Concert pour tous mardi 21 mai à la Bastille !
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Concert pour tous mardi 21 mai à la Bastille !
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Du 21 au 26 juin, en pleine semaine de la Marche des Fiertés parisienne, la capitale accueille Paris Circuit Party, « le 1er festival des cultures gay LGBT de Paris ».
Un événement qui veut voir les choses en grand : 6 soirées clubbing (dont des fêtes à la renommée européenne – SuperMartxé, Green Komm…), 40 gogos, 22 DJs, expo, ciné…

L’un des organisateurs, Denny Fisher (à droite sur la photo), de Weekends Productions, répond aux questions de Yagg.
D’où t’es venu l’idée de créer ce festival ?
J’y ai pensé pour la première fois il y a deux ans.
Je me suis très vite rendu compte de l’ampleur de la tâche que je ne pouvais entreprendre tout seul.
Étant à l’époque chargé de la direction artistique de feu La Loco, j’ai eu l’opportunité de travailler avec Tony [à gauche sur la photo] qui venait de créer avec succès sa première soirée Que Fuerté au Casino de Paris, que j’ai engagé pour une date chez nous.
Nous avons sympathisé. Je lui ai parlé de mon projet auquel il a immédiatement adhéré.
Nous nous sommes alors associés et lancés dans l’aventure.
C’est aussi une histoire de rencontres, comme dans toutes les belles histoires. Tout d’abord avec un ami et avocat Yann Pedler, qui m’a ouvert de nombreuses portes auprès des autorités compétentes, notamment à la Préfecture de Police de Paris qui nous a reçus et accueillis avec beaucoup d’intérêt depuis le début.
J’ai pensé qu’il nous fallait un événement fort et je me suis rapproché de l’Inter-LGBT où j’ai rencontré l’équipe nouvellement nommée représentée par son président élu Jan van den Bosch.
La première année (2010), nous nous sommes attelés à recréer un concert de fin de marche qui ressemble à ce qu’on pouvait attendre d’une « marche militante », ce qui nous a demandé beaucoup d’énergie et de travail.
C’etait une bonne première approche.
Et puis il a fallu convaincre tout le monde de nous suivre.
Nous avons été aidés à la Mairie de Paris par Laurent Queige, directeur de cabinet de l’adjoint au maire M. Gros, et par tellement d’autres intervenants qu’à défaut de citer, je remercie par votre intermédiaire.
Sans eux rien n’aurait été possible.
L’idée est venue de mon affection toute particulière pour la fête, celle qui rassemble et porte tout le monde à l’unisson.

Tu le présentes comme un événement global avec du clubbing, des expos, du cinéma, mais ce sont les soirées clubbing qui représentent la part la plus importante du programme : pourquoi ?
Tu as raison. Le clubbing est la partie, aujourd’hui, la plus importante du festival, qui reste un festival musical, tout comme aux Vieilles Charrues, et dans tous les autres festivals d’ailleurs.
Mais nous avons voulu également aider de jeunes artistes à sortir du lot en les mettant en avant, qu’ils soient issus de la musique ou tout autre domaine comme pour le jeune artiste-peintre Stefan Mucchielli à découvrir au Voulez-vous café.
Pour cette première édition, les démarches administratives, les contacts, l’organisation soignée nous ont demandé énormément de temps.
L’année prochaine, toute cette organisation sera rodée, nous serons un peu plus connus et nous n’aurons peut être plus à aller vers les artistes, mais les artistes viendrons à nous ; ce qui rendra plus facile l’organisation d’un programme culturel encore plus riche et varié.
Nous avons tout de même réussi quelques projections de cinéma (théma Gregg Araki) au Nouveau Latina avec Laurent Jay, mais aussi des expositions photo à découvrir dans les établissements du programme et même du théâtre.
Nous sommes un liant, et l’association Paris Circuit Party a la vocation de développer la promotion d’artistes émergeants dans un style accessible à tous et à toutes !

Paris Circuit Party se présente également comme un festival LGBT, mais la dominante est quand même très gay, non ?
Les filles sont très bienvenues dans tous les événements.
Il est vrai que la Club Rapido du vendredi soir est essentiellement une soirée gay.
Mais le samedi soir, la fête sera encore plus belle si tout le monde est réuni. La salle est très grande et magnifique.
avec quelques 3500m², il y a de quoi être à la fois tous ensemble mais aussi rester entre filles ou entre garçons pour celles et ceux qui préfèrent.
Le spectacle et la musique sont eux aussi conçus dès le début pour que tout le monde y trouve son compte et vous ne serez pas déçu-e-s.
La Major Party, l’After Green Komm, le Tea-Dance sur les Quais et la SuperMartxé du Mix Club sont des événements mixtes où tout le monde partageant les mêmes valeurs est le-la bienvenu-e !
Les gays se mobilisent souvent plus facilement que les lesbiennes… Reste aux filles à faire démentir ce vieil adage !
On dit beaucoup que la nuit gay ne se porte pas très bien à Paris. Tu proposes ici de très gros événements : est-ce un pari risqué ?
C’est effectivement un pari risqué. Nous avons essayé d’en minimiser les risques et donnant des signes forts pour que l’on ait envie de nous faire confiance.
Nous avons fixé des prix bas. Chaque soirée est à 20€ seulement à l’unité.
Il n’était pas question pour nous de proposer une fête hyper-chère comme partout à 40 ou 60€ l’entrée.
J’espère que tout le monde appréciera. Nous avons aussi volontairement choisi des lieux nouveaux, comme les deux salles Pullman et Eiffel.
Certes, elles sont en dehors de Paris, à la porte de la Chapelle à 100m du métro du même nom.
Nous connaissons bien les habitudes des uns et des autres, alors nous avons prévu un grand confort de transport : 800 places de parking gratuit autour de la salle, et des bus limousines gratuits au départ de la rue Lobau derrière l’Hôtel de Ville. Ils font la navette à partir de 22h après le concert. Ils vous emmènent et vous ramènent au même endroit. Il y en a trois, donc toutes les 15/20 minutes et ce jusqu’à 14h le lendemain !
À l’intérieur, c’est très bien décoré, confortable et on peut bien sûr danser !
Donc, effectivement, c’est un pari risqué, que nous ne pourrons réussir que si tout le monde nous fait confiance, mais au vu des premières préventes cela devrait très bien se passer : croisons les doigts !
L’ambition du festival est »de donner plus de poids à la lutte contre les discriminations et contre la propagation du virus du sida ». Concrètement, ça veut dire quoi ?
Nous n’ignorons pas que la fête est pour certains l’occasion de différents excès.
Des abus d’alcool, parfois de substances illicites, de comportements sexuels risqués…
Ne soyons pas hypocrites même si c’est parfois difficile à admettre de soi-même !
Qui n’a jamais eu un amour d’été ? un « amour de sa vie » qui ne dure que quelques nuits et qui vous ferait perdre la tête ?
Parce que la nuit, la fête, c’est aussi, dieu merci, la rencontre !
Nous travaillons avec le Kiosque Info Sida qui dispensera dans la majorité de nos événements toutes les informations utiles pour garder le cerveau froid quand on a la tête chaude !
Nous sommes également en discussion avec Aides et d’autres associations pour leur faciliter l’accès aux événements, ce qui est très important pour eux, car la communication se fait directement avec ceux et celles à qui ils s’adressent dans leurs messages.
Je ne vous parle pas de l’attention toute particulière que nous avons apporté sur les services de secours à la personne, mais ils seront bien là, car avec la fatigue tout peut arriver !
Pour la partie discriminatoire, elle commence dans nos visuels que nous n’avons pas choisi provocants et grossiers.
Nous avons voulu, au risque là encore de n’être pas aussi accrocheurs que d’autres, mettre en avant des hommes et des femmes de tous les jours qui montrent une image de la réalité et qui sort du simple fantasme racoleur.
J’espère que vous saurez apprécier !
Tout le monde chez nous sera représenté, trans’, lesbiennes, bi, sur scène avec les artistes du Paris Circuit Party, dans le personnel et nous l’espérons également parmi nos invité-e-s !

« Tous les hommes haïssent les femmes pour des raisons vraies et avérées qu’ils partagent au quotidien sous forme de blagues et de traits d’esprit. » James Ellroy, Ma part d’ombre, Rivages/ Noir poche,1999 (dans ce roman autobiographique, il revient sur le meurtre, lorsqu’il avait dix ans, de sa mère retrouvée étranglée au bord d’une route.)