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Objectifs du millénaire non tenus pour les femmes

Écrit par Coline Garré - 20 Septembre 2010

L’ONU a consacré aux femmes 2 de ses 8 objectifs du millénaire pour le développement, insistant ainsi sur la promotion de l’égalité des sexes, l’autonomisation des femmes (objectif 3) et l’amélioration de la santé maternelle (objectif 5). Mais les 189 pays signataires n’ont jamais été aussi en retard que sur ces priorités.


« Les améliorations apportées aux conditions de vie des pauvres ont été scandaleusement lentes et les crises climatique, alimentaire et économique érodent certains avancées durement acquises ».
A cinq ans de la date butoir fixée par l’ONU pour atteindre les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD), le constat du secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-Moon, est grave.
Si quelques progrès doivent être notés dans la lutte contre le Sida, le paludisme, et la scolarisation des enfants, la condition des femmes semble loin de s’améliorer.
Pire, l’objectif 5 concernant la santé maternelle est l’OMD le plus en retard.

1 000 femmes meurent chaque jour en couche et 99 % de ces décès interviennent dans les pays en voie de développement, en particulier en Afrique et en Asie du Sud. La raison ?
Moins de la moitié de ces femmes accouchent avec l’aide d’un personnel soignant.
Certes, le nombre de décès liées à des complications de la grossesse a diminué de 34% depuis 1990.
Mais l’objectif pour 2015 est une diminution de 75% !
Si certains pays comme l’Inde, l’Egypte ou la Chine ont commencé à prendre des mesures efficaces, à commencer par la formation de sage-femmes ou la construction de centres de maternité, 30 sur 189 n’ont fait aucun progrès au cours de la dernière décennie.
La mortalité infantile a même augmenté dans les territoires les plus touchés par le VIH, comme le Zimbabwe.

Egalité, des « progrès anémiques »

Même constat désolant pour l’objectif 3, la promotion de l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes.
« Ces cibles sont au coeur des OMD, ce sont des conditions préalables si on veut l’emporter sur la pauvreté, la faim et la maladie  », a déclaré le secrétaire général adjoint aux Affaires économiques et sociales de l’ONU, Sha Zukang.
« Mais les progrès sont anémiques sur tous les fronts, de l’éducation à l’accès aux processus de décision politique », poursuit-il dans le rapport d’étape de l’ONU.

Encore une fois, les chiffres se révèlent catastrophiques.
Dans les pays les plus pauvres et les moins scolarisés, comme ceux d’Afrique subsaharienne, d’Asie de l’Ouest et d’Asie du Sud, la parité dans le secondaire reste hors d’atteinte.
Et la pauvreté désavantage fortement les filles.
Celles des 60% de ménages les plus pauvres des pays en voie de développement ont trois fois plus de risques de ne pas être scolarisées que celles des ménages les plus riches. Quatre fois plus si on les compare aux garçons des familles aisées…

Les Etats comptent sur l’ONU-femmes

Ces inégalités persistent ensuite sur le marché du travail.
Les femmes travaillent majoritairement dans l’agriculture à des postes précaires et non rémunérés.
En Asie et en Afrique du Nord, elles ne représentent que 20% des salariés des secteurs non agricoles.
Et même à l’intérieur de ces domaines, elles sont moins bien payées que les hommes. La crise, qui a touché en priorité les industries manufacturières d’import-export, a favorisé leur chômage et les a reléguées dans les réseaux informels.

Au cours du sommet qui se tient à New York du 20 au 22 septembre, les chefs d’Etat et de gouvernement devraient préciser les cibles à privilégier et les montants alloués.
Ban Ki-Moon estime que 100 milliards de dollars sont nécessaires à la réalisation des objectifs d’ici 2015, un chiffre difficile à atteindre après la crise internationale.
L’objectif 3 nécessiterait à lui seul entre 60 et 80 milliards de dollars.
Les Etats comptent se reposer sur l’ONU-femmes pour promouvoir l’égalité des sexes. Mais cette récente agence, dirigée par Michelle Bachelet ne devrait être opérationnelle qu’en janvier 2011… en espérant que les Etats lui donnent les moyens suffisants.

