Concert pour tous mardi 21 mai à la Bastille !
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Concert pour tous mardi 21 mai à la Bastille !
Eric Fassin
L’Eglise est particulièrement attentive au débat sur le genre, c’est-à-dire la construction sociale des sexes, parce qu’il pose la "question des sexualités et du mariage homosexuel", estime Eric Fassin, sociologue. E-llico.com Mis en ligne le 11/07/2011
Y’a-t-il une dimension religieuse aux questions sur le genre ?
Eric Fassin : Il y a effectivement une dimension religieuse importante qui est explicite.
L’Eglise catholique, du moins dans sa hiérarchie, s’est mobilisée contre le genre depuis 1995, c’est-à-dire depuis la Conférence de Pékin sur les femmes, en ayant compris que si l’on entre dans la logique du genre, cela veut dire effectivement que les rôles ne sont pas naturels.
Et si les rôles ne sont pas naturels, ce que certains théologiens du Vatican ont compris, c’est que ça ne posait pas seulement la question de la place des hommes et des femmes mais aussi la question des sexualités, par exemple la question du mariage homosexuel.
Le lien entre théorie du genre et revendication homosexuelle a donc été fait très rapidement par l’Eglise, ou du moins par le Vatican parce qu’il y a des clivages politiques au sein de l’Eglise, les versions les plus conservatrices étant les plus hostiles à tous ces discours sur le genre.
Qu’est-ce qui est en jeu ?
L’inquiétude, c’est que si même l’ordre des sexualités n’est pas fixé une fois pour toutes par Dieu ou la nature, cela veut dire que rien n’est fixé une fois pour toutes, et donc qu’il n’y a pas de limite à la logique démocratique.
La logique démocratique, c’est qu’il y a des lois, des règles, des normes et que l’on peut les discuter. Par exemple, "Etes-vous d’accord pour que le mariage soit réservé à un homme ou une femme ? Etes-vous d’accord pour que l’avortement soit légal" ?
Si l’Eglise se préoccupe beaucoup de ces questions et si c’est relayé par quelqu’un comme Christine Boutin, c’est précisément parce que l’ordre social n’est pas fondé sur des principes absolus.
Les vérités ne sont plus perçues comme des vérités absolues, elles représentent des valeurs. C’est cela qui est en jeu.
Pourquoi a-t-on décidé d’enseigner le genre aujourd’hui à l’école ?
Cela fait plus de 40 ans que le mouvement féministe a repris de l’importance et cela a eu des effets sur le travail scientifique, pour les sciences sociales et pour les sciences de la nature.
Si la bataille aujourd’hui fait rage, c’est qu’au fond, je ne pense pas que Christine Boutin aurait la même mobilisation si on disait qu’en sociologie "On nous apprend que la place des femmes et des hommes, c’est social". On s’en doute mais ce qu’on n’avait pas encore tout à fait accepté, c’était l’idée que ce n’était pas seulement les sciences sociales qui montrent qu’il y a une construction sociale de la différence des sexes, il y a aussi les sciences de la nature. Ils se rendent compte que même la nature est construite par des repères sociaux.
LE MONDE.FR 14.06.11
Dans une lettre ouverte du 31 mai adressée au ministre de l’éducation nationale, Christine Boutin brandit la menace "des scrutins qui s’annoncent". C’est pour exiger de Luc Chatel le retrait puis la correction des manuels de SVT des classes de Première L et ES qui viennent d’être publiés conformément aux nouveaux programmes : elle leur reproche en effet d’offrir "un enseignement directement et explicitement inspiré de la théorie du genre".
De quoi s’agit-il au juste ?
Un des objets d’étude au programme est intitulé : "Devenir homme ou femme." Selon le Bulletin officiel du 30 septembre 2010, "ce thème vise à fournir à l’élève des connaissances scientifiques clairement établies, qui ne laissent de place ni aux informations erronées sur le fonctionnement de son corps ni aux préjugés.
Ce sera également l’occasion d’affirmer que si l’identité sexuelle et les rôles sexuels dans la société avec leurs stéréotypes appartiennent à la sphère publique, l’orientation sexuelle fait partie, elle, de la sphère privée".
