:

Heterhomo

Égalité des Genres et des Sexualités dans le Monde de l'Éducation

Concert pour tous mardi 21 mai à la Bastille !

Bas
agrandir le texte réduire le texte texte normal imprimer envoyer l'article par mail

Ouganda (3) vers la barbarie

Un militant LGBT ougandais : « Il y a vraiment un risque que l’anti-gay bill revienne »

Par Habibou Bangré 24 mai 2011,

INTERVIEW. Même si le projet de loi anti-gay n’a pas été voté lors de la dernière session parlementaire, les militants ougandais restent sur leurs gardes. Les explications de Long John, responsable d’un groupe gay.

Long John est du genre calme, posé. Mais lorsqu’il s’agit de défendre les droits des LGBT, c’est la fougue qui prend le dessus. « Trop, c’est trop. A un moment, on a envie de se défendre ! », lance le secrétaire général de l’organisation gay Spectrum Uganda, créée en 2004.

En tongs, jeans et tee-shirt, le militant de 38 ans fait référence aux attaques de plus en plus violentes contre les LGBT.

TÊTU : La pression internationale a-t-elle pesé pour empêcher le vote du projet de loi anti-gay ?
Long John : Dès que nous avons réalisé que le projet de loi devait repasser devant le Parlement, il restait en fait 72h, et on se demandait si on allait pouvoir agir.

Mais tout est allé très vite. En un ou deux e-mails, l’information s’est très bien propagée…

La communauté internationale a réagi très vite et cela a encouragé le Parlement de l’UE à écrire directement une lettre au président du parlement, au président et aux ministres.

L’UE et les Etats-Unis étaient par ailleurs sur le qui-vive : on s’est arrangé pour qu’un représentant d’un pays de l’UE et un diplomate de la mission américaine assistent à une audience publique…

Je pense que tous ces paramètres ont eu un grand impact.

Existe-t-il un vrai risque que le projet de loi soit transféré au nouveau parlement ?
On le pense vraiment parce que la majorité des députés élus du nouveau parlement sont les mêmes que les anciens. Et l’initiateur du projet de loi, David Bahati, ne rencontre pas d’opposition.

Il y a donc bien des chances pour que sa mission ne soit pas terminée…

J’ajoute qu’il y a de fortes suspicions que David Bahati soit en lice pour le poste de ministre de l’Ethique et de l’Intégrité, parce que l’ancien (le Dr Nsba Buturo, fervent défenseur de l’anti-gay bill, ndlr) a démissionné et que le poste est vacant.

Avez-vous déjà songé à sensibiliser directement David Bahati sur les dangers de son texte ?

C’est une idée à laquelle on a pensé et que l’on étudie encore.
Cela peut être un moyen d’avancer.
Mais il reste toujours un problème de risque de sécurité, d’être arrêté…

Il y a aussi toujours ce discours des partisans du projet de loi qui consiste à dire qu’ils n’appellent pas à la mort des gays mais à la protection de la famille, des jeunes générations.

Communiqué d’AVAAZ, auquel il faut associer l’organisation All Out

La loi anti-gays en Ouganda n’est pas passée ! Elle semblait sur le point d’être adoptée la semaine dernière, mais après 1,6 million de signatures de pétition remises au Parlement, (2,1 millions avec All out) des dizaines de milliers d’appels téléphoniques à nos gouvernements, des centaines d’articles de presse sur notre campagne et un gigantesque tollé mondial, les responsables politiques ougandais ont retiré le projet de loi !

Le combat aura été intense jusqu’à la dernière minute.
Les extrémistes religieux ont tenté de faire voter la loi le mercredi, puis ont convoqué une session extraordinaire d’urgence du Parlement le vendredi.
Mais à chaque fois, et en quelques heures, nous avons réagi.

Un immense bravo à toutes celles et tous ceux qui ont signé, téléphoné, diffusé le message et fait un don pour cette campagne.

Avec notre aide, des milliers d’innocents au sein de la communauté gay en Ouganda se réveillent ce matin sans craindre d’être exécutés pour la personne qu’ils ont choisi d’aimer.

