Prouvez que vous etes Gay à l’armée Turque…
26 mars 2012
… et vous serez exempts du service militaire !
http://berti2.yagg.com/2012/03/26/p…
C’est l’information que relate un article d’Emre Azizlerli de BBC World Service, daté du 25 Mars 2012.
Le service militaire est obligatoire pour tous les hommes turques à part les malades, handicapés et … homosexuels !
Mais si les deux premières échappatoires sont faciles à prouver, la dernière l’est nettement moins, et c’est une épreuve des plus humiliantes.
Ainsi, un jeune étant passé par là, relate plusieurs questions qui lui ont été posée :
• « Quand avez-vous eu votre première relation sexuelle anale ? votre première fellation ? Avec quelle sorte de jouet jouiez-vous quand vous étiez petit ? »
• « Aimez-vous le football ? Portez-vous des vêtements et parfums féminins ? »
On lui dit qu’il « ne ressemblait pas au gay normal » sous prétexte qu’il avait l’air masculin et qu’il portait un barbe de trois jour…
on lui a alors demandé d’envoyer une photo de lui déguisé en femme !
Ce qu’il a refusé, préférant envoyer une photo où il embrasse un garçon.
Un autre homme ayant été appelé à réaliser son service militaire dans les années 90s raconte également sont expérience : il a dû prouver son homosexualité en apportant des photos de lui ayant une relation sexuelle avec un autre homme. « le visage devait être bien visible », « il fallait être passif sur la photo ».
Il explique que ça a été une expérience très difficile et que ça l’est toujours, car il n’a pas pu récupérer ces photos et qu’elles pourraient donc tout-à-fait être utilisées contre lui à l’avenir.
Tout est « justifié » par l’armée turque car la présence d’hommes ouvertement gays au sein de l’armée risquerait d’entrainer des « problèmes disciplinaires » et que cela conduirait à des aménagements dont la mise en place n’est pas possible : sanitaires séparés, dortoirs séparés, ainsi que les douches et les aires d’entrainement !
En revanche un homme gay dans le placard peut tout à fait s’engager.
Il est difficile pour l’armée d’éviter que des hétéros se fassent passer pour homosexuels afin d’éviter le service militaire d’où ce système de diagnostic si peu éthique.
Les hommes ainsi exempts voient leur dossier affublé de mention « trouble psychosexuel (homosexuel) ».
la vision de l’homosexualité au sein des hôpitaux militaire turques n’a pas évolué depuis 1968, où elle est considérée comme une maladie.
Si leur homosexualité permet à certain turques de sauter l’étape désagréable du « service militaire », cela peut néanmoins leur desservir tout au long de leur vie.
En fait, s’il n’y a pas de législation anti-gay en Turquie, c’est néanmoins très mal vu par la société et les homosexuels sont particulièrement stigmatisés sur leur lieu de travail.
Triste, dégueulasse,…mais tellement vrai !
Pinar Selek, sociologue gay friendly harcelée, exilée, mais toujours engagée
Ecrivain féministe, activiste engagée aux côtés des sans-abri, des homosexuels ou des trans, la sociologue turque Pinar Selek, 40 ans, est accusée depuis 13 ans de terrorisme pour s’être intéressée au conflit kurde.
Aujourd’hui exilée en France, elle rêve de pouvoir rentrer dans son pays.
E-llico.com
Mis en ligne le 03/02/2012
"Etre sociologue en Turquie, c’est difficile, il faut connaître ses limites", dit tristement cette femme qui parle un bon français acquis lors de ses études dans un lycée francophone d’Istanbul.
Accusée d’avoir participé à un attentat qui fit sept morts à Istanbul en juillet 1998, Pinar Selek a été acquittée trois fois pour ces faits, en raison de manque de preuve ou de rapports d’expertise affirmant que l’explosion était accidentelle et non criminelle.
Mais la Cour de cassation, à chaque fois, a maintenu ses accusations, et la justice turque n’a toujours pas abandonné les poursuites. Elle risque toujours la prison à vie.
"C’est une torture psychologique pour moi, je voudrais que ça finisse une bonne fois pour toutes", déclare l’universitaire.
Après quelques mois d’exil à Berlin, elle s’est installée à Strasbourg où elle prépare une thèse sur les luttes d’émancipation en Turquie.
Née dans une famille d’intellectuels de gauche, la jeune Pinar a grandi "dans une maison qui servait de lieu de rencontres et de débats", où "on lisait et discutait beaucoup".
Son grand-père, avocat, fut l’un des fondateurs dans les années 1960 du Parti des travailleurs de Turquie.
Son père, avocat également, a passé quatre ans et demi en prison après le coup d’Etat de septembre 1980.
"Dès l’enfance, j’ai compris très tôt que le pouvoir ne dit pas forcément la vérité", dit-elle.
A l’adolescence, elle est influencée par le mouvement féministe, touche au théâtre puis décide de devenir sociologue "afin de comprendre et d’agir".
Dès le début, elle se tourne vers des sujets et des groupes sociaux tabous : prostituées, gitans, travestis, gays et lesbiennes.
Dans ces milieux, elle noue des amitiés, devient conteuse pour enfants sans-logis, crée un atelier d’artistes de rue et partage un temps la vie des SDF.
A partir de 1996, l’intellectuelle aux origines "mélangées, caucasiennes, grecques… mais pas kurdes !" va s’intéresser justement au conflit kurde.
"Je suis antimilitariste, et contre la violence des deux côtés.
On ne peut pas conquérir la liberté par les armes.
Mais pour comprendre pourquoi il y a la guerre, il fallait que je parle à des rebelles du PKK", raconte la chercheuse.
C’est là que ses ennuis commencent. Arrêtée en juillet 1998, elle est torturée pendant une semaine afin qu’elle donne les noms de ses contacts au sein de la rébellion. "C’était dur, mais je n’ai rien dit".
Puis viennent les accusations de participation à un attentat terroriste, "de la science-fiction", commente-t-elle.
En tout, elle passera deux ans et demi en prison, jusqu’à décembre 2000.
En sortant de détention, celle qui fut l’ami du journaliste turc d’origine arménienne Hrant Dink (assassiné en 2007) promet d’être "encore plus active qu’avant".
Elle écrit sur l’homophobie, l’influence du service militaire sur la masculinité en Turquie.
Mais ses ennuis judiciaires ne cessent pas. Elle reçoit des menaces de mort et doit s’exiler au printemps 2009.
"Ici, en France je sais qu’on ne viendra pas saisir mon ordinateur, c’est un luxe !. Et il y a une grande solidarité autour de moi, c’est important".
"Au-delà de la question des droits de l’homme, son cas est emblématique d’atteintes croissantes à la liberté des chercheurs", souligne Sylvain Laurens, sociologue de l’Université de Limoges qui s’est mobilisé pour Pinar au sein de l’ONG "Chercheurs sans frontières".
Kaos GL : « Les discours de haine peuvent devenir des crimes à travers les médias »
http://yagg.com/2012/01/20/kaos-gl-…
Publié par Julien Massillon
Il y a quatre ans, l’association turque Kaos GL avait poursuivi un journal et un chroniqueur turcs pour des propos homophobes au motif d’une « violation des libertés individuelles ».
Dans une diatribe à l’encontre des personnes LGBT, un journaliste qualifiait les gays de « pervers sexuels ».
La Haute Cour d’appel a fini par donner raison à l’association, il y a quelques jours, en condamnant le journal à verser une compensation.
L’avocate de l’organisation, Hayriye Kara, et l’une de ses collègues chargée des relations avec les médias, Seçin Tuncel, ont répondu aux questions de Yagg.
Pourquoi avez-vous intenté une action contre le journal Vakit alors qu’il ne vous visait pas directement ?
Le journal Vakit publie régulièrement des articles haineux, visant des personnes nommément, insultant, révélant la vie privée, déclarant coupable et incitant à la violence et à la discrimination contre des personnes LGBT et des organisations.
Ces informations et ces articles vont à l’encontre de la déontologie journalistique et des principes de la presse.
Les discours de haine peuvent devenir des crimes à travers les médias.
Vous attendiez-vous à une telle condamnation ?
Jusqu’ici, toutes les poursuites contre ces propos n’avaient produit aucun résultat.
En fait, dans toutes ces affaires, les tribunaux avaient rejeté la demande de compensation au motif que les publications étaient « dans les limites de la critique ».
La Haute Cour aurait pu se prononcer de la même façon.
Pensez-vous que les choses changeront désormais dans la façon dont les médias turcs traitent des sujets concernant les personnes LGBT ?
La décision de la Haute Cour, indiquant que des propos haineux ne peuvent être considérés comme des manifestations de la liberté de la presse, constitue un cas de jurisprudence.
Mais ce n’est pas suffisant pour le moment.
Par exemple, après la décision de la Haute Cour, le journal a continué à publier des discours de haine.
Mais les décisions de la Cour ont de l’importance, alors nous continuerons à intenter des poursuites contre de tels propos.
Le montant de la compensation (environ 1600 euros) est-il suffisant selon vous ?
C’est une décision positive, mais elle n’est pas dissuasive.
Mais de la même façon que les crimes de haine sont un message envers la communauté, cette réussite juridique est un message aux grands médias qui diffusent des propos homophobes.
Quels sont vos objectifs pour l’année à venir ?
Les médias sont l’espace où l’homophobie et la transphobie sont les plus visibles.
Par conséquent, nous nous battrons pour transformer les médias.
Nous observons régulièrement les médias nationaux et les grands médias locaux.
Nous publions des exemples de discrimination au regard des droits humains et nous les mettons en ligne sur notre site internet.
D’autre part, nous nous attaquons aux articles homophobes sur le plan juridique. La transformation des médias ne se fera pas d’un seul coup. Mais nous croyons que nos efforts montreront l’exemple.
Un film inspiré de la mort d’un jeune homo tué par son père
Têtu par Mélanie Vives 17 janvier 2012,
« Zenne Dancer » est projeté depuis quelques jours dans les salles de cinéma turques.
Le film est inspiré d’un fait réel : le meurtre d’un jeune de 26 ans, en 2008 à Istanbul, tué par son propre père parce qu’il était gay.

Avec leur long-métrage, Mehmet Binay et Caner Alper espèrent lancer un grand débat sur l’homophobie et les droits LGBT en Turquie.
Zenne Dancer est sorti il a quelques jours dans les salles de cinéma turques.
Il met en scène trois personnages principaux : Daniel, un photographe allemand qui ne connaît pas grand chose aux valeurs du Moyen-Orient ; Can, un flamboyant danseur oriental, homo, fier de l’être et soutenu par sa famille ; et Ahmey, né dans un milieu très conservateur et dont la quête de liberté et le désir d’honnêteté vont le conduire à la mort…
La fin tragique de ce dernier personnage est encore plus glaçante quand on sait qu’elle est inspirée d’un fait réel : « Le point de départ, ça a été le meurtre d’un ami cher, assassiné à Istanbul en 2008 par son propre père, parce qu’il était gay », explique Mehmet Binay à CNN.
Le seul tort d’Ahmet Yildiz, étudiant stambouliote de 26 ans ?
Il sortait avec un garçon. Sa famille aurait essayé de le « soigner », avant que le père ne finisse par l’abattre.
Des traitements homophobes
En Turquie, les multiples associations LGBT s’insurgent régulièrement contre des agressions et des violations des droits humains.
« Toutes les minorités, y compris les gays et les lesbiennes, demandent des droits.
Ils veulent une reconnaissance, ils veulent être protégés. Ils veulent avoir le droit de vivre, tout d’abord, et de ne pas être tués », poursuit le co-réalisateur de Zenne Dancer.
Le film attire ainsi l’attention sur des traitements inhumains que réserve le pays à ses LGBT.
C’est notamment le cas dans l’armée, où les gays peuvent être exemptés de service militaire s’ils prouvent leur orientation sexuelle.
Zenne Dancer dépeint alors le processus dégradant par lequel passent les gays qui osent se déclarer : les docteurs militaires procèdent à des examens anaux, insultent les homos, exigent des photos d’ébats entre hommes en guise de preuve…
Partenaires de travail et dans la vie
Mehmet Binay et Caner Alper ne sont pas uniquement des partenaires de travail.
Peu avant la projection de leur long-métrage au festival de film Antalya Golden Orange, le plus prestigieux festival de cinéma en Turquie, les deux hommes ont annoncé qu’ils formaient un couple depuis 14 ans.
Caner Alper précise que sa famille était complètement opposé à ce coming out : « Ils m’ont dit que c’était du suicide pour ma carrière ! Jusqu’à ce que l’on remporte cinq récompenses au festival… »
Forts du bon accueil des critiques et du monde du cinéma, les deux réalisateurs sont conscients qu’il reste encore un long travail à fournir avant d’enrayer l’homophobie dans leur pays.
Selon les forces armées turques, l’homosexualité est par exemple toujours considérée comme une « déviance psychosexuelle ».
Regardez la bande-annonce du film (sous-titrée en anglais) :
Une prostituée transgenre assassinée par un client à Istanbul
Un homme a été placé en garde à Istanbul après avoir avoué le meurtre d’une travailleuse du sexe parce qu’elle était transgenre.
Selon Transgender Europe l’assassinat a eu lieu dimanche, après que le suspect soit entré en contact avec la victime via Facebook et accepté une relation tarifée.
Quand l’homme a découvert qu’il avait affaire à une transgenre, il l’a tuée.
Les cris de la victime a alerté la police et le suspect a été placé en détention.
Mis en ligne le 03/08/2011
Les photos de l’hommage à Didem
http://yagg.com/2011/08/05/turquie-les-photos-de-lhommage-a-didem/
Lundi 1er août, les proches de Didem, trans’ turque assassinée dimanche soir à Findizkade, un quartier d’Istanbul, lui ont rendu un hommage silencieux devant son appartement.
Nous venons de recevoir ces photos
Nouveau meurtre transphobe en Turquie
http://yagg.com/2011/08/03/nouveau-meurtre-transphobe-en-turquie/
Publié par Bénédicte Bécret
En Turquie, des meurtres de trans’ ont régulièrement lieu.
Le meurtrier présumé, âgé de 26 ans, est un soldat fugitif.
SEIZE ASSASSINATS EN 2010
Un rapport d’Amnesty International publié en juin dernier intitulé Ni une maladie, ni un crime : les LGBT de Turquie demandent l’égalité recense 16 assassinats homophobes ou transphobes dans le pays pour la seule année 2010.
Si l’homosexualité n’est pas réprimée par la loi turque, les droits LGBT sont loin d’être respectés et l’homophobie s’insinue dans la vie quotidienne des personnes LGBT et dans leurs rapports avec les autorités.
TRANSPHOBIE
Les trans’ sont particulièrement discriminé-e-s.
Selon l’étude d’une association locale, 89% des transgenres disent avoir été victimes de violences physiques au cours d’une garde à vue.
En 2006, une note interne de la police encourageait les arrestations de « travestis » sur la voie publique.
Un documentaire illustre la stigmatisation des personnes transgenres et la violence inouïe avec laquelle elles sont traitées.
Amnesty International lutte pour les Droits LGBT et la solidarité européenne
Têtu par Habibou Bangré 09 juillet 2011,
INTERVIEW. La présidente d’Amnesty International France, Geneviève Garrigos, revient sur le saisissant rapport de son ONG sur la situation des LGBT en Turquie et fait le point sur les récentes gay prides européennes.

Amnesty International en ordre de marche.
L’ONG de lutte pour les droits de l’homme, qui fête ses cinquante ans cette année, a publié le 21 juin « Ni une maladie, ni un crime : les LGBT de Turquie demandent l’égalité ».
Ce rapport (couverture ci-contre, représentant une gay pride à Istanbul) raconte le calvaire de LGBT victimes de discriminations, de harcèlement, d’agressions physiques.
« Au cours de la seule année 2010, les associations LGBT ont recensé 16 meurtres de personnes probablement tuées en raison de leur orientation sexuelle ou identité de genre supposée », souligne Amnesty, qui accompagne son rapport d’une vidéo saisissante.
Ce document est sorti alors que plusieurs pays européens ont célébré leur marche des fiertés dans un climat plus ou moins détendu…
TÊTU : Les auteurs du rapport s’attendaient-ils à des problèmes d’une telle ampleur ?
Geneviève Garrigos : On avait déjà des témoignages mais nous ne nous attendions pas à des problèmes d’une telle ampleur.
Nous nous félicitons d’avoir sorti un rapport et d’avoir lancé une campagne de mobilisation et de pétition.
Notamment pour que les législateurs turcs prennent des dispositions pour garantir la non-discrimination, que ce soit à l’école, au travail ou dans la santé. Nous allons faire du lobbying au niveau officiel, de nos autorités et des gouvernements qui sont en lien directement avec la Turquie pour qu’eux-mêmes fassent avancer ce dossier et obtiennent du gouvernement turc des mesures concrètes.
Amnesty était présente à la Marche des fiertés de Paris, le 25 juin. En Europe centrale et orientale, organiser une gay pride n’est pas toujours facile…
On s’aperçoit aujourd’hui que – que ce soit au niveau des migrants, au niveau des Roms, ou vis-à-vis des LGBT – la vision de certains groupuscules politiques, voire idéologiques ou religieux, est que ces personnes ne sont pas dans la normalité.
Quand on voit la montée des extrêmes, et notamment de l’extrême droite, les revendications de certains intégrismes religieux, c’est clair que les personnes LGBT sont une cible.
D’où le nom de notre rapport sur la Turquie : « Ni une maladie, ni un crime ».
La vidéo « Turquie » sous-titrée en français :
Face aux violences en Turquie, le droit ne suffit pas
Écrit par La rédaction - Jeudi, 05 Mai 2011
Malgré des lois « exemplaires », les femmes turques restent à la merci des violences domestiques, pour cause de défaillances dans l’application des textes… et de mauvaise volonté.
En Turquie, plus de 4 femmes sur 10 âgées de plus de 15 ans ont subi des violences physiques ou sexuelles infligées par leur mari ou leur partenaire à un moment de leur vie (1).
L’an dernier, 217 femmes ont été tuées dans le cadre de violences familiales, la moitié d’entre elles par leur mari, d’après les données collectées par le site turc Bianet, spécialisé dans les droits de l’Homme.
Le pays a pourtant adopté ces dernières années des textes « exemplaires », juge Gauri van Gulik, chercheuse auprès de la division Droits des femmes à HRW.
Mais dans les faits, il en est autrement que sur le papier.
C’est ce que confirme un rapport publié mercredi 4 mai par l’ONG de défense des droits humains : les femmes restent « à la merci des violences domestiques », à cause des lacunes juridiques mais aussi du manque de respect de la loi par ceux qui sont chargés de les faire appliquer.
Système imprévisible
La loi turque sur la famille, votée en 1998 et amendée en 2007, a institué un cadre juridique protecteur.
Elle a ainsi mis en place (bien avant la France) l’ordonnance de protection.
