Des défenseurs russes de la cause homosexuelle vont se joindre à la manifestation de l’opposition prévue le 31 août dans le centre de Moscou, a annoncé mercredi l’un des dirigeants de la communauté gay en Russie, Nikolaï Alexeïev.
L’occasion de donner la parole aux militants et défenseurs des droits humains russes.
Parmi eux, des représentants d’associations LGBT , dont Nikolai Alekseev, président de GayRussia et bloggeur sur Yagg, ainsi que Nikolai Baiev, co-organisateur de la gay pride de Moscou, que Yagg a rencontrés :
le ministère de la Justice refuse d’enregistrer une association militant pour le mariage homosexuel
Le ministère russe de la Justice a rejeté la demande d’enregistrement d’un groupe LGBT militant pour le mariage de même sexe sous le nom de "Marriage Equality Russie".
"Votre organisation ne peut être enregistrée du fait que ses objectifs sont en contradiction avec la loi sur les ONG et les dispositions du code de la famille qui définissent le mariage comme une union entre un homme et une femme", dit la lettre reçue par les responsables de l’organisation LGBT .
L’association a décidé de déposer un recours en justice contre cette décision qu’elle estime "illégale" et qu’elle compte contester jusqu’à la Cour européenne des Droits de l’Homme "si nécessaire".
"Nous pourrions sans doute réussir à nous faire enregistrer en restant discret sur notre objectif, mais cela n’a aucun sens de rester dans le placard. Seule la lutte pour la visibilité est payante vis-à-vis des médias et peut permettre, avec le temps, de rendre l’opinion publique plus ouverte", a déclaré Nikolai Alekseev, porte-parole de Marriage Equality Russie.
Mis en ligne le 25/02/2010
La justice refuse de reconnaître un mariage homo contracté au Canada
Le 22 janvier dernier, un tribunal de Moscou a refusé de reconnaître le mariage de deux lesbiennes contracté en octobre 2009 au Canada.
Le 12 mai dernier, à la veille de la Gay Pride de Moscou, le même couple s’était présenté au Bureau des mariages de la capitale russe pour y demander l’enregistrement de leur mariage.
Ce qui leur avait été refusé.
La décision de vendredi dernier était attendue des militants LGBT russes. Elle s’inscrit dans un processus qui vise à faire condamner la Russie au niveau la CEDH à Strasbourg pour discrimination puisque le pays reconnaît par ailleurs un mariage établi à l’étranger par deux hétérosexuels.
Mis en ligne le 26/01/2010
Cinq drag-queens à l’assaut de l’homophobie
"Gais Lurons", actuellement sur les écrans en Russie, est le premier film grand public à traiter de la question gay dans ce pays où l’homophobie reste très forte. Il met en scène cinq drag-queens aux prises avec la réalité homophobe russe.
Resplendissante en satin rose et boa à plumes, une drag-queen déambule dans un village russe décrépit en imitant la chanteuse disco Gloria Gaynor et sa chanson "I Will Survive".
La conclusion de "Gais Lurons" ("Veseltchaki"), premier film grand public à traiter de la question gay en Russie, où l’homophobie reste très vivace, est néanmoins beaucoup plus sombre.
Le film, sorti à la mi-octobre, raconte l’histoire de cinq drag-queens qui se produisent dans une boîte de nuit gay de Moscou. Elles partagent sans compter bonne humeur, maquillage et vodka, oubliant les coups et les critiques qui pleuvent dans la journée.
Si le rire est au rendez-vous, un lourd silence s’installe à la fin du film lorsque les cinq héros tombent sur de jeunes homophobes et décident de foncer sur eux, dans un ultime acte de bravoure à l’issue prévisible.
Cette tragi-comédie reflète le paradoxe vécu par les homosexuels moscovites, qui disposent d’une scène nocturne développée et décomplexée, alors que dans la rue et jusque dans les sphères du pouvoir, ils doivent encaisser les brimades.
Le film est projeté dans 12 villes et 72 salles, une diffusion non négligeable en Russie. Il doit être projeté également au Kazakhstan, en Ukraine et dans les Pays baltes.
Victoire supplémentaire, des multiplexes et pas seulement des petites salles anonymes diffusent "Gais Lurons" à Moscou, alors même que la maire de la capitale, Iouri Loujkov, considère l’homosexualité comme "l’oeuvre de Satan".
Dans ce contexte, la presse libérale russe s’est félicitée qu’un tel film ait enfin vu le jour en Russie, où, malgré de multiples tentatives, les manifestations gay sont systématiquement interdites par les autorités.
Le réalisateur, Félix Mikhaïlov, "a réalisé le premier film articulé qui soutienne les homosexuels", note le quotidien Vremia Novosteï, dans une critique intitulée "Douloureusement nécessaire".
"On tombe tellement amoureux de (l’acteur finlandais) Ville Haapasalo dans sa robe en lurex que la fin tragique de son personnage est ressentie (par le spectateur) comme un deuil personnel", relève le magazine culturel Time Out dans son édition russe.
Le réalisateur, qui n’est pas lui-même homosexuel, raconte avoir eu l’idée du film il y a dix ans en travaillant avec une troupe de drag-queens et dément avoir voulu mettre en scène un plaidoyer pour les droits des homosexuels en Russie.
"S’ils le voient comme ça tant mieux (…) mais on a voulu éviter toute idéologie", explique à l’AFP Félix Mikhaïlov, qui se dit d’ailleurs opposé à l’organisation d’une parade gay en Russie.
"Je ne pense pas que ce soit nécessaire. Pas parce que c’est quelque chose de bon ou de mauvais, mais parce que dans notre pays nous n’avons pas la culture des festivals de masse", juge-t-il, estimant qu’une telle manifestation en Russie aurait des allures "pathétiques et bon marché".
Il n’en reste pas moins que la communauté gay accueille ce film comme une bouffée d’air frais dans une société qui considère encore largement cette question comme un tabou, malgré la chute de l’URSS et la décriminalisation des rapports homosexuels qui a suivi.
Moscou : la gay pride dispersée avant l’Eurovision, environ 40 interpellations
La police russe a interpellé samedi à Moscou une vingtaine de participants à la Slavic Pride, quelques heures avant la finale du concours de l’Eurovision.
La police russe a dispersé samedi la manifestation interdite qui tentait de tirer parti de l’organisation à Moscou dans la soirée de la 54e finale de l’Eurovision pour attirer l’attention sur la violation des droits des homosexuels en Russsie, interpellant une quarantaine de militants gays.
Cette démarche n’est pas une surprise, l’un des responsables du ministère russe de l’Intérieur ayant répété vendredi que le rassemblement était interdit et que la police entendait agir à son encontre "en application stricte de la loi".
De quoi signifier clairement que les autorités moscovites n’entendaient pas faire d’exception à cause de l’Eurovision, bien que cet événement compte beaucoup de fans auprès des homosexuels.
Plusieurs dizaines de manifestants s’étaient rassemblés en début d’après-midi près de l’Université de Moscou, scandant des slogans tels "L’homophobie est une honte pour la Russie !" et "Droits égaux pour tous", avant d’être interpellés en plusieurs vagues.
Peu après le début de la manifestation, les forces de l’ordre ont interpellé une quarantaine de participants dans plusieurs endroits du centre de Moscou, a indiqué un porte-parole du service de presse de la police.
Le militant britannique Peter Tatchell, avait indiqué auparavant à l’AFP par téléphone qu’une trentaine de personnes, dont lui-même, avaient été arrêtées au cours de ce rassemblement, qui avait lieu.
"Les méthodes de la police étaient plutôt violentes. On a tordu les bras des gens derrière leur dos (…) C’était assez douloureux", a-t-il témoigné.
Nikolaï Alexeïev, fondateur du site internet GayRussia.ru et principal organisateur de la manifestation, a été interpellé.
La police s’est saisie également d’un homme habillé en robe de mariée et d’un militant gay américain.
les homosexuels dénoncent l’élection d’un patriarche homophobe
L’organisation d’homosexuels russes Gay Russia a dénoncé mercredi l’élection du patriarche Kirill à la tête de l’Eglise orthodoxe qu’ils qualifient d’"homophobe" proche du pouvoir, dans un communiqué.
Kirill a été élu mardi à la tête de l’Eglise orthodoxe. Comme son prédécesseur Alexis II, mort en décembre 2008, Kirill est partisan de donner à l’Eglise un droit de regard moral sur la conduite des affaires politiques. Il soutient la Ligue anti-diffamation, un réseau de personnalités et d’organisations liées à l’Eglise orthodoxe mobilisé contre des groupes, artistes, ou intellectuels accusés de profaner les valeurs nationales.
"Un homme ayant des convictions extrêmement antidémocratiques et homophobes et qui cache ses vues agressives derrière une démagogie habile a pris la tête de l’organisation religieuse la plus influente", déclare Gay Russia dans un communiqué .
"L’église orthodoxe (…) est largement utilisée par l’Etat pour sa propagande politique. Cette alliance douteuse entre un pouvoir autoritaire et une église agressive est une menace grave pour les libertés civiles en Russie ", poursuit le communiqué.
"Le patriarche Kirill n’est pas un simple homophobe, il y en a plein au sein de l’église orthodoxe, mais ce nouveau chef fait la propagande de l’homophobie y compris dans les médias ", affirment les homosexuels.
L’église orthodoxe russe a retrouvé son influence et le soutien du pouvoir après la chute de l’URSS en 1991. Ses responsables ont constamment dénoncé l’homosexualité comme un "péché" et une "maladie liée au monde occidental".
Des groupes nationalistes orthodoxes participent chaque année à des manifestations anti-gay à Moscou notamment, comme lors des tentatives de Gay Pride organisées en 2006 et 2007.
Le maire de Moscou Iouri Loujkov a qualifié dans le passé les parades gays d’"oeuvre de Satan" et d’"armes de destruction massive" de l’Occident contre la Russie.
Le festival de cinéma gay de Saint-Petersbourg annulé officiellement pour des raisons de sécurité
Le festival, qui devait débuter hier et se poursuivre jusqu’à dimanche,n’a pas pu ouvrir ses portes après la visite d’inspecteurs du département des incendies qui ont prétendu avoir détecté des problèmes de sécurité.
Dans une interview au site GayRussia.Ru, l’organisatrice du festival, Irina Sergeeva, a précisé que les deux clubs “The Place” et “Sochi” où devaient avoir lieu les projections ont été fermés par les autorités suite à cette inspection. Les spectateurs qui s’étaient présenté pour la première séance n’ont pu pénétrer dans la salle.
Contactées dans l’urgence, deux autres salles de cinéma, l’une d’état, l’autre privée, ont d’abord accepté d’héberger le festival avant de revenir sur leur accord, ont expliqué les organisateurs qui parlent de pressions des autorités.
De son côté, le responsable de la Gay Pride de Moscou, Nikolai Alekseev, a estimé que “les autorités russes poursuivent leur politique homophobe et leurs actions illégales et arbitraires en empêchant des évènements qui ont pourtant lieu dans des lieux clos et privés en prenant prétexte de raisons techniques ".
Dès l’annonce de sa création le festival du film de Saint-Petersbourg avait suscité des oppositions.
Des artistes conservateurs russes avaient demandé l’annulation de l’évènement à l’exemple de Nikolai Burlyaev, artiste d’Etat russe qui avait qualifié les homosexuels de "pervers" et l’homosexualité de "maladie ". Toutefois, les autorités municipales de Saint-Petersbourg avaint fait savoir qu’elles ne comptaient pas annuler la manifestation.
Le festival devait présenter "le meilleur du cinéma LGBT contemporain" et rassembler de nombreux visiteurs. "Côte-à-côte" (c’est son titre) prévoyait aussi de montrer des productions indépendantes et expérimentales ainsi que des documentaires.