Frank Mugisha et d’autres courageux défenseurs des droits humains en train de remettre notre pétition au Parlement ougandais, quelques heures avant la décision d’abandonner la loi instaurant la peine de mort pour les gays.

Frank Mugisha, un leader courageux de la communauté gay en Ouganda, nous a envoyé ce message :

"Les braves militants LGBT en Ouganda et des millions de gens autour du monde se sont levés pour renverser cet épouvantable projet de loi anti-homosexualité.

Le soutien du mouvement mondial Avaaz a fait pencher la balance et empêcher le texte d’aller plus loin.

La solidarité mondiale a joué un rôle essentiel."

Le Bureau de la Haute Représentante de l’UE pour les Affaires Etrangères a également écrit à Avaaz :

"Merci beaucoup. Comme vous le savez, c’est en très grande partie grâce au lobbying intense et aux efforts combinés fournis par vous, les autres représentants de la société civile, l’UE et d’autres gouvernements, notre délégation et nos ambassades sur place, que le projet de loi n’a pas été présenté au Parlement ce matin."

Ce combat n’est pas terminé. Les extrémistes à l’origine de ce texte pourraient faire une nouvelle tentative en seulement 18 mois. Mais c’est la deuxième fois que nous avons contribué à faire échouer le projet, et nous continuerons jusqu’à ce que les instigateurs de haine abandonnent.

Traiter les causes profondes qui font l’homophobie et que sont l’ignorance et la haine, est une lutte historique et de longue haleine, l’une des grandes causes de notre génération.

Mais l’Ouganda est à présent en première ligne dans cette lutte et représente un symbole fort.
La victoire là-bas résonne dans beaucoup d’autres endroits où les gens ont vraiment besoin d’espoir.

Elle montre que la bonté, l’amour, la tolérance et le respect peuvent vaincre la haine et l’ignorance. Encore une fois, un grand merci à toutes celles et tous ceux qui ont contribué à cette victoire.

Avec une gratitude et une admiration immenses pour ce mouvement extraordinaire,

Ricken, Emma, Iain, Alice, Giulia, Saloni et toute l’équipe d’Avaaz.

Les USA dénoncent l’odieux projet de loi anti-homosexuels

Les Etats-Unis ont pris position jeudi contre "l’odieux" projet de loi durcissant la répression de l’homosexualité en Ouganda, et appelé le parlement ougandais à le rejeter.

"Ni des amendements, ni d’autres changements ne peuvent justifier le passage de cet odieux projet de loi" contraire aux droits de l’homme, a déclaré Mark Toner, le porte-parole de la diplomatie américaine.

Le texte, qui prévoit la peine de mort dans certains cas, a suscité un tollé international et les débats ont été suspendus pendant plusieurs mois.

Washington suit le dossier de près, a tenu à faire savoir Mark Toner, et l’ambassade américaine à Kampala "est en contact étroit avec les militants ougandais des droits de l’Homme et les membres de la communauté homosexuelle, lesbienne, bisexuelle et transsexuelle" dans ce pays.

Mis en ligne le 12/05/2011

Le projet de loi anti-gay ajourné, les LGBT ougandais soulagés

Têtu par Rédaction 13 mai 2011,

Après plusieurs jours d’incertitudes, les députés ougandais ont repoussé sine die vendredi l’examen du projet loi anti-gay, qui prévoyait au départ la peine de mort dans certains cas, et qui avait suscité de nombreuses protestations internationales. Peine de mort

« J’ajourne la session », a déclaré le président de l’assemblée, Edward Ssekandi, au dernier jour de réunion plénière de la session parlementaire, au cours de laquelle le texte contesté était inscrit à l’ordre du jour.
En clôturant de facto la session, M. Ssekandi a mis fin aux spéculations sur un examen du texte, alimentées ces derniers jours par les communiqués alarmants des organisations de défense des droits de l’homme et des minorités sexuelles.
« Désormais, il est presque certains que le projet ne sera pas examiné » dans l’immédiat, a jugé pour sa part un militant ougandais des minorités sexuelles, Frank Mugisha, mais qui a mis en garde sur un possible réexamen du texte dans le futur.