Cette mesure permet, par une décision de justice très rapide, de protéger une personne maltraitée par un membre de sa famille vivant sous le même toit.
Mais sont exclus de cette protection « certains groupes de femmes, comme les femmes divorcées ou celles qui ne sont pas mariées », déplore HRW.
Sans compter que les policiers, les procureurs et les juges manquent très souvent à leurs devoirs, rendant le système de protection « imprévisible dans le meilleur des cas, et parfois carrément dangereux. »
Plusieurs femmes interrogées par HRW ont ainsi affirmé que les agents de police s’étaient moqués d’elles et les avaient renvoyées chez elles au lieu de les aider à obtenir une ordonnance de protection.
Par ailleurs, les procureurs et les juges ont tendance à faire trainer les dossiers, ou à demander des preuves que la loi n’exige pas.
Le site Bianet relevait de son côté que les auteurs de harcèlement ou de coups et blessures échappent souvent à une condamnation.
Quant aux centres d’accueil d’urgence, la loi n’est pas mieux suivie.
Elle exige qu’il y en ait un dans chaque municipalité de plus de 50 000 habitants, « mais le gouvernement est bien loin d’avoir rempli cet engagement », estime HRW.
Moins de la moitié des villes concernées disposerait d’un tel centre.
De plus, d’après les femmes rencontrées par HRW, certains des centres offrent de très mauvaises conditions d’accueil et, là encore, peuvent s’avérer dangereux : « dans certains cas le personnel des centres a laissé entrer les personnes responsables des violences subies par les femmes, et poussé ces dernières à se réconcilier avec leurs bourreaux. »
Ambiguïté de l’AKP
Ironie du sort, la Turquie a largement contribué, au sein du Conseil de l’Europe, à l’élaboration d’une Convention sur la lutte contre les violences.
Le texte, qui doit être officiellement signé le 11 mai à Istanbul, souligne le nécessaire engagement sans faille des Etats.
Dès lors, « le gouvernement turc devrait examiner avec lucidité ses propres défaillances, » juge Gauri van Gulik.
La Turquie doit ainsi stipuler « de façon explicite que les ordonnances de protection peuvent être délivrées à des femmes non mariées ou divorcées, y compris les femmes ayant contracté des mariages religieux non déclarés », avertit HRW.

Les élus turcs devraient avoir bientôt l’occasion de revoir ces dispositions. Fatma Şahin (photo), parlementaire du parti majoritaire Justice et Développement (AKP), a déposé le mois dernier une proposition de révision de la loi sur la protection de la famille.
Le texte, qui doit comporter plusieurs mesures pour renforcer et élargir l’ordonnance de protection, est en cours d’examen au Parlement.
Il ne sera pas discuté avant les élections législatives, qui se dérouleront le 12 juin.
Des élections pour lesquelle les principaux parti ont promis de féminiser les candidatures.
L’AKP prévoit de doubler le nombre de ses parlementaires femmes, de 9 à 17%.
Mais pour certaines associations, féministes et de défense des droits de l’Homme, le parti au pouvoir a sa part de responsabilité dans la prévalence des violences faites aux femmes.
Le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan s’était attiré leurs foudres, l’an dernier, en estimant que « les hommes et les femmes ne peuvent être égaux », mais seulement « complémentaires ».
« Le conservatisme de l’AKP, les valeurs islamistes, font de la sexualité et du corps féminin des cibles », affirmait récemment à l’AFP Pinar Ilkkaracan, militante des droits de l’Homme.
L’arbitre de foot gay radié continue son combat devant la justice
Têtu par Alexis Puzyrev 07 mars 2011
Après avoir perdu le droit d’exercer son métier à cause de son homosexualité, l’ex-arbitre Halil Ibrahim Dinçdag a porté plainte devant la justice turque. Et il espère bien obtenir réparation.

