Vous passez l’été à Paris ? Le dimanche, venez vous balader avec ParisGayVillage et découvrez 300 ans d’histoire des homos et lesbiennes au cours d’une visite très gay de la capitale.
E-llico.com Mis en ligne le 06/07/2010
Programme complet, renseignements et réservations :
Des Tuileries à Montmartre en passant par la rue Sainte-Anne, le cimetière du Père Lachaise ou le Marais, laissez-vous conter la vie d’homosexuel(le)s célèbres ou oublié(e)s et découvrez leurs lieux de rencontre ou de revendications.
Ces visites guidées mettent en lumière la géographie des lieux homos de Paris. Elles sont animées par des guides-conférenciers.
5€.
Dimanche 10 juillet : Montmartre 1900, l’avant-scène des invertis.
A 16h00. Rdv place Pigalle.
Montmartre, entre le boulevard et la butte, fut un haut lieu des nuits homosexuelles autour de 1900.
Des cabarets, brasseries et music-hall recevaient des lesbiennes émancipées ou des garçons se cherchant ouvertement.
Certains music-halls connurent le succès sur fond de scandale homosexuel. Sur les boulevards, les « petits jésus » raccrochaient le client et ne s’appelaient pas tous Jésus la Caille.
Mais Montmartre fut aussi le refuge de nombreux artistes homosexuels à la même époque.
De Pigalle à la butte, les invertis se montraient au grand jour entre mépris, fascination et rejet.
Dimanche 17 juillet : Mes années 80 : De la rue Sainte-Anne au Marais.
A 16h00. Rdv au coin de la rue Thérèse et de l’avenue de l’Opéra.
Entre 1979 et 1982, le Paris Gay vit une époque charnière de son histoire : les lieux de rencontre des homosexuels vont sortir du placard et se démocratiser.
Les gays récoltent les dividendes des luttes des années post-68 et ne connaissant pas encore le Sida.
Hervé Latapie, aujourd’hui Taulière de La Boîte à Frissons au Tango, vous raconte cette histoire en y mêlant ses souvenirs de jeunesse.
Dimanche 24 juillet : Le cimetière Montparnasse gay et lesbien.
A 14h30. Rdv à 14h15 devant l’entrée principale du cimetière, Boulevard Edgar Quinet. Réservation obligatoire, 20 personnes max.
De nombreux homosexuels et lesbiennes reposent au milieu des 18 ha du « cimetière du Sud ».
Partez à la rencontre des monuments et des destins de Camille Saint-Saens, Henri Langlois, Jean Sablon, Marie Dorval, Gisèle Freund ou Agnès Capri entre autre …
Dimanche 31 juillet : Les Dames du XVIème arrondissement.
A 14h30. Rdv M° Argentine.
Le XVIème arrondissement a abrité la vie et les amours de nombreuses lesbiennes entre la Belle Epoque et la Seconde Guerre Mondiale.
Les destins de Mathilde de Morny, Renée Vivien, Liane de Pougy, Colette, Elisabeth de Gramont entre autres, sont au programme de cette balade dans un arrondissement pas si souvent parcouru.
Dimanche 07 août : Les lesbiennes de la rive gauche.
A 16h00. Rdv M° Saint-Placide.
Entre le Luxembourg et Saint-Germain-des-Prés, la Rive Gauche a accueilli de nombreuses lesbiennes, artistes et femmes de lettres entre 1900 et 1940.
Ces françaises et américaines ont eu une influence importante sur la vie intellectuelle comme sur l’émancipation des femmes et la visibilité lesbienne.
La promenade part sur les traces d’Adrienne Monnier et Sylvia Beach, Gertrude Stein et Alice Toklas, Djuna Barnes et Janet Flanner, Natalie Barney et Romaine Brooks…
Dimanche 14 août : Le Marais, un amour de ghetto ?
A 16h00. Rdv devant la cafétéria Flunch, au coin de la rue Rambuteau et de la rue Beaubourg.
Comment s’est constitué le quartier gay du Marais ?
Quelle en est son origine et comment a-t-il évolué ?
En circulant d’un établissement à un autre, nous évoquerons l’histoire des homosexuels parisiens des années 80-90 : la démocratisation et commercialisation de leur sociabilité, la conquête de l’égalité des droits, la mobilisation contre le sida…
Cette visite est l’occasion de s’interroger sur le sens, la force et les limites d’un esprit communautaire.
Pendant la balade, le débat est ouvert !
Dimanche 21 août : Saint-Germain-des Près, le quartier homo des années 50 et 60.
A 16h00. Rdv devant l’église, place Saint-Germain-des-Prés.
Entre le Café de Flore, le Drugstore et le Fiacre, la vie homosexuelle vibrait de mille rencontres dans les années 50 et 60.
« Ici Paris » titre même que le 3ème sexe à envahit Saint-Germain-des-Prés !