Le texte prévoyait notamment dans sa forme initiale la peine de mort pour le viol d’un mineur par une personne du même sexe ou en cas de transmission du sida lors de relations homos. L’actuel code pénal prévoit déjà la réclusion à perpétuité pour toute personne reconnue coupable de relation homosexuelle.
« Cela continuera »

L’ajournement de la session parlementaire ne signifie toutefois pas l’abandon définitif de la loi, les députés pouvant décider de son réexamen lors de la prochaine session.
« Au cas où nous aurons besoin de nous réunir à nouveau, nous le ferons », a ainsi prévenu M. Ssekandi.
« Nous devons attendre », a commenté pour sa part le député à l’origine du projet, David Bahati. « Nous avons déjà fait beaucoup en soulevant le débat, et cela continuera », a-t-il assuré.

Selon l’ONG HRW, le comité parlementaire avait recommandé aux législateurs de voter le texte prévoyant, comme dans sa version initiale, la peine de mort en cas « d’homosexualité aggravée ».
Au passage, le comité a par ailleurs suggéré l’ajout d’une nouvelle clause proposant une peine de prison de trois ans pour toute personne « ayant participé à une cérémonie de mariage entre deux personnes du même sexe ». Sentiment homophobe

Dans sa première version, le texte de loi prévoyait même de punir toute discussion publique sur l’homosexualité, et rendait passible de poursuites les parents, professeurs, médecins d’homosexuels, ou encore un propriétaire qui leur louerait un logement, en omettant d’alerter la police sur leurs orientations sexuelles. _Les tentatives de relancer ce projet de loi anti-homosexualité surviennent dans un climat politique relativement tendu par la violente répression par la police de manifestations organisées par l’opposition pour dénoncer le coût de la vie.
La décision du parlement intervient au lendemain de la prestation de serment du président Yoweri Museveni, au pouvoir depuis 25 ans et réélu largement en février à l’issue d’un scrutin marqué par des fraudes massives selon l’opposition.

Les peuples du monde entier se soulèvent : en 3 jours 2 millions de pétitions

Contre la loi de mort et de prison à vie prévue, AVAAZ revendique 1,5 millions de pétitions et ALLOUT en revendique 500 000 et de plus un numéro de teléphone pour appeler Nicolas Sarkozy et demander une intervention directe d’Alain Juppé auprès du chef d’Etat Ougandais et des mesures concrètes à l’encontre de l’Ouganda si la loi est votée.

Il faut exiger du chef d’Etat Ougandais, qu’il oppose son véto à cette loi.

Une lesbienne ougandaise récompensée par un prix international pour la défense des droits humains

Le Prix Martin Ennals pour les Défenseurs des Droits de l’Homme a été décerné à une activiste ougandaise des droits LGBT, Kasha Jacqueline Nabagesera. E-llico.com

Mis en ligne le 04/05/2011 La militante lesbienne ougandaise Kasha Jacqueline Nabagesera, fondatrice de l’organisation Freedom and Roam Uganda a été honorée par un prix international.

"[Nabagesera] est une femme exceptionnelle d’un rare courage, combattant sous la menace de mort la dignité de l’homme et les droits des homosexuels et des personnes marginalisées en Afrique," a déclaré le président du jury du Prix Martin Ennals pour les Défenseurs des Droits de l’Homme, Hans Thoolen. Les organisateurs du prix l’ont félicité pour son courage dans un pays qui punit sévèrement l’homosexualité.

Kasha Jacqueline Nabagesera est apparue à la télévision et la radio nationale ougandaise en appelant au respect des droits LGBT et à la fin de l’homophobie.

Elle a été physiquement attaquée et a dû déménager pour échapper au harcèlement et à des menaces contre sa vie.

L’année dernière, son nom et sa photo ont été publiés par le célèbre tabloïd ougandais Rolling Stone, qui milite pour que les homosexuels soient "pendus".

Le Prix Martin Ennals est ainsi nommé du nom du militant britannique des droits de l’Homme décédé en 1991, secrétaire général d’Amnesty International entre 1968 et 1980.