Christine Boutin s’indigne qu’on enseigne le "genre" : "Comment ce qui n’est qu’une théorie, qu’un courant de pensée, peut-il faire partie d’un programme de sciences ?
Comment peut-on présenter dans un manuel, qui se veut scientifique, une idéologie qui consiste à nier la réalité : l’altérité sexuelle de l’homme et la femme ? [… ]
Je ne peux accepter que nous trompions [les adolescents] en leur présentant comme une explication scientifique ce qui relève d’un parti-pris idéologique."
Pourtant, il n’appartient nullement aux politiques de juger de la scientificité des objets, des méthodes ou des théories.
Seule la communauté savante peut évaluer les travaux de ses pairs : le champ scientifique, par ses contrôles, en garantit la rigueur.
Si nous restons silencieux aujourd’hui, nous dira-t-on demain que l’évolution n’est qu’une idéologie ?
A quand les pressions pour imposer l’enseignement du créationnisme, au nom de la liberté de conscience ?
Pour nous, membres de l’Institut Emilie du Châtelet qui vise au développement et à la diffusion des recherches sur les femmes, le sexe et le genre, une telle censure politique serait inacceptable – et d’autant plus que l’ancienne ministre justifie sa demande d’interdiction "au nom du respect de la liberté de conscience."
Pour nous, universitaires et chercheur-e-s, une telle ingérence religieuse dans l’enseignement serait insupportable – et d’autant plus que la présidente du Parti chrétien-démocrate invoque sans rire "la neutralité des valeurs républicaines".
Or sa lettre au ministre ne fait que relayer celle du lobby des Associations familiales catholiques.
Le site de L’Evangile de la vie, qui défend la vie "depuis sa conception", rapporte dès le 20 mai la naissance de cette campagne : "Avertie la semaine dernière par le lycée Saint-Joseph de Draguignan (Dominicaines du Saint-Esprit) qui venait de recevoir les tout nouveaux manuels […], la commission bioéthique en lien avec l’Observatoire sociopolitique du diocèse de Fréjus-Toulon a pu mesurer la gravité des changements opérés par le ministère de l’Éducation nationale par rapport aux précédents programmes."
En réalité, la présidente du Parti chrétien-démocrate se fait la porte-parole du Vatican, qui ne cesse de marteler son opposition aux études de genre – depuis la conférence des Nations unies sur les femmes de Pékin en 1995 jusqu’aux dernières interventions de Benoît XVI, en passant par la "Lettre aux évêques sur la collaboration de l’homme et de la femme dans l’Eglise" de celui qui n’était encore en 2004 que le Cardinal Ratzinger.
On aurait tort de croire que nous ne faisons que défendre ici notre pré carré de chercheur-e-s et d’enseignant-e-s.
La vigilance s’impose aujourd’hui à chacune et à chacun.
Le responsable de la commission bioéthique du diocèse de Fréjus-Toulon ne s’en cache pas : "Si l’on regarde de l’autre côté des Pyrénées, on s’aperçoit que des dizaines de milliers de familles catholiques avec le soutien appuyé de la Conférence épiscopale espagnole et le concours de juristes compétents se sont d’ores et déjà organisées pour contester les cours obligatoires sur le gender du gouvernement Zapatero, voire retirer leurs enfants en posant un acte d’objection de conscience. Allons-nous devoir en arriver là en France ?".
La menace qui pèse sur la laïcité est claire.
Nous, chercheur-e-s et universitaires engagé-e-s dans des travaux sur les femmes, le sexe et le genre, spécialistes d’anthropologie biologique et culturelle, de neurologie et de génétique, de médecine et d’épidémiologie, de psychologie et de psychanalyse, de droit et de science politique, de démographie, d’histoire et de géographie, de sociologie, de sciences de l’éducation et d’économie, de philosophie et d’histoire des sciences, d’arts du spectacle et de cinéma, de littérature et de linguistique, et d’autres domaines encore, nous élevons avec force contre des conceptions anti-scientifiques qui s’autorisent du "bon sens" pour imposer leur ordre rétrograde.