OMD, le temps des comptes

Écrit par Arnaud Bihel -20 Septembre 2010

Du 20 au 22 septembre, New-York accueille le sommet de l’ONU sur les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD).
Entre bonnes intentions et larges insuffisances financières, un sommet pour dresser un bilan d’étape. Et pour chercher de nouveaux moyens d’atteindre ces objectifs.
La déclaration que doivent adopter les chefs d’Etat, le 22 septembre, à l’issue du sommet de New-York sur les Objectifs du millénaire pour le développement (1) est déjà écrite.
Préparé par le secrétariat général de l’ONU, le document de 35 pages est rempli de bonnes intentions. Les mêmes intentions que celles qui prévalaient il y a 10 ans, au lancement des OMD, ou encore il y a 5 ans au sommet de Gleneagles. Et qui sont loin d’avoir été concrétisées.

L’aide au développement très loin du compte

La déclaration s’ouvre sur un satisfecit sur le progrès accompli en 10 ans.
Mais reconnaît rapidement que ce progrès « n’est pas à la hauteur, tant s’en faut, de ce qui serait nécessaire. »
Il était difficile d’échapper à ce constat : dès mars 2010, l’ONU pointait les insuffisances des avancées pour atteindre les objectifs de développement.

Le texte que signeront les chefs d’Etat leur fait ainsi admettre que les efforts n’ont pas, jusque là, été à la hauteur.
Avant tout sur la question financière, principal sujet du sommet de New-York. Lors du lancement de la campagne des OMD en 2000, les pays riches avaient renouvelé une promesse déjà vieille de 30 ans : allouer 0,7% de leur revenu national brut à l’aide publique au développement (APD). Dix ans plus tard, cette part dépasse à peine 0,3%. Bien loin, même, de l’objectif intermédiaire de 0,5% en 2010.
En 2005, au sommet de Gleneagles en Ecosse, les membres du G-8 avaient pris un autre engagement, plus ciblé : fournir plus de 150 milliards de dollars d’APD par an d’ici à la fin 2010.
Encore raté : il manque 26 milliards, dont 16 pour l’Afrique.
Et la déclaration de noter : « Nous constatons avec inquiétude qu’au train où vont les choses, l’engagement qui a été pris de doubler avant la fin de 2010 le volume de l’aide à l’Afrique ne sera pas tenu
.

Le secteur privé à la rescousse

La déclaration renouvelle les promesses de mieux faire. Mais elle acte surtout les réticences, renforcées par la crise, à débourser plus.
Et insiste donc sur la nécessité de trouver de nouveaux moyens.
Ceux-ci passent par des « financements innovants » encore à définir.
Et par le rôle premier accordé à la croissance économique et au commerce.
Les deux mots reviennent comme des leitmotivs.« Nous soulignons qu’il est nécessaire de s’engager en faveur d’une croissance économique », insiste le document.
Mais attention, une croissance « soutenue, ouverte à tous et équitable ».
Ces adjectifs apparaissent à plusieurs reprises dans le texte.

Autre version : « Nous réaffirmons le rôle majeur que joue le commerce en tant que moteur de la croissance et du développement ».
Le document appelle ainsi au « prompt aboutissement du cycle de Doha », cycle de discussions sous l’égide de l’OMC sur la libéralisation du commerce, au sein duquel s’écharpent les Etats-Unis, l’Union européenne, pays émergents et pays en développement, sur la question de l’ouverture des marchés.

Enfin, le secteur privé est appelé à la rescousse. Ce dernier « jouant joue un rôle crucial dans le développement de nombreux pays ».
Pour ses capitaux, mais aussi via le développement des partenariats entre public et privé. Cela semble la condition sine qua non pour pallier l’engagement insuffisant des Etats.

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Citations

"Pour un raciste, les noirs seraient une race dangereuse et inférieure et ils menaceraient de nous détruire, mais même le pire raciste ne pourrait craindre que les noirs aient le pouvoir séducteur de le rendre noir. Or c’est exactement en quoi consiste l’homophobie". Léo Bersani

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