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Sauna, le musical : rencontre avec les acteurs dénudés d’un spectacle über gay

« Sauna, le musical » : « Même au sauna, tout le monde recherche l’amour ! »

Têtu par Myrtille Rambion 12 octobre 2011,

« Sauna », le musical chaud, fait son grand retour au Théâtre Clavel, à Paris. Le beau Julien Husser, déjà vu dans Aladin et Hairspray, tient le rôle de David.
Pour TÊTU, il fait visiter l’établissement sur lequel il livre son regard d’hétéro bien avec son corps.

Sur la scène du Théâtre Clavel flottent le parfum de l’eucalyptus et une vapeur légère…
Car pour la deuxième saison, la petite salle du XXe arrondissement prend les allures d’un établissement de bain gay pour accueillir Sauna, spectacle musical inspiré d’un show américain.
Dans cette atmosphère feutrée, propice aux rapprochements, quatre garçons aux profils différents se confient, rient de leurs fantasmes, évoquent leur plaisir mais chuchotent aussi leurs angoisses.
Un spectacle drôle, touchant… et court vêtu dans lequel on peut admirer Julien Husser, déjà vu dans Aladin et Hairspray (ci-dessus, deuxième en partant de la gauche).
Il y interpréte le rôle d’un jeune cadre marié qui mène une double vie au sauna.
Ce jeune comédien de 25 ans, chanteur, danseur et accessoirement hétérosexuel évoque pour TÊTU les coulisses du spectacle.

TÊTU : Comment définiriez-vous ce Sauna ?
Julien Husser : Il s’agit d’un spectacle de théâtre musical qui a pour décor ce lieu de rencontre bien connu des gays.
Mais si vous avez peur de voir beaucoup de clichés et de caricature, rassurez-vous, ce n’est pas le cas ! Il y a de vrais personnages, avec de vraies identités, sur des numéros très cabaret.
Et il y a une véritable histoire : la recherche de l’amour.
Ça peut paraître cucul, mais même au sauna, tout le monde recherche l’amour ! (sourire)
« La première fois qu’il a fallu se mettre tout nus sous nos serviettes, ça n’a pas été facile »Vous parlez de l’aspect cabaret du spectacle : il y a en effet le chant, le théâtre, la danse…

Il y a notamment un tango acrobatique. On s’éclate à le faire parce que c’est génial de faire des portés, en plus, entre deux mecs, c’est peu commun.
Je crois que les seuls vrais portés en duo masculin sont au Cirque du Soleil et ils sont exceptionnels (rires), mon Dieu, si on avait leur niveau !

Comment fait-on lorsqu’on est hétéro pour se retrouver dans un spectacle sur un sauna gay ?
La première fois que j’en ai entendu parler, c’est par Vincent Baillet (Teddy), qui a découvert « Bathhouse, the Musical » en Floride en 2008.
Il me l’a présenté en 2009 au Festival d’Avignon, et m’a demandé : « est-ce que tu aurais des soucis à auditionner pour un spectacle sur un thème gay ? »
J’ai dit : « absolument pas ! ». Les auditions sont arrivées quasiment un an après, je me suis présenté parce que c’était un beau challenge.
Parce qu’il y a quand même de la nudité, du charnel, du sensuel. Même si ce n’est pas flagrant quand on nous voit aujourd’hui (sourire), le contact, comme ça, devant un public, ce n’est pas évident. La première fois qu’il a fallu se mettre tout nus sous nos serviettes, ça n’a pas été facile.



Les scènes sous la douche ne vous ont pas posé plus de problème que ça ?
Honnêtement, une fois dans le personnage, non.
Ce n’est pas Julien qui voit Grégory, Vincent qui voit François, c’est David, mon personnage, qui voit ce mec Benjamin nu sous la douche, et lui, il est vraiment attiré par Benjamin.
Si je baisse la tête et que je le vois, je suis dans mon personnage, je n’ai pas de réaction genre « oh merde ! » (rires).
Mais bien sûr qu’au début, ce n’était pas forcément évident.
Les premières répétitions où l’on s’est mis vraiment nus, on regardait plutôt tous vers le haut que vers le bas.
Mais on s’est très vite acclimatés ! On n’a pas de pudeur entre nous.
On a créé un relationnel assez fort, une vraie complicité.

D’autant qu’au sauna, on s’attend à voir de la chair…

Oui ! Et justement, on joue là-dessus. Par exemple, on ne voulait pas montrer directement le numéro de la vapeur, qui est celui qui commence à donner chaud… Dans ce numéro-là, on fait deviner les formes.
On montre une partie de fesse, ou la hanche, ou le dos, mais on ne montre pas tout.
Même devant… on descend un peu, dans la limite du raisonnable. On suggère, pour donner envie d’en voir plus.

Cette thématique aurait pu être un peu « casse gueule » dans le côté cliché…

Mais complètement ! Et il était hors de question de faire une caricature.
Nous voulions des vrais personnages, à la française.
Du coup, on a bossé sur les clichés : on le montre tel qu’il est, mais on ne l’exagère pas, on reste sur le fil du rasoir.
Si on dépasse la limite, de toute façon, on va entendre des « pfff », des « C’est quoi, ça ?
C’est bon, ça ne se passe pas comme ça ». C’est drôle d’ailleurs d’avoir les réactions dans la salle.

Vous en jouez ?
Bien sûr. En fait, quand on entre dans cette salle, on est au sauna.
Les spectateurs sont au sauna avec nous. Lors de certains numéros, on leur parle, on les regarde, on réagit.
Pendant le gospel, je m’assois sur les genoux du premier rang.
On aime bien, non pas mettre les spectateurs mal à l’aise, mais les intégrer au spectacle.
C’est plus amusant. On a vraiment l’impression d’être dedans, avec la fumée, avec l’eucalyptus…

Votre personnage est un gay marié avec une femme…
Il n’a pas eu le temps de faire son coming out.
Il s’est fait piéger et a eu un enfant. Mais il a voulu l’assumer, il était très jeune, et il va au sauna à certains moments de la journée pour être lui-même.
Le truc, c’est que tout au long de la pièce, il n’est pas forcément lui-même, il tombe amoureux, mais il a honte de lui-même.

Est-ce qu’au final, on trouve l’amour au « Sauna » ?
(sourire) Venez voir la pièce, vous le saurez ! Mais… je pense qu’on peut trouver l’amour partout. Il n’y a pas de règle. »

« Sauna, le musical », au Théâtre Clavel, 3 rue Clavel, 75020 Paris, les jeudi, vendredi et samedi à 21h30.

Regardez la bande-annonce :

Posté par Christophe Martet le 20 janvier 2011

http://tv.yagg.com/2011/01/20/sauna…

L’histoire de Sauna, Le musical tient en quelques mots.
Benjamin se rend dans un sauna gay pour la première fois.
Il cherche l’amour mais va vite découvrir que les autres clients sont là pour des plaisirs plus charnels. Sur cette trame basique, cette comédie musicale über gay, construite comme

une revue, décrit les us et coutumes des habitués du sexe dans le bain de vapeur.
L’adaptation française est signée Baptiste Delval et les acteurs sont pendant toute la durée du spectacle très peu vêtus.

Dans la vidéo que nous avons réalisée, ils présentent leurs personnages et racontent ce qu’ils viennent chercher au sauna.

Sauna, le musical, de Tim Evanicki et Esther Daack, adaptation française Baptiste Delval. Jusqu’au 23 mars, les lundis, mardis, mercredis à 21h30, au théâtre Clavel, 3, rue Clavel, 75019 Paris.

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Citations

« Les féministes peuvent se disputer, ce sont des hommes comme les autres ! » Florence Montreynaud

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