Interroger les "préjugés" et les "stéréotypes" pour les remettre en cause, c’est précisément le point de départ de la démarche scientifique.
C’est encore plus nécessaire lorsqu’il s’agit des différences entre les sexes, qui sont toujours présentées comme naturelles pour justifier les inégalités : la "réalité" selon la droite religieuse, c’est en réalité une hiérarchie entre les sexes dont nos travaux, issus de disciplines multiples, convergent tous pour contester qu’elle soit produite par la nature.
La science rejoint ici le féminisme : on ne naît pas femme, ni homme d’ailleurs, on le devient.
Bref, en démocratie, l’anatomie ne doit plus être un destin.
Pour cette tribune, l’Institut Emilie du Châtelet (pour le développement et la diffusion des recherches sur les femmes), a reçu le soutien des associations scientifiques spécialistes des études de genre : Association nationale des études féministes (ANEF), Mnémosyne (association pour le développement de l’histoire des femmes et du genre) et la Fédération de recherche sur le genre (RING).
Florence Rochefort, présidente de l’Institut Emilie du Châtelet (IEC), et les membres de l’IEC
Têtu par Rédaction (avec agence) 10 juin 2011,
Après les critiques des catholiques contre les nouveaux programmes de SVT, des enseignants et des parents d’élèves ripostent.
Le Snes-FSU dénonce « des esprits chagrins réactionnaires qui luttent contre la contraception, l’avortement (…) et l’homosexualité ».
Les attaques de certains catholiques contre les nouveaux programmes de SVT ne plaisent décidément pas aux syndicats enseignants.
Après les protestations de l’Unsa éducation en début de semaine, c’est au tour du Snes-FSU de protester, ainsi que du Groupe national information et éducation sexuelle.
« Croisade contre l’homosexualité »
Dans un communiqué, le Snes-FSU, premier syndicat du secondaire, a dénoncé hier la « croisade contre l’enseignement de la sexualité à l’école » menée par la direction de l’enseignement catholique.
« A les entendre, il n’y aurait qu’un seul modèle de cellule familiale : le couple hétérosexuel et ses enfants », ironise le Snes-FSU.
« L’école, lieu de socialisation et de transmission des savoirs, doit donner aux jeunes les connaissances scientifiques, sociologiques et philosophiques, nécessaires à la compréhension de la société et à leur émancipation », ajoute-t-il.
Le Snes « se félicite que des questions au centre de la construction de l’individu soient abordées à l’école, sans tabou, mais aussi sans idéologie et dans le respect des sensibilités de chacun.
Les esprits chagrins réactionnaires qui luttèrent et continuent de lutter contre la contraception et l’avortement, instrumentalisent aujourd’hui l’école pour médiatiser leur croisade contre l’homosexualité ».
Compréhension de l’autre
Dans un communiqué séparé, le Groupe national information et éducation sexuelle (Gnies) estime que « l’école a pour mission d’instruire et d’éduquer, dans le respect des sensibilités ».
Dans les établissements scolaires, « l’ensemble des personnels est confronté au désarroi de jeunes en difficulté avec leur orientation sexuelle.
Aborder cette question dans la classe est un premier pas vers le respect de chacun et la compréhension de l’autre », conclut le Gnies dans son communiqué.
Le Gnies compte, notamment, comme membres plusieurs syndicats d’enseignants, la FCPE (première fédération des parents d’élèves de l’enseignement public), le mouvement français du planning familial, le conseil national des associations familiales laïques, l’association des professeurs de biologie et de géologie, ainsi que La Mutuelle des étudiants. Avec AFP. Photo : AFP.
Madame, Monsieur,
Nous sommes professeurs de SVT en lycées publics.
Si nous vous contactons aujourd’hui, c’est pour vous alerter des nouveaux programmes et manuels de Première qu’on veut nous imposer à la rentrée et qui nous obligent à enseigner la théorie du genre (ou "gender") et demander votre soutien.
Cette théorie partisane n’a pas sa place en biologie et doit être renvoyée au débat philosophique ou en éducation civique.
Intéressante en soi, nous ne pouvons lui apporter pour autant le crédit scientifique du biologiste et donc l’enseigner dans le cadre de notre discipline.
Les nouveaux programmes nous contraignent de professer que l’identité sexuelle est une construction culturelle relative au contexte du sujet.
Cette théorie est américaine, provient de la sociologie.
Ainsi peut-on lire dans le manuel Hachette : « Le sexe biologique nous identifie mâle ou femelle, mais ce n’est pas pour autant que nous pouvons nous qualifier de masculin ou de féminin.
Il nous semble impensable d’apprendre à des adolescents que leur identité sexuelle est d’abord une construction sociale et culturelle dans un cours où seules les exigences de la raison ont droit de cité.
Aidez nous à défendre la neutralité de l’école et le respect des exigences de la raison !
Voici ce qu’on pouvait découvrir au JT de France 2 du 11/07
Nous vous demandons de bien vouloir nous soutenir dans notre combat : Merci de votre aide,
Katia Levy et Mahias Dourdessoule
Faites circuler ces propositions autour de vous !
Idée de texte à coller dans le formulaire de Matignon
Monsieur le Premier ministre,
La réforme de la classe de Première conduite par Monsieur Chatel voit l’arrivée de la théorie du genre ou théorie du « gender » dans les programmes et les manuels de Sciences de la Vie et de la Terre.
La théorie du genre est une théorie philosophique et sociologique mais elle nest pas scientifique.
Elle affirme que l’identité sexuelle (qui serait un concept psychologique et non biologique) est une construction culturelle relative au contexte du sujet.
Ainsi peut-on lire dans le manuel Hachette : « Le sexe biologique nous identifie mâle ou femelle, mais ce n’est pas pour autant que nous pouvons nous qualifier de masculin ou de féminin.
Cette identité sexuelle, construite tout au long de notre vie, dans une interaction constante entre le biologique et le contexte socio-culturel, est pourtant décisive dans notre positionnement par rapport à l’autre.
Devenir un individu sexué fait partie intégrante de la construction identitaire. »
Ce programme et ces manuels reflètent au moins 3 entorses gravissimes aux valeurs de notre Ecole :
Entorse à sa mission :
L’école doit former l’esprit critique selon les exigences propres de la raison. Le lycée ne saurait dicter des comportements, mais bien former des intelligences.
Il ne doit pas devenir une caisse de résonance des opinions ambiantes et versatiles de la société, sous peine de fragiliser les esprits.
Entorse à sa neutralité :
En feuilletant ces manuels, je n’ai pu m’empêcher de songer à la fameuse lettre de Jules Ferry aux instituteurs : « Avant de proposer à vos élèves un précepte, une maxime quelconque, demandez-vous sil se trouve, à votre connaissance, un seul honnête homme qui puisse être froissé de ce que vous allez dire. Si oui, abstenez-vous de le dire. »
Notre code de l’éducation exige d’ailleurs le « respect de la personnalité de l’enfant et de l’action éducative des familles » (art. L. 111-2).
Dans ce domaine extraordinairement intime qu’est la sexualité, à un âge où les jeunes sortent tout juste de l’adolescence et se construisent, ces manuels constituent une grave intrusion dans leur vie.
En tout état de cause, les élèves n’ont pas à être examinés par l’Etat en ces domaines.
Entorse à sa liberté :
On ne peut pas obliger les professeurs de SVT à relayer un discours qui sorte du cadre scientifique.
Comment pourront-ils évaluer les élèves et les préparer aux épreuves du bac sur de telles options partisanes ? Il est clair, au moins, que la théorie du « gender » ne peut être présentée aux élèves que comme un choix philosophique (dont on voit mal ce qu’il vient faire dans un cours de SVT !) et non comme une réalité indiscutable.
Il est indispensable que soient réaffirmées les véritables missions de l’école en dissipant les équivoques liées à l’interprétation du programme, en garantissant la liberté intellectuelle des enseignants et la liberté de conscience des élèves.
Je demande avec les 35 000 premiers signataires de l’appel de "l’école déboussolée" et selon le principe de la neutralité de l’école publique et de l’égalité républicaine que soit :
• Précisée la portée de la circulaire du 30 septembre 2010 et les programmes que les services de la DGESCO ont voulu définir.
