Têtu par Alexis Puzyrev 14 mars 2011
Lors d’une rencontre à domicile, les joueurs des Sheffield Eagles arboraient hier sur leur maillot un message de lutte contre l’homophobie.
Une première dans une équipe professionnelle, qui a recueilli de nombreux soutiens, attendus ou plus surprenants…
Corey Hanson, l’un des « Aigles » de Sheffield, ci-dessous en compagnie de Mitch Stringer.

Sheffield Eagles : 16, Widnes Vikings : 44.
Mais qu’importe la défaite à domicile de l’équipe de rugby à XIII de Sheffield.
On retiendra surtout leur beau geste : les joueurs arboraient hier au cours de leur match un maillot portant la mention : « Homophobia : Tackle It ! » (l’homophobie, plaque-la !).
« Fier »
C’est la première fois qu’une équipe professionnelle, et d’un sport très populaire, s’engage aussi visiblement contre l’homophobie au Royaume-Uni.
Les maillots étaient en outre sponsorisés par le LGBT history month (un progamme de sensibilisation à l’homosexualité dans les écoles, lire notre article), Pride Sports, avec le soutien de l’Union nationale des professeurs, et le University & College Union.
Et cette prise de position a reçu de nombreux soutiens, dont celui de Gareth Thomas, le talentueux joueur de rugby qui fit son coming out en 2009.
« Je suis vraiment fier de faire partie d’un sport qui avance si activement dans le domaine de la lutte contre les discriminations.
Je voudrais féliciter les Sheffield Eagles d’être en première ligne pour lutter contre l’homophobie et la transphobie dans la Ligue de rugby et dans le sport » a déclaré le rugbyman, qui pratique aussi le jeu à XIII dans le club gallois des Crusaders.
« Incroyable »
Ian Roberts, qui fut le premier joueur de ballon ovale à faire son coming out en 1995, s’est lui aussi réjoui : « La décision de Sheffield est incroyable, ils méritent une grande considération.
Ce genre d’initiative a mis du temps à venir, et c’est formidable de voir un club de la Ligue de rugby faire le premier pas.
Avec un peu de chance, cela montrera à tous les jeunes enfants qui cherchent des modèles dans le monde du sport qu’il y a des gens qui les soutiendront sans s’arrêter sur leur sexualité » a espéré l’Australien.
Sa propre sortie de placard il y a quinze ans, peu avant de mettre fin à sa carrière, avait secoué le monde du sport.
De son côté, le cricketer Steven Davies, qui a fait son coming out il y a quelques semaines seulement, s’est aussi félicité de cette initiative.
« Il peut y avoir une pression supplémentaire dans le sport, tellement le nombre de personnes qui sont sorties du placard est faible.
Alors c’est génial que la Ligue de Rugby ait franchi ce pas ! »
Un autre soutien, moins sportif, est venu de Los Angeles, où se trouvait Elton John lorsqu’il a appris la nouvelle.
Il s’est déclaré « ravi » dans un message adressé aux Eagles. « Je crois qu’un énorme pas en avant vient d’être accompli, alors que la Ligue de rugby reconnaît la diversité de la sexualité humaine.
Je félicite tous ceux qui participent à cette initiative » écrit Lord Elton, en concluant par un affectueux « Bonne chance et de l’amour ! »
Homophobie : Ben Cohen lance le site internet de son association
Têtu par Jordan Grevet 05 août 2011,
Après avoir créé son association de lutte contre l’homophobie, l’ancien rubgyman britannique Ben Cohen a inauguré cette semaine le site internet de la Ben Cohen StandUp Foundation afin de récolter des fonds pour venir en aide aux LGBT victimes de harcèlement.
« J’ai perdu mon père à cause de violences lorsqu’il a voulu défendre un collègue gay qui se faisait attaquer ».
C’est avec cette phrase que Ben Cohen présente son engagement pour la cause homosexuelle sur le site internet de la Ben Cohen StandUp Foundation, qui a ouvert ses portes mercredi.
