Concert pour tous mardi 21 mai à la Bastille !
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Concert pour tous mardi 21 mai à la Bastille !
selon une prédiction d’Eric Fassin
Plutôt que de promouvoir l’égalité, il s’agirait de marquer la différence : « La liberté des femmes et l’égalité des sexes, et des sexualités, définirait notre identité, par contraste avec des « autres » racialisés, culturellement étrangers à ces valeurs emblématiques de la modernité
Publié par Christophe Martet
Sur le site du Figaro, Charles Jaigu dévoilait dimanche 31 juillet la rentrée politique de Nicolas Sarkozy.
Selon le quotidien, le chef de l’État voudrait surprendre et « il proposera sans doute une nouvelle union civile pour les homosexuels ».
Déjà, en juin dernier, lors d’une rencontre avec des députés UMP, Nicolas Sarkozy avait évoqué la question du mariage des couples de même sexe.
Il concédait alors, selon le Canard Enchainé du 29 juin que « ce pourrait être non un mariage mais une cérémonie civile distincte qui pourrait avoir lieu en mairie ».
PROMESSE DU CANDIDAT SARKOZY EN 2007
Lors de la campagne pour l’élection présidentielle de 2007, face à une Ségolène Royal qui avait dit oui au mariage et à l’égalité des droits, Nicolas Sarkozy avait présenté son projet d’union civile, « en tous points égale au mariage ».
Depuis, les lignes ont bougé sur cette question.
À droite, plusieurs ténors se sont prononcés en faveur du mariage pour les couples de même sexe, dont Dominique de Villepin, Jean-Louis Borloo ou encore Hervé Morin.
Des ministres sont pour le mariage et quelques (rares) députés UMP et Nouveau Centre ont voté la proposition de loi socialiste en juin dernier.
Même GayLib ne veut plus entendre parler d’union civile et réclame le mariage pour tous.
Sa nouvelle promesse pour 2012 risque donc de faire « pschitt » pour reprendre la formule utilisée par son prédécesseur à l’Élysée.
Le chef de l’État devra faire preuve d’un peu plus d’imagination et d’audace s’il veut séduire les homos.
Rien ne dit qu’il n’en est pas capable, mais il doit aussi composer avec l’aile dure de la droite et notamment le groupe de la Droite populaire.
Nul doute que la question du mariage pour les couples de même sexe va occuper dans les mois qui viennent le devant de la scène médiatique.
http://yagg.com/2010/12/23/et-si-la-droite-votait-le-mariage-homo-en-2012/
Publié par Julien Massillon

Eric Fassin
L’éventualité d’un tel retournement de situation ne serait pas une « surprise » pour Éric Fassin.
Répondant aux questions de Yagg, le sociologue et enseignant à l’ENS, spécialiste des États-Unis et des questions LGBT, a imaginé un scénario où Nicolas Sarkozy se présenterait pour un second mandat.
Entre la gauche qui s’est engagée à ouvrir le mariage à tous les couples et une Marine Le Pen qui se pose en protectrice des homos, le candidat de droite serait amené à revoir sa position et à se montrer plus progressiste.
Jusqu’ici, le parti du président de la République n’a pas fait preuve d’un très grand engagement en faveur des homosexuels.
D’après le sociologue, l’une des rares occasions où l’on a vu un-e membre de l’UMP défendre les droits des homosexuel-le-s, c’est lorsque Rama Yade, alors secrétaire d’État aux Droits de l’homme, s’est battue à l’ONU pour la dépénalisation de l’homosexualité dans le monde.
Comme le remarque Éric Fassin, elle a pu « s’engager à condition que la question que l’homosexualité ne soit posée que hors de nos frontières.
Manifestement, la stigmatisation de l’homophobie des autres n’amène pas à ouvrir le mariage aux couples de même sexe en France.
Le légitime combat contre l’homophobie dans le monde se payait d’un silence coupable sur l’homophobie d’État en France ».
Donneuse de leçon sur la scène internationale, la France n’a donc pas avancé sur sa propre position depuis la création du Pacs en 1999.
Un immobilisme en partie dû à la situation politique. « Autrefois, il n’y avait pas de concurrence de l’extrême droite sur ce terrain », explique Eric Fassin.
L’UMP n’avait donc aucune raison de se montrer plus ouverte.
Mais le nouveau discours de Marine Le Pen change la donne, même si le programme du FN reste le même : pas de mariage et pas d’adoption pour les couples homosexuels.
Pour séduire, la droite doit donc proposer plus et mieux.
Peut-être en ressuscitant la promesse électorale d’union civile ?
Une frange de la droite reste toutefois opposée à toute avancée dans ce domaine.
Alors comment Nicolas Sarkozy pourrait-il faire passer la pilule dans son camp ?
Éric Fassin rappelle qu’en 2007, alors qu’il n’était encore que candidat à l’élection présidentielle, Nicolas Sarkozy avait inscrit « le droit à l’IVG au cœur de l’identité nationale ».
Et dans une tribune publiée récemment dans Libération, le sociologue reprend quelques déclarations du président : « « chez nous, les femmes sont libres », « libres de se marier », « libres de divorcer », et même « libres d’avorter » ».
À l’époque, la phrase n’a pas provoqué de remous.
« L’étonnant, c’est que personne ne s’en étonne », constate, amusé, Éric Fassin. Pourtant, une partie de la droite est toujours hostile au droit à l’avortement.
Si la communauté homosexuelle aurait des raisons de se réjouir si le PS et l’UMP adoptaient une position commune, Éric Fassin redoute les effets pervers qu’une telle avancée pourrait revêtir si elle était prise par Nicolas Sarkozy.
En effet, celui-ci pourrait utiliser le mariage pour tous comme un outil d’exclusion. »
Si Nicolas Sarkozy autorisait les couples homos à se marier, envisage le sociologue, ce serait pour tracer une frontière avec les musulmans, comme c’est le cas aux Pays-Bas : les tests d’intégration demandent aux immigrés de regarder les images d’une femme à moitié nue et d’un baiser entre deux hommes. »
Plutôt que de promouvoir l’égalité, il s’agirait de marquer la différence : « La liberté des femmes et l’égalité des sexes, sinon toujours des sexualités, définirait notre identité, par contraste avec des « autres » racialisés, culturellement étrangers à ces valeurs emblématiques de la modernité. (…)
C’est au nom de la liberté et de l’égalité entre les sexes, voire entre les sexualités, qu’est tracée la frontière racialisée entre « eux » et « nous » : « nous » traiterions bien nos femmes, voire nos homosexuels – au contraire d’« eux » », écrivait Éric Fassin le 1er décembre sur le site métropolitiques.eu.

"Femme vipère, trône de Satan … La femme ignoble, la femme perfide, la femme lâche souille ce qui est pur, rumine des choses impies, gâte les actions… La femme est chose mauvaise, chose malement charnelle, chair toute entière". (la tradition chrétienne médiévale) Suite demain…