• Interdit l’usage des manuels mis en cause.
• Garanti que le thème du « gender » ne sera pas à la session 2012 des épreuves anticipées du bac ni aux sessions suivantes.
• Transférée le cas échéant l’étude du « gender » dans le domaine du débat critique de l’éducation civique ou de la philosophie.
Assuré que vous saurez vous faire l’écho de cette préoccupation persistante, je vous prie de croire, Monsieur Le Premier ministre, en l’expression de ma haute considération.
Que viennent elles faire dans un cours de SVT ? « L’identité sexuelle se réfère au genre sous laquelle une personne est socialement reconnue » « L’orientation sexuelle se révèle le plus souvent au moment de l’adolescence » BORDAS
« L’identité sexuelle est la perception subjective que l’on a de son propre sexe et de son orientation sexuelle » « Seul le sexe biologique nous identifie mâle ou femelle, mais ce n’est pas pour autant que nous pouvons nous qualifier de masculin ou féminin » « L’orientation sexuelle doit être clairement distinguée du sexe biologique de la personne » « Le mineur de 15 ans à 18 ans est libre d’entretenir des relations sexuelles à condition qu’il soit consentant et que ce ne soit pas avec une personne ayant autorité sur lui » « Le mineur est libre de ses orientations sexuelles, c’est à dire qu’il peut avoir des relations sexuelles soit avec un homme soit avec une femme » « Distinguez la part biologique de la part sociale de l’identité sexuelle (Exercice) » HACHETTE « En sociologie, l’identité sexuelle se réfère au genre par lequel une personne est socialement reconnue » HATIER
Elle n’a évidemment rien à voir avec une croyance théiste et bien sûr est fondé sur un raisonnement et des observations scientifiques…
Cela ne recouvre pas l’univers de la biologie mais comme on y accole aussi l’éducation sexuelle la connaissance de l’éducation sexuée ne devrait pas être un obstacle.
A l’inverse jusqu’à présent l’éducation était polluée par toutes les théories essentialistes et naturalistes qu’enseignent la plupart des théistes qui fondent les discriminations en genre, et jamais abordé en tant que tel.
Les catholiques sont les premiers à craindre cette remise en cause du naturalisme qui fonde tout leur raisonnement théologique, et que l’on retrouve dans le catéchisme et le droit canon.
Par exemple l’écologie politique a comme pilier le féminisme et son constructionnisme, non comme un feuilletage ajouté mais pour éviter le naturalisme et ses conséquences et qui ont fait à une époque que les nazis ont pu promouvoir une écologie naturaliste et totalitaire.
Le genre est acquis et n’a rien d’inné…
Ce qui fait l’identité de genre par contre est plus complexe, et a aussi été observé de manière scientifique.
Les mécanismes d’acquisitions ne sont pas tous explicables à l’instar de l’orientation sexuelle.
En tout cas les transgenres démontrent la validité du constructionnisme.
L’enseignement de la théorie du genre ne changera pas le genre des personnes à qui cela est enseigné, par contre ils prendront conscience des mécanismes de construction, et identifieront mieux les privilèges et les charges de chacun des genres, dont l’objectif faut-il rappeler est d’aller vers l’égalité des sexes.
