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Égalité des Genres et des Sexualités dans le Monde de l'Éducation

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Manifestations et résistances en Afrique

www.e-llico.com

Film : « Le retour d’Abdou »

Afrique : les limites du modèle

L’Afrique du Sud est devenue en 2006 le premier pays africain à autoriser le mariage gay.
Ce grand pays a d’ailleurs toujours eu une attitude exemplaire en matière de droits LGBT.
Pour autant qu’on puisse en juger, ce bon exemple (le pays est pourtant très influent) n’a pas été suivi par les autres pays de la région.
Tout au contraire, la plupart des gouvernements ou régimes en place se sont lancés dans des lois ou réformes institutionnelles visant à interdire toute reconnaissance légale des unions de même sexe.

C’est le cas de pays comme le Burundi, de Zanzibar ou plus récemment du Nigeria.
En fait, l’objectif à atteindre pour ce continent serait d’abord la dépénalisation de l’homosexualité, même si de nombreux militants affirment "que beaucoup des [pays qui prohibent l’homosexualité] n’appliquent pas systématiquement ces lois" (1).
Reste que c’est à partir de cela qu’est légitimée la culture de haine et de violence qui perdure dans de nombreux pays.

(1) Première conférence panafricaine de l’ILGA à Johannesburg, mi mai.

Du courage en Afrique

"On a tort avant même de commencer à parler" expliquait, il y a peu (1), un militant gay ouest africain.
Pourtant force est de reconnaître que ces dernières années, et malgré une situation extrêmement difficile, de courageux militants LGBT n’ont pas hésité à monter au créneau.
Il faut dire que le besoin de visibilité des gays et lesbiennes est fort et qu’il est, de plus, souvent confronté à une homophobie sociétale et à une homophobie officielle.
C’est d’ailleurs une des particularités de nombre de gouvernements du continent africain que d’utiliser les homosexuels comme boucs émissaires.

Du Zimbabwe au Cameroun, du Nigeria à L’Ouganda, très souvent les autorités agitent le chiffon rouge de l’homosexualité pour détourner l’attention de la population de problèmes économiques majeurs ou de difficultés sociales endémiques.

On l’a ainsi vu au Cameroun tout au long de 2005 et 2006 avec de nombreuses arrestations d’homosexuels.

Ces détentions abusives, les violences subies par des gays arrêtés à des terrasses de café, la publication dans les médias de liste de supposés homosexuels ont suscité une très forte solidarité avec le pays et plus largement incité les associations LGBT occidentales à une forte vigilance.

C’est ainsi que l’Inter-LGBT s’est mobilisée sur le cas de détenus camerounais ou que la revue militante LGBT "Tels Quels" en Belgique a récemment créé un "fonds de solidarité pour les gays et les lesbiennes d’Afrique" (2).

Les associations LGBT américaines et canadiennes se sont, elles aussi, beaucoup mobilisées.

Reste un regret : la quasi absence de réactions des gouvernements occidentaux sur la situation des homosexuels en Afrique.

Un silence d’autant plus dommageable que, comme le rappellent les spécialistes des droits LGBT, trente-huit des quatre-vingt cinq pays de l’ONU où l’homosexualité est illégale se trouvent en Afrique.

(1) Lors de la première conférence panafricaine de l’ILGA à Johannesburg, mi mai. (2) Infos sur www.telsquels.be Signalons la récente sortie de "Off the map", un document de l’International Gay and Lesbian Human Rights Commission (IGLHRC) sur l’impact de l’homophobie sur le développement de l’épidémie de VIH/sida. Infos sur www.iglhrc.org

« La population LGBT en Afrique reste difficile à étudier »

Têtu par Habibou Bangré 20 novembre 2009,

INTERVIEW. Charles Gueboguo, sociologue camerounais spécialiste de l’homosexualité, analyse cette enquête au Kenya sur le sida auprès des gays, dans un pays qui pénalise pourtant l’homosexualité.

Assiste-t-on à une ouverture sur l’homosexualité en Afrique ?