Depuis qu’il a raccroché ses crampons en mai dernier, l’ancien rugbyman britannique n’a plus qu’un seul but : sensibiliser ses concitoyens aux problèmes d’homophobie et de harcèlement dont sont victimes les LGBT.
« Lutter contre l’homophobie et le harcèlement dans le milieu sportif est une véritable passion pour moi », explique Ben Cohen, qui est l’un des premiers sportifs hétérosexuels de renommée internationale à mettre sa notoriété au service de la communauté gay.
C’est la raison pour laquelle il a créé la Ben Cohen StandUp Foundation, une association dont le but est de venir en aide à toute personne se sentant victime de harcèlement de par son orientation sexuelle.
« Il est temps de défendre cette juste cause et soutenir les gens qui souffrent », continue le sportif.
Ben Cohen invite ainsi les internautes à faire un don et/ou se procurer le t-shirt de l’association pour 30 dollars, une somme qui sera entièrement reversée au profit de la Ben Cohen StandUp Foundation.
« Tolérance et acceptation »
Dans un entretien avec les internautes de TETU il y a quelques semaines, Ben Cohen affirmait avoir eu l’idée de créer son association après avoir constaté les dégâts que pouvait avoir le harcèlement sur ses fans.
« Ces dernières années, j’ai eu la chance d’avoir de plus en plus de gays parmi mes fans et beaucoup d’entre eux m’ont raconté des histoires souvent très douloureuses d’homophobie, comment ils étaient harcelés quand ils étaient jeunes simplement parce qu’ils étaient perçus comme différents », déclarait le rugbyman, champion du monde avec l’équipe d’Angleterre en 2003.
« Certains d’entre eux ont été poussés jusqu’au suicide parce qu’ils ne pouvaient simplement plus faire face à ce qu’il faut bien appeler du harcèlement ! »
Malgré son combat pour la défense des homos, que très peu d’autres sportifs professionnels ont eu le courage de faire, Ben Cohen ne se considère pas comme un militant pro-gay mais plutôt comme un défenseur de l’égalité.
« Je pars d’un principe simple : tout le monde a le droit au bonheur », nous expliquait-il en juin dernier. « J’ai plein d’amis homos et je connais les épreuves qu’ils ont parfois dû endurer pour trouver leur place. Mon message tient en deux mots : tolérance et acceptation ».
Le champion britannique Ben Cohen en tournée contre l’homophobie

Le champion de rugby britannique Ben Cohen, qui se bat de longue date contre l’homophobie dans le sport, va entamer une tournée à travers le Royaume-Uni et aux Etats-Unis pour promouvoir l’égalité.
Il fera équipe avec des clubs de rugby gay et gay-friendly et parrainera une série d’événements de sensibilisation et de récolte de fonds baptisés "Une Bière avec Ben".
Après Manchester (7 avril) et Londres (20 avril), Ben Cohen se rendra à Atlanta, New York, Washington, et Seattle en mai en soutien aux activités de la Gay, Lesbian and Straight Education Network (GLSEN).
Mis en ligne le 15/03/2011
L’ailier anglais Ben Cohen prend sa retraite sportive et se consacre à la lutte contre l’homophobie
L’ailier international de rugby Ben Cohen, champion du monde en 2003 avec l’Angleterre, a annoncé qu’il prenait sa retraite sportive après avoir été libéré par son club de Sale où il jouait depuis deux saisons.
E-llico.com
Mis en ligne le 16/05/2011 Cohen, 32 ans, qui a joué pour l’Angleterre jusqu’en 2006, a marqué 31 essais en 57 sélections.
Il a estimé qu’il aurait pu encore jouer deux années et il a précisé qu’il a refusé des offres de clubs en Angleterre et en France.
Cohen se concentrera sur la direction de la Ben Cohen Stand Up Foundation, une association qui lutte contre les brimades et l’homophobie.
Il s’est lancé en avril dans une tournée à travers le Royaume-Uni et aux Etats-Unis pour promouvoir l’égalité en partenariat avec des clubs de rugby gay et gay-friendly et en parrainant une série d’événements de sensibilisation et de récolte de fonds baptisés "Une Bière avec Ben".
"Pour être honnête, je n’aurais jamais imaginé que j’irais dans cette direction après ma carrière professionnelle" a-t-il dit.
Cohen est le dernier en date des internationaux anglais de l’épopée 2003 à raccrocher les crampons.
Il a fait ses débuts à Northampton à 17 ans et faisait partie de l’équipe de Saints qui a remporté la Coupe d’Europe 2000. La même saison il a débuté en équipe d’Angleterre contre l’Irlande.
Rapide, puissant et finisseur haut de gamme, Cohen est devenu un membre à part entière de l’équipe d’Angleterre qui a remporté la Coupe du monde en Australie (2003) et trois tournois des six nations (2000, 2001 et 2003). Il avait passé 18 mois (2007-2009) au club français de Brive avant de rejoindre pour deux ans les Sale Sharks. Source : AFP
Vos questions à… Ben Cohen : « Je suis un défenseur de l’égalité ! »
Têtu par Romain Burrel 28 juin 2011,
Le rugbyman anglais, qui vient de raccrocher ses crampons, a répondu aux questions que vous lui avez posées sur son engagement contre l’homophobie. Sa carrière, ses amis gays, le coming out de Gareth Thomas… Le témoignage d’un sportif décidément attachant.
A peine a-t-il mis fin à sa carrière de rugbyman professionnel que « Big Ben » décide de mettre son talent au service d’une noble cause : lutter contre le harcèlement.
Pour TÊTU, il a accepté de répondre à vos questions !
Son engagement, sa relation privilégiée avec les gays et ses solutions pour lutter contre l’homophobie dans le sport, Ben Cohen nous dit tout ! Rencontre avec le plus gay-friendly des sportifs !

D’où vient ton engagement ? De ton éducation, de certaines expériences de vie ? (question posée par JIMYJIM.SKYROCK.COM) Pour quelles raisons luttes-tu contre l’homophobie ? (questions posées par Crunch-Gaga, Korial)
Disons que ces dernières années, j’ai eu la chance d’avoir de plus en plus de gays parmi mes fans.
Et beaucoup d’entre eux ont pris contact avec moi pour me raconter des histoires souvent très douloureuses d’homophobie, comment ils étaient harcelés quand ils étaient jeunes simplement parce qu’ils étaient perçus comme différents.
Certains d’entre eux ont été poussés jusqu’au suicide parce qu’ils ne pouvaient simplement plus faire face à ce qu’il faut bien appeler du harcèlement !
A un moment, j’ai juste senti que j’étais en position de faire quelque chose d’utile dans ce domaine, c’est comme ça qu’est née l’idée de la fondation « Ben Cohen Standup ».
Pour autant, je ne me considère pas vraiment comme un militant, plutôt un défenseur de l’égalité !
Je pars d’un principe simple : tout le monde a le droit au bonheur. J’ai plein d’amis homos et je connais les épreuves qu’ils ont parfois dû endurer pour trouver leur place. Mon message tient en deux mots : tolérance et acceptation.
Penses-tu qu’être sourd t’ait rendu plus sensible à la différence ? (question posée par Damien35000)
Bien sûr ! On m’a souvent jugé par rapport à ma surdité. Combien de fois a-t-on pensé que j’étais rustre et arrogant, parce que je passais devant quelqu’un qui me parlait comme si je l’ignorais, alors qu’en réalité je ne l’avais même pas entendu.
Ou bien on me parlait comme si j’étais stupide ! Je suis né malentendant. J’ai une perte auditive de 33% à chaque oreille. J’ai des prothèses auditives, c’est sûr, je devrais les porter plus souvent, mais elles rendent le monde qui m’entoure si bruyant ! C’est un vrai choc quand soudain j’entends tout, même lorsque j’en ai envie !
Pourquoi le rugby apparaît comme le plus gay-friendly des sports ? (question posée par Leo Danton) Penses-tu qu’il y ait des sports où l’on soit plus ouvert que d’autres sur la question de l’homosexualité ? (question posée par Nolwenn)
Je dirais que cela varie selon les pays. Par exemple je n’ai jamais été témoin de comportement homophobe dans le rugby au Royaume-Uni… ce qui bien sûr ne veut pas dire qu’il n’y a pas eu de cas isolé.
Lorsque Gareth Thomas a fait son coming-out, le monde du rugby l’a vraiment bien accepté. Les gens l’ont soutenu. Désormais il est jugé uniquement sur son talent, pas sur son orientation sexuelle.
Malgré tout, je me suis laissé dire que ce n’était pas forcément aussi facile dans d’autres sports. Je pense au football. Il n’y a toujours aucun footballeur de première division à oser faire son coming-out en Angleterre.
Mais le jour où quelqu’un brisera ce silence, ça va être énorme !
As-tu déjà observé des comportements homophobes durant ta carrière dans le rugby ou ailleurs ? (question posée par Scherzino et Devil57)
Non, pas dans le rugby. Pour être honnête, je crois que les rugbymen se foutent complètement de savoir si tu es gay ou hétéro.
Ma théorie c’est que le rugby est un sport très inclusif. Il accueille des joueurs de toutes tailles, tous âges, toutes nationalités…
Le seul critère, c’est de savoir si tu es un bon joueur, pas de savoir pas avec qui tu couches ! Je peux dire honnêtement que je n’ai jamais vu un tel comportement dans le rugby anglais.
Mais si c’était le cas, j’aurai eu deux mots avec la personne impliquée.
Je crois que pour que les choses s’améliorent, il suffit d’une personne qui dise « Non, je ne veux pas de ça. »
« Nous savions tous que Gareth était gay, mais il fallait qu’il soit prêt à le dire publiquement et ça ne pouvait qu’être son choix »
Lutter contre l’homophobie est une chose admirable mais n’as-tu jamais pensé que cela puisse nuire à ta carrière ? (question posée par fabounet4485)
Non, à aucun moment ! Quand je jouais au rugby, j’étais totalement acquis à mon sport et mon équipe. En fait, j’ai toujours fait preuve d’un engagement total dans tout ce que j’ai entrepris. Et c’est cette volonté que je veux désormais mettre au service de ma fondation, à 100% !
Le coming-out de Gareth Thomas a-t-il fait avancer les choses ? (question posée par Jean-Christophe Pucek via la page facebook de TÊTU)
Oui, je le crois vraiment. L’annonce de Gareth a été une surprise pour beaucoup de gens mais pas dans le monde du rugby.
Le soutien dont il a bénéficié doit encourager tous les sportifs à sauter le pas !
De mon point de vue, le moment idéal pour faire son coming-out, c’est lorsqu’un sportif est au top de sa carrière. C’est le moment où il est jugé pour ses performances plus que pour le reste.
Selon toi, les instances sportives officielles devraient-elles prendre des mesures contre l’homophobie ? (question posée par oum-berto)
Absolument ! Ces dernières années, la Fédération Anglaise de Football a beaucoup œuvré pour bannir le racisme des stades et des vestiaires.
Les clubs étaient condamnés à de lourdes amendes si leurs supporters tenaient des discours racistes et les matches devaient se jouer à huit-clos.
Ce genre de mesures affecte directement les finances du club.
Avec le temps, c’est devenu de l’autodiscipline. Selon moi, il serait bon d’étendre ce genre de mesure aux propos homophobes.
Qu’aurais-tu à dire à un jeune rugbyman qui se dirait ouvertement homophobe ? (question posée par aurelien vitrac)
Prends le temps de connaître des homos. Comprends vraiment que ce n’est pas un choix et qu’on est tous différents de bien des façons. Je lui raconterais ces histoires terribles d’homos qui n’ont pas pu pas résister à la pression et comment la moindre des insultes homophobes peut avoir des conséquences désastreuses sur la vie d’un gay. Voilà ce que je lui dirais.

