Gay pride sous stricte surveillance policière à Bucarest
Quelque 200 personnes ont participé samedi dans une atmosphère bon enfant à un défilé gay à Bucarest, entouré par un impressionnant dispositif policier.
Les manifestants, portant des ballons et des drapeaux arc-en-ciel, se sont rassemblés sur une place devant le gigantesque Palais de Ceausescu, dont les accès étaient bloqués par des centaines de policiers anti-émeute.
"Nous sommes ici au nom de tous ceux qui n’ont pas le courage de descendre dans la rue", a déclaré Florin Buhuceanu, le président de l’association Accept, organisatrice du défilé.
Plusieurs membres du Parlement européen ainsi que les ambassadeurs de Grande-Bretagne, de Suède, de la République tchèque et des Pays-Bas ont également participé à cette manifestation, la cinquième de ce type organisée dans la capitale roumaine.
"Je suis fier d’être avec vous aujourd’hui pour exprimer mon soutien à la lutte contre la discrimination", a déclaré en roumain l’ambassadeur de Grande-Bretagne, Robin Barnett, sous les ovations des manifestants.
"En voyant le dispositif policier et le trajet autorisé pour ce défilé, je comprends combien il est difficile d’être gay en Roumanie", a pour sa part déclaré un eurodéputé français, Michel Teychenné.
Ce défilé avait été précédé vendredi, puis samedi matin, par deux marches organisées par des associations chrétiennes orthodoxes ou de l’extrême droite, qui ont appelé à dire "Non à la sodomie".
L’Eglise orthodoxe, qui avait par le passé apporté son soutien aux marches contre l’homosexualité, s’est démarquée dans un communiqué du "tapage" fait par des "associations qui veulent se faire de la publicité" en invoquant son nom, tout en qualifiant d’"inopportunes" les manifestations qui "nient la dignité de la famille chrétienne traditionnelle".
Mis en ligne le 23/05/2009
Homosexuels et malades du sida, cibles de la discrimination
Les homosexuels, les Roms et les malades du sida sont les premières victimes de la discrimination en Roumanie, tant à l’école et dans les administrations que dans les relations interhumaines, selon un sondage réalisé par l’institut Gallup Roumanie.
Soixante huit pour cent des personnes interrogées estiment ainsi que l’homosexualité est une "mauvaise chose" et 36% d’entre elles pensent qu’elle devrait faire l’objet de sanctions, allant de l’interdiction de certains droits (55%) à une amende (42%), voire une peine de prison (28%). En outre, environ deux tiers des sondés ne voudraient pas compter un homosexuel parmi leurs amis, voisins ou collègues de travail.
Même rejet à l’égard des séropositifs ou malades du sida, que près de 50% des Roumains ne veulent pas côtoyer, mais aussi à l’égard des personnes handicapées (pour environ 20% des Roumains). 29% des personnes interrogées estiment en outre que les enfants malades du sida devraient apprendre dans des classes séparées et 71% souhaitent que les adultes souffrant de cette maladie le déclarent publiquement.
Parmi les minorités ethniques, les Roms sont de loin le groupe le plus discriminé, 42% d’entre eux affirmant avoir été victimes de discriminations au cours des 12 derniers mois, à l’embauche, à l’école voire dans des bars, contre seulement 15% des Magyars (minorité hongroise) affirmant la même chose. Les Roms sont également rejetés par les Roumains, dont 44% considèrent qu’ils "ternissent l’image de la Roumanie à l’étranger", devant les hommes politiques (22%) et les délinquants (11%). Les membres de cette communauté sont par ailleurs qualifiés de "malhonnêtes" et "paresseux" par près de 50% des sondés.
Le sondage a été réalisé en juillet dernier pour le compte du Conseil national de lutte contre la discrimination (CNCD) sur un échantillon représentatif de 1.200 personnes.
Mis en ligne le 08/09/2008
Une télévision en ligne pour les homosexuels
Les homosexuels de Roumanie bénéficieront à partir du 1er octobre d’une télévision dédiée "à la vie et aux problèmes de la communauté gay", créée à Cluj par l’association antidiscrimination "Be an Angel" (Sois un ange), a-t-on appris mardi auprès des organisateurs.
