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Heterhomo

Égalité des Genres et des Sexualités dans le Monde de l'Éducation

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Présentation de la brochure : Éducation à la sexualité

Enfin ce grand pays s’est doté d’un texte de fond sur le sujet.
La brochure est sérieuse, bien faite, il faut l’étudier, s’en imprégner et l’appliquer, enfin en général…
Elle présente en 63 pages un panorama de ce qui peut être fait, mais en reste au niveau des principes généraux avec cependant quelques outils.

Autrement dit le travail du Ministère de l’Education Nationale est juste en général, engagé, mais fort insuffisant, rien à voir avec ce qui est produit en Belgique et surtout au Québec. Cf Pour tous enseignements et âges

Pour le reste il laisse les enseignant-e-s libres d’inventer elles-eux-mêmes leurs outils. Circulez, y’a rien d’autre à voir.
Il révèle malheureusement l’idéologie du Ministère et que nous dénonçons ici : un passage carrément odieux, et un passage regrettable.
Heterhomo espère modestement progresser dans le travail de création d’outils.

Une condamnation formelle :

Nous regrettons profondément le passage qui suit, de la page 29, qui démontre une méconnaissance de leur sujet par des personnes présentées comme des spécialistes des questions d’éducation sexuelle, ainsi qu’un hétérosexisme fort dommageable pour toutes les personnes lesbiennes, gays et bi, quelque soit leur genre.

Lisez :
« C’est à l’adolescence que se produit le plus souvent la prise de conscience de l’orientation sexuelle, avec la possibilité de mise en actes de la sexualité.
Les pratiques sexuelles peuvent dès lors relever de l’orientation, mais en être aussi distinctes, et ne dépendre que de la quête du plaisir.

Il convient d’être attentif à ce que la loi du groupe n’enferme pas des adolescents dans une identité homosexuelle, à la suite d’expériences ou de rites illicites de passage (par exemple le bizutage) ne relevant que de pratiques sexuelles. »

Heterhomo : en clair « un apprentissage de l’homosexualité est à craindre par la contagion que pourrait engendrer des contacts homosexuels lors de séances sado-maso par exemple : les garçons et les filles tou-te-s présumé-e-s hétéros pourraient prendre goût à l’homosexualité alors même qu’on les force à avoir ces relations ! » C’est consternant !

La juxtaposition entre quête du plaisir et homosexualité est pour le moins malheureuse et pour le pire carrément hétérosexiste : c’est bien connu « les homosexuel-le-s et les bi, ne cherchent que des satisfactions passagères car ils-elles sont incapables d’aimer l’autre, l’autre sexe, l’altérité, bref la normalité, ce sont des handicapé-e-s de « l’altérité ».
Dit-on que les hétéros sont des handicapé-e-s car s’ils-elles n’aiment que l’autre sexe c’est parce qu’ils-elles sont incapables d’aimer les personnes de leur sexe ?

Nos « spécialistes » ne se posent pas la question : « mais si des homosexuel-le-s ou bi et forcément il y en a 11 % dans nos établissements, lors d’un bizutage sont obligé-e-s à des pratiques sexuelles avec des hétéros, alors ils-elles vont y prendre goût et ce sera aussi dommageable que l’inverse ». Le revoilà bien l’hétérosexisme !

Pour nos "spécialistes", ce serait ce qui pourrait leur arriver de mieux : enfermer des homos dans une identité hétérosexuelle où est le problème ? Au contraire ! Voilà comment le MEN traite les personnes Lesbiennes Gays et Bisexuelles ou biamoureuses !

Lorsque des élèves connu-e-s pour une homosexualité réelle ou supposée, sont piégé-e-s dans des rites illicites de passage par des LGBT-phobes (nombreux-ses et fier-e-s), cela peut-être fort grave et amener à l’hôpital, le Ministère y pense-t-il ? En tout cas il n’en est pas question ici.

Autre passage inquiétant :

« L’identité sexuelle, les rôles sexuels et les stéréotypes appartiennent à la sphère publique, ils sont connus de tous dans une société donnée. En revanche, l’orientation sexuelle et les pratiques sexuelles font partie de la sphère privée. L’orientation sexuelle ne devrait être connue que si la personne le fait savoir ».
Heterhomo : s’il s’agit de protéger la vie privée des personnes, il est infiniment judicieux de le rappeler.
L’outing qui consiste à révéler l’intimité des personnes contre leur gré est tout à fait odieux et est heureusement condamné par la loi.
Mais ne s’agit-il que de cela ici ?

Au niveau des collèges, alors que dans les cours de récréation il n’est question que de sodomie : « va te faire enculer », « les homos ça pue la merde »… car les ados ont compris et en parlent entre eux : « mon daron il prend ma daronne, il la retourne et il la déchire » (même s’ils-elles évitent le sujet en classe, qu’ils-elles savent tabou).
Pire : cette pratique sexuelle non désirée par les filles, est quasiment obligatoire si la tradition les oblige à rester vierges !

Les adolescent-e-s constatent donc qu’ils-elles sont dans une école pudibonde sans aucun rapport avec les réalités de l’actualité en particulier sur internet, et des réalités qu’ils peuvent vivre au quotidien (harcèlement, abus sexuels, viols en réunion…).

Une école qui les laisse croire que les sexualités sont toujours associées à la violence et jamais à l’amour !

Les insultes sexistes et LGBTphobes pleuvent, mais les éducateurs-trices devraient faire les autruches car l’orientation est « chose privée, donc intime et ne doit pas sortir du cabinet de l’infirmier-e » ! Les homos au cabinet et les phobiques au bureau du-de la CPE, un point c’est tout !
Sanctionner sans explication, ce serait déjà "préventif" !

Surtout n’expliquons pas l’homosexualité, ça pourrait donner de vilaines idées, et détourner des ados de la voie royale, de la seule vie qui vaille d’être vécue, et qui permet de sauver son âme.

Il ne s’agit pas ici de prendre un petit passage, et de le sortir de son contexte.
Il s’agit de prendre conscience que ces petits bouts de phrases sont révélateurs de l’état d’esprit du Ministère à savoir :

les homos et bi sont des drogué-e-s qui diffusent leurs pratiques de plaisir sexuel afin de faire des adeptes.
Il faut préserver notre saine jeunesse au moins jusqu’à la classe de seconde, où en général l’orientation est fixée et consciente.

Notre pays aurait avantage à supprimer ces passages de cet ouvrage qui présente pourtant par ailleurs bien des qualités.
Mais pour cela, il faudrait une révolution culturelle.

Les données de la psychologie sexuelle nous enseignent que quelquefois dès l’âge de 7 ans, plus souvent 8 ans, les enfants ont des amitiés particulières, des envies de caresser et d’embrasser, et à ce moment ils-elles constatent s’ils-elles ont de l’affection amoureuse pour des jeunes du même sexe ou de l’autre ou des 2.

En attendant l’âge de la 4ème on fragilise ces enfants et les ados homo ou bi-amoureux-ses pendant 7 ou 8 ans ; ils-elles sont terrorisé-e-s : suis-je normal-e ? Est-ce un moment passager ? Et si ça ne passe pas ? Comment en parler aux parents et ami-e-s…, ?

On laisse se développer chez tous les enfants, de l’homophobie de 3 à 17 ans qui mettra 14 ans en moyenne à diminuer !

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Citations

"Gouffre de sexualité, instrument de l’abîme, bouche des vices… La femme est un farouche serpent par son cœur, par son visage ou par ses actes. Une flamme très puissante rampe en son sein comme un venin." B de Morlas.

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