On vient d’apprendre qu’au Kenya, où les relations entre personnes de même sexe sont passibles de 14 ans de prison, une enquête sur la population gay est tout de même prévue pour mieux connaître cette partie de la société africaine. Pour tenter de comprendre la politique kenyanne, TÊTU a interrogé Charles Gueboguo (photo), jeune sociologue camerounais, auteur de Sida et homosexualité(s) en Afrique*.

TÊTU : L’enquête ouverte par le Kenya auprès de la population gay semble ambitieuse…

Charles Gueboguo : En termes de coût et de l’importance de la population ciblée, il s’agit effectivement d’une enquête de grande ampleur en Afrique.
C’est également un défi car la population LGBT en Afrique, bien que de plus en plus visible, reste somme toute difficile à étudier.
Elle est très dynamique, mouvante, et parfois changeante.
D’autres enquêtes avec peu ou prou des objectifs similaires sont prévues sur le continent : Cameroun, Somalie, Burkina Faso, Côte d’Ivoire.

Comment expliquez-vous que le Kenya autorise une telle enquête alors qu’il pénalise l’homosexualité ?

Il faut faire la différence entre l’action de la Santé publique du pays et la loi, qui prohibe l’homosexualité.
Quand on réfléchit en termes de santé, on se rend vite à l’évidence qu’il n’est pas dans l’intérêt de la société de continuer à minimiser la prise en charge des catégories vulnérables en Afrique, et plus précisément celle des catégories homosexuelles.
L’urgence est d’intégrer tout le monde dans les politiques de santé et d’accès aux soins si l’on veut freiner l’avancée du VIH dans les différentes communautés.
Les questions de dépénalisation viendront sûrement car elles sont complémentaires, mais là, c’est une autre problématique.


Le gouvernement ne fait-il pas preuve d’une certaine hypocrisie en voulant d’un côté protéger les homos du sida tout en les réprimant de l’autre ?

Les jeux et les enjeux des politiques peuvent parfois rejoindre ceux des chercheurs quand ils y ont quelque intérêt. C’est la logique de la politique politicienne.
La préoccupation serait plutôt, à mon sens, de savoir comment les communautés LGBT en Afrique peuvent se saisir de ces opportunités de « visibilisation officielle » –même si ce n’est qu’en termes de santé– pour des plaidoyers concernant d’autres problématiques vitales pour elles.
Mais pour cela, il faudrait que leurs moyens d’action soient renforcés
.

Peut-on craindre que les autorités ne se servent de cette enquête pour « ficher » les homos ?

Tout dépendra des personnes entre lesquelles ces documents tomberont.
Mais il est important de souligner que les comités d’éthique et scientifique qui donnent leur accord pour la réalisation de telles enquêtes veillent à ce que la sécurité des répondants soit assurée.
C’est ce qui donne par ailleurs, au-delà des seuls résultats, de la crédibilité à ce genre d’enquête.
Pour être clair, s’il y a des « fichages », je ne pense pas que ce sera de la part des équipes de chercheurs.
Bien sûr, le risque existe que les politiques se servent des données dans un objectif autre mais, dans ce cas, je pense que les universitaires africains devront réagir pour qu’on respecte les libertés individuelles.


Propos recueillis par Habibou Bangré. * Charles Gueboguo, Sida et homosexualité(s) en Afrique - Analyse des communications de prévention. (éditions L’Harmattan).

Homophobie en Afrique : Kiss-in d’Act Up

C’est pour mobiliser l’opinion publique sur les effets de l’homophobie en Afrique notamment en matière de VIH/sida qu’Act Up-Paris a organisé, à l’occasion de la 3eme Journée mondiale de lutte contre l’homophobie, un kiss-in devant l’ambassade du Nigeria, un pays qui pénalise l’homosexualité et qui envisage de durcir davantage encore sa législation pour interdire toute manifestation en faveur des droits LGBT et rendre impossible toute union homo.

Infos sur www.actupparis.org

Mis en ligne le 18/05/07

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Citations

Dès le premier jour, notre sexe sert de prétexte au dressage à la "féminité" ou à la "masculinité". Impossible d’y échapper. Les parents qui tentent de briser la contrainte de la distribution des rôles n’y parviennent qu’en partie.

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