Il y a deux ans, l’arbitre de football Halil Ibrahim Dinçdag perdait son travail. La raison ? Son orientation sexuelle. Après avoir appris son homosexualité, la Fédération Turque de Football (TFF) avait en effet décidé de le radier de l’ordre des arbitres officiels . Mais le match n’est pas tout à fait terminé…
Depuis son licenciement, Halil n’a pas baissé les bras et a porté l’affaire devant la justice. Il a déposé une plainte contre la Fédération turque de football et exige le paiement de 100.000 livres turques de dédommagement. Les audiences ont commencé fin février à Istanbul et devraient se poursuivre en mai.
« Cela m’a beaucoup fait souffrir »
« J’ai beaucoup souffert, moralement et matériellement, a témoigné l’ex-arbitre de foot.
Après que mon orientation sexuelle a été révélée dans la presse par la fédération de football, ma vie a complétement changé. D’abord, on m’a empêché d’arbitrer, alors que c’est la chose que j’aime le plus au monde.
J’ai également dû laisser ma place de commentateur sportif à la radio, où je travaillais depuis 16 ans.
Je suis resté longtemps au chômage et cela m’a beaucoup fait souffrir. Aujourd’hui, j’ai encore beaucoup de difficultés à payer les frais de justice. »
Devant le silence des instances sportives, Hallil a expliqué ne pas avoir eu d’autre choix que de s’adresser à la justice.
« On sait bien qu’il existe beaucoup d’arbitres de foot homos en Europe, a-t-il remarqué.
Il est triste de voir ce qu’il se passe pour moi en Turquie, alors que c’est quelque chose qui ne pose pas problème dans le reste du monde.
J’estime être dans mon bon droit, et la justice devrait le monter.
Mais si la décision n’est pas en ma faveur, je porterai l’affaire devant la CEDH » assure Halil, qui a déjà le soutien de Dursun Camali, le directeur de l’Association turque des arbitres de football.
Une nouvelle association LGBT interdite par la justice
Une nouvelle organisation LGBT turque a été condamnée à la fermeture par la justice suite à une demande d’autorités locales du nord-ouest de la Turquie.
E-llico.com
Mis en ligne le 06/01/2011
la Cour suprême d’appel autorise l’association LambdaIstanbul
Un tribunal pénal de Bursa, au nord-ouest de la Turquie, a statué que l’Association Rainbow devait fermer sur demande du gouvernement local qui accuse ses membres de s’être livrés à la prostitution.
Le groupe LGBT nie ces allégations et affirme qu’aucune activité illégale n’a eu lieu.
Le président de l’Association Rainbow Öykü Evren Özen a déclaré son groupe ferait appel de la décision. Il a ajouté que le groupe continuerait à fonctionner pendant l’appel et se réformerait sous un nouveau nom en cas d’échec.
Le gouvernement local de Bursa harcele l’association Rainbow depuis 2007 et l’a déjà qualifiée comme "immorale" et la décision de justice rendue ces jours-ci fait suite à une poursuite intentée en 2008.
L’avocat de Rainbow a expliqué que si des membres de l’association travaillent comme prostituées en dehors du groupe, il était contraire à la loi d’associer leurs activités avec l’organisation.
La Turquie, en tant qu’Etat membre du Conseil de l’Europe et de l’ONU, a signé la Convention européenne des droits de l’Homme et le Pacte international relatif aux droits civils et politiques.
Au moins trois autres groupes LGBT turques ont eu maille à partir avec la justice trurque au cours des six dernières années.
En 2009, Lambda Istanbul a obtenu la permission de continuer à fonctionner après avoir été condamnée la dissolution l’année précédente.
A Ankara, le vice-gouverneur de la ville a demandé la fermeture du le groupe Kaos GL en 2005, mais la décision a été rejetée par les procureurs.
L’année dernière, l’association The Black Pink Triangle a été accusée d’immoralité par la ville d’Izmir mais a gagné en justice le droit de rester ouverte.