Mais la vie homosexuelle du quartier ne se résume pas à ces deux décades. L’Affaire Deschauffours marque la rue de Bucy au XVIIIème siècle, les personnages homos et lesbiens du « bois de la nuit » (le célèbre roman de Djuna Barnes ) envahissent la place Saint-Sulpice et Balzac installe aussi Lucien de Rubempré et Vautrin à Saint-Germain…
Dimanche 28 août : Autour de la Montagne Sainte-Geneviève.
A 16h00. Rdv Place de la Sorbonne.
Le XVIIIème siècle vit s’établir autour de la Montagne Sainte-Geneviève plusieurs cabarets où se retrouvaient les bougres et les bardaches.
Au début du XXème siècle, la Montagne accueillait un des bals pour homos et lesbiennes les plus populaires de Paris.
Mais c’est surtout le quartier des revendications : la Sorbonne en 68, la Mutualité et la place Maubert un peu plus tard.
Et si on croisait aussi Vautrin, Verlaine, Rimbaud et Victorine Meurent (lesbienne, modèle préféré de Manet).
Redécouvrez les lieux du gay Paris avec l’association « ParisGayVillage »
Têtu par Sébastien Maudet 06 août 2011,
Tout au long de l’année, l’association ParisGayVillage organise des visites LGBT dans la capitale.
Habituellement une fois par mois, ParisGayVillage propose durant tout l’été une visite chaque dimanche. Hervé Latapie, un des guides, nous en dit plus.
Saint-Germain-des-près, les Champs-Elysées, le Palais-Royal ou bien sûr le Marais…
Ce sont quelques-uns des quartiers de la capitale que les guides de ParisGayVillage proposent de redécouvrir sous l’angle de l’histoire LGBT.
Hervé Latapie, bien connu des gays parisiens puisqu’il dirige Le Tango, fait partie de cette équipe.
TÊTU : D’où est venue l’idée originale de faire visiter des lieux qui ont marqué l’univers homosexuel parisien ?
Hervé Latapie : Les visites qui nous organisons viennent de notre envie de faire partager notre passion pour Paris et son histoire.
C’est une sorte de réappropriation de la ville pour les gays et les lesbiennes, cette ville où bien souvent nous avons été obligés de nous dissimuler et d’inventer nos lieux de rencontre.
Nous restituons une mémoire et tout un plan du culture.
Comment sont choisis les lieux et comment sont organisées les visites ?
Chaque visite est conçue pour présenter un itinéraire cohérent au cours duquel nous nous arrêtons devant des lieux qui ont marqué l’histoire LGBT : le lieu d’habitation d’un personnage célèbre, l’adresse d’un établissement qui a marqué son époque…
La mise au point du déroulement de la visite est plus au moins facile.
Par exemple, celle qui part de la rue Sainte-Anne pour arriver dans le Marais à une logique géographique parfaite : nous faisons physiquement le chemin du déplacement de la vie gay aux débuts des années 80, et chaque coin de rue peut être prétexte pour parler de la vie gay de cette époque (une boîte de nuit, les jardins du Palais Royal …)
Et les jeunes hallucinent souvent, car en trente ans, on a quand même parcouru un sacré chemin ! Qui sont les guides de ces visites ?
Parmi les animateurs des visites, il y a deux professionnels et les autres sont des amateurs, comme moi.
On le fait par passion, bénévolement.
Le prix d’une visite est d’ailleurs reversé à l’association.
On a lu, on s’est intéressé à une époque donnée, ou bien à une personne LGBT…
Nos motivations sont diverses, nos méthodes aussi.
Moi par exemple, j’ai la particularité de raconter aussi mes propres souvenirs sur l’époque que je traite.
Y a-t-il des visites organisés spécialement pour les lesbiennes ?
Nous avons deux animatrices homosexuelles qui proposent des visites plus orientées sur la vie des lesbiennes.
Les visiteurs sont-ils essentiellement homos ? Y a-t-il des fidèles ?
La majorité des visiteurs sont effectivement gays ou lesbiennes.
Mais nous souhaitons élargir ce public peu à peu, même si cela nécessitera de nous adapter et parfois d’expliquer un peu plus nos moeurs (ce qu’est un sauna, un sex-club, la drague en plein air …).
Il est rare qu’un visiteur ne tente pas ensuite une deuxième visite de notre catalogue, nous avons donc nos habitués.
Vous avez un souvenir particulier lors d’une visite ?
Lors de mes premières visites lorsque j’évoquais mes amis décédés du sida à la fin des années 80 et je ne parvenais pas à maîtriser mes émotions.
Un jour j’étais en larmes, le petit groupe devant était très ému et gêné aussi. Je me suis excusé et j’ai enchaîné avec des propos plus drôles.
Sinon, c’est très sympathique quand les visiteurs complètent mes explications par leurs propres souvenirs.
Il y a parfois de sacrés conflits.
Et les jeunes hallucinent souvent, car en trente ans, on a quand même parcouru un sacré chemin !
Avez-vous hâte de faire une future visite en particulier ?
J’ai hâte d’avoir un public hétérosexuel pour ma visite du Marais, car ça sera l’occasion pour moi de répondre aux accusations de communautarisme et de faire comprendre aux hétéros qui souvent oublient qu’ils occupent une place dominante dans la société.


