Concert pour tous mardi 21 mai à la Bastille !
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Concert pour tous mardi 21 mai à la Bastille !
www.lesnouvellesnews.fr Écrit par Isabelle Germain - 21 Septembre 2010
Eric Woerth évacue le problème de la retraite des femmes en renvoyant à plus tard la résorption des écarts de salaires entre hommes et femmes. La Halde propose, entre autres, d’intégrer le congé parental dans le calcul des retraites.
« L’injustice, c’est l’écart de salaires hommes-femmes » déclarait Eric Woerth, le ministre du Travail, au quotidien « Le Parisien » mardi 21 septembre. Un peu court !
L’injustice c’est « la pénibilité du travail invisible des femmes », faisait remarquer quelques jours avant le Laboratoire de l’égalité.
Les écarts de retraites s’expliquent, répétons-le, par les interruptions de carrières et les temps partiels des femmes qui s’occupent de leurs enfants ; et par les différences de salaires dues à leur supposé plus faible investissement au travail, du fait, encore une fois, des tâches familiales et domestiques qu’elles assument à 80 %, selon l’INSEE.
C’est la double peine. Elles travaillent plus, si on compte ce qu’elles font à la maison, gagnent moins et s’acheminent vers des retraites faméliques et tardives.
Alors la Halde, qui s’est autosaisie de la question des retraites en juillet dernier, vient d’ouvrir des pistes de réflexion.
Attention à ne pas créer de lois qui accentueraient les discriminations dont les femmes sont victimes, dit-elle en substance dans sa délibération (publiée ici par leschos.fr).
« Le relèvement progressif de l’âge du départ à taux plein de 65 à 67 ans, risque de pénaliser les femmes plus que les hommes » car elles « totalisent avec difficulté le nombre de trimestres nécessaires pour bénéficier de la retraite à taux plein » rappelle l’autorité présidée par Jeannette Bougrab.
Elle préconise que soient étudiés plusieurs propositions :
• La possibilité pour les « personnes à temps partiel de cotiser sur la base d’un temps complet avec participation de l’employeur ».
• La prise en compte des 100 meilleurs trimestres et non des 25 meilleures années pour la détermination du montant de la pension, pour éviter de pénaliser les temps partiels.
• Le maintien à 65 ans de l’âge de départ à la retraite à taux plein pour les personnes ayant pris un congé parental ou pour soins apportés à un enfant ou un parent malade.
Elle demande même une augmentation de l’allocation de congé parental, pour le rendre plus attractif pour les pères.
De quoi ressortir le dossier de la réforme du congé parental, enterrée au début de cette année.
“On estime qu’aujourd’hui la situation des femmes exige des mesures de rattrapage. Si on ne le fait pas, on aura des situations où des femmes vivront parfois sous le seuil de pauvreté dans notre pays”, a-t-elle déclaré mercredi sur France-Info.
A la veille de la journée de mobilisation interprofessionnelle contre la réforme des retraites, Jeannette Bougrab a souligné qu’il ne s’agissait pas de “faire de l’incantation au principe d’égalité”, mais de “proposer des choses concrètes qui puissent être utilisées par le gouvernement ou les parlementaires, par exemple permettre aux femmes qui assurent majoritairement les temps partiels de pouvoir cotiser comme si elles occupaient un temps plein”.
“
Parce qu’on se rend compte que c’est les femmes qui accumulent les temps partiels, les CDD, et repousser l’âge du départ à la retraite pour une retraite à (taux) plein à 67 ans, c’est empêcher ces femmes demain de pouvoir avoir une retraite à (taux) plein”, a précisé Jeannette Bougrab, qui organisait mercredi à la HALDE un débat sur le thème “Femmes : discriminées dans le travail, discriminées à la retraite”.
Tribune signée par Martine Billard, Députée et porte parole du PG, Laurence Cohen, responsable de la commission nationale du PCF (droits des femmes/féminisme), Annick Coupé, porte-parole nationale de l’Union syndicale Solidaires, Caroline De Haas, Osez le féminisme !, Cécile Duflot, Secrétaire Nationale des Verts, Bernadette Groison, Secrétaire générale de la FSU, Anne Leclerc, comité exécutif du NPA, Marie-Noëlle Lienemann, membre du Bureau National du PS, Ghyslaine Richard, membre de la direction confédérale de la CGT, responsable femmes-mixité, Marie-Pierre Toubhans, porte parole de la Gauche Unitaire
Dans le débat public qui s’est engagé sur les retraites, lorsque l’on entend parler des inégalités femmes – hommes, c’est souvent pour rappeler que l’écart est important.
En effet, les femmes perçoivent une pension inférieure de 42 % à celle des hommes en moyenne et une retraitée sur deux vit avec moins de 900 € par mois.
Les raisons sont multiples : la période de la retraite arrive après une vie passée sur le marché du travail et se transforme donc en une caisse de résonance de toutes les inégalités que les femmes y rencontrent.
