Une « Recherche du temps perdu » un peu trop lisse sur France 2
Têtu par Louis Maury 01 février 2011,
De l’œuvre gigantesque de Marcel Proust, Nina Companeez a tiré un film sérieux, appliqué, mais maladroit. L’ensemble est trop lisse, et le personnage du baron de Charlus ressemble à Dirk Bogarde !

Fallait-il adapter le chef d’œuvre de Marcel Proust, A la recherche du temps perdu, en saga télé ?
On est en droit de se poser la question en visionnant ce film en deux parties de Nina Companeez.
La réalisatrice possédait pourtant le curriculum vitae idéal : elle est l’une des plus brillantes plumes de la comédie française (Benjamin ou les mémoires d’un puceau, L’ours et la poupée) et une maîtresse es saga (Les Dames de la côte, Pique-nique chez Osiris). Mais le résultat est très bancal.
Trop lisse, trop léché, vieillot parfois.
Ah, ces scènes de saphisme sorties tout droit d’un film hamiltonien…
Proust aborda sans ambages l’homosexualité dans cette oeuvre au long cours.
Mais le baron de Charlus, dandy gay obsédé par un violoniste, est transformé par Didier Sandre en une maladroite copie de Dirk Bogarde dans Mort à Venise !
Pivot de l’histoire, Micha Lescot (photo), héros et narrateur, est quant à lui envahissant même si sa présence atypique est une belle idée.
Une lecture trop fidèle de l’œuvre de Proust
Heureusement, un coup de maître vient sauver l’ensemble, le choix de Dominique Blanc, parfaite en fielleuse madame Verdurin.
Une lecture moins fidèle de l’œuvre de Proust aurait sûrement élevé le récit.
Cette production de quatre heures aura au moins le mérite de donner au spectateur l’envie de se (re)plonger dans cette saga en sept tomes qui disséqua avec une telle verve l’aristocratie de la Belle époque.
A la recherche du temps perdu, mardi 1er février, à 20h35, sur France 2. Deuxième partie, même heure le lendemain. Réalisé par Nina Companeez. Adaptation de Nina Companeez. D’après Marcel Proust. Avec : Micha Lescot (le Narrateur), Dominique Blanc (madame Verdurin), Valentine Varela (la duchesse de Guermantes), Didier Sandre (le baron de Charlus).