Certains pourront même se détacher des arguments naturalistes qui les enferment dans des rôles et auront de meilleurs rapports sociaux avec les personnes du sexe/ genre opposé en tout cas pour les cisgenres
Le Collectif éducation contre les lgbtphobies - qui regroupe les principaux syndicats de l’Education (FCPE, Fep-CFDT, Ferc-CGT, FSU, Sgen-CFDT, UNSA Éducation, UNEF, FIDL, UNL) - demande au ministre Luc Chatel "de ne pas céder aux pressions" et de "maintenir la diffusion des manuels et l’inscription au programme de la question de l’identité sexuelle ou du genre". "Pour nos organisations, écrit le Collectif dans un communiqué, le rôle de l’École est de permettre l’émancipation des femmes et des hommes et une meilleure insertion possible dans la société dans laquelle ils évoluent. Cela implique une connaissance de celle-ci, et de sa diversité. Cela passe par un questionnement et une recherche permanents, et l’accès à un certain nombre de théories et de savoirs". Le Collectif rappelle également que "l’homophobie et la transphobie continuent de faire des ravages parmi les élèves, en terme d’insertion scolaire, de santé, et de taux de suicide, et que la responsabilité de l’École est de veiller à ce que tous les élèves y réussissent et s’y épanouissent". "Si l’orientation sexuelle et l’identité de genre appartiennent à la sphère intime, nos organisations réaffirment que la lutte contre le sexisme, l’homophobie et la transphobie concerne bien la sphère publique et relève notamment de la politique éducative du pays, expliquent encore les syndicats de l’Education. Ainsi tout, des séances d’éducation à la sexualité aux programmes scolaires, doit être fait pour lutter contre les stéréotypes". Le Collectif estime que "céder face aux lobbys conservateurs serait un très grave recul et irait à l’encontre de la prétendue volonté du ministère du lutter aussi contre les LGBTphobies en milieu scolaire", alors qu’on est toujours en attente de nouvelles du Conseil contre les discriminations mis en place en avril dernier.
Le 31 juillet 2011 Compère Daniel ( prof de SVT)
Bonjour Ci-dessous, le programme exact de première S quant à cette partie ( autant savoir de quoi on parle)
L’étude de la sexualité humaine s’appuie sur les acquis du collège.
Dans une optique d’éducation à la santé et à la responsabilité, il s’agit de comprendre les composantes biologiques principales de l’état masculin ou féminin, du lien entre la sexualité et la procréation et des relations entre la sexualité et le plaisir.
Ces enseignements gagneront à être mis en relation avec d’autres approches interdisciplinaire (philosophie) et/ou intercatégorielle (professionnels de santé).
Il s’agit d’aider l’élève à la prise en charge responsable de sa vie sexuelle.
Devenir femme ou homme
On saisira l’occasion d’affirmer que si l’identité sexuelle et les rôles sexuels dans la société avec leurs stéréotypes appartiennent à la sphère publique, l’orientation sexuelle fait partie, elle, de la sphère privée.
Cette distinction conduit à porter l’attention sur les phénomènes biologiques concernés.
Les phénotypes masculin et féminin se distinguent par des différences anatomiques, physiologiques, et chromosomiques.
La mise en place des structures et de la fonctionnalité des appareils sexuels se réalise, sous le contrôle du patrimoine génétique, sur une longue période qui va de la fécondation à la puberté, en passant par le développement embryonnaire et fœtal.
La puberté est la dernière étape de la mise en place des caractères sexuels. Chez l’homme et la femme, le fonctionnement de l’appareil reproducteur est contrôlé par un dispositif neuroendocrinien qui fait intervenir l’hypothalamus, l’hypophyse et les gonades.
La connaissance de ces mécanismes permet de comprendre et de mettre au point des méthodes de contraception féminine préventive (pilules contraceptives) ou d’urgence (pilule du lendemain).
Des méthodes de contraception masculine hormonale se développent.
D’autres méthodes contraceptives existent, dont certaines présentent aussi l’intérêt de protéger contre les infections sexuellement transmissibles.
L’infertilité des couples peut avoir des causes variées. Dans beaucoup de cas, des techniques permettent d’aider les couples à satisfaire leur désir d’enfant : insémination artificielle, Fivete, ICSI.
L’activité sexuelle est associée au plaisir.
Le plaisir repose notamment sur des phénomènes biologiques, en particulier l’activation dans le cerveau des « systèmes de récompense ».
Bonjour
La notion de genre n’est pas quelque chose qui nous "conforte" comme il est dit, mais est la théorie scientifique expliquant que les identités de genre sont culturelles et pas génétiques comme certains l’affirment (en général pour justifier que l’homosexualité ne serait pas "naturelle"…) et c’est une très bonne chose qu’elle soit enseignée.
Il me parait naturel que l’enseignement du genre se fasse en cours de biologie au moment de l’étude de la sexualité.
