Concert pour tous mardi 21 mai à la Bastille !
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Concert pour tous mardi 21 mai à la Bastille !

Abdou est un jeune grenoblois qui s’emploie à bâtir une nouvelle vie en paix auprès de sa mère et de son frère tous deux de nationalité française. Ressortissant sénégalais et homosexuel, il a dû fuir son pays, où il court un grave danger, pour venir rejoindre sa famille et être protégé ici en France.
Le Préfet de l’Isère s’acharne contre lui. Il maintient son ordre d’expulsion, veut remettre en cause sa liberté provisoire et procède à une « traque » policière chez les membres de sa famille et dans son quartier.
La situation d’Abdou illustre très bien le sort réservé aux personnes étrangères LGBT quant à leur droit à la protection.
Rappelons que plus de 70 pays condamnent l’homosexualité. Nombreuses sont les personnes persécutées ou pénalisées en raison de leur orientation sexuelle qui ne trouvent pas protection sur le territoire de notre République. Il s’agit de défendre non seulement Abdou, mais à travers lui les droits humains les plus élémentaires.
« Devant la persécution, toute personne a le droit de chercher asile et de bénéficier de l’asile en d’autres pays » article 14 de Déclaration Universelle des Droits de l’Homme.
Publié par Judith Silberfeld
Un entretien de trois heures lundi 25 octobre à l’Ofpra n’aura pas suffi. La demande de protection subsidiaire d’Abdou, homosexuel sénégalais réfugié dans la région de Grenoble depuis qu’il a été rejeté par son père en raison de son homosexualité, a été refusée.
Avec l’aide notamment du collectif LGBT C.I.GA.LE. (il est membre de deux associations du collectif), de SOS Racisme Loire et de la LGP Lyon, Abdou va à présent faire appel auprès de la Cour nationale du droit d’asile (CNDA).
« il nous faut maintenant croiser les doigts pour que le Consulat du Sénégal ne délivre pas de laisser passer dans les 15 prochains jours ».
Plusieurs personnalités ont déjà apporté leur soutien à la campagne pour qu’Abdou ne soit pas renvoyé au Sénégal, « un pays où l’homosexualité est passible de cinq ans de prison, dont l’hostilité des responsables religieux ne cesse de croître et où les agressions homophobes sont très fréquentes », explique le collectif.
Parmi ces personnalités, Guillaume Lissy (conseiller régional de Rhône-Alpes et parrain républicain d’Abdou), Sarah Boukaala (conseillère régionale de Rhône-Alpes déléguée chargée de la Jeunesse), Anne Hidalgo (première adjointe au Maire de Paris), Christophe Ferrari (maire de Pont de Claix), Ian Brossat (président du Groupe Communiste et élus du Parti de Gauche au Conseil de Paris), Louis-Georges Tin (président du Comité Idaho), Jean-Luc Romero (président d’Elus locaux contre le sida) et Marc Batard (alpiniste).
En juin dernier, l’International Gay and Lesbian Human Rights Commission (IGLHRC) publiait sur son blog des témoignages de personnes LGBT au Sénégal et précisait que depuis deux ans, les arrestations pour cause d’homosexualité se multipliaient dans le pays, de même que l’homophobie d’État et la publication d’articles homophobes dans les médias.
Ainsi, un membre de la communauté Yagg vivant au Sénégal a dû supprimer son profil après que des sites locaux ont repris son portrait de « yaggeur de la semaine » il y a quelques mois.
Pour aider Abdou, signez la pétition et/ou envoyez une lettre de soutien (dont un modèle se trouve sur le site du collectif) à contact@sosracismerhone.org[mise à jour, 17h25]
L’obligation de quitter le territoire français est toujours exécutoire ». Abdou est donc libre mais en situation irrégulière.
« Nous interpellons aujourd’hui Éric Besson, ministre de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité nationale et du Développement solidaire, pour lui demander solennellement la régularisation d’Abdou, écrivent les associations.
Nous tenons à rappeler que conformément à l’article 6 de la directive 2004/83/CE, le statut de réfugié, au titre de l’asile conventionnel ou de la protection subsidiaire, doit être accordé aux personnes lesbiennes, gays, bi et trans’ ayant été ou risquant d’être persécutées par les pouvoirs publics de leur pays d’origine, ou par quelque autre acteur non étatique. »
« Nous tenons également à rappeler les engagements de campagne de Nicolas Sarkozy en avril 2007 : « Être persécuté en raison de sa sexualité, c’est choquant et inadmissible. La France doit faire sienne cette position chaque fois qu’un homosexuel est martyrisé parce qu’il est homosexuel », poursuit le communiqué.
Au Sénégal pour le chef du Gouvernement, Souleymane Ndéné Ndiaye : « l’homosexualité est un signe de crise des valeurs et d’insécurité ». Dans de nombreuses déclarations, il exhorte les chefs religieux et les croyants à combattre cette orientation sexuelle. Il a d’ailleurs exigé que son gouvernement réprime plus sévèrement les relations entre personnes de même sexe. Les associations de défense des droits humains ne cessent de dénoncer la vague croissante d’arrestations d’homosexuels au Sénégal. »

Têtu par Habibou Bangré 30 octobre 2010,
Débouté par l’ofpra, ce demandeur d’asile est actuellement détenu à Lyon. Les associations s’inquiètent et interpellent le ministère de l’Immigration.
Abdou aura-t-il le soutien de l’Etat français ? Ce Sénégalais qui se dit victime de persécution homophobe dans son pays a été libéré le 28 octobre du centre de rétention administratif de Lyon Saint-Exupéry (Rhône).
Il risque cependant d’être expulsé
Eric Besson interpellé
« Nous interpellons aujourd’hui Eric Besson, pour lui demander solennellement la régularisation d’Abdou », écrivent dans un communiqué Lesbian and Gay Pride Lyon, le Collectif inter-associations gays et lesbiennes (Cigale) et SOS Racisme Rhône-Alpes.
Les cosignataires soulignent qu’au Sénégal, l’homophobie s’affiche dans les plus hautes sphères politique, judiciaire et religieuse. Et de conclure : « Au Sénégal, Abdou risque de subir des traitements inhumains et dégradants (…). L’expulsion vers son pays d’origine va exposer Abdou à la haine, aux persécutions, à des peines de prison qui détruiraient la nouvelle vie qu’il s’était employé à bâtir, ici, en France, avec le soutien de sa mère et de ses frères ».
Publié par Judith Silberfeld :
http://yagg.com/2010/10/14/mobilisa…
Abdou vit dans la banlieue de Grenoble depuis 18 mois.
Pendant un an, il n’a pas osé sortir de chez lui, par peur d’être arrêté.
Depuis quelques mois pourtant, n’y tenant plus, il a pris contact avec les associations LGBT locales.
Abdou a 35 ans. Il a fui le Sénégal après que son père l’a rejeté en raison de son homosexualité.
Il est soutenu par sa mère, qui a quitté son père après ce rejet et est venue avec lui à Grenoble.
Ses deux frères vivent aussi en France, l’un est chercheur à Paris, l’autre, de nationalité française (comme leur mère), est lycéen à Grenoble, explique un communiqué du collectif homo C.I.GA.LE.
Abdou a effectué des démarches pour obtenir un titre de séjour, en vain jusqu’ici.
Depuis qu’il est en France, il vit dans la peur d’être interpelé, il a mis plusieurs mois à se décider à prendre contact avec d’autres homos, au sein des associations Rando’s et À jeu égal, et même là, il repartait toujours avant la tombée de la nuit.
Des précautions inutiles puisque lundi dernier, le 11 octobre, c’est chez lui qu’il a été arrêté. Il s’est vu signifier l’obligation de quitter le territoire français sous 72 heures. Transféré au centre de rétention administrative de Lyon-St-Exupéry, il a été présenté hier au tribunal, qui l’a maintenu en centre de rétention.
Abdou a fait une demande de « protection subsidiaire », en vertu de l’article L. 712-1 du Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, selon lequel « le bénéfice de la protection subsidiaire est accordé à toute personne qui ne remplit pas les conditions d’octroi du statut de réfugié ». Cette demande doit être examinée dans les prochains jours. Si elle est rejetée, Abdou sera renvoyé au Sénégal.
« Un retour dans son pays d’origine pourrait s’avérer fatal pour lui en raison de son orientation sexuelle, précise la pétition en ligne lancée par l’association À jeu égal.
L’article 319 du code pénal sénégalais prévoit que « sera puni d’un emprisonnement d’un à cinq ans, quiconque aura commis un acte impudique ou contre nature avec un individu de son sexe.
Si l’acte a été commis avec un mineur de 21 ans et moins, le maxi¬mum de la peine sera toujours prononcé ».
La population fait également courir aux homosexuels des risques très graves, comme lors de chasses aux goorjigen (terme péjoratif qui signifie littéralement « homme-femme » en wolof) qui ont lieu régulièrement à Dakar. »
En décembre dernier, le ministre des Affaires étrangères sénégalais déclarait : « Il ne saurait être question de la dépénalisation de l’homosexualité pour le Sénégal qui a ses croyances religieuses et sociologiques et où l’écrasante majorité de la population croit en Dieu et à l’islam ».
Outre le collectif C.I.GA.LE, Abdou a reçu notamment le soutien de SOS Racisme Loire et de la LGP Lyon. Une réunion de coordination des associations est organisée ce soir.
Les associations appellent à signer la pétition et à faxer une lettre, dont le modèle est disponible sur le site d’À jeu égal, au centre de rétention.

"Comment pénaliser le discours de ceux qui refusent l’égalité des droits, dans la mesure où c’est l’inégalité qui est aujourd’hui la norme, la loi, et pour certains ce "bon sens" homophobe, qu’il ne va pas être facile de criminaliser" Didier Eribon