La chaîne, baptisée Angelicuss TV et uniquement diffusée sur internet, "sera un moyen de communication tant au sein de la communauté gay qu’avec le public roumain dans son ensemble", a déclaré le directeur exécutif de l’ONG, Lucian Dunareanu.
Première télévision de ce type dans un pays majoritairement orthodoxe, où les relations entre homosexuels n’ont été dépénalisées qu’en 2001, Angelicuss TV "diffusera en ligne de la musique, des programmes d’information et de divertissement ainsi que des films à thème gay", selon son site internet.
Le public pourra ainsi suivre des programmes tels "Miss Travesty", GAYJournal" ou encore "Je suis différent", mais "pas de films pornographiques ou à caractère obscène", souligne-t-on de même source.
Mis en ligne le 27/08/2008
La Marche de la diversité de Bucarest s’est déroulée sans incident
La quatrième Marche de la diversité de Bucarest s’est déroulée cette année sans incident majeur grâce à la protection des forces de police plus nombreuse que l’an passé où des violences avaient eu lieu. Les quelque 2 à 300 manifestants de la marche 2008 étaient encadrés par 1 200 policiers. 43 contre-manifestants ont été arrêtés en marge de la manifestation.
Mis en ligne le 26/05/08
Les sénateurs interdisent le mariage homosexuel
Les sénateurs roumains ont formellement interdit mercredi les mariages homosexuels, en adoptant un amendement au code de la famille. Avant d’être définitivement adopté, ce texte doit encore être débattu par la Chambre des députés.
Selon le nouveau texte, "la famille est fondée sur le mariage librement consenti entre un homme et une femme", et non plus "entre époux", comme cela figurait dans le code en vigueur depuis 1953.
Les initiateurs de l’amendement, membres de quatre partis de la coalition au pouvoir comme de l’opposition, ont justifié cette modification par la nécessité de "défendre l’institution de la famille". "Pour le peuple roumain, pour la langue roumaine, le mariage a toujours été l’union entre un homme et une femme", a affirmé le sénateur social-démocrate Serban Nicolae, en assurant que cet amendement "n’enfreint aucune norme européenne".
Le sénateur de l’Union démocratique des Magyars (UDMR) Gyorgy Frunda a toutefois mis en garde contre l’"impact" de cet amendement, qui risque de valoir à la Roumanie des procès devant la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH) de Strasbourg et estimé que cette question ne devrait pas être tranchée en l’absence d’un débat approfondi avec la société civile. Gyorgy Frunda a par ailleurs rappelé que le "Parlement avait eu besoin de dix ans pour dépénaliser les relations homosexuelles, et ce uniquement à la suite des pressions du Conseil de l’Europe", en 2001.
Cet amendement, adopté par la commission juridique du Sénat la semaine dernière, avait aussitôt été critiqué par l’organisation Human Rights Watch, qui avait estimé qu’il représente une "menace à l’encontre des couples homosexuels et une insulte à l’adresse des progrès réalisés jusqu’ici par la Roumanie dans la lutte contre les discriminations".
Ce texte doit encore être débattu par la Chambre des députés.
Mis en ligne le 14/02/2008
La communauté gay dénonce l’idée de quartiers réservés aux homosexuels
Gigi Becali, le président du club de football du Bucarest -qui envisage d’être candidat à l’élection présidentielle roumaine de 2009- souhaite instaurer des quartiers réservés aux homosexuels, bien loin de ceux qu’on trouve dans les grandes métropoles des pays libres, puisqu’il voudrait y confiner la population LGBT. "Je vais créer des quartiers pour les homosexuels et les lesbiennes, pour qu’ils y restent et nous laissent tranquilles" a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse, le week-end dernier. "Une incitation à la violence", selon l’organisation LGBT roumaine Accept. Becali a également fait état de son intention de "fermer les clubs gay et les sex-shops qui ont proliféré dans toutes les villes".
Mis en ligne le 24//09/07
Cinéma : quand la Roumanie ose l’homosexualité
Avec « Love sick » de Tudor Giurgiu (en salles depuis le 25 juillet), le cinéma roumain aborde pour la première fois frontalement l’homosexualité à travers une idylle entre deux étudiantes. Si la démarche est courageuse et le film plein de qualités, il n’en pose pas moins des questions…
Pas plus que le reste de l’ancienne Europe de l’Est, la Roumanie n’est un paradis pour les gays et les lesbiennes. Et si l’homosexualité y a été dépénalisée en 2001, la question homo reste une des lignes de tension très fortes au sein de la société comme en témoignent les affrontements se déroulant chaque année lors des Gay Pride. La troisième édition de celle de Bucarest, début juin, a ainsi vu les 300 manifestants être l’objets d’innombrables quolibets et de jets de pierre malgré une imposante protection policière.
Dans ce contexte, qu’un film roumain ose prendre l’homosexualité pour sujet est d’autant plus courageux que « Love sick » le fait avec un assez étonnant naturel, évitant la plupart des clichés notamment celui si fréquent dans les films sur l’adolescence (en particulier féminine) où l’homosexualité n’est qu’un passage avant le retour à la raison, et donc à la norme hétéro. Ici, les deux héroïnes ont beau être des étudiantes et leur liaison passionnée a beau se diriger vers un échec inéluctable, rien ne laisse penser que la fin de cet amour « déviant » annonce pour la suite des désirs revenus dans le droit chemin.
Autre cliché habilement désamorcé par un film qui s’ingénie décidément à surprendre en installant dans la si traditionaliste Roumanie une vision de l’homosexualité assez proche de celle qu’on trouve en Occident : sa façon de ne jamais lier homosexualité et culpabilité. Pour Alex et Kiki, la nature de leur amour n’est jamais un problème et si elles le cachent, c’est parce qu’elles savent bien que pour leur famille comme pour le reste de la société roumaine, les choses sont moins évidentes. D’ailleurs, ce n’est ni la pression extérieure ni une quelconque difficulté à assumer leur homosexualité qui va provoquer la rupture entre les deux jeunes mais cette cause si fréquente (dans toutes les formes de couples) qu’est la perte de confiance de l’une en l’autre.
Ainsi, si « Love sick » comporte son lot de drames, de crises existentielles, de douleurs et de mal-être, il est assez sidérant de remarquer que l’homosexualité n’en est jamais la cause ! On peut penser sans grand risque de se tromper qu’il en serait allé très différemment si le film de Tudor Giurgiu avait pris des garçons pour héros, l’homosexualité masculine et sa représentation étant infiniment moins acceptables par les spectateurs. Pourtant, là encore, Tudor Giurgiu, en s’accommodant de cette contrainte, en contourne l’écueil principal auquel n’échappait pas un récent film serbe auquel « Love sick » fait parfois penser, « Respire ! » (sorti en DVD chez Antiprod) : celui de l’esthétisation sexy (à destination des spectateurs mâles) de la relation de tendresse et de désir entre les deux filles.
N’y a-t-il donc rien à reprocher à « Love sick » dans sa manière d’appréhender l’homosexualité ? Malheureusement si. Car pour faire passer la pilule de cet amour différent, le réalisateur le met en balance avec un tabou encore plus fondamental que l’homosexualité : la passion incestueuse dans laquelle se débattent Kiki et son frère Sandu. Manière presque subliminale de faire comprendre au spectateur que la citadine Kiki, tiraillée entre ces deux désirs hors normes, n’est elle-même pas très normale et qu’elle a en quelque sorte « contaminé » l’innocente campagnarde Alex. On le voit. Malgré les avancées indéniables qu’il propose, « Love sick » est loin d’être aussi clairement progressiste qu’il peut paraître au premier abord. N’empêche qu’avec ce film, un pas a été franchi en Roumanie : le premier d’une longue route…
"Love Sick" : le film
Etudiante à l’université de Bucarest, Alex quitte l’internat insalubre pour s’installer dans une chambre de l’appartement d’une vieille dame, dans un immeuble où vit également son amie Kiki. Entre les deux jeunes filles, l’amitié va peu à peu laisser place à une attirance amoureuse à laquelle elles se livrent sans réticences. Tout irait pour le mieux si Kiki n’entretenait pas, en parallèle, une relation conflictuelle avec son frère Sandu dont la jalousie dévorante laisse deviner des sentiments autres que purement fraternels. Lors d’un séjour à la campagne, tout éclate…
« Love sick », de Tudor Giurgiu, avec Maria Popistasu, Ioana Barbu, Tudor Chirila. Sortie le 25 juillet.
Mis en ligne le 26/07/07
Bucarest : 3ème Gay Pride sous la protection des forces de l’ordre
La troisième Gay Pride organisée en Roumanie depuis la chute du communisme a eu lieu samedi à Bucarest. 300 personnes y ont participé encadrées par 700 policiers et gendarmes.
Les forces de l’ordre avaient été mobilisées afin d’éviter les incidents de l’édition 2006 provoqués par des éléments d’extrême droite et des skinheads. Le déploiement policier a permis de contenir les opposants à la Gay Pride qui ont tout de même tenté d’agresser les manifestants par des jets de pierre et de pétards et des insultes, particulièrement sur la fin du parcours menant au Palais du Parlement. Les forces de l’ordre ont eu recours à des tirs de gaz lacrymogènes. Des dizaines d’interpellations ont eu lieu, selon le porte-parole de la police.
300 personnes environ ont défilé pendant une heure pour demander le respect des droits des minorités sexuelles ignorant les railleries tout au long de la marche. "La Roumanie a fait des progrès en terme de législation mais la société n’est pas encore au niveau de la loi, sans compter l’opposition de l’Eglise orthodoxe", a déclaré le révérend canadien Diane Fisher, qui oeuvre depuis cinq ans en faveur de la communauté homosexuelle en Roumanie. L’homosexualité a cessé d’être un délit en Roumanie en 2001.
Quelques 300 militants de l’extrême droite et des groupes de chrétiens, entonnant des chants religieux et brandissant crucifix et icônes, avaient défilé dans la matinée pour protester contre la marche gay. La contre-manifestation avait été marquée par quelques accrochages avec une vingtaine de sympathisants des droits des homosexuels, masqués et scandant "La Nouvelle Droite est fasciste". La police avait procédé à 14 interpellations.
Mis en ligne le 11/06/07
Dérapage homophobe du président Basescu
Le président roumain Traian Basescu s’est fait épingler samedi par toute la presse de Bucarest, pour avoir dérapé, en traitant de "pédé" un journaliste qui l’interrogeait pendant l’installation la veille des deux nouveaux chefs des services secrets.
Pourtant considéré comme un défenseur des droits des minorités sexuelles, Traian Basescu a ainsi été entendu par plusieurs journalistes, dire en aparté aux responsables du SRI : "comment un pédé comme ça peut-il croire pouvoir me tendre un tel piège ?".
"Gaffe politique", "dérapage", "mauvaise journée pour le chef de l’Etat" ou "langage présidentiel de banlieue", toute la presse de Bucarest a titré en Une samedi sur cette insulte à l’adresse d’un journaliste qui lui demandait s’il y avait encore des membres de la Securitate, l’ex-police politique communiste, dans les services secrets actuels.
L’association Accept, principale organisation de défense des minorités sexuelles du pays, "va analyser cette affaire avec ses juristes". "C’est une expression pour le moins malheureuse", a déclaré une responsable d’Accept. L’an dernier, Accept avait obtenu le soutien public du président Basescu à l’organisation du premier défilé gay ayant jamais eu lieu en Roumanie, alors que la mairie de Bucarest l’avait interdit dans un premier temps.
Mis en ligne le 09/10/06
Bucarest : une Gay Pride sous tension
La deuxième Gay Pride organisée en Roumanie depuis la chute du communisme a rassemblé samedi plus de 500 personnes à Bucarest dans une ambiance tendue, mais sans incidents majeurs.
Près de 50 personnes, dont des skinheads, des militants d’extrême droite ainsi que des supporters de l’équipe de football du Steaua Bucarest, qui voulaient perturber la marche ont été bloquées et interpellées par la police.
Les manifestants homosexuels ont défilé pendant une heure environ dans le centre de Bucarest sous les insultes et des jets d’oeufs encadrés par 200 policiers et gendarmes. La manifestation s’est dispersé au pied du Parlement, alors que des dizaines de membres des forces de l’ordre accompagnaient les groupes de manifestants jusqu’aux quais du métro.
"L’homophobie reste importante en Roumanie et la forte mobilisation des contre-manifestants en est la preuve. Nous remercions les policiers et les gendarmes pour leur travail exemplaire", a déclaré à la chaîne Realitatea TV le directeur de l’association roumaine de défense des minorités sexuelles, Accept qui a par ailleurs dénoncé "l’instigation à la haine de l’extrême droite, ainsi que par plusieurs personnalités publiques, telles le patron du club Steaua, l’homme d’affaires Gigi Becali, qui a publiquement proposé 2 millions d’euros pour aider à "éradiquer l’homosexualité en Roumanie".
L’église orthodoxe, majoritaire en Roumanie a protesté jeudi contre le défilé d’homosexuels, en appelant la population à "préserver la vertu des jeunes générations". Près de 200 membres de l’extrême droite et des groupes de chrétiens ont également défilé samedi matin dans la capitale roumaine exhortant les Roumains à "ne pas légaliser le blasphème" et à "perpétuer l’espèce humaine".
Mis en ligne le 05/06/06
chrétiens et extrême droite contre la Gay Pride de Bucarest
Des associations chrétiennes et d’extrême droite veulent faire barrage à la seconde Gay Pride roumaine prévue samedi à Bucarest. Ils comptent sur le soutien de l’Eglise orthodoxe.
Des associations chrétiennes et d’extrême droite ont dénoncé mercredi les initiatives "agressives" des "activistes homosexuels" roumains et ont appelé le patriarche orthodoxe Teoctist à intervenir pour empêcher la Gay Pride prévue samedi à Bucarest.
Les signataires de cet appel, parmi lesquels figure un mouvement d’extrême droite, dénoncent la "complicité des autorités", qui ont donné leur feu vert à la marche homosexuelle, et estiment que "l’absence de réaction de la part de l’Eglise devant un tel fléau, éloignera un grand nombre de fidèles". Afin d’enrayer "ce danger", elles appellent l’Eglise à "contester devant la justice la loi sur la dépénalisation des relations homosexuelles, à lancer dans les médias des campagnes contre l’homosexualité et à organiser des contre-manifestations".
Les auteurs de cet appel annoncent d’ailleurs qu’une "marche de la normalité" sera organisée samedi dans le centre de Bucarest, "en réponse à la marche de l’anormalité", prévue plus tard dans l’après-midi.
Une manifestation similaire, la première jamais organisée dans le pays, avait eu lieu l’année dernière dans la capitale roumaine, quelques heures seulement avant le premier défilé homosexuel jamais organisé dans ce pays, sans toutefois donner lieu à d’incidents majeurs.
Mis en ligne le 01/06/06
Les homosexuels roumains dénoncent la violence triomphante à Moscou
L’association de défense des minorités sexuelles en Roumanie, Accept, a dénoncé mardi "la violence triomphante" à la Gay Pride samedi à Moscou alors que Bucarest s’apprête à vivre sa seconde marche homosexuelle.
"Nous sommes inquiets de ce qui se passe en Europe de l’Est pour les minorités sexuelles, en Russie, mais aussi en Pologne et en Moldavie, où une manifestation gay a été interdite sous la pression de groupes religieux extrémistes", a déclaré à l’AFP le directeur d’Accept, Florin Buhuceanu. "Nous n’avons pas peur et comme l’an dernier, cela ne nous empêchera pas de manifester à Bucarest pour une égalité pleine et entière et le respect de nos droits constitutionnels à avoir une vie intime, familiale et privée", a-t-il ajouté.
Axée sur "l’égalité des droits, le mariage et le partenariat civil entre personnes du même sexe", une "Gay Fest" s’est ouverte mardi à Bucarest, avec des manifestations culturelles et des débats, ainsi qu’un défilé samedi prochain dans le centre de la capitale roumaine.
Un tout premier défilé gay avait rassemblé l’an dernier, sans incident majeur, plus de cinq cents personnes dans le centre de Bucarest, sous la surveillance de près de 200 membres des forces de l’ordre, particulièrement nerveuses et agressives. Ce premier défilé homosexuel avait reçu le soutien du président Traian Basescu et de la ministre de la Justice Monica Macovei, alors que la mairie l’avait dans un premier temps interdit, invoquant un manque de forces de l’ordre. L’homosexualité n’a cessé d’être punie par la loi en Roumanie qu’en 2001.
Selon un sondage publié fin janvier à Bucarest, les minorités sexuelles seraient la "cible favorite" des discriminations en Roumanie, devant la communauté tzigane (Rom) ou les personnes atteintes du sida. Près de 75% des Roumains interrogés seraient ainsi "profondément navrés" de découvrir qu’un membre de leur famille est homosexuel, alors que pour 37% d’entre-eux, la dépénalisation des relations homosexuelles a été "nuisible" pour la société.
Mis en ligne le 31/05/06
Europe : séminaire à Bucarest sur les mouvements homosexuels
Pour la première fois en Roumanie, un séminaire sur "les mouvements associatifs gays et lesbiens en Europe", a rassemblé à Bucarest des chercheurs et universitaires de plusieurs pays, notamment de Belgique et de France à l’invitation du mouvement Accept, principale organisation de défense des minorités sexuelles de Roumanie.
Mis en ligne le 03/10/05
lancement de la première revue homosexuelle
Le premier magazine homosexuel de Roumanie, un mensuel nommé Inklusiv, a été présenté mercredi à Bucarest par l’équipe rédactionnelle.
Inklusiv est tiré à 5.000 exemplaires et diffusé à partir de cette semaine dans les kiosques des principales villes roumaines. Le mensuel contient un supplément de 12 pages de l’association Accept, principale organisation de défense des minorités sexuelles en Roumanie, consacré notamment à la prévention du sida.
Comportant des rubriques de mode, culture, santé ou gastronomie, le mensuel fait sa Une sur la princesse roumaine Brianna Caragea, "devenue l’un des porte-drapeau de la défense des droits des minorités sexuelles" pour avoir manifesté en tête du premier défilé gay jamais organisé en Roumanie, dans le centre de Bucarest, il y a quelques mois.
Mis en ligne le 29/09/05
le chef de l’extrême droite sanctionné pour offense envers les homosexuels
Le Conseil national de lutte contre la discrimination (CNCD) a annoncé mercredi à Bucarest avoir sanctionné par un avertissement le chef de l’extrême droite, le sénateur Corneliu Vadim Tudor, pour "offense envers les homosexuels".
"M. Vadim Tudor a proféré des insultes à l’adresse de la communauté gay de Roumanie, en violation du droit à un traitement égal et à la dignité", a précisé un communiqué du CNCD. Le conseil a indiqué avoir pris cette décision à la suite des propos discriminatoires proférés par le chef de l’extrême droite sur plusieurs chaînes de télévision au mois de mai, à la veille de la première manifestation des minorités sexuelles jamais organisée en Roumanie. "Les Roumains ont su conserver de bonnes mœurs, alors que les homosexuels sont des anomalies qui n’ont qu’à vivre dans le péché mais sans qu’ils sortent du placard", avait-il affirmé lors d’un entretien.
Généralement qualifié de "xénophobe" et d’"antisémite" par ses détracteurs, Vadim Tudor, président du Parti de la grande Roumanie, "fait pour la première fois l’objet d’un avertissement de la part du Conseil anti-discrimination", de la part du CNCD.
Mis en ligne le 25/08/05
le Président soutient une manifestation gay à Bucarest
La mairie de Bucarest est revenue jeudi sur sa décision d’empêcher une marche gay, autorisant finalement ce défilé, après une intervention du président roumain Traian Basescu, favorable à cette manifestation.
La mairie qui avait justifié son refus initial par un manque d’effectifs de la gendarmerie, a précisé jeudi "disposer de suffisamment de forces d’ordre" pour assurer la sécurité de la manifestation, prévue samedi dans le centre de Bucarest. "Dans un premier temps, nous avons empêché cette marche, car, les manifestants ne l’avaient pas bien préparée dans ses détails. Ils n’ont même pas été capables d’estimer le nombre de participants", a déclaré à la presse le secrétaire général de la mairie, Dumitru Stanescu, en affirmant que la municipalité de Bucarest "n’a rien contre les homosexuels".
La principale association de défense des droits des homosexuels de Roumanie, Accept, avait dénoncé mercredi la "discrimination" de la municipalité et annoncé qu’avec ou sans autorisation, cette marche, la première du genre en Roumanie depuis la chute du communisme en 1989, aurait bien lieu.
Le président roumain Traian Basescu a apporté jeudi son soutien au défilé des homosexuels, affirmant que le refus de la mairie d’autoriser cette marche, était "une erreur", qui se traduirait "par un retour de 20 ans en arrière". La ministre de la Justice Monica Macovei a de son côté estimé que cette manifestation "devait avoir lieu" et que "l’insuffisance des forces de l’ordre n’est pas un argument" pour l’interdire.
Plusieurs organisations ont déjà prévu des contre-manifestations ce même samedi. Ex parti humaniste (PUR), le Parti Conservateur, membre de la coalition au pouvoir, a ainsi annoncé pour ce jour là, une marche de la "normalité", visant à "défendre les valeurs chrétiennes et la famille".
Mis en ligne le 27/05/05
l’homophobie dans les élections
La campagne électorale s’envenime en Roumanie, à moins d’une semaine des législatives et de la présidentielle prévues dimanche. Et à ce niveau, tous les dérapages -en particulier homophobes- sont bons pour gagner des voix. A bout d’arguments certains candidats attaquent leur adversaire sur le thème de l’homosexualité dans un pays où cette question est encore largement taboue.
Ainsi une affiche montre une photo de deux hommes s’embrassant ave le slogan "La sodomie sauve la Roumanie", a côté d’une image d’un des candidats. Cette attaque fait allusion à une récente déclaration de ce dernier, se disant favorable au mariage homosexuel. Le thème de l’homosexualité est également repris dans un encart publicitaire diffusé par un quotidien roumain accusant un candidat de soutenir les mariages entre homosexuels. "Les Roumains disent NON", réplique la publicité du journal.
Mis en ligne le 23/11/04
vers une exclusion des enseignants gays
Des enseignants homosexuels pourraient être exclus des écoles et universités roumaines. Selon un document rédigé par le ministère de l’Education roumain, les "troubles d’orientation sexuelle" font partie des " maladies psychiques incompatibles avec le statut d’enseignant ". L’association Accept, qui défend les droits des homosexuels, ainsi que plusieurs autres associations de défense des droits de l’Homme sont en alerte.
Accept entend qu’une clarification soit faite entre homosexualité et troubles sexuels déviants. Pour l’association, toute assimilation serait une porte ouverte à des mesures discriminatoires à l’encontre des homosexuels qui constituerait une violation de la Constitution.
En cas de discrimination avérée, la Ligue Pro-Europa saisira immédiatement la Cour européenne des droits de l’Homme. De plus, le Conseil national anti-discrimination a décidé de faire des "vérifications" afin d’établir si le ministère a respecté la législation lors de la rédaction du document. Devant les remous suscités par le document incriminé, le ministère de l’Education se défend en disant qu’il faisait allusion au "fétichisme, sadomasochisme et (à la) pédophilie".
Mis en ligne le 24/08/04