Un cours sur la sexualité et les notions procréation, de ce qu’est un homme et ce qu’est une femme qui ne parlerait pas de pourquoi il y a des comportements dit "féminins" et d’autres dit "masculins" ou qui ne donnerait pas une clef pour comprendre ce qu’est être hétérosexuel ou homosexuel ou transsexuel, serait un cours incomplet qui laisserait la place à tous les on-dit.
Ne pas parler de genre dans un cours de biologie, ce serait comme parler de colonisation par l’occupation des territoires sans mentionner l’institution de représentations racistes permettant de séparer colons et indigènes de la même humanité.
Le texte qui est proposé est encore une instrumentalisation de la laïcité, mais cette fois faite par les religieux.
En effet, plutôt que de dire qu’on refuse que la question de "l’homosexualité" soit évoquée, on attaque l’enseignement d’un fait (le genre) sous prétexte qu’il serait "culturel" et donc supposé non neutre.
Eh bien non, la laïcité ce n’est pas le reniement de la culture et des identités par l’institution Républicaine mais une non ingérence dans les affaires "identitaires" (respect de l’autonomie de l’individu).
Dans le cas d’un cours de biologie, l’enseignant doit expliquer le mécanisme des identités sexuelles, il n’a pas à donner d’avis sur ce qui serait pour lui le "mieux" ou ce qu’il faut être. C’est ça la neutralité laïque…
Les présupposés sur lesquels se base la théorie de genre est que les êtres humains sont libres et égaux (les identités individuelles ne doivent pas justifier des inégalités ou des restreintes à la liberté).
Ce présupposé fait parti du minimum du contrat Républicain qui justifie que la collectivité investisse des moyens dans l’enseignement.
Les personnes qui sont choquées par ces présupposés, c’est leur problème, mais si ils veulent profiter de l’Ecole Publique, ils doivent accepter que l’enseignement soit fait sur la base de ces principes.
Attention, ici il ne s’agit pas d’exclure les enfants qui ont d’autres explications mais au contraire de leur donner la possibilité d’entendre autre chose que ce qui peut être dit chez eux.
En ce qui me concerne, je soutien l’enseignement du genre à l’Ecole pour les mêmes raisons que je me suis opposé à la loi contre le voile dans les écoles. L’Ecole publique doit être un lieu de savoir universel fait pour tous.
Concernant la différence entre sciences dures/molles, eh bien elle n’existe pas sinon dans la classification que l’on choisi de faire.
En effet, la seule science dite "exacte" sont les mathématiques et là encore avec des limites (le fait que la théorie des ensembles soit non contradictoire est indécidable et donc on fait le choix de décider qu’elles ne le sont pas.
Sans parler du théorème d’incomplétude de Godel qui montre la limite des mathématiques…).
Toutes les autres sciences qui s’occupent du réel ne sont que des modélisations plus ou moins approximatives des phénomènes physiques.
Le théorème d’incertitude de Heisenberg (qui dit qu’en dessous d’un certain niveau d’énergie, il n’est pas possible de détecter ce qui se passe) montre que toute la physique n’est pas vérifiée.
D’ailleurs quand on fait de la physique, on voit bien qu’en réalité on part de données expérimentales qu’on modélise mathématiquement et pour lequel on trouve une théorie "physique" qui permet de retrouver ces mêmes équations.
En général, une fois qu’on a trouvé une théorie, on extrapole les calculs dans des cas nouveaux et on fait des expérimentations pour savoir si elle confirme la théorie. Par exemple, c’est ce qu’a fait Einstein pour prouver la pertinence de la théorie de la relativité.
En fait la théorie de la relativité n’est qu’une modélisation qui retrouve l’ensemble des phénomènes déjà captés par les précédentes théories et qui en plus permet d’expliquer de nouveaux phénomènes.
Rien ne dit que demain on n’arrivera pas à avoir une théorie plus complète qui rendra désuète la relativité générale.
Si on prend la théorie freudienne, ce n’est en fait qu’une modélisation du comportement psychologique humain tirée de l’expérimentation.
Les autres théories de psychanalyse sont d’autres modélisations.
