Concert pour tous mardi 21 mai à la Bastille !
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Concert pour tous mardi 21 mai à la Bastille !
Écrit par La rédaction - 15 Février 2011
www.lesnouvellesnews.fr/inde…
Elisabeth Pino, médecin de l’Education nationale, est l’initiatrice de la pétition "contre l’érotisation des images d’enfants dans toutes les formes de publicité".
Pour LES NOUVELLES News, elle explique ce qui l’a poussé à agir et s’inquiète des messages portés par la « civilisation de l’excitation », qui perturbent les adolescents les plus vulnérables.
Revenons d’abord sur ce qui vous a incité à lancer cette pétition…
Cela a commencé par quelque chose de très ponctuel, avec ces photos de lolitas dans Vogue.
J’ai commencé par poser cette question sur deux forums professionnels auxquels je participe : « Est-ce que je suis la seule que cela choque ? »
En deux jours nous étions quasiment 200, médecins scolaire et pédiatres, à dire non.
A penser, en tant que médecins, qu’il n’est pas innocent qu’une main adulte soulève la robe d’un enfant mannequin à l’extrême limite, de façon délibérée.
C’est une vraie enfant qui s’est soumise à un adulte. Ce n’est pas sain.
Ensuite le débat a porté entre nous sur quelque chose de plus large, qui est le manque de textes pour protéger les enfants face à la publicité.
Pour rejoindre, enfin, la question plus large encore des interrogations que nous avons sur les comportements des adolescents, et la double contrainte dans laquelle on les maintient.
Finalement ce que révèlent ces photos de Vogue, c’est que nous sommes dans une civilisation qui tourne autour de l’excitation – ce n’est pas un scoop, des sociologues le disent – et cela provoque des messages qui sont difficiles à gérer pour les plus vulnérables des adolescents. Et qui prennent des allures de phénomène de masse.
Vous constatez cela dans l’exercice de votre profession ?
Depuis 10 ans, je suis frappée par l’augmentation de la pression qui s’exerce sur le physique, et sur la question des relations filles-garçons.
En tant que médecins scolaires, nous avons l’occasion de voir des groupes, des classes entières, des adolescents du « tout-venant ».
Et depuis quelques années je constate, en particulier chez les jeunes filles, des troubles du comportement et des troubles alimentaires de plus en plus inquiétants.
Quelques chiffres : chez des adolescents de poids normal, moins de 6% des garçons se vivent trop gros ; on atteint 30% chez les filles entre 11 et 15 ans.
Et cela se retrouve chez des enfants de plus en plus jeunes.
On a des mini-lolitas de CM1-CM2 dans les cours d’écoles, et on constate maintenant des cas d’anorexie en primaire.
Je vois aussi, depuis quelques années, beaucoup de jeunes filles qui se font vomir.
Et à vos yeux, ce sont des enfants et adolescents perturbés par les messages publicitaires ?
Par les injonctions paradoxales que la société exprime.
D’un côté des messages de culpabilisation, et de l’autre cette pression des messages implicites.
Par exemple, je suis frappée de voir qu’on reparle de l’uniforme dans les établissements scolaires - ce qui a des airs de vieille lune pour des post-soixante-huitards comme moi - et en même temps on entretient des comportements de plus en plus hypersexués chez de très jeunes enfants.
Les parents peuvent faire l’expérience : est-il possible d’habiller chaudement, ou avec des vêtements simples, une petite fille dans la grande distribution ? Il y a quelque chose dans la mode qui a basculé chez les filles de 10 ans.
Nous sommes face à un vaste système économique qui a pour but de créer de l’excitation.
Car cela revient à créer de la demande, créer des marchés.
C’est un des ressorts puissants d’une société où nous sommes obligés de consommer pour survivre, et nous sommes face à cette contradiction.
Nous passons notre temps à nous demander pourquoi cela génère des troubles chez nos enfants, sans remettre en question ce bain culturel.
Que peut faire un médecin face à cela ?
Notre rôle est difficile. En tant de médecins, on nous demande de remonter des pentes qui sont dévalées de façon vertigineuse par des tendances lourdes.
Je n’ai pas de solution de prescription, mais une chose est sûre : il faut une réflexion d’ensemble.
Il y a bien des pays qui sont parvenus à mieux protéger les enfants contre la publicité sans pour autant être à la traîne économiquement.
Cela signifie qu’on peut faire des choix.
Les Scandinaves ont fait des choix, ce ne sont pas les pays les plus pauvres de l’Europe.
Dans la pétition, vous appelez les parlementaires au débat. Vous croyez à un progrès possible par la loi ?
Bien sûr, on ne peut pas en une seule loi traiter des mouvements aussi complexes.
C’est aussi pourquoi j’ai choisi d’aborder un angle précis : le vide juridique qui existe autour des reportages de mode. Il faut que s’appliquent les mêmes règles, quelle que soit la façon dont on utilise l’image de l’enfant. Son rapport à l’adulte, sa soumission à l’adulte, est la même, qu’il pose pour Vogue ou un catalogue des 3 Suisses.
On ne travaille pas auprès de milliers d’enfants sans voir qu’on ne peut pas grandir sans limites. Et je suis rassurée de voir que le débat prend auprès des professionnels. Je pense que la question est mûre

Le tragique du drame de l’identité sexuelle réside dans le fait que notre société soi-disant égalitaire n’accorde aucune place a un comportement ambigu : on est soit complètement femme, soit complètement homme. Si l’on n’entre pas dans l’une ou l’autre des deux catégories, on n’a pas de place. Etre tout bonnement humain-e, mais ça ne suffit pas ! Bien au contraire, ça peut mener un-e être humain-e à un conflit déchirant qui se terminera bien souvent par le suicide.