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Égalité des Genres et des Sexualités dans le Monde de l'Éducation

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PSYCHO : Ma mère est lesbienne !

Têtu Rédaction 29 avril 2010. Quatre jeunes femmes ont découvert l’homosexualité de leur mère après un divorce. Comment ont-elles réagi ? Qu’ont-elles éprouvé pendant une période de leur vie où l’image de leur mère a été remodelée contre toute attente ?

Aujourd’hui adulte, Mélanie se rappelle non sans émotion du coming out de sa mère, alors qu’elle était âgée de 14 ans. Assez rapidement, la nouvelle compagne de sa mère vient vivre chez elle. « Au début, quand ma mère m’a annoncé qu’elle était homo je n’ai pas voulu le croire, c’était un grand choc pour moi ! Je pensais que sa copine était juste une copine qui passait quelques jours en vacances chez nous ».

Pour Caroline et Julie aussi, toutes deux âgées de 25 ans, la nouvelle leur a fait l’effet d’une bombe. Caroline en témoigne : « Dès le lendemain de l’annonce de ma mère, il fallait que je raconte le scoop à mes meilleures amies ! Je n’en revenais pas ! »

En revanche, Julie, elle, a réagi à l’annonce en rejetant purement et simplement sa mère : « Même si c’était dur pour ma mère, je n’arrivais plus à la regarder en face. Il m’a fallu plusieurs semaines pour digérer la nouvelle ».

Alors que ces réactions de rejet sont fréquentes, le coming out de la mère peut également susciter l’agressivité de l’adolescente, comme dans le cas d’Emmanuelle, 44 ans, qui analyse ce moment délicat avec le recul de son âge : « Au début, c’était surtout le divorce de mes parents que j’ai eu du mal à accepter. Après, je refusais que ma mère sorte avec des hommes, et encore plus catégoriquement avec des femmes ! »

Mais ces réactions, plus ou moins violentes, parfois synonymes de rejet de la mère, s’expliquent en partie par la peur du regard des autres qui rime parfois avec cruauté.

« Le regard des autres ? Difficile à l’adolescence ! »

A l’annonce de l’homosexualité de leur mère, ces adolescentes ont craint le jugement de leurs amis. Caroline raconte que quand on est enfant, on peut facilement faire l’objet de brimades et de cruauté de la part de ses camarades :

« Quand ma petite sœur avait 6 ans, elle a subi un véritable calvaire car ses camarades de classe la frappaient à l’école. Sa faute ? Etre élevée par sa mère et sa belle-mère. ».

Dans cette situation, les enfants parviennent à se protéger en sélectionnant soigneusement les personnes auxquelles ils révèlent la nouvelle composition de leur famille : « Je n’en ai plus parlé à n’importe qui, car j’ai toujours eu peur de l’intolérance des autres », nous racontent Caroline et Mélanie. Pour se protéger, comme Julie et Emmanuelle, d’autres ont préféré ainsi garder secrète cette information.

Une nouvelle relation mère-fille

Mais ce coming out peut aussi avoir des répercutions sur la relation mère-fille. Les adolescentes expliquent qu’elles ne peuvent plus avoir le même regard sur leur mère. Mélanie, par exemple, est heureuse de voir sa mère épanouie avec sa compagne avec qui elle est pacsée mais, convertie à l’islam depuis peu, cette situation heurte ses croyances religieuses : « J’ai beaucoup prié pour ma mère, tant mieux si elle est heureuse sur Terre car je suis malheureusement convaincue qu’elle ira en enfer. »

Heureusement Emmanuelle, Caroline et Julie ont un jugement moins sévère. Pour elles, ce coming out a soudainement remis en cause l’idéal de la figure maternelle.

« En ce sens, explique Julie, tout se passe comme si découvrir que ma mère a une sexualité, qu’elle soit hétéro ou homo, cassait la figure maternelle.
D’un coup, j’ai l’ai regardée plus crument, avec ses qualités et ses défauts.

Pour Emmanuelle, aujourd’hui en formation en informatique « J’avais l’impression que ma mère n’était plus dans son rôle de mère mais redevenait une adolescente, alors qu’elle avait 60 ans quand elle m’a révélée son homosexualité ! »

Caroline préfère dire que « suite de cette expérience, avec les années, je suis bien plus lucide sur ma mère ».

Lucidité, prise de distance, ou rejet…Le point commun de ces quatre jeunes femmes, c’est que la relation à leur mère est devenue plus détendue une fois le dialogue engagé.

« Le dialogue, la clé d’une bonne relation mère/fille ! »

Par exemple, ce que Caroline reproche à sa mère, c’est qu’elle ne s’est pas préoccupée de sa réaction. Le manque de dialogue est le nœud du problème entre mère et fille. Mais il n’est pas évident d’en parler ouvertement pour les parents gays et lesbiennes qui ont eu des enfants dans un cadre hétérosexuel. Ils s’interrogent : Que faut-il dire aux enfants ? Quand le dire et comment le dire ? Les parents ont effectivement peur d’être jugés par leur enfant et n’osent pas expliquer la situation avec des mots simples, alors que c’est la solution….
Des pédopsychiatres s’accordent pour dire qu’il est préférable de parler aux enfants le plus tôt possible, l’adolescence étant le moment le plus délicat pour parler de la sexualité de leurs parents.
(Sources : M. Guillen, 1998, Quand et comment faut-il le dire à nos enfants ? in Débathèmes, APGL, 2000)

A ce sujet, les témoins interviewés sont unanimes : le dialogue reste la clé d’une bonne entente mère-fille et il éviterait le rejet et les malentendus. Aujourd’hui, les jeunes femmes ont fini par accepter le regard des autres.
Pour Caroline, c’est maintenant une évidence, « l’homosexualité de ma mère était difficile à gérer quand j’étais enfant. Maintenant, tout va bien.
Et avoir deux parents de sexe opposé n’est de toute façon pas un gage de stabilité ».
Ces témoignages sont loin d’être des cas particuliers et ces situations que l’on a du mal à cerner aujourd’hui, tout comme les familles recomposées il y a quelques décennies, deviendront certainement une réalité courante dans les années à venir… Photo : Fotolia www.tetu.com

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Citations

"1934 Gorki écrit dans la presse soviétique que la condamnation de l’homosexualité constitue une victoire de l’humanisme prolétaire, car c’est elle qui produit le fascisme. Par une triste ironie de l’Histoire, l’Allemagne nazie mettait en place à la même époque un plan de persécution et d’extermination des homosexuels en les assimilant aux communistes." Daniel Borillo

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