Concert pour tous mardi 21 mai à la Bastille !
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Concert pour tous mardi 21 mai à la Bastille !
HETERHOMO : Enfin un rapport estampillé "éducation nationale" !
Tout ce qui est dans ce rapport est archiconnu des spécialistes des sciences de l’éducation, de la plupart des professionel-le-s de l’éducation à quelque titre que ce soit, cela a déjà été observé par des parlementaires, les associations féministes n’ont pas cessé d’interpeller, de dénoncer, de revendiquer.
Bref voilà, ça vient maintenant.
On ne peut préjuger de ce qui va être entrepris : effets d’anonce ? tergiversations ? études et rapports supplémentaires inutiles, commission enterrant le sujet ? atermoiements ? hypocrisies ?
ou réelle volonté d’agir, de s’investir et d’investir des deniers publics ?
Le sexisme pose une différence de statut et de dignité entre l’homme et la femme.
Il définit un rapport hiérarchique entre les deux sexes, qui se décline dans les champs social, moral, politique, religieux, philosophique, économique.
En s’appuyant sur des attentes normatives, il attribue à chaque sexe des
caractéristiques culturelles dites naturelles.
Hommes et femmes existent ainsi dans une opposition qui s’énonce en termes de différences auxquelles correspondent des statuts, des rôles, des
comportements…
• Code de l’éducation : article L. 121-1
• Convention interministérielle pour l’égalité entre les filles et les garçons, les femmes et les hommes, dans le système éducatif, signée en 2000. Elle a été renouvelée en 2006 et signée par huit ministères.
• Poids des stéréotypes et orientation
Le stéréotype dominant consiste à penser que la différence des sexes induit des aptitudes et des intérêts différents, perçus comme étant l’expression de différences naturelles.
Les filles seraient, par nature, plus dociles, plus tournées vers la littérature et la communication, les garçons, par nature, seraient plus dissipés, plus doués pour les sciences.
Ces différences ont été construites historiquement et perdurent socialement.
L’École n’est pas seule responsable du poids de ces stéréotypes, mais elle ne parvient pas à les combattre efficacement : paradoxe pour l’École, qui est un vecteur de l’égalité tout en participant à la division sexuée des rôles de chacun.
Les études concordantes portant sur la socialisation scolaire (salle de classe et cour de récréation) montrent que les pratiques des enseignants ne sont pas toujours en adéquation avec leurs principes d’égalité, de manière le plus souvent inconsciente.
Les enseignants interagissent davantage avec les garçons qu’avec les filles, et ce quel que soit le sexe de l’enseignant.
À niveau de performance identique en français et mathématiques (collège), les filles s’estiment meilleures en français qu’en mathématiques, intériorisant ainsi une image sexuée des compétences.
Ceci se confirme au lycée : quand ils se jugent très bons en français, 1 garçon sur 10 va en L, quand elles se jugent très bonnes en français, 3 filles sur 10 vont en L.
Et quand ils se jugent très bons en mathématiques, 8 garçons sur 10 vont en S, quand elles se jugent très bonnes en mathématiques, 6 filles sur 10 vont en S.
« Filles et garçons sur le chemin de l’égalité de l’école à l’enseignement
supérieur » édition 2010.
• Des savoirs et des compétences sexuées qui impliquent des filières et des métiers sexués
Ces stéréotypes ont des conséquences sur l’orientation.
L’orientation des filles et des garçons répond ainsi à un croisement entre la représentation de soi, le besoin de reconnaissance par autrui, nécessaire à l’estime de soi, et la représentation des filières, les poussant à choisir une formation puis une profession jugée conforme à leur sexe.
Pour les filles, l’anticipation d’un certain fonctionnement de la famille les pousse à des choix de compromis réduisant leur ambition.
Les conseils de classe entérinent cette division sexuée qui mène à des filières, puis des métiers non mixtes, notamment dans les filières technologiques et professionnelles.
L’enseignement primaire lui-même est féminisé à 80%.
Les associations « Femmes et mathématiques », « Femmes et sciences » ont attiré l’attention du groupe sur l’image négative de la science chez les jeunes et en particulier chez les filles : activité solitaire, peu porteuse d’épanouissement personnel, de contacts humains.
L’enjeu se situe à l’échelle nationale et européenne : la désaffection des bacheliers scientifiques pour une orientation scientifique et technique dans les études supérieures touche garçons et filles.
Or, à terme, va se poser un problème de recrutement.
Un des axes de progrès les plus prometteurs est celui d’une meilleure orientation des filles vers les filières scientifiques et technologiques : malgré une lente progression, la représentation des filles dans ces champs disciplinaires, puis dans ces secteurs professionnels, reste très faible alors qu’ils sont pourvoyeurs d’emplois bien rémunérés.
• Les violences sexistes
Elles recouvrent le sexisme ordinaire, qui traduit les stéréotypes par des mots, des gestes, des comportements pouvant aller jusqu’aux actes violents, qui excluent ou infériorisent les femmes.
Elles recouvrent aussi le phénomène du harcèlement qui peut prendre un caractère discriminatoire.
Cette violence envers les filles est confirmée par les organisations lycéennes, notamment l’UNL :
« Pour ce qui est du rapport filles/garçons, les filles sont considérées comme « inférieures » et très souvent insultées.
À tel point qu’un certain nombre d’entre elles ont besoin d’un suivi psychologique tant elles accumulent les insultes. »
L’UNI pour sa part, souligne que les discriminations les plus fréquentes sont liées au physique, à la manière de s’habiller, et à des motifs sexistes et homophobes.
Madame le député Pau-Langevin note qu’à Paris, dans le 20e arrondissement, les garçons se sont approprié l’espace public, ce qui signifie, par corrélation que les filles ont été exclues d’espaces où devrait se créer le lien social.
Personne n’a remis en cause la mixité, mais des interrogations persistent sur la gestion de la mixité par une véritable éducation à celle-ci, les filles et les garçons seraient « piégés » dans certains rôles, auxquels ils ne peuvent déroger sans risques.
Les organisations regrettent l’absence de statistiques précises au niveau académique et au niveau des établissements.
L’enquête DEPP SIVIS 2008-2009 montre que la violence scolaire est un phénomène sexué :
l’implication des garçons est nettement supérieure à celle des filles : 77 % des violences envers autrui ont pour auteur un ou des garçons, contre 18 % par une ou plusieurs filles.
La violence des élèves est majoritairement portée contre des personnes du même sexe. Cependant, comme les garçons sont beaucoup plus impliqués que les filles dans les phénomènes de violence, ils restent majoritaires parmi les agresseurs de filles et surtout des personnels féminins : les garçons sont ainsi à l’origine de 54 % des violences commises envers les filles et de 71 % des agressions faites aux femmes travaillant dans le secondaire public.
o Échec scolaire et violences sexistes
Les associations reprennent à leur compte les propos de la Conférence de consensus de l’académie de Créteil-université Paris XII.
La mixité à l’école : filles-garçons : « Quand le parcours scolaire se
révèle semé d’échecs et de souffrance, il ne reste que la violence, contre les autres garçons, contre les filles, contre soi-même.
Il y a quelques décennies, la valorisation de certains métiers physiquement
durs, permettait d’exprimer sa virilité, c’est moins le cas aujourd’hui avec la désindustrialisation.
Dans le même temps, ces garçons voient leurs soeurs mieux réussir qu’eux et ont peur qu’elles s’éloignent.
Pour les garçons les plus en difficulté, le groupe de pairs devient refuge symbolique et lieu d’une possible reconnaissance de soi.
L’ « honneur viril », les violences verbales, parfois physiques
deviennent des recours pour exister quand l’École ne permet plus la valorisation de soi. ».
Ainsi, le « malaise scolaire masculin » engendre de la violence à l’égard des filles et des bons élèves, filles ou garçons.
o Des attitudes sexistes parfois exacerbées sous prétexte de différences culturelles
Lors de son audition, l’Agence de développement des relations interculturelles pour la citoyenneté (ADRIC) a souligné que les violences sexistes et sexuelles ne renvoient en rien à telle ou telle culture.
Mais certains discours de mouvements politico-religieux valorisent des stratégies identitaires et communautaristes : l’autonomie des femmes, l’égalité des sexes y est niée en faveur d’une appartenance fictive à une communauté unifiée dans un projet sociopolitique.
L’ADRIC pointe les difficultés des acteurs du système éducatif à se positionner face au sexisme de certains jeunes par peur de glisser vers le racisme.
La crainte est alors de produire des effets pervers, à savoir la
stigmatisation de personnes déjà discriminées (cf. les études de cas présentées dans le guide de l’Agence de développement des relations interculturelles pour la citoyenneté – ADRIC – Face aux violences et aux discriminations : accompagner les femmes issues des immigrations).
Des progrès ont été réalisés ces dernières années, dans la meilleure réussite scolaire des filles et dans l’activité des femmes.
Par conséquent, parmi les plus diplômées, la ségrégation entre emploi
masculin et féminin s’est estompée, même si la progression professionnelle reste plus difficile que pour les hommes.
Mais une majorité de femmes n’a pas su ou pu valoriser ses résultats scolaires et se trouve cantonnée dans des emplois peu qualifiés du tertiaire : les femmes sont majoritaires dans la population vivant sous le seuil de pauvreté, dont elles représentent 54 % de l’effectif
Ceci s’explique en partie par un temps partiel très souvent subi.
L’École a donc pour rôle de pousser les jeunes filles à poursuivre leurs trajectoires et à ne pas minorer leurs ambitions : ce sont les inégalités d’orientation, qui, bien plus que les inégalités de réussite, engendrent les inégalités de carrières entre les sexes.
Le travail sur les représentations participe de la mission de l’École et concerne les filles comme les garçons.
Chiffres clés 2009 de l’égalité entre les femmes et les hommes, Service des droits des femmes et de l’égalité
L’École ne peut agir seule, mais doit s’inscrire dans une politique publique très volontariste, par exemple en matière de conciliation de la vie professionnelle et de la vie familiale et dans la lutte contre les violences faites aux filles et aux femmes.
Le recul des discriminations passe par cette volonté politique.
Enfin, le refus de la mixité ou les violences à l’égard des filles se produisent parfois au nom de convictions culturelles ou politico-religieuses : refus d’activités mixtes de la part d’élèves filles ou garçons, contrôle des garçons sur l’habillement des filles ou sur leurs activités.
Il est alors important pour la mixité que soit réaffirmé le principe de laïcité.
Former les membres de la communauté éducative
• Former les enseignants et l’ensemble des membres du système éducatif, particulièrement en formation initiale, en exigeant que les maquettes de masters comportent une formation à l’égalité fille/garçons qui soit prise en compte au moment de l’épreuve orale du concours.
En formation continue, intégrer la dimension de l’égalité dans les formations, notamment dans celles qui portent sur la gestion de la classe.
• Former les professeurs principaux de 4e et 3e à l’ouverture des choix possibles d’orientation, notamment des filles dans le domaine scientifique et technique en lien avec des profes
sionnels.Impliquer fortement la vie scolaire et les partenaires institutionnels
• Inciter les chefs d’établissement à inclure dans le projet d’établissement puis le contrat d’objectifs un axe relatif à la prévention des discriminations et/ou à la promotion de l’égalité filles-garçons.
Des indicateurs des tableaux de bord des établissements mesureront les
progrès accomplis dans ces domaines.
Produire systématiquement des statistiques sur le harcèlement sexiste, au niveau des établissements, des bassins, qui soient une aide au pilotage des établissements.
• Inciter à la mise en oeuvre des conventions régionales sur l’égalité filles/garçons par la création d’un comité de pilotage régional associant l’ensemble des partenaires et généraliser le référent égalité de chaque établissement. Diversifier l’orientation scolaire et professionnelle
• Utiliser, dans la réforme du lycée, certains leviers pour promouvoir la diversification des choix professionnels, en particulier :
o insister sur les opportunités offertes par une série comme sciences et technologies de l’industrie et du développement durable (STI2D).
La rénovation des sciences et technologies industrielles (STI) doit permettre de rendre cette filière attractive en particulier pour les filles : il s’agit de filières susceptibles de mener à des métiers très diversifiés ;
o les enseignements d’exploration : ils permettent de découvrir des champs disciplinaires différents (par exemple, dans le domaine de l’égalité filles-garçons, « création et innovation technologique »).
Demander aux proviseurs d’essayer autant que possible d’équilibrer les viviers, les flux, de manière à assurer une mixité plus forte ;
o un engagement de l’établissement peut se faire dans le cadre du contrat d’objectifs. • Travailler sur l’image des métiers et des filières en lien avec l’ONISEP :
o lancer un travail de fond sur l’image des métiers : présenter les métiers, puis les filières qui y conduisent ;
o faire dans la voie professionnelle ce qui a été fait dans la voie technologique (action à long terme) : moderniser l’image des filières.
• Bien accueillir des élèves minoritaires dans certaines filières, stages, ou au moment de l’insertion professionnelle, nécessite un double engagement :
o des entreprises : établir une charte de l’égalité (en particulier en incluant le MEDEF).
Charte par laquelle les entreprises s’engagent à être plus attentives à l’accueil des filles en stage et en insertion professionnelle ;
o des chefs d’établissement, en particulier en lycées professioninels et lycées technologiques : proposer aux recteurs, lorsqu’il y a des déséquilibres forts d’orientation, d’inciter les chefs d‘établissement à prendre des mesures pour l’accueil et la bonne intégration des filles et/ou garçons minoritaires (contrat d’objectifs de l’établissement), dans le cadre des lettres de mission qui leur sont adressées.
Associer les partenaires :
• les entreprises : cf. supra ;
• les parents : ils sont conscients du poids des résultats scolaires dans l’orientation de leur enfant, mais sous-estiment le poids des déterminants culturels et en particulier celui du sexe de l’élève. Pour ce faire, informer davantage les parents de l’enjeu de la mixité, dans une politique de coopération avec les équipes éducatives ;
• de nombreuses associations ont élaboré des outils qu’il conviendrait d’utiliser dans un partenariat plus soutenu avec l’École. Communiquer
• Lancer une campagne nationale à la télévision sur une chaîne publique à une heure de grande écoute sur un enjeu national : la mixité, valeur positive, autour des filières et des métiers.
• Organiser un partenariat avec des organes de presse pour lancer des actions de sensibilisation pour l’égalité filles/garçons.

"Sachez bien qu’une grande part de ce qui fut jadis considéré comme acceptable ne l’est plus aujourd’hui. Soyez assuré-e-s que le monde peut changer. Nous l’avons déjà beaucoup changé, et tout ce qui nous reste à faire maintenant, c’est d’achever le travail !" Susan Estrich, Sex and Power, 2000