Interview par le journal Têtue

Un jury de dix organisations des droits de l’Homme, dont Amnesty et Human Rights Watch, attribue ce prix chaque année.

Co-fondatrice et directrice exécutive de l’organisation LGBT Freedom and Roam Uganda (Farug), Kasha Jacqueline Nabagesera fait partie des militants de premier plan d’Ouganda.
Plusieurs fois outée dans la presse, elle a été harcelée et attaquée.
Son combat est aujourd’hui reconnu par dix grandes organisations internationales (dont Amnesty International et Human Rights Watch).
Ce jury l’a en effet désignée lauréate du Martin Ennals Award pour les défenseurs des droits humains.

TÊTUE : Qu’est-ce que le prix Martin Ennals signifie pour vous ?
Kasha Jacqueline Nabagesera : C’est un grand honneur.
Cela signifie que mon travail communautaire est reconnu mais aussi respecté dans le monde entier.
Beaucoup de mes camarades qui se sont battus pour les droits humains bien avant moi n’ont pas eu la chance de vivre un tel moment, alors je suis là pour qu’ils sachent que, finalement, les droits des LGBT sont reconnus comme des droits humains.

Avez-vous le sentiment que ce prix est aussi une reconnaissance du militantisme des lesbiennes africaines ?
Non, non, non ! Ce prix est pour tous les LGBT du monde, pas seulement pour Farug, l’Ouganda ou l’Afrique, mais pour le monde entier.
C’est la première fois qu’un militant LGBT reçoit un prix si noble.
Toute la communauté LGBT et toute la famille des droits humains devraient être fières.

Pourquoi êtes-vous devenue militante ?
Mon travail de militante LGBT, il a commencé en 1999 lorsque j’étais à l’université.
Après avoir été renvoyée de nombreuses écoles pour avoir simplement écrit des lettres d’amour à des élèves filles, j’ai finalement été exclue temporairement de l’université en 2001.
Plus tard, en 2003, je suis devenue une militante politique LGBT lorsqu’avec deux collègues nous avons créé Farug.
Et lorsque j’ai compris qu’être homosexuel était illégal en Ouganda, je n’ai plus regardé en arrière : j’ai cherché des solutions au problème.
Et je cherche encore, jusqu’à ce que la mort m’en empêche.

En quoi consistent vos actions ?
Nous faisons du lobbying, du plaidoyer, du réseautage avec les organisations, avec les fournisseurs de services [sociaux] et du renforcement de capacités parce que certains sont au chômage, d’autres sont des mères célibataires…
Nous essayons donc de mettre en place des stratégies pour les aider.
Nous faisons aussi beaucoup de sensibilisation et de recherches concernant notre sexualité
.
Quant à la santé, [faute de programme spécifique sur le VIH pour les LGBT] nous faisons nos propres recherches pour trouver des solutions.
En ce moment, nous rédigeons un rapport pour faire du lobbying auprès de la commission nationale de lutte contre le sida.

En 2008, j’ai ressenti le besoin de créer une équipe de sécurité pour les LGBT, pour aider ceux qui sont en danger, garder un œil sur ce qui se passe.
Car certains sont harcelés dans leur village, sur leur lieu de travail…
L’équipe est donc chargée d’évaluer la situation et de voir comment agir.
J’avais choisi mon collègue David Kato [assassiné le 26 janvier dernier, lire notre article] pour la diriger parce que la sécurité lui tenait à cœur.
Il a risqué sa vie pour beaucoup d’entre nous et c’est triste que nous n’ayons pas pu le sauver…

Le projet de loi anti-gay au placard ?

Têtu par Rédaction 29 mars 2011

Le parlement ne devrait plus débattre du texte de David Bahati, jugé redondant avec la législation homophobe existante.
Mais certaines dispositions pourraient subsister dans un projet de loi sur les offenses sexuelles, en dépit de la pression renforcée des Etats-Unis.

Le projet de loi anti-gay ougandais est enterré… à moitié.
« Nous avions une sous-commission ministérielle, qui nous a donné son rapport hier : nous avons vraiment réalisé qu’il y a beaucoup de choses […] qui sont déjà couvertes par les autres lois », a déclaré jeudi dernier sur la chaîne locale NTV la ministre ougandaise de l’Information, Masiko Kabakumba - qui aurait par ailleurs indiqué que le président, Yoweri Museveni, jugeait lui-même le texte redondant et inutile.

