Concert pour tous mardi 21 mai à la Bastille !
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Concert pour tous mardi 21 mai à la Bastille !
Têtu par Marie Billon 02 juin 2012,
REVUE DE PRESSE. A l’occasion du jubilé de diamant de la reine Elizabeth II ce week end, le célèbre militant britannique publie une tribune accusatrice : la souveraine mépriserait ses sujets LGBT…
La reine d’Angleterre serait-elle homophobe ?
« Oui » répond l’activiste Peter Tatchell, dans une tribune publiée dans The Guardian.
« Elle n’est peut-être pas une homophobe acharnée mais son silence sur les questions LGBT montre qu’elle n’est pas gay-friendly », explique-t-il en entamant son billet accusateur.
« La Monarchie est homophobe. Si elle ne l’est pas consciemment, elle l’est de fait ».
Sujets honnis
Jamais, explique le militant, durant ses 60 ans de règne, Elizabeth II n’a évoqué la communauté LGBT, jamais elle n’a « admis leur existence ».
« Si l’on en juge par son silence, nous sommes ceux dont le nom est honni.
Que cette omission provienne des opinions personnelles de la reine, ou qu’elle soit le résultat des conseils de ses courtisans, en tant que Monarque, c’est sur elle que repose la responsabilité.
Son silence envoie un message d’irrespect et d’exclusion ».
Au début du mois, lors de son discours devant le parlement, elle n’a pas mentionné les consultations pour le mariage gay.
Mais cette absence ne peut lui être imputée directement, car c’est le gouvernement qui a écrit son texte.
Aucune bonne cause LGBT Il est vrai cependant que la souveraine a souvent salué le multiculturalisme qui fait l’identité britannique, mais elle n’a, selon Peter Tatchell, jamais évoqué la diversité des orientations sexuelles.
Pour être le symbole de l’unité nationale, la reine doit garder secrètes ses convictions personnelles.
Son rôle se résume d’ailleurs souvent aux inaugurations et aux patronages. Or, « aucune des bonnes causes qu’elle défend n’est liée à la communauté gay » souligne l’activiste.
Valets homos
Très souvent, la souveraine a visité les victimes d’attaques ou d’agressions. Mais elle n’a fait aucun geste après l’attentat commis dans le pub gay,
L’Amiral Duncan, en plein cœur de Soho en 1999.
Trois personnes avaient pourtant été tuées et 70 autres blessées, rappelle Peter Tatchell.
Dans son émission « Secrets d’Histoire », diffusée sur France 2 la semaine dernière, Stéphane Bern explique que la reine est une femme très ouverte parce qu’elle a de nombreux valets homosexuels.
Un argument que l’activiste rejette avec dédain. « Cela ne vaut pas mieux qu’un riche qui dirait qu’il n’est pas raciste parce qu’il a du personnel noir ».
William et Kate Peter Tatchell ne reconnaît qu’un seul effort manifesté par Buckingham Palace en 1995, lorsqu’il a permis aux employés homosexuels du palais de venir au bal de Noël avec leur compagnon.
L’activiste conclut finalement son billet en demandant :
« Combien de temps encore la communauté LGBT devra-t-elle attendre la reconnaissance et l’acceptation royales ? ».
Les générations suivantes ne rassurent pas vraiment Peter Tatchell.
L’an dernier, lors de leur mariage, il avait interpellé le Prince William et Kate Middleton, en leur demandant de soutenir le mariage gay. Là encore, la seule réponse fut le silence.
http://tv.yagg.com/2012/04/25/royau…
En mars dernier, le ministère de l’Intérieur britannique a lancé une consultation sur l’ouverture du mariage civil à tous les couples, afin de lever l’interdiction au mariage civil pour les couples de même sexe.
C’est dans ce cadre qu’un court métrage de sensibilisation à l’égalité du droit au mariage, produit par la Coalition for Equal Marriage, est diffusé à partir d’aujourd’hui.
Réalisé par Mike Buonaiuto, Homecoming (le retour à la maison) met en scène des soldats de l’armée britannique retrouvant leurs proches.
Sur le tarmac, l’émotion est palpable. Une jeune femme se jette dans les bras de son mari.
Derrière elle, un soldat aperçoit son compagnon. Les deux hommes s’étreignent passionnément, avant que l’un des deux ne pose un genou à terre et ne fasse sa demande en mariage, alliance à la main.
La vidéo se termine sur ces quelques mots : « All men can be heroes, All men can be husbands. End marriage discrimination » (« Tous les hommes peuvent être des héros. Tous les hommes peuvent être des époux. Mettez fin à la discrimination »).
« J’aimerais épouser mon partenaire depuis presque cinq ans, et la célébration de notre engagement ne devrait pas avoir ni plus ni moins de sens que pour n’importe quel autre couple hétéro », a déclaré le réalisateur Mike Buonaiuto dans une interview sur Pinknews.co.uk.
J’ai fait ce film pour promouvoir le changement et aussi inciter les gens à utiliser leur créativité pour soutenir l’égalité, participer à l’histoire, et ne pas la regarder passivement sans rien faire. »
Mi-avril, Gaystarnews.com diffusait un making-of de la vidéo en forme de teaser
En plein débat sur la légalisation du mariage en Grande-Bretagne, une école catholique a tenté de mobiliser ses élèves autour d’une pétition hostile.
E-llico.com
Mis en ligne le 26/04/2012
Les élèves - âgés de 11 à 18 ans - d’une école catholique du sud de Londres ont été invités à manifester leur opposition à la proposition du gouvernement britannique d’ouvrir le mariage aux couples homosexuels à travers une pétition.
Selon une élève de l’école Saint Philomena, la directrice de l’établissement les a encouragé à signer une pétition contre la réforme promise par le gouvernement de David Cameron après une réunion sur le sujet au cours de laquelle elle leur a expliqué combien le projet de loi était dangereux et que les unions homosexuelles étaient "contre-nature".
Selon la jeune fille, "c’était une présentation vraiment désuète et fortement biaisée" et l’exposé a provoqué des remous dans l’assistance.
"Il y a plusieurs étudiantes dans mon année qui ne sont pas hétéro, et c’est aussi mon cas. J’ai été atterrée et dégoûtée pa ce qu’ils encourageaient.
En fait, ils ont incité des gens influencables à la discrimination. C’est inacceptable".
Cette initiative fait suite à un appel du réseau des écoles catholiques d’Angleterre et du Pays de Galles à ses 359 établissements les incitant à faire leur "devoir" en s’assurant "que le véritable sens du mariage ne soit pas perdu pour les générations à venir".
Egalement contacté par le site LGBT PinkNews, la Coalition pour le mariage s’est montrée embarrassée par la révélation de cette affaire.
Du côté des partisans de l’ouverture du mariage, on parle de "propagande abusive".
"Ces enfants ont été utilisés et manipulés sans vergogne pour servir les objectifs de la droite religieuse, très probablement à l’insu de leurs parents", a estimé pour sa part la Coalition pour l’égalité devant le mariage.
Selon certains avis, l’école Saint Philomena pourrait avoir violé sa mission d’enseignement public, et s’exposerait à des sanctions dans la mesure où la loi britannique sur l’éducation interdit la promotion d’opinions politiques.
Têtu par Raphaël Moreaux 17 avril 2012,
REVUE DE PRESSE.
Un édito publié sur le site du « Daily Mail », intitulé « l’homosexualité est une déviance… », a été supprimé après avoir provoqué l’indignation des activistes LGBT au Royaume-Uni.
L’actuelle consultation du gouvernement britannique sur la légalisation du mariage gay, et la récente interdiction d’une campagne publicitaire clairement homophobe sur les bus londoniens agitent les milieux chrétiens et ultraconservateurs anglais.
Nouvelle illustration avec un article d’opinion d’Alexander Boot, écrivain, journaliste et conservateur revendiqué, paru sur le site du Daily Mail, intitulé : « l’homosexualité est une déviance par rapport à la norme ».
« Propagande homosexuelle »
C’est le site anglais PinkNews qui pointe du doigt cette publication qui a soudainement disparu du site, mais qui est toujours consultable sur le blog personnel d’Alexander Boot.
L’auteur y réagit à l’interdiction de la campagne de publicité considérée comme homophobe sur les bus londoniens.
Il ironise sur la capitale britannique qu’il décrit « si tolérante qu’elle pourrait être jumelée à Sodome » et dénonce une « propagande flagrante de l’homosexualité ».
On croit souffler un peu plus loin lorsqu’Alexander Boot reconnaît qu’il est « probablement exact » que les gens naissent homosexuels et que « toute personne éduquée sait bien qu’il ne s’agit pas d’une maladie », mais son homophobie ne fait plus de doutes lorsqu’il enchaîne aussitôt :
« c’est cependant, une aberration », « une déviation par rapport à ce qui est normal, et désirable ».
Appels à porter plainte
Comparant les homosexuels à des kleptomanes, il écrit que l’on peut « légitimement leur demander de contrôler leurs tendances aberrantes ».
Et la religion vient appuyer cette exigence : « le christianisme serait négligent s’il ne demandait pas aux gays d’essayer de changer ».
Si l’article d’Alexander Boot se veut d’abord une promotion de la liberté d’expression face à une soi-disant propagande homosexuelle, il n’a pas tardé à faire réagir les activistes LGBT anglais.
De nombreux lecteurs de PinkNews et des internautes ont créé une page Facebook appelant à porter plainte contre Alexander Boot sur deux aspects de sa tribune : « l’introduction de fausses statistiques » (l’écrivain parle d’1% d’homosexuels dans le monde, la vérité serait plus proche de 6%) et « les commentaires péjoratifs et la condamnation de l’homosexualité qui peuvent amener les personnes concernées à porter plainte ». Outre le retrait de l’article, le Daily Mail a refusé de s’exprimer sur le sujet.

Publié par Maëlle Le Corre
Le ministère de l’Intérieur britannique vient de lancer une consultation concernant le projet d’ouverture du mariage civil pour les couples de même sexe en Angleterre et au Pays de Galles.
« Nous lançons aujourd’hui cette consultation pour aller chercher vos points de vue sur la façon dont nous pouvons supprimer l’interdiction pour les couples de même sexe d’avoir un mariage civil de manière à ce que tout le monde soit satisfait », peut-on lire dans l’avant-propos signé des instigatrices du projet, la secrétaire d’État à l’Intérieur et secrétaire d’État chargée des Femmes et de l’Égalité Theresa May (ci-dessus), et la ministre de l’Égalité Lynne Featherstone.
Les propositions de cette consultation sont : • permettre aux couples de même sexe de se marier à travers des cérémonies civiles, • maintenir les partenariats civils pour les couples de même sexe, incluant la possibilité de faire l’inscription du partenariat civil dans les lieux de culte (sur la base du volontariat et en conservant l’interdiction qu’aucun élément religieux ne fasse partie de l’inscription), • autoriser les trans’ à changer leur genre légal sans être contraint-e de mettre un terme à leur mariage ou partenariat civil, • ne faire aucune modification sur la façon dont les mariages religieux sont officialisés.
Composée de 16 questions, la consultation est accessible en ligne sur le site du ministère de l’Intérieur et s’adresse à tou-te-s les Britanniques, plus particulièrement à ceux/celles qui ont contracté-e un mariage ou un partenariat civil, ou qui projettent de le faire.
Sont aussi sollicitées les organisations LGBT, ainsi que les organisations religieuses, familiales et administratives.
PAS DE PARTENARIAT CIVIL POUR LES COUPLES HÉTÉROS
Après le lancement de la consultation, le militant Peter Tatchell n’a pas tardé à réagir sur le site PinkNews.
S’il salue l’initiative du gouvernement, certains points sont selon lui encore sujets à discrimination.
Il signale en effet une inégalité que subissent les couples de sexe opposé, puisque le partenariat civil leur est toujours refusé : « Je suis déçu que Stonewall et la Coalition for Equal Marriage ne soutiennent pas le droit pour les couples hétérosexuels de conclure un partenariat civil. C’est égoïste.
Beaucoup d’hétérosexuel-le-s font campagne avec nous pour l’égalité du droit au mariage.
Nous devons maintenant leur rendre la pareille en soutenant l’accès des hétérosexuel-le-s au partenariat civil s’ils/elles le souhaitent ».
PAS DE MARIAGE RELIGIEUX POUR LES COUPLES HOMOS
Quelques jours plus tôt, Theresa May a réaffirmé dans le quotidien anglais The Times sa volonté d’ouvrir le droit au mariage à les couples, quelles que soient les opinions des institutions religieuses.
Cependant un autre point de sa déclaration risque de susciter des désaccords : « Selon nos plans, aucun-e église, mosquée, temple, synagogue ou autre établissement religieux ne sera forcé de célébrer des cérémonies de mariage de couples de même sexe – en fait, ils ne seront pas autorisés à le faire, même s’ils le veulent. Un mariage religieux pour un couple homo restera illégal ».
Pourtant plusieurs groupes religieux ont déjà officiellement fait part de leur volonté de célébrer des cérémonies de mariage de couples gays et lesbiens.
Sur ce point, Peter Tatchell a lui aussi réagi : « Ayant autorisé l’an dernier des organisations religieuses à accueillir des partenariats civils dans des lieux de culte, il semble incohérent de leur refuser aujourd’hui la possibilité d’accueillir des mariages de couples de même sexe ».
Le Conseil du culte musulman de Grande-Bretagne s’oppose à l’égalité du mariage pour les gays, affirmant que cette mesure est "inutile et inefficace".
E-llico.com
Mis en ligne le 20/03/2012
Après l’Eglise anglicane et l’Eglise catholique, le Conseil du culte musulman de Grande-Bretagne s’oppose à l’égalité du mariage pour les gays, affirmant que cette mesure est "inutile et inefficace".
L’organisation a déjà exprimé son soutien à l’Église d’Angleterre quand ses dirigeants se sont prononcées contre l’égalité du mariage pour les couples homosexuels, se référant à la colonne par la voix du cardinal Keith O’Brien.
Le Conseil du culte musulman compte 500 organisations affiliées à travers le Royaume-Uni.
Murad Farooq, son secrétaire général, a déclaré : "Nous sommes opposés à toutes les formes de discrimination - y compris l’homophobie - mais redéfinir le sens du mariage est à notre avis inutile et inefficace".
"Avec l’avènement des partenariats civils, les couples homosexuels et hétérosexuels ont maintenant des droits égaux aux yeux de la loi, a-t-il souligné.
Par conséquent, à notre avis, changer la définition du mariage tel qu’il est preçu dans le temps et dans toutes les cultures, est particulièrement imprudent".
Le secrétaire du Conseil du culte musulman a rappelé que l’Islam définit le mariage comme "une union entre un homme et une femme" et que des unions de même sexe ne pouvaient donc pas être bénies comme le mariage par les institutions islamiques. Le gouvernement de coalition conservateurs-libéraux, au pouvoir en Grande-Bretagne, s’apprête à légaliser le mariage pour les couples de même sexe. La ministre de l’Egalité a fait savoir que cette réforme serait appliquée malgré l’opposition des différentes religions - anglicans, catholiques et musulmans.
Têtu par Marie Billon 23 février 2012,
Alors que le gouvernement britannique va lancer des consultations dans quelques semaines, une campagne religieuse s’organise pour lutter contre la légalisation du mariage homo.
Le gouvernement britannique n’a pas encore commencé à travailler sur la légalisation du mariage gay (il démarrera les consultations en mars), que les esprits s’échauffent déjà.
Lundi dernier, une campagne et une pétition ont été lancées par Lord Carey, parlementaire et ancien archevêque de Canterbury, la fonction la plus haute dans l’Eglise anglicane après la reine.
En trois jours à peine, la Campaign for Marriage (C4M, « Campagne pour le mariage ») a reçu plus de 30.000 signatures.
Les auteurs de la pétition estiment que le partenariat civil, réservé aux homos et ouvrant les mêmes droits que le mariage, n’est pas une « discrimination ».
En revanche, « le mariage reflète la complémentarité de l’homme et de la femme. (…) Personne n’a le droit de (le) redéfinir.
S’il est redéfini aujourd’hui, qui empêchera qu’un jour il soit à nouveau modifié pour permettre la polygamie ? », peut-on lire sur le site.
Les signataires connus de la pétition sont majoritairement des membres d’organisations religieuses, mais on y trouve aussi des parlementaires conservateurs et travaillistes.
61% des Chrétiens pour « l’égalité totale des droits »
Si la principale fronde est menée par les chrétiens, un sondage, paru la semaine dernière, montre que tous ne sont pas opposés au mariage gay.
La Fondation Richard Dawkins a posé la question à plus de 1.000 chrétiens, et 61% d’entre eux ont estimé que les homos « devraient avoir les mêmes droits, dans tous les éléments de leurs vies, que les hétérosexuels ».
Des résultats qui ressemblent beaucoup à ceux du dernier sondage effectué auprès de la population britannique, sans critère de religion.
En 2009, l’Institut Populus avait estimé que 68% seraient en faveur de « l’égalité totale des droits » pour les homos.
La secrétaire d’Etat à l’Egalité, Lynne Featherstone, a tenu à préciser : « Nous ne changeons pas le mariage religieux, nous ne demandons pas aux groupes religieux d’aller contre leurs traditions. »
La bénédiction religieuse des partenariats civils, légalisée en décembre dernier, n’est effectivement imposée à aucun lieu de culte.
L’Eglise anglicane a d’ailleurs interdit à ses églises de la pratiquer, et fin janvier, l’évêque d’York, John Sentamu, avait dit de David Cameron qu’il agirait « comme un dictateur » s’il légalisait ces unions.
Le nom du prélat n’est cependant pas sur la liste des signataires de la pétition du C4M.
Les Lords conservateurs
En plus du soutien de la société, le Premier ministre, David Cameron, aura le soutien de ses partenaires de coalition, les libéraux-démocrates, et de l’opposition travailliste.
Un équilibre quasi-inédit qui sera peut-être en faveur de la loi dans la Chambre basse, mais qui tiendra difficilement à la Chambre haute.
Les Lords, dont fait partie le fondateur de C4M et cinq autres signataires de sa pétition, sont réputés très conservateurs.
_ La campagne C4M est notamment moquée par l’association LGBT Stonewall : « Nous recommandons vivement à toute personne qui serait en désaccord avec le mariage entre gens du même sexe de ne pas se marier avec une personne du même sexe ! »
Têtu par Marie Billon 21 février 2012,
Les termes de l’Equality Act, la loi sur l’égalité de 2010, conduisent en Grande-Bretagne à un étrange paradoxe.
Les écoles peuvent promouvoir l’homophobie en classe mais doivent la punir en cours de récré…
Les écoles Britanniques doivent réprimer les actes homophobes.
En revanche, rien ne leur interdit d’encourager l’homophobie.
Un beau paradoxe.
C’est pourtant ce qu’a affirmé le ministre de l’Education, Michael Gove, la semaine dernière.
Début 2012, le président de la Fédération des syndicats britanniques (TUC) a interpellé le ministre.
Il venait d’appendre qu’un livret homophobe avait été distribué dans une école du Lancashire, au nord de l’Angleterre, par un pasteur américain en 2010.
La réponse du ministre a été claire : « La clause de l’Equality Act de 2010, qui condamne toute discrimination basée sur (…) l’orientation sexuelle, ne s’applique pas aux enseignements.
Tout support utilisé dans les cours d’éducation sexuelles et relationnelles ne sont, par conséquent, pas soumis à cette clause ».
Les écoles peuvent donc légalement s’appuyer sur des textes condamnant l’homosexualité, comme ce livret : « Masculinité pure : comment devenir l’homme que Dieu veut que tu deviennes ».
A l’intérieur on peut y lire : « L’acte homosexuel est une maladie, (il va) à l’encontre du projet de Dieu ».
« L’acte homosexuel est une maladie »
Les Faith Schools (écoles religieuses), qui sont environ au nombre de 8.000 au Royaume-Uni, sont donc contraintes à l’hypocrisie puisqu’elles peuvent enseigner que l’homosexualité est condamnable mais doivent punir l’élève qui maltraite un de ses pairs à propos de sa sexualité réelle ou supposée.
Toutes les écoles du pays, religieuses ou laïques, sont dans la même situation.
Pour Tony Fenwick, co-président de l’association « LGBT History Month », la déclaration du ministre signifie que « les établissements peuvent échapper à la loi et discriminer les personnes LGBT à travers leurs enseignements ».
Selon le Guardian, la controverse actuelle prouve que l’éducation sexuelle n’est pas encadrée de façon cohérente au Royaume-Uni.
Le quotidien ajoute qu’un programme visant à en définir les objectifs a été mis au panier avec le changement de majorité, en mai 2010.
Deux tiers des élèves gays victimes d’actes homophobes
Le Premier ministre David Cameron avait pourtant, lors de la campagne, estimé que les écoles devaient enseigner « l’importance de l’égalité, qu’on soit homo ou hétéro ».
Le Syndicat national des enseignants britanniques avait, au printemps dernier, dénoncé le manque d’efforts effectués par les Faith Schools pour condamner l’homophobie : « Certaines de ces écoles se pensent au-dessus des lois et agissent en fonction de leurs croyances religieuses ».
Selon l’association LGBT Stonewall, deux-tiers des élèves gays du pays auraient été maltraités à cause de leur sexualité, et 41% d’entre eux auraient été agressés physiquement.
Têtu par Marie Billon 31 janvier 2012,
Un journaliste britannique a piégé une psychothérapeute qui disait pouvoir l’aider à changer d’orientation sexuelle.
L’appel interjeté par Lesley Pilkington auprès de l’Association britannique des conseillers et psychothérapeutes est entendu mercredi.
Pour la première fois en Grande-Bretagne, une psychothérapeute pourrait être définitivement déchue de sa licence pour avoir pratiqué des thérapies de traitement de l’homosexualité.
Lesley Pilkington a été condamnée au printemps dernier par l’Association britannique des conseillers et psychothérapeutes (BACP), l’organisme indépendant accréditant ces professions.
Elle a perdu sa licence mais a fait appel, avec l’aide du Centre chrétien d’aide juridique qui assurait sa défense. L’audience reprend ce mercredi.
« Une maladie mentale, une addiction, un phénomène anti-religieux »
La psychothérapeute qui exerce depuis 20 ans a été piégée en 2009 par un journaliste ouvertement homosexuel et spécialisé dans les droits de l’homme. Patrick Strudwick est venu à la séance avec un micro attaché sur le ventre.
Le journaliste lui aurait notamment demandé si elle voyait l’homosexualité comme une « maladie mentale, une addiction ou un phénomène anti religieux ».
« C’est un peu de tout ça » aurait-elle répondu ajoutant qu’on devient gay à la suite de « gros traumatismes ».
L’enregistrement en main, Patrick Strudwick a reporté l’incident auprès du BACP.
L’association a jugé cette thérapie « absurde », et le Royal College of Psychiatrists a ajouté qu’elle « promouvait les discriminations ».
A l’audience, devant un panel d’experts, Mme Pilkighton a défendu son traitement appelé « tentative de changement d’orientation sexuelle » (Sexual Orientation Change Efforts, SOCE).
Cette technique venue des Etats-Unis propose notamment des « week-ends entre hommes hétérosexuels destinés à développer sa masculinité » avant de pouvoir « entamer des relations saines avec des femmes », a-t-elle expliqué.
Elle aurait aussi conseillé à Patrick Strudwick de « jouer au rugby, de s’abstenir de se masturber et de ne plus fréquenter ses amis gays ».
Entre 50 et 100 psys
Mme Pilkington s’est lancée dans cette méthode il y a dix ans pour « aider » son fils.
« Il est hétérosexuel mais il a un problème d’homosexualité » a-t-elle analysé.
Elle estime depuis avoir traité avec succès environ un gay par an.
Selon Andrea Williams, la directrice du Centre chrétien d’aide juridique, il y aurait « entre 50 et 100 psychothérapeutes » proposant cette thérapie au Royaume-Uni.
L’audience a été ajournée le 18 janvier après que le Centre a accusé Patrick Strudwick d’avoir menacé leur témoin clef, « un expert international » de cette thérapie.
Le journaliste nie. Mme Williams estime cependant que le BACP a manqué à ses devoirs en rendant son jugement avant d’avoir entendu « les bénéfices de cette thérapie ».
Soutien de l’Eglise anglicane
Quel que soit la décision finale du BACP, Mme Pilkington ne sera pas interdite d’exercer.
En Grande-Bretagne, n’importe qui peut se dire psychothérapeute.
Malgré cela, l’affaire connait un grand retentissement outre-manche notamment parce que Mme Pilkington vient de recevoir le soutien de figures importantes de l’Eglise anglicane, toujours en proie à des tensions internes sur le sujet de l’homosexualité.

"Du refus de l’égalité des droits découlent l’infériorisation, la discrimination et la haine." SOS-Homophobie