Le site québecois cyberpresse.ca nous informe que la Coalition des familles homoparentales a lancée une formation contre l’homophobie en direction des éducateurs et des éducatrices et des enfants dans les écoles de Montréal et de Québec.

« Trousse à outils »
Celle-ci a été approuvée par des chercheur-e-s des universités McGill et UQAM, et financée par le ministère de l’Éducation grâce à une subvention de 80 000$.
Formation qui comprend un cours, mais aussi une « trousse à outils », offerte gratuitement à tous les intervenants qui travaillent de près ou de loin avec des enfants, et qui est composée de témoignages vidéos, de dépliants et de cahiers d’activités à faire en classe…
« Au Québec, on estime que plusieurs milliers d’enfants vivent dans des familles homoparentales.
Un-e enfant par école, environ, rappelle la journaliste.
Ce chiffre ne peut être appelé qu’à augmenter avec les années.
Depuis 2002, la loi permet aux couples de même sexe d’adopter.
D’où l’intérêt d’une telle formation, qui vise à briser une foule de tabous, visiblement persistants ».
Que pensez-vous des familles homoparentales ?
Des parents homosexuels qui élèvent des enfants ? C’est bon, pas bon ? C’est le moment de vider votre sac …
« J’ai connu un gars avec deux mères au secondaire, il se faisait tellement écœurer. »
« Est-ce que ces enfants-là vont être homosexuel-le-s ? »
« Sans père, est-ce que ces enfants sont élevé-e-s de manière normale ? »
« Ce que ça prend, c’est des parents avec une relation stable, hétéros ou homos ».
« Oui mais est-ce que les homosexuel-le- s et les bi ont des relations stables ? C’est pas ce qu’on entend… »
Nous sommes un vendredi matin, dans un cours de sociologie, école et société, offert aux étudiant-e-s du bac en éducation, à l’UQAM.
Au programme : une toute nouvelle formation, financée par le ministère de l’Éducation, développée et offerte par la Coalition des familles homoparentales : Regard sur les familles homoparentales.
Dans la salle de classe : une quarantaine d’élèves, surtout des filles, une poignée de garçons, tou-te-s inscrit-e-s en enseignement au primaire ou au secondaire. Les prof-e-s de demain, quoi.
D’après les chiffres du recensement de 2006 de Statistique Canada, plus de 4000 couples de même sexe vivent avec des enfants au pays.
« L’idée, c’est d’ouvrir la réalité enseignante à toute cette diversité, explique Hélène Belley, l’enseignante, qui a eu l’idée d’inviter la Coalition dans le cadre de son cours. L’école n’est pas isolée. Elle est inscrite dans une société plurielle, dit-elle.
Un-e enseignant-e qui laisserait passer des commentaires homophobes, par exemple, je pense que malheureusement, ce serait un-e enseignant-e qui raterait son coup. »
D’abord, la théorie : pendant toute la première moitié du cours, les formateurs et formatrices se sont efforcé-e-s, études scientifiques à l’appui, de déboulonner une foule de mythes.
Qu’on se le dise, ce n’est pas l’orientation sexuelle qui fait, ou non, un bon parent.
Maintenant, la pratique : comment ces mythes empoisonnent-ils la vie des enfants ?
Insidieusement, par une foule de petits commentaires, en apparence anodins, qui sévissent allégrement dans les cours d’école.
Ces « fifs », « moumounes », et autres « butch » peuvent être dévastateurs pour ces enfants qui ont des parents « différents », qui, du coup, associent leur modèle familial à quelque chose d’anormal, de maladif, et, surtout, de risible, ont fait valoir les formateurs.
Résultat, plusieurs vivent leur réalité familiale en secret, refusent d’inviter des ami-e-s à la maison, ou vont même jusqu’à demander à leurs parents de modifier leurs comportements.
Pour en finir avec cette discrimination - car c’en est une, ont insisté les formatrices-teurs, quelques pistes pratiques.
En gros, il s’agit clairement de passer le message : ces commentaires ne sont pas acceptables, les ami-e-s. Point barre.
Et visiblement, les futur-e-s enseignant-e-s semblent avoir saisi.
« Finalement, ce n’est pas plus acceptable que n’importe quelle autre discrimination », a commenté une élève.
« Même si comme citoyen-ne, on a des préjugés, en tant qu’enseignant-e-s, il va falloir mettre ça de côté pour aller vers ce qu’il y a de mieux pour l’enfant », a conclu une autre.
Par Marc Endeweld mercredi 11 novembre 2009,
Photo : Cyberpresse.ca