« Nous ne cautionnons pas l’homosexualité »

En conséquence, le parlement, supposé être indépendant, ne devrait plus débattre de l’anti-gay bill de David Bahati.
« Soyons très, très clairs : nous ne cautionnons pas l’homosexualité (passible de la prison à vie dans le pays, ndlr) », a toutefois tenu à préciser Masiko Kabakumba.
Pour preuve, elle souligne que les dispositions de l’anti-gay bill non couvertes légalement seront intégrées dans un projet de loi sur les délits sexuels.

Plaidant pour une législation « spécifique et claire », le député David Bahati martèle au micro de la NTV que sa lutte continue : « Nous n’avons aucune interdiction de la promotion de l’homosexualité.
Nous n’avons aucune interdiction sur le mariage de couples homosexuels.
Nous n’avons aucune interdiction dans nos lois sur le recrutement de nos enfants »
.

Dans le collimateur américain Le blocage de l’anti-gay bill intervient alors que, mardi 15 mars, les Etats-Unis, fervent opposant du texte homophobe, ont fait un pas de plus contre la répression.
La commission des services financiers de la Chambre des représentants a en effet soutenu à la quasi unanimité un amendement coupant les vivres aux pays persécutant leurs citoyens, notamment sur la base de l’orientation sexuelle
.

Le texte a été proposé par le républicain Barney Frank, membre du congrès ouvertement homosexuel, qui a nommément ciblé l’Ouganda.
Il stipule : « La commission exhorte le ministère des Finances à faire en sorte que les gouvernements recevant une assistance des institutions multilatérales de développement ne commettent pas de flagrantes violations des droits humains, comme le déni de la liberté religieuse, y compris le droit de choisir sa propre religion, et la persécution physique basée sur l’orientation sexuelle et l’identité de genre ».

Kasha Jacqueline, activiste lesbienne ougandaise et « véritable héroïne »

Publié par Judith Silberfeld

L’ONG internationale Women Deliver, qui cherche à réduire la mortalité des femmes lors de l’accouchement, a publié à l’occasion du 8 mars son premier Top 100 des personnes – tous genres confondus – qui ont le plus contribué à améliorer la vie des femmes et des filles dans le monde.

On y trouve des gynécos, des journalistes (comme Christiane Amanpour), la reine Rania de Jordanie, l’ex-présidente du Chili Michelle Bachelet, des activistes, le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-Moon, des blogueuses, des artistes…

Parmi ces 100 personnes distinguées par l’ONG, la militante ougandaise Kasha Jacqueline, pour sa lutte pour les droits LGBT en Ouganda malgré la violence.
La fondatrice de l’association LGBT Freedom and Roam Uganda (Farug) était l’une des trois personnes, avec David Kato (qui a depuis été assassiné), à avoir saisi la justice contre la publication par le tabloïd Rolling Stone des noms et photos de gays et lesbiennes présumé-e-s (lire Ouganda : La Justice interdit aux journaux d’outer les homos).

« Dans un pays où faire son coming-out implique de mettre sa vie en danger, Kasha Jacqueline s’est imposée comme une lesbienne fière et une militante des droits LGBT, peut-on lire sur le site de Women Deliver.
(…) Elle a fait l’objet de menaces répétées mais n’a jamais cédé, luttant contre l’Anti-Homosexuality Bill, qui punirait l’homosexualité de la peine de mort.
Pour son courage inimaginable malgré la diffamation, les menaces de mort et l’oppression incessante, nous rendons hommage à cette véritable héroïne qu’est Kasha Jacqueline. »

Brenda : « J’ai fui l’Ouganda parce qu’on voulait me tuer »