Elles ne sont ni fausses ni vraies, ce sont toutes des approximations…
Donc refuser l’enseignement du genre, comme c’est fait dans le texte envoyé, par ce que ce n’est pas une "vraie science" est un moyen de sous-entendre que le genre est une "fausse science", "une supercherie" et que la position de l’Église sur l’homosexualité est tout aussi viable que celle des explications de genre.
F. Sarkis
Le 01/08/2011 00:02, Yassine Ayari a écrit : Hello man,
On en rediscute quand tu veux, à condition qu’il s’agisse de cours de philo ou d’initiation à la sociologie. Pour les sciences, c’est hors de question.
Tu remarqueras que ton argumentaire ne donne aucun intérêt à la validité scientifique de cette théorie mais est axé sur une vertu sociale présumée, elle-même manifestement basé sur une conviction politique (je ne juge pas le fond de cette conviction, je constate).
C’est exactement avec le même genre de raisonnement que certains américains en viennent à exiger l’enseignement du créationnisme.
Dans les sciences dures, on n’enseigne pas une théorie parce qu’elle nous conforte a posteriori.
Bien au contraire, on a enseigné pendant longtemps la théorie atomique ou la physique quantique alors que la première rassemblait contre elles beaucoup de sceptiques et la seconde conduit à accepter des choses complètement déroutantes du point de vue de la physique "classique".
A l’inverse, "la force vitale" en biologie ou "le vent d’éther" ont été trop longtemps admis car très confortables intellectuellement mais complètement faux.
Pire : ces hypothèses érigées en théorie ont masqué des phénomène fondamentaux comme les microbes ou la théorie de la relativité.
Voilà pourquoi je considère que, même avec de très bonnes raisons sociétales, des théories sociologiques sans validité scientifique n’ont absolument rien à faire dans un enseignement scientifique.
Le 31 juillet 2011 Philippe Stanisière
Au contraire la théorie du genre devrait être enseignée très tôt avec le niveau d’explication lié à l’âge évidemment comme l’éducation sexuelle.
C’est ce qui permet de lutter contre le sexisme et qui enferme les garçons et les filles dans des rôles sociaux formatés entre les métiers, les tâches ménagères, ou les positions de pouvoir et de domination.
L’univers des enfants est encombré de références sexistes entre les activités, les jouets, les couleurs, voir l’adultarisation lorsqu’on leur demande de se sexuer comme des pubères.
Aidez nous à défendre les valeurs de l’école républicaine !l
Il ne s’agit pas de protéger les lycéens contre quoi que ce soit mais de ne pas mettre tout et n’importe quoi dans les programmes scolaires en fonction du poids des lobby.
Désolé, la théorie du genre, pour intéressante qu’elle soit, est orientée et n’a rien à faire dans les sciences dures.
Quand à la nécessité de rapprocher les disciplines, c’est exact et important mais autant que j’en sache, les lycéens n’ont pas atteint, à leur stade, la maturité pour faire ces rapprochements.
Antoine Gaudry a écrit :
Personnellement les cris d’orfraie lancées contre l’enseignement d’une théorie me laisse dubitatif.
Quand à l’argument "il ne faut pas mélanger la philosophie, le sociologie et la biologie", me laisse tout aussi sur l’expectatif.
Les connaissances scientifiques ont grandement avancée depuis le début du siècle justement en tentant de rapprocher les disciplines entre elles.
On peut par exemple penser à la géographie structurale de Gilles Ritchot qui fut pendant longtemps rejeté par la communauté scientifique et qui maintenant est consacré, et elle réussit le grand écart de mêler anthropologie, géographie, géologie, économie et sciences humaines.
Bref, on a tout à gagner à rapprocher les disciplines entre elles et qu’il faut arrêter de prendre les lycéens pour des cons : pourquoi donc faudrait-il les protéger d’un théorie scientifique ?
Qui sommes nous pour dire quelle théorie scientifique doit être enseignée et quelle autre ne doit pas être enseignée ?
Antoine

"Le silence offre aux agresseurs une impunité qu’ils peuvent ressentir comme une légitimité" SOS-homophobie.