Les écarts de salaires à responsabilités et qualifications égales, les carrières en dents-de-scie dues notamment au manque cruel de structures d’accueil de la petite enfance permettant le retour à l’emploi après la maternité, les salaires particulièrement bas des femmes, l’empilement des contrats précaires ou encore le recours fréquent des entreprises au temps partiel sont autant d’inégalités que l’on retrouve amplifiées au moment de la retraite.
Afin de ne pas subir une décote importante, 30% des salariées doivent donc attendre 65 ans pour liquider leur retraite faute d’avoir validé avant le nombre de trimestres suffisant.
Les hommes, eux, ne sont que 5% dans ce cas.
De nombreuses femmes restent sur le marché du travail entre 60 et 65 ans, oscillant entre des situations de petits boulots ou de chômage (le taux d’emploi des femmes dans cette tranche d’âge est de 4%).
En reculant l’âge légal de départ à la retraite tout comme en continuant l’allongement de la durée de cotisation le gouvernement choisit donc d’allonger cette période de précarité et s’en prend directement au niveau des pensions et aux conditions de vie des femmes.
Les précédentes réformes ont déjà creusé les écarts.
Lorsque la droite a choisi d’allonger la durée de cotisation et de passer pour le calcul des pensions de retraites des 10 aux 25 meilleures années, elle a clairement dégradé le niveau de vie des femmes retraitées.
Une baisse supplémentaire des pensions de retraites va pousser les salariés et les salariées à se tourner vers de l’épargne privée.
Seul-e-s celles et ceux qui auront les moyens pourront se garantir un niveau de retraite décent.
Le gouvernement, sous couvert de défendre un système de retraite solidaire nous construit en réalité peu à peu un système par capitalisation.
Cette réforme – en précarisant un peu plus les retraitées - s’attaque à leur indépendance économique chèrement conquise par les mobilisations féministes.
L’autonomie financière est l’une des clés de l’égalité femmes – hommes.
Cette liberté fondamentale garantit que les femmes puissent faire leurs propres choix de vie, disposer pleinement de leurs corps sans être placées sous la coupe d’un autre - conjoint, père ou frère.
Cette autonomie est récente : il a fallu attendre 1965 pour qu’une femme puisse exercer une profession sans l’autorisation de son mari et 1983 pour voir adopter la première loi sur l’égalité professionnelle, qui n’est toujours pas réalisée dans les faits.
Manifestement, ce droit à l’autonomie financière est encore fragile.
Pour défendre l’égalité femmes – hommes et le droit des femmes à l’indépendance économique et financière nous exigeons que le gouvernement retire ce projet.
L’objectif premier d’une réforme des retraites doit être de garantir à toutes et à tous un niveau de pension décent.
Le moyen pour y parvenir n’est pas de reculer l’âge légal ou d’augmenter la durée de cotisation.
Nous pouvons préserver un système solidaire en agissant sur le niveau des salaires, sur le calcul du taux de réversion et ses modalités (par exemple en ouvrant de nouveaux droits aux couples pacsés), en augmentant les cotisations patronales en particulier sur les emplois précaires et à temps partiel, en taxant les revenus financiers et les dividendes versés aux actionnaires et développant et créant des emplois.
Ces mesures structurelles sur le marché du travail doivent s’accompagner de mesures d’urgence pour lutter contre la précarité des retraitées : meilleure indemnisation des congés maternité, politique de lutte contre les temps partiels et les contrats précaires, maintien des dispositifs existants pour les salariés du public parents de 3 enfants…
Le gouvernement a choisi la mauvaise voie : celle du recul pour tous avec la remise en cause des 60 ans, l’allongement de la durée de cotisations. Cette voie est celle de l’aggravation des inégalités femmes – hommes et d’un système qui tourne le dos à la solidarité.
Nous serons nombreuses et nombreux dans la rue jeudi 24 juin 2010 pour exiger qu’il renonce à ce projet.
Hommes, quinqua ou sexagénaires. Où sont les jeunes ?
Cafouillage - Écrit par La rédaction - 13 Avril 2010
Les Nouvelles news
Sophie Gherardi directrice adjointe de l’information à la Tribune pose la question ce mardi dans son édito.
Où sont les femmes ?
Dans les négociations qui s’ouvrent, tous les intervenants ont passé la cinquantaine et, parmi les 8 représentants d’organisations syndicales invités lundi à rencontrer le ministre du travail, on ne comptait qu’une femme : Laurence Parisot, la patronne du Medef.
Les plus jeunes, pourtant « les principaux payeurs, numériquement parlant, ne sont pas représentés. »
Et les femmes, qui travaillent plus et gagnent moins, non plus.
Leurs salaires sont inférieurs de 20 % à ceux des hommes.
Elles interrompent leurs carrières pour élever leurs enfants qui paieront les retraites des hommes principalement.
Elles travaillent gratuitement pour le bien-être de tous : assurant 80 % du travail domestique, si l’on retient uniquement le "noyau dur" (courses, cuisine et linge), une femme assume 680 heures de travail domestique de plus que son compagnon, soit dix-neuf semaines de travail de 35 heures… Dix neuf semaines de cadeau. Et avec le sourire !
Bien sûr, « La République, rétorquera-t-on, ne connaît pas de catégories, mais des citoyens qui seront tous traités avec équité. » écrit Sophie Ghérardi.
Au vu des négociations antérieures, il est probable que les même causes – le clonage des négociateurs- produisent les mêmes effets - la négligence des catégories non représentées.
Civilisation - Écrit par Isabelle Germain - 11 Avril 2010
Le laboratoire de l’égalité, créé au début de cette année, mène sa première campagne. Et ce sera sur les retraites.
Rassemblant réseaux, syndicats et autres associations, ce labo compte faire advenir l’égalité femmes/hommes en France.
Il s’attaque à une montagne : des écarts de retraite, de plus d’un tiers en moyenne, au détriment des femmes.
Ces dernières étant pénalisées d’interrompre leur carrière ou de travailler à temps partiel pour élever des enfants… qui payeront, plus tard, les retraites inégales.
Derrière ce débat c’est toute une conception de la richesse et de la société qu’il faut revoir. Vaste programme !
« Avant toute modification du régime des retraites, il ne faut pas oublier :
• que moins de 40% des femmes arrivent aujourd’hui à faire valoir une retraite à taux plein, contre 85% des hommes, en raison de carrières fractionnées par la vie familiale,
• qu’en dépit du cadre législatif les salaires féminins à temps complet sont toujours de 20% inférieurs à ceux des hommes,
• que 30% des femmes (contre 5% des hommes) travaillent à temps partiel, le plus souvent sans l’avoir choisi et sans en mesurer les conséquences sur leur futur niveau de retraite. » écrit le Laboratoire de l’Egalité à Eric Woerth.
Au moment où le nouveau Ministre du Travail, de la Solidarité et de la Fonction publique ouvre les consultations sur les retraites, il n’est pas inutile de le rappeler.
En septembre dernier, les femmes ont failli perdre une des rares compensations à ces inégalités. Les mères salariées du privé bénéficient en effet de "majorations de durée d’assurance". Elles permettent à celles qui ne disposent pas du nombre de trimestres nécessaire, une fois atteint l’âge légal de la retraite, de partir plus tôt en atténuant ou en annulant la décote.
Cet "avantage" a été remis en cause par une décision de la Cour de cassation du 19 février, qui a accordé le bénéfice de cette bonification à un père de famille au nom de l’égalité entre hommes et femmes.
A l’issue de diverses consultations le Ministre de l’époque, Xavier Darcos, a finalement opté pour une forme de statu quo.
Cette fois-ci, la question de l’égalité hommes /femmes ne doit pas rester en retrait. Le laboratoire de l’égalité souligne que « L’inégalité entre les femmes et les hommes sur le plan des retraites est la conséquence directe et amplifiée des inégalités dans le traitement des carrières et des niveaux de rémunération, mais aussi la conséquence de choix de politiques familiales.
Le débat sur les retraites ne pourra faire l’impasse sur ces problématiques plus larges."
Encore faudra-t-il que les négociateurs relaient le message. Le laboratoire compte en son sein des représentants des principaux syndicats. Mais parviendront-ils à se faire entendre et à mettre cette question au premier plan des négociations ?
Créé au début de cette année, le laboratoire de l’égalité rassemble associations, syndicats, réseaux, instituts qui œuvrent pour l’égalité à tous les niveaux de la société.
Parmi les initiateurs : Pascal Bernard, vice-président de l’ANDRH, Olga Trostiansky, présidente de la Clef, la sociologue Dominique Méda, Nathalie Tournyol du Clos, présidente d’Administration moderne, Armelle Carminati, présidente du réseau Accent sur Elles, Cécile Daumas, journaliste à Libération ou encore Sabine Salmon, présidente de l’association Femmes solidaires, rejoints, dès leur première réunion par des représentants d’entreprises (Alcatel-Lucent France, le réseau Etincelles de EDF, BNP Paribas avec le réseau Mix Cité, ou encore François Fatoux, délégué général de l’Orse (observatoire pour la responsabilité sociétale des entreprises, …), le cinéaste Patric Jean, auteur de « la domination masculine », des syndicats (CFDT, CGE, CFTC…). et bien sûr des réseaux de femmes Club HRM Women, Femmes, débat et société, Femmes et mathématiques, Elles aussi, Arborus,..), des associations (Le Foyer International des Travailleuses, Léo Lagrange, Femmes pour le dire, Femmes pour agir, Femmes en Résistance,…)…

Inversons les rôles : "Seules exceptions : quelques jeunes hommes sténographes qui bavardent et quelques hommes de ménage assez âgés, avec leur seaux et leurs balais. Cela vous permet de mesurer l’absurdité ridicule de la situation actuelle. » Charlotte Perkins Gilman discours lors de la Journée de la femme le 25 fév. 1912 in Chicago Daily Socialist, 26 fév. 1912