Posté par Christophe Martet le 23 février 2011

Brenda est arrivée en France la semaine dernière.
Elle a fui son pays, l’Ouganda, où la traque des lesbiennes et des gays ne semble pas connaître de répit, moins d’un mois après le meurtre de l’activiste David Kato.
Dans sa première interview, qu’elle a accordée à Yagg, elle évoque les menaces de mort, les arrestations arbitraires et la façon dont elle a pu échapper à cette situation de danger permanent. Un témoignage bouleversant

Le meurtrier présumé de David Kato comparaîtra le 3 mars

Têtu par Habibou Bangré 23 février 2011

HETERHOMO : il est facile d’engager un tueur et de lui donner comme contrat de tuer David Kapo et de dire que c’est de la faute du militant, en échange d’une courte peine et d’une forte somme d’argent.
La haine savamment entretnue par les fous de Dieu catholiques que c’est parfaitement possible

Enock Nsubuga a confessé le crime mais le mouvement LGBT, sur ses gardes, appelle la police à « explorer tous les angles » de l’affaire.

Jeudi 3 mars, Enock Nsubuga quittera la prison de sécurité maximale de Luzira, située près de la capitale ougandaise Kampala.
Destination le tribunal du district de Mukono : ce jeune homme en détention provisoire est le principal suspect du meurtre de David Kato, tué le 26 janvier à son domicile de Kyetume (district de Mukono).

Le suspect de 22 ans aurait reconnu l’assassinat juste après son arrestation, le 2 février.
Il aurait expliqué à la police qu’il s’était vengé du militant de Sexual minorities Uganda (Smug) parce qu’il n’avait pas honoré sa promesse : lui donner de l’argent et divers biens matériels en échange de rapports sexuels.

Les militants restent sceptiques, gageant que la version prêtée au suspect colle étrangement au discours de ceux qui accusent les gays et lesbiennes de « convertir » les hétérosexuels à l’homosexualité.

En outre, rapportant une recrudescence des menaces depuis les outings du tabloïd local Rolling Stone, ils appellent à ne pas négliger la piste homophobe. Une piste pour l’heure non privilégiée par la police, même si son chef, Kale Kayihura, a demandé l’arrêt « des campagnes extrémistes » pouvant encourager les violences haineuses.

Le président qui s’est distancé du texte homophobe suite à la pression internationale, mais ne l’a jamais enterré.
De quoi donner de l’espoir au député David Bahati, qui prédisait que son projet de loi anti-gay serait adopté après la présidentielle.

WikiLeaks : Pourquoi des politiciens ougandais lancent une chasse anti-gays en vue de la présidentielle

19 février, 2011

Les câbles diplomatiques américains transmis par WikiLeaks au « Guardian » révèlent que le militant gay David Kato, assassiné le mois dernier, aurait été victime de moqueries lors d’une réunion aux Nations Unies.
Mais permettent surtout d’y voir plus clair sur les raisons qui poussent des politiciens ougandais à faire des gays leurs boucs émissaires.

Les câbles décryptés par WikiLeaks viennent confirmer le climat d’extrême violence qui menace les homosexuels ougandais dans leur pays.

LE DERNIER COMBAT DE DAVID KATO

Le diplomate américain en poste à Kampala (la capitale de l’Ouganda) explique dans l’un des câbles décryptés par WikiLeaks que David Kato, battu à mort près de chez lui le mois dernier (lire Ouganda : Un militant gay assassiné), avait prononcé un discours très bien écrit contre un projet de loi qui imposerait la peine de mort en cas d’infraction d’homosexualité aggravée, et la prison à vie pour ceux qui auraient des relations homosexuels entre adultes du même sexe.

Le militant David Kato figurait en Une du journal qui lançait la chasse aux gays en octobre 2010. L’a-t-il payé de sa vie ?

La réunion, organisée avec le soutien des Nations Unies en décembre 2009, portait sur ce projet de loi appelé « Anti-homosexuality Bill ».
Toutefois, les propos de David Kato étaient presque inaudibles en raison de sa « nervosité évidente », note le diplomate dans le câble diplomatique.
Comble du cynisme, tout au long de son exposé, un membre de la Commission ougandaise des droits de l’homme a « ouvertement plaisanté et ricané » avec les partisans du projet de loi.