Mis en ligne le 03/10/2008
Moscou : manifestation pour dénoncer l’homophobie en Russie, sous les injures
Les homosexuels russes ont manifesté dimanche à Moscou, malgré l’interdiction des autorités, pour dénoncer l’homophobie persistante en Russie, sous les jets d’oeufs et les accusations de "perversité" d’un groupe de contre-manifestants, dont certains ont été interpellés.
Manifester "est un droit inscrit dans la constitution russe et ne peut être interdit", a répété Nikolai Alexeïev, responsable du mouvement Gay Russia et leader de la communauté homosexuelle.
Les homosexuels "continuent à être stigmatisés dans notre société et nous devons soulever le problème publiquement", a-t-il ajouté, avant de maintenir le rassemblement prévu devant l’hôtel de ville de Moscou.
Le 16 mai, les militants gays en ont appelé au nouveau président russe Dmitri Medvedev, lui demandant de défendre leurs droits face au maire de Moscou Iouri Loujkov qui leur interdit systématiquement de manifester.
Des rumeurs d’intervention du président ont circulé vendredi, indiquant qu’il aurait demandé aux autorités de proposer un lieu de manifestation aux organisateurs de la Gay Pride différent de la place de la mairie de Moscou qui aurait rendu légale le rassemblement, mais ces rumeurs sont restées sans suite.
"Pédérastes ! Votre place est en enfer !", a crié un homme barbu à l’adresse des quelques militants homosexuels rassemblés devant la mairie, tandis qu’un autre s’interrogeait : "Pourquoi cette perversion dans notre pays orthodoxe ?".
Parmi ces contre-manifestants, traditionnellement des partisans de groupuscules d’extrême droite et orthodoxes, se trouvaient des jeunes, lançant des oeufs et des injures, mais aussi de vieilles dames brandissant des icônes.
Un manifestant homosexuel a été battu par de jeunes contre-manifestants. La police est intervenue.
Au total, 13 personnes ont été interpellées, a annoncé la police de Moscou. Selon les organisateurs de la manifestation gay, aucun de ses partisans n’en fait partie.
Cela marque un léger progrès par rapport aux deux tentatives précédentes de Gay Pride, qui s’étaient soldées par des violences contre les manifestants par des groupes de jeunes. La police avait alors été accusée de laisser faire.
Outre le rassemblement, les militants homosexuels russes avaient loué un appartement bien situé dans Moscou, sur les fenêtres duquel ils ont pu, pendant plusieurs heures, déployer une grande banderole revendicative visible depuis la rue. La police a finalement défoncé la porte, retiré la banderole et arrêté quelques-uns des militants retranché dans les lieux .
Malgré l’interdiction du maire de Moscou, les homosexuels russes ont organisé des Gay Pride en 2006 et 2007 qui se sont soldées par des actes de violence commis par des jeunes nationalistes.
Mis en ligne le 02/06/08
La ministre de la Santé abolit l’interdiction du don de sang pour les homosexuels
La ministre de la Santé russe est revenu sur l’interdiction du don de sang par les homosexuels qui avait cours dans son pays.
Les activistes LGBT russes avaient fait campagne depuis deux ans pour l’abolition de cette exclusion qui remonte à 2001.
Le décret a été signé le 16 avril, mais sa publication n’a été faite qu’avant-hier.
GayRussia estimait que cette mesure d’interdiction était en contradiction avec la constitution russe.
Mis en ligne le 23/05/2008
Scènes d’homophobie aux quatre coins du pays
En l’espace de quelques jours, des scènes d’homophobie se sont déroulées de façon répétée en Russie, de Moscou à St. Pétersbourg et de Kaliningrad à Yaroslav.
L’Eglise orthodoxe, l’extrême droite nationaliste et une grande partie de la classe politique entretiennent le sentiment homophobe dans la Russie de Poutine et Medvedev.
"L’Avant-garde russe ", un groupe monarchiste ultra-religieux a perturbé, il y a quelques jours, le concert de Boris Moiseyev à Kaliningrad, parce que cet artiste est ouvertement gay.
Cette organisation nationaliste entendait ainsi manifester publiquement sa revendication de voir rétablie la criminalisation de l’homosexualité en Russie .
S’il n’y a pas eu d’incident majeur, cette scène est révélatrice de la tension très forte qui règne aujourd’hui encore en Russie vis à vis de la question gay.
A l’heure ou Medvedev prend la place de Poutine au Kremlin, l’ex-Union soviétique n’en a pas encore fini avec ses démons homophobes.
"L’Avant-garde russe", et à sa suite un certain nombre de groupes politiques et religieux voudraient en revenir à l’Article 121 du Code pénal russe, aboli depuis 1999, et qui punissait l’homosexualité .
L’homosexualité n’est plus une maladie mentale ni un crime, mais la puissante Eglise orthodoxe n’en finit pas de combattre par tous les moyens les droits des homosexuels à travers le pays assimilant l’homosexualité à une perversion et à la pédophilie pour attiser les sentiments anti-homo dans l’opinion.
Elle a de nombreux relais dans la société civile, à commencer par le Parti communiste dirigé par Gennady Zyuganov qui considère lui aussi que l’homosexualité est contraire aux "traditions nationales russes ".
Minoritaire, le PC n’est pas seul à défendre une ligne homophobe. Le maire de la capitale vient d’interdire pour la troisième fois la tenue de la Gay Pride de Moscou, le 31 mai prochain. La marche - "satanique" selon ses termes - risque, encore en fois d’être le théâtre de débordements extrémistes et policiers.
Des violences, il s’en est produit à Saint-Petersbourg, le week-end dernier lors d’une modeste manifestation LGBT dans le cadre de la Journée du silence qui voulait dénoncer de manière pacifique la discrimination, le harcèlement et la haine que subissent les homosexuels .
Trois militants homos ont été attaqués alors qu’ils quittaient le parc où s’était tenue la démonstration. Des incidents semblables se sont déroulés dans les villes de Novokuznetsk et Yaroslavl à la même occasion. Des skinheads ont menacé et injurié les manifestants.
Amnesty International se dit préoccupé par l’attitude du gouvernement à l’égard des droits des homosexuels.
"Nous ne comptons plus les agressions homophobes en Russie dont certaines sont fatales", indique un porte-parole. "Les autorités sont totalement défaillantes pour juguler les discriminations liées à l’orientation sexuelle ", estime l’organisation de défense des droits humains.
Les activistes homosexuels, tels les organisateurs de la Gay Pride interdite de Moscou, en sont réduits à faire appel aux instances internationales pour tenter de faire reconnaître les droits.
Une plainte contre la Russie a été déposé devant la CEDH , le 14 janvier dernier. Dans leur requête, les organisateurs invoquent le non-respect du droit au rassemblement, du droit à la protection et l’interdiction des discriminations par la Convention européenne des droits de l’Homme, ratifiée par la Russie.
Mis en ligne le 07/05/2008
Sondage : forte augmentation de l’homophobie en Russie
Un nouveau sondage mesure le degré d’acceptation de l’homosexualité dans la Russie de Poutine.
Une enquête menée à Moscou il y a quelques jours indique que seuls 5% de Russes ne considèrent pas l’homosexualité comme "moralement innacceptable" .
L’institut de sondage Levada-Centre souligne que les opinions négatives vis-à-vis des gays sont en augmentation.
L’an dernier, 47% des sondés "seulement" condamnaient les homosexuels alors qu’en décembre 2007, ils étaient 84% .
Les sondeurs expliquent cette hausse par la montée de la xénophobie en Russie et l’écho médiatique donné à l’interdiction de la Gay Pride de Moscou .
Mis en ligne le 07/02/2008
Attaques racistes et homophobes en hausse selon une ONG
Le racisme et l’homophobie ont atteint un nouveau sommet en 2006 en Russie, où des groupes d’extrême droite ont opéré à visage découvert, a indiqué lundi l’ONG Sova qui recense les violations des droits de l’Homme.
Selon une estimation prudente de l’organisation, le nombre de victimes d’attaques racistes a augmenté de 17% à 539 en 2006, et 54 personnes ont été tuées.
