1. La lutte contre les préjugés sexistes ou homophobes est réaffirmée.
Mais dès le titre il est affirmé qu’il n’existe qu’une seule sexualité !
2. Comprendre comment l’image de soi se construit à travers la relation aux autres :
• analyser les enjeux, les contraintes, les limites, les interdits et comprendre l’importance du respect mutuel ; se situer dans la différence des sexes et des générations ;
Questionnement : pour exacerber cette « différence des sexes » selon la théorie essentialiste selon laquelle tout est déterminé à la conception Y ou X des sexes, opposés en tout, et « complémentaires » ou pour la combattre ?
• apprendre à identifier et à intégrer les différentes dimensions de la sexualité humaine, biologique affective, psychologique, juridique, sociale, culturelle et éthique ;
• développer l’exercice de l’esprit critique notamment par l’analyse des modèles et des rôles sociaux véhiculés par les médias, en matière de sexualité ;
• favoriser des attitudes de responsabilité individuelle et collective notamment des comportements de prévention et de protection de soi et de l’autre ;
• apprendre à connaître et utiliser les ressources spécifiques d’information, d’aide et de soutien dans et à l’extérieur de l’établissement.
Ces pratiques éducatives impliquent une nécessaire cohérence entre les adultes participant au respect des lois et des règles de vie en commun qui s’exercent aussi bien dans le cadre de la mixité, de l’égalité, que de la lutte contre les violences sexistes et homophobes contraires aux droits de l’homme.
3. « Cette éducation, qui se fonde sur les valeurs humanistes de tolérance et de liberté, du respect de soi et d’autrui, doit trouver sa place à l’école sans heurter les familles ou froisser les convictions de chacun, à la condition d’affirmer ces valeurs communes dans le respect des différentes manières de les vivre ».
Cela laisse la place à tous les conservatismes.Il s’agit là d’un recul par rapport aux dispositions précédentes
« C’est pourquoi il est fondamental qu’en milieu scolaire l’éducation à la sexualité repose sur une éthique dont la règle essentielle porte sur la délimitation entre l’espace privé et l’espace public, afin que soit garanti le respect des consciences, du droit à l’intimité et de la vie privée de chacun ».
Tout éducateur-trice peut affirmer que l’éducation sexuelle est intime et personnelle et qu’elle ne doit pas quitter le cabinet médical ou de l’infirmièr-e ou du-de la psy ! C’est ce qui est généralement appliqué en collèges.
4. « Un certain nombre de fondements de l’éducation à la sexualité se trouvent d’ores et déjà explicitement mentionnés dans les programmes scolaires de l’école primaire et dans ceux de quelques-unes des disciplines des collèges et des lycées ».
Non sur le terrain seule l’éducation à la reproduction humaine limitée à 12 heures quelquefois pas faite parce que commencée en juin en 4ème.
Les aspects psycho-affectifs et la remise en cause des préjugés sexistes et LGBTphobes est impossible ou quasiment, par manque de temps.
Nous aimerions voir ces fondements explicitement mentionnés dans les programmes scolaires de l’école primaire et dans certaines disciplines des collèges autres que SVT
5 « Plusieurs textes spécifiques sont par ailleurs venus en 1996 (1) puis en 1998 (2), instaurer l’organisation de séquences d’éducation à la sexualité au collège et mettre en place un dispositif de formation des personnels ». Il est possible de recevoir un-e conseillèr-e conjugal-e et familial-e 2 H pour la contraception et les IST en 4 ème et 2 H en 3 ème pour une visite du centre de planification familiale ou pour les rapports filles-garçons, mais il n’y a aucune obligation.
« Une information et une éducation à la sexualité sont dispensées dans les écoles, les collèges et les lycées à raison d’au moins trois séances annuelles et par groupes d’âge homogène.
Ces séances pourront associer les personnels contribuant à la mission de santé scolaire ; Dans cette nouvelle perspective, il est nécessaire, en s’appuyant sur l’ensemble des actions déjà mises en place, de définir les objectifs de l’éducation à la sexualité de l’école primaire jusqu’à la fin du lycée, en précisant les modalités de mise en œuvre, et le pilotage du dispositif ».
7 ans après qu’en est-il sur le terrain ? Un bilan a-t-il été fait, établissement par établissement, et niveau par niveau ? Par qui ont été réalisées ces séances ? Quelle formation ont-ils-elles reçu ? quel temps scolaire : cela s’est-il fait au détriment de l’apprentissage des connaissances ou des savoirs-faires de certaines disciplines ?
Au-delà de ces situations quotidiennes, il est nécessaire d’organiser un travail pluridisciplinaire s’appuyant sur les compétences complémentaires des divers personnels, inscrit dans le projet d’école et le projet d’établissement, voire inséré dans une politique d’établissement.
L’organisation de système scolaire français par disciplines ne favorise pas contrairement à ceux d’autres pays, l’interdisciplinarité.
C’est d’un système de modules à thèmes dont nous avons besoin.
Existence de ce volet dans les projets d’établissement et évaluation : bilan affiché du ministère par académie, et établissement ?
À cette fin, trois séances d’information et d’éducation à la sexualité doivent, au minimum, être organisées dans le courant de chaque année scolaire…
Aussi, à l’école, le nombre de trois séances annuelles fixé par l’article L. 312-16 du code de l’éducation doit-il être compris plutôt comme un ordre de grandeur à respecter globalement dans l’année que comme un nombre rigide de séances qui seraient exclusivement dévolues à l’éducation à la sexualité.
Elles permettent de relier les différents apports concourant à l’éducation à la sexualité et de les compléter notamment dans les domaines affectif, psychologique et social,
Un ordre de grandeur limite la portée surtout quand il n’y a aucune obligation, aucun contrôle, aucune évaluation quantitative et qualitative, aucune publication du bilan d’ensemble.
À l’école primaire, l’éducation à la sexualité suit la progression des contenus fixée par les programmes pour l’école.
_ Quelle est la place de la liaison entre sexualité et amour et le découplage de la vision par les élèves de la relation sexualité et violence ? Qu’est-il expliqué en dehors des aspects négatifs de « la » sexualité (exhibitionnisme, pédophilie, inceste, IST) ?
Au collège et au lycée, le chef d’établissement établit en début d’année scolaire les modalités d’organisation et la planification de ces séances, inscrites dans l’horaire global annuel des élèves, garantissant ainsi la mise en œuvre et la cohérence de ce dispositif, qui sera intégré au projet d’établissement et présenté au conseil d’administration. Pour les lycées, il fera également l’objet d’un débat au CVL.
Les modalités d’organisation des séances - durée, taille des groupes - sont adaptées à chaque niveau de scolarité. Elles doivent privilégier un cadre favorisant l’écoute, le dialogue et la réflexion et peuvent s’appuyer sur les dispositifs existants. Le chef d’établissement veillera à la cohérence et à la complémentarité entre les apports des enseignements et les apports de ces séances.
La mise en œuvre de l’éducation à la sexualité, dans le premier comme dans le second degré, doit donc s’appuyer sur une véritable démarche de projet qui permet à la fois :
• d’informer et/ou d’associer les parents d’élèves ;
• de garantir la cohérence et la coordination des différents apports ;
• de susciter un travail inter-catégoriel ;
• d’assurer, le cas échéant, le cadrage des interventions de partenaires extérieurs.
Il peut être fait appel à des interventions extérieures, dans le respect des procédures d’agrément en vigueur, conformément, d’une part, au décret n° 92-1200 du 6 novembre 1992, modifié le 20 mai 1999, relatif aux relations du ministère chargé de l’éducation nationale avec les associations qui prolongent l’action de l’enseignement public et, d’autre part, aux dispositions de la circulaire n° 93-136 du 25 février 1993 relative aux relations avec les associations qui prolongent l’action de l’enseignement public, qui rappellent cependant la possibilité pour des associations non agréées d’intervenir pendant le temps scolaire, dans des conditions précisées au chapitre II.
Ainsi seulement environ 1 élève sur 2000 par an reçoit une association de lutte contre l’homophobie !
Il peut être toutefois recommandé de privilégier le recours à des intervenants issus d’associations ayant reçu l’agrément, national ou académique, prévu par le décret du 6 novembre 1992.
Ces associations aux principes républicains et laïques inattaquables pourtant fortes expertes ne reçoivent pas d’agrément.
Les partenaires extérieurs ayant bénéficié d’une formation appropriée peuvent intervenir, dans les séances d’éducation à la sexualité dans le respect des principes, de l’éthique et des objectifs définis dans la présente circulaire.
Ces interventions, qui s’inscrivent dans le cadre du projet d’école ou d’établissement, devront s’insérer dans la programmation et la progression définies par l’équipe éducative en charge des séances.
Quelles sont les associations intervenant dans la lutte contre le sexisme et/ou dans l’éducation à la sexualité ? Combien d’interventions ? Fort peu.
Le CESC est le dispositif de repérage et de mise en réseau indispensable des partenaires de proximité auxquels il peut être fait appel. Il permet en outre d’assurer l’information de l’ensemble des personnels de la communauté éducative.
Les personnels des établissements scolaires doivent assurer la diffusion de ces informations notamment en mettant à disposition des élèves des dépliants et un espace d’affichage sur les structures locales et les numéros verts. Cette démarche sera accompagnée dans le cadre des séances d’éducation à la sexualité.
Bilan établissement pas établissement ? Souvent rien en collèges.
Chaque recteur désigne auprès de lui un coordonnateur et une équipe de pilotage académiques, en veillant à ce que des représentants désignés par les inspecteurs d’académie directeurs des services départementaux de l’éducation nationale y participent également. Bilan publié ?
Afin de ne pas multiplier les dispositifs spécifiques d’éducation à la santé et de prévention, de mieux les articuler et les mettre en cohérence, notamment avec le groupe d’animation des CESC, il est souhaitable de constituer un dispositif académique de pilotage regroupant l’ensemble des coordonnateurs et des personnes-ressources compétentes sur les thématiques de santé, sexualité, prévention. Bilan ?
Etablir un bilan annuel académique de la mise en œuvre de la loi, à partir d’une grille nationale qui sera transmise aux recteurs. Publication !
Les dispositifs de formation élaborés dans ce cadre, et éventuellement construits avec les équipes locales pour mieux répondre à leurs besoins, prendront appui aussi bien sur les ressources académiques que sur celles apportées par les partenaires extérieurs institutionnels ou associatifs habilités à intervenir auprès des élèves dans le domaine de l’éducation à la sexualité.
Compte tenu de la diversité des personnels susceptibles d’intervenir dans ces formations, la logique d’ensemble des dispositifs gagnera à être définie au niveau académique dans l’objectif de la meilleure utilisation des ressources disponibles. Les modalités de formation pourront cependant privilégier les interventions sur site aidant en cela à la constitution des équipes éducatives. Bilan ?
Au cours des dernières années, des formations inter-académiques à pilotage national ont permis de constituer un réseau de formateurs pluri-catégoriels chargés notamment d’organiser les actions de formation d’équipes d’établissements participant à la mise en œuvre de l’éducation à la sexualité dans les établissements scolaires.
Les recteurs veilleront à mobiliser ces personnels et à développer leurs compétences tout en renforçant ce réseau de formateurs afin d’être en mesure de répondre aux besoins des écoles et établissements de leur académie. Bilan ?
Des documents accompagnant la mise en œuvre des séances d’éducation à la sexualité en préciseront les contenus, la répartition et la progression pédagogiques adaptés à chaque cycle.
Lesquels ? Où sont-ils ? Comment sont-ils diffusés ? Y a-t-il des documents tels qu’affiches, power-point, clips ?
Tous les personnels, membres de la communauté éducative, participent explicitement ou non, à la construction individuelle, sociale et sexuée des enfants et adolescents.
En réalité les surveillant-e-s, qui devraient être des participant-e-s essentielles du dispositif, car observant les violences, les propos sexistes et homophobes, et recueillant le mieux les confidences, sont écarté-e-s par l’institution car souvent (mais pas toujours) sans diplômes, et trop souvent écarté-e-s aussi par les autres catégories de personnels.
Dans les enseignements, à tous les niveaux, les programmes des différentes champs disciplinaires - tels que la littérature, l’éducation civique, les arts plastiques, la philosophie, l’histoire, l’éducation civique juridique et sociale… - offrent, dans leur mise en œuvre, l’opportunité d’exploiter des situations, des textes ou des supports en relation avec l’éducation à la sexualité selon les objectifs précédemment définis.
Certes mais l’étude de la HALDE montre que rien n’a changé dans les programmes et donc dans les manuels du privé.
Voir la circulaire en PJ