David Kato était l’une des 100 personnes outées par un journal ougandais en octobre 2010. Son assassinat est survenu trois mois après la parution de ce journal qui titrait sa Une : « Pendez-les ! ».
Dans un premier temps, la police ougandaise a prétendu le motif était le vol, mais a depuis arrêté un suspect puis a conclu à un crime résultant d’un « désaccord personnel » non relié à l’activisme de la victime.
Une version qui est loin de faire l’unanimité, notamment chez les militants LGBT.

DES POLITICIENS ONT FAIT DES GAYS UN EXUTOIRE AUX CARENCES SOCIO-ECONOMIQUES DU PAYS

En décembre 2010, face à Rachel Madow sur MSNBC, David Bahati prétendait que les gays cherchaient à enrôler les petits ougandais.
Un rapport de la diplomatie américaine le classe dans la catégorie des « démagogues homophobes »

Dans un nouveau rapport classé confidentiel daté du 24 décembre 2009, le diplomate écrit que ce sont des politiciens ougandais, dont David Bahati, à l’origine de l’« Anti-homosexuality Bill », qui ont fait des gays un exutoire aux carences socio-économiques du pays.
D’autres notes échangées entre l’ambassade américaine de Kampala et Washington au cours de l’année 2009-2010 brossent le triste tableau d’une détérioration des droits de l’homme en vue de l’élection présidentielle ougandaise qui devait avoir lieu hier, 18 février.

Les violences homophobes ont fait irruption de manière effrayante en Ouganda et les gays se sentent de plus en plus surveillés et harcelés, affirme le rapport.
On y apprend également que le député évangéliste David Bahati est classé dans la catégorie des « démagogues homophobes » et que le tollé international provoqué par son projet de loi l’a isolé politiquement.
Cependant, il est clair qu’il ne cèdera pas à la pression de la communauté internationale.
« Son homophobie est aveuglante et incurable  », tranche le rapport. Ce dernier fait également référence à James Nsaba Buturo, le ministre ougandais de l’éthique et l’intégrité, un fervent partisan du projet de loi, et au pasteur Martin Ssempa, qui organise des rassemblements anti-gays en Ouganda, tous deux identifiés comme des acteurs clés inaugurant une nouvelle ère de l’intolérance. « L’HOMOPHOBIE QUI SÉVIT EN OUGANDA NE VA PAS DISPARAÎTRE »
A la même date l’année dernière, un câble du 16 février envoyé à Washington fait état de l’inquiétude des militants homosexuels face à cette loi dont le seul projet affecterait déjà leurs conditions de vie.
L’un prétend que certains militants gays ont été arrêtés et sont détenus par les autorités et des extrémistes anti-gays tandis qu’un autre indique qu’il n’est pas au courant de telles arrestations.
Les diplomates notent que la condamnation internationale de l’« Anti-homosexuality Bill » a obligé les dirigeants ougandais à reconsidérer leur soutien à Bahati mais que « les officiels continuent de faire des pronostics contradictoires sur l’avenir de la loi ». De fait, le câble prévient Washington que « même si le projet de loi est mis de côté dans les semaines à venir, l’homophobie qui sévit en Ouganda ne va pas disparaître. »
Concernant l’élection présidentielle, on vient d’apprendre que le chef de l’État sortant Yoweri Museveni, au pouvoir depuis 1986, part favori face à une opposition divisée qui l’accuse d’ors et déjà de préparer des fraudes. Les premiers résultats sont attendus dimanche.

Haut

Citations

"Les femmes n’ont pas tort du tout quand elles refusent les règles de vie qui sont introduites au monde, d’autant que ce sont les hommes qui les ont faites sans elles." Montaigne, Essais, III, 5

S'inscrire à la Newsletter

 

S'inscrire pour participer à la vie du site

Vous inscrire sur ce site

L'espace privé de ce site est ouvert aux visiteurs, après inscription. Une fois enregistré, vous pourrez consulter les articles en cours de rédaction, proposer des articles.

Identifiants personnels

Indiquez ici votre nom et votre adresse email. Votre identifiant personnel vous parviendra rapidement, par courrier électronique.

Liens Contact Mentions légales Plan du site Admin Haut