"A la place des coups-de-poing et couteaux, les skinheads ont sorti des armes et des bombes ", a indiqué l’experte du centre Galina Kojevnikova lors de la présentation du rapport annuel de Sova.
"Nous faisons face à des crimes démonstratifs qui ne sont plus commis en cachette, la nuit dans des cours, mais en présence de caméras et de foules, avec l’intention de créer un effet", a-t-elle dit.
Sova cite notamment les attaques de skinheads contre la Gay Pride de Moscou en mai ainsi qu’une attaque à la bombe dans un marché de Moscou qui visait des étrangers et a fait 11 morts en août 2006.
L’ONG a également accusé le gouvernement du président Vladimir Poutine d’avoir organisé des poursuites de Géorgiens lors d’une crise diplomatique entre les deux Etats et au cours d’une campagne visant les étrangers travaillant sur les marchés russes.
"Pour la première fois nous avons été témoins à l’automne dernier d’une campagne discriminatoire officiellement autorisée et visant les Géorgiens", selon Mme Kojevnikova.
"La télévision et une partie de la presse écrite se sont immédiatement engouffrés dans cette propagande raciste", selon le rapport.
Mis en ligne le 27/03/07
La Gay Pride enfreint les droits de la majorité selon des juristes russes
La Gay Pride, dont la première en mai à Moscou avait été l’objet de violences, enfreint les droits de la majorité des Russes et doit rester interdite en Russie en tant que propagande de l’homosexualité, ont estimé mardi des juristes russes devant la presse .
"La reconnaissance par l’Etat du droit de l’Homme à son orientation sexuelle ne donne pas le droit aux homosexuels d’imposer leurs valeurs et d’attenter aux droits des hétérosexuels ", ont estimé des experts russes, saisis par l’Association des comités de parents de la ville d’Ekaterinbourg dans l’Oural.
L’organisation de manifestations en faveur des droits des homosexuels "dans des lieux accessibles à tout public est une provocation qui bafoue les sentiments religieux et moraux (…) et viole les droits et les libertés des citoyens russes ", selon la conclusion de leur enquête publiée mardi.
Le document a été envoyé au ministère russe des Affaires étrangères "pour qu’il puisse réagir aux critiques du Conseil de l’Europe", a indiqué un des auteurs, Igor Ponkine, directeur de l’Institut des relations entre l’Etat et les confessions religieuses, lors de la conférence de presse.
Le secrétaire général du Conseil de l’Europe, Terry Davis, avait dénoncé les violences contre les homosexuels en Russie et invité les autorités russes à engager des poursuites contre leurs auteurs, sur fond de débat acharné sur l’organisation fin mai de la Gay Pride de Moscou.
Dans un pays où l’homosexualité n’a cessé d’être un crime qu’en 1993, l’organisation de cette première Gay Pride, interdite par la mairie, avait suscité de fortes résistances dans la société russe, des religieux orthodoxes aux députés nationalistes.
Plus d’une centaine de personnes avaient été interpellées et des dizaines de militants de la cause homosexuelle agressés par des skinheads.
Mis en ligne le 13/09/06
Des professeurs obligés d’informer la police sur l’homosexualité de leurs élèves
La police de la région de Voronej au sud de Russie oblige les enseignants à dénoncer des élèves, membres d’organisations de skinheads, de la Jeunesse communiste, ainsi que ceux du mouvement libéral "Russie Ouverte", mais aussi des homosexuels ou des fans de football.
Mis en ligne le 05/09/06
Le chargé des droits de l’Homme contre la gay pride à Moscou
Le délégué aux Droits de l’Homme de Russie, Vladimir Loukine, s’est prononcé mardi contre l’organisation fin mai d’une première gay pride à Moscou, en mettant en garde les organisateurs contre une manifestation "exubérante" qu’ils ne feraient qu’"irriter" la société .
Le chargé des droits de l’Homme auprès du président russe a appelé les homosexuels à ne pas utiliser leur différence comme "une excuse à une manifestation publique exubérante", dans un entretien à l’agence Interfax.
Mis en ligne le 17/05/06