Concert pour tous mardi 21 mai à la Bastille !
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Concert pour tous mardi 21 mai à la Bastille !
Sports et homosexualités : c’est quoi le problème ?
"Petite tarlouze", "On n’est pas pédés, la preuve on t’encule", les propos et les banderoles homophobes fleurissent dans les stades.
Pour la première fois, un documentaire de Canal+ aborde sans tabou la question de l’homosexualité dans le sport.
Il n’y a pas moins d’homosexuels dans ce domaine qu’ailleurs.
Simplement, très peu d’athlètes révèlent leur orientation sexuelle.
Y-a-t-il donc un problème entre le sport et les homos ?
C’est à cette question que tente de répondre le documentaire, écrit et réalisé par Michel Royer, coproduit par Capa, à partir d’interviews, de reportages et d’images d’archives.
Michel Royer explique avoir essuyé beaucoup de refus.
"Certains acceptaient de parler de leur homosexualité au téléphone, mais pas en public.
Le triathlète Carl Blasco, la footballeuse Marinette Pichon parlent pour la première fois", a-t-il confié à l’AFP.
D’autres sportifs de haut niveau témoignent.
Comme le plongeur australien Matthew Mitcham, qui a été le premier champion olympique ouvertement homo en 2008, ou le footballeur Olivier Rouyer qui a fait son coming out à 53 ans.
Pourquoi si tard ? "J’ai envie de dire tout simplement parce que la société n’est pas prête à ça", concède ce dernier, reconnaissant avoir eu peur d’être traité de "sale pédé".
Un sociologue a interrogé une douzaine de sportifs de premier rang sous réserve de ne pas révéler leurs noms.
Leur réponse a été unanime : "Il n’est pas question de révéler notre homosexualité, ça nous mettrait en danger dans le milieu sportif".
Le premier risque pour un athlète qui ne cache pas son homosexualité est d’être mis à l’index de l’équipe.
Car le sport véhicule toutes sortes de clichés sur la virilité et de préjugés souvent ressentis douloureusement par les athlètes.
Tant et si bien que beaucoup affichent une hétérosexualité, parfois imposée par leurs sponsors.
Pour le triathlète Carl Blasco, en parler fut toutefois "une grande libération".
"Le racisme et l’homophobie, je ne vois pas la différence", assure le champion du monde 1998 de football Lilian Thuram.
Au sein des instances sportives, même si l’homophobie est condamnée, le discours est parfois maladroit.
Pour preuve la réponse de Jean-Pierre Escalettes, président de la Fédération française de football, à la proposition d’une charte contre l’homophobie.
"On n’a pratiquement jamais de cas qui se présente pour aller signer une charte pour attirer l’attention sur quelque chose qui n’est pas, heureusement, répandu".
"Dans le rugby on ne parle pas d’homosexualité car les joueurs ont des gestes très physiques entre eux, ils préfèrent ne pas savoir pour éviter toute gêne.
C’est un peu moins idiot que dans le foot où être homo est une injure", estime Michel Royer.
Pour lui, la situation va évoluer : aujourd’hui les médias évoquent le sujet qui n’est plus tabou pour les jeunes générations.
Mais dans des sports collectifs masculins comme le football et le rugby, gérés par des responsables vieillissants, le chemin risque d’être encore long.
"Avec l’écho qu’a eu notamment l’histoire du Paris Foot Gay, il y a une vraie sensibilisation.
La société va plus vite que les décideurs : il y a un gouffre entre le public et les sportifs d’un côté et les instances dirigeantes de l’autre", considère le producteur de Capa, Jean-Marie Michel.
Nouveaux propos homophobes dans le monde du foot professionnel.
Ils émanent de Guy Lacombe, l’entraîneur du club de Monaco et ont été prononcés samedi 5 décembre 2009 lors d’une conférence de presse.
Commentant la contre-performance de ses joueurs, ce dernier déclare :
"J’ai trouvé que certains faisaient du patinage artistique ce soir.
À votre avis, c’est un sport de quoi… ?".
Le président de la Fédération des sports de glace, Didier Gailhaguet, n’a pas apprécié l’allusion et a ironisé sur les "footballeurs qui mettent des heures à se relever prétextant des bobos virtuels".
Le champion de patinage Alban Préaubert a invité Guy Lacombe à venir voir les patineurs s’entraîner.
"Nous l’accueillerons les bras ouverts et qu’il n’y voie surtout pas une quelconque proposition !", a-t-il commenté.
Mis en ligne le 09/12/2009
11 novembre 2010
Publié par Judith Silberfeld
http://yagg.com/2010/11/11/plus-le-…
« Plus le sport est collectif et masculin, plus il est homophobe. »
Cette phrase de Michel Royer, réalisateur de l’excellent documentaire Sports et homosexualités, c’est quoi le problème ?, pourrait résumer le débat organisé mardi 9 novembre à Paris, dans le cadre des Mardis du Grand Palais.
Pour répondre à la question « Le sport a-t-il un problème avec l’homosexualité ? », les organisateurs avaient invité le réalisateur, mais aussi le juriste Daniel Borrillo, la vice-championne d’Europe de triathlon Carole Péon et notre chroniqueuse Bénédicte Mathieu.
Difficile de parler réellement de débat, dans la mesure où les intervenants et la salle étaient dans l’ensemble d’accord sur la plupart des points soulevés.
Comme l’a fait remarquer Carole Péon en fin de rencontre, il aurait fallu faire venir des homophobes, pour tenter de comprendre d’où vient leur homophobie.
La discussion fut néanmoins instructive et loin d’être superficielle. En voici quelques points forