Concert pour tous mardi 21 mai à la Bastille !
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Concert pour tous mardi 21 mai à la Bastille !
Opération HARCELE TON DEPUTE
Depuis notre création nous organisons des débats au cœur de la cité sur le droit des femmes, la laïcité, la république et le vivre ensemble. Hier à Montreuil, dans une école élémentaire, le débat portait sur la burqa .
Deux élus de la République, le député socialiste Manuel Valls et le député communiste de Seine Saint Denis Jean-Pierre Brard étaient présents pour répondre aux questions.
Lubna Al Hussein, la journaliste soudanaise condamnée à 40 fouets pour avoir porté le pantalon, était à nos côtés pour témoigner de son combat pour la liberté des femmes dans le monde.
150 personnes étaient réunies. Baki Youssoufou Président de la Confédération Etudiante et son équipe étaient venus débattre.
Les insultes ont commencé à pleuvoir de la part d’un groupe d’intégristes menés par Abdelhakim Sefrioui, responsable du collectif Cheik Yassine, groupuscule radical proche des salafistes et des frères musulmans.
Ces hommes n’avaient qu’un seul but : saboter un débat qui malgré leurs intimidations et leurs provocations a duré deux heures.
Après les insultes, les propos antisémites, racistes, homophobes, sexistes, ils ont utilisés la violence physique et en sont venus aux mains, en agressant des étudiants dans le public. Leur cible : tout ceux qui osaient s’exprimer et d’après eux tout ceux qui détourne les « sœurs ».
Leur but, confisquer la parole, et intimider la République.
Comme nous ne cessons de le répéter depuis des mois, la burqa n’est que le dessus de l’iceberg. Dessous, la violence, encore et toujours.
Un projet de société où la haine de l’autre et de la femme ne laisse pas la place au dialogue.
Nous sommes convaincus aujourd’hui plus que jamais qu’il faut d’urgence réaffirmer les valeurs républicaines d’égalité, de mixité et de laïcité à travers des débats sur tout le territoire.
Occuper le terrain laissé aux fachos de tout bord : le fascisme blanc et le fascisme vert qui s’alimentent d’autant plus que certains responsables politiques font preuve de lâcheté.
Nous saluons le courage de nos élus présents à nos côtés qui malgré les intimidations ont défendu la République.
C’est la burqa ou la république, pour nous il n’y a pas d’autres choix que de se battre pour le droit des femmes avec les armes de la République et de la démocratie.
Nous devons tous ensemble bâtir un front commun pour la dignité et le respect des femmes.
Vous aussi vous pouvez agir et faire entendre votre voix sur www.harceletondepute.com.
Le site HARCÈLE TON DÉPUTÉ ! est une plateforme qui s’adresse à tous ceux qui veulent dire clairement à leur député qu’ils comptent sur eux pour voter l’interdiction de la burqa, symbole d’oppression de la femme, dans les lieux publics !
Vous pourrez adresser un courriel à votre député en tapant simplement votre code postal, poster votre photo en bonnet phrygien, et voir les vidéos des députés que nous avons d’ores et déjà harcelé.
Sihem HABCHI
Présidente de Ni Putes Ni Soumises
Il me répétait qu’il "fallait prendre de la hauteur" avec ce sujet, mais face à mes questions précises lui demandant ce qu’il imaginait comme solutions à part une loi, il n’a eu absolument aucune réponse concréte et a fini par me dire qu’il "ne savait pas".
Il faudrait arrêtter de se focaliser sur ces quelques femmes qui ont "fait le choix en toute liberté" de s’emprisonner et parler davantage de celles qui n’ont aucun choix.
Voir l’article de 2009 d’Elisabeth Badinter dans le nouvel Obs. Comme vous le dites très justement, comment devenir médecin, avocat, politique en ayant aucune possibilité de vie sociale ?
Dans le premier rapport qui comptabilisait le nombre de femmes portant la burqa en France, il y avait une petite fille de cinq ans.
Parmi les arguments de cet ami, il y avait le fait que "nous avons fait pareil il y a quelques siècles". Et bien, justement, nous ne sommes pas il y a quelques siècles.
Nous nous sommes battues pour pouvoir devenir médecin, journaliste, vendeuse, pour avoir notre mot à dire dans la société, pour pouvoir prendre la pillule, tout cela s’est fait aussi avec des lois, et pas seulement avec une simple hauteur de vue philosophique qui ne mange pas de pain.
Si cela était nécéssaire de le démontrer l’incident récent à Montreuil confirme que ceux qui se pensent propriétaires de femmes objets sont dangereux et que leurs moyens n’ont aucune hauteur de vue, il est complétement utopique de penser que l’on réglera cela sans une loi.
De plus il est aberrant de se dire que peut-être une loi serait en désaccord avec celle protégeant la liberté d’expression, afficher le symbole d’une soumission aux hommes et d’un renoncement total à son identité ne peut être considéré comme de la liberté d’expression, l’incitation à la haine n’est pas considérée comme de la liberté d’expression, de même cette propagande ne pouvant qu’entrainer des adeptes de plus en plus nombreux ne peut pas être considérée comme une simple liberté d’expression, déclarer que les femmes sont inférieures aux hommes et n’ont pas à avoir de vie sociale n’est pas une simple opinion, et c’est ce que ce vétement dit.
Certains disent que des femmes avec cette loi ne pourront plus sortir de chez elle : combien de femmes pourront enfin sortir de chez elles avec cette loi, et combien de femmes encore se verront emprisonnées s’il n’y a pas de loi et que cette propagande contre la liberté des femmes continue ?
Marie-Florence GROS, artiste et romancière, qui a notamment signé le titre “Sans Appel” pour Ni Putes Ni Soumises, était mardi soir dernier à Montreuil. Elle nous raconte la soirée.
Nous ne sommes pas si nombreux. Une centaine sans doute, dans une salle de classe.
Le débat commence. Difficile d’obtenir le silence.
Annie Sugier de la Ligue Internationale des Femmes rappelle la force des symboles.
Mais le débat dévie sur la religion. La difficulté est là.
Ceux qui sont pour la loi d’interdiction ne viennent pas parler de religion. Ce ne sont pas pour eux les symboles de l’islam, au contraire, ce sont des symboles d’oppression et non des symboles religieux.
Ils nuisent à l’islam et à l’immense nombre des musulmans qui ne se reconnaît pas dans ces pratiques.
Ceux qui sont contre la loi viennent pour représenter l’islam, l’islam c’est eux. Le voile devient le symbole de leur islam et tant qu’à faire, de l’islam et des musulmans en général. Comment débattre. ?
Lorsque les femmes de Ni Putes Ni Soumises parlent, les insultes fusent… contre la démocratie, contre le système, contre l’association.
Un méli-mélo mysogine, antisémite au passage. Loubna Hussein se fait traiter de pantin rémunéré.
Une jeune femme qui vient défendre la liberté de porter ce que l’on veut, au nom de la démocratie, est mal comprise sans doute, elle se fait traiter de pute…
Manuel Vals finit par dire que s’il avait hésité, la réunion aurait suffi à balayer ses doutes.
Lorsque la femme en hijab, catholique convertie à l’islam, prend la parole, dans les rangs des agités tout le monde s’en fout. Elle est interrompue, une, deux, trois fois.
Que vient-elle dire d’ailleurs ?
Je suis Française, je suis convertie, je porte aujoud’hui le hijab, demain la burqa, et j’aime ça, plus je me couvre, mieux je me sens, je suis libre, je m’assume.
Quel étalage de luxe ! Combien sont-elles dans le monde, emmurées dans leurs grilles de coton, à ne pas pouvoir….
La liste serait trop longue de ce qu’elles ne peuvent pas faire !
Là, je veux prendre la parole, je veux dire que la force du symbole la dépasse, revenir aux propos d’Annie Sugier souligner que porter un bout de tissu petit ou grand, sur un bras, sur la poitrine autour du cou ou sur tout le corps, devient un acte politique quand le morceau de coton est associé à la souffrance d’un peuple, d’un sexe.
Je veux dire qu’au-delà de son bien-être personnel, elle accomplit un acte politique, elle revendique la soumission, la torture, la négation des autres… ailleurs, loin d’elle.
Le voile se déchire parce qu’il est partagé entre deux symboles : symbole d’un islam et symbole d’anéantissement d’un sexe.
Chacune des parties refuse la réalité de l’autre, (moi la première) mais qu’elles le veuillent ou pas c’est dans l’assemblage des deux notions que la bagarre se déchaîne.
D’ailleurs, à ce moment-là, je n’ai rien pu dire. Dans le coin des agités, les bancs ont volé, les coups aussi.
L’assemblée s’est levée, et la rixe s’est déplacée, d’un bout à l’autre de la salle.
Nous étions un certain nombre à flotter dans les espaces libres, nous déplaçant en sens inverse de la bagarre. Et puis la police est arrivée, et puis voilà.
Fin d’un débat qui aurait été utile, s’il eût été possible.
Mais l’est-il ?
Marie-Florence Gros

"Je sais que pour obtenir de pareils biens au bénéfice des générations de femmes à venir, vous avez dû traverser bien des épreuves dans votre vie et renoncer à plus encore, qu’il vous a fallu supporter scandale et ridicule, et que, sans interruption, vous avez dû combattre préjugés et méfiance." Karen Blixen, conférence radio, 11 janv 1953, Des femmes, 1987, p. 276-277