sinon je trouve que Lady Gaga a un super style. Ado, j’étais fascinée par Madonna, sa capacité à switcher d’un genre à un autre.

Lady Gaga, Madonna, Bowie… que des icônes gays ! Toi aussi, dans une certaine mesure…
Si on veut. Je suis super sensible à l’intérêt du public gay.
Je trouve qu’ils ont une plus grande liberté d’aimer les choses : un mec ose un truc fort mais avec un détail ridicule, c’est pas grave, on aime l’attitude.
Tu comprends que souvent tes fans s’interrogent sur toi, ta sexualité ?
Je comprends tout à fait, je suis la première à me poser ces questions, à savoir si quelqu’un l’est ou pas.
C’est pas clair pour les gens, parce que ça ne l’est pas pour moi non plus : je n’ai pas d’identité sexuelle figée.
J’ai déjà eu des aventures avec des filles et avec des mecs.
Ça m’a déjà posé beaucoup de problèmes, et ça continue.
Quand tu es avec un mec, il vit déjà mal la rivalité. Alors si c’est avec l’autre sexe…
Il y a ce côté grande gueule dans tes textes…
« J’ai brisé la nuque à un mec qui se moquait de mon serre-tête… ».
Parfois tu écris même au masculin…
Oui, mais quand j’écris « j’ai pas envie d’être vieux », c’est parce que je ne peux pas écrire « vieille », ça sonne trop mal.
Là, ça ne me dérange pas que le masculin l’emporte sur le féminin.
Maintenant tu n’es pas le premier à me parler du côté bagarreur.
Pourtant je ne me suis jamais battue avec un mec, ni avec une nana, d’ailleurs.
Juste, faut pas me tirer les cheveux. Là, je peux me battre. Sérieux. (Rires)
Regardez le clip de Jouer Dehors :
Propos recueillis par Matthieu Conquet
Jouer Dehors (Delabel EMI), sortie le 17 janvier. Concert le 3 mars au Bataclan, à Paris, et dans toute la France.

"L’homosexualité n’est pas une maladie, mais enfin personne n’aimerait l’attraper" réflexion d’un élève lors d’une intervention en milieu scolaire de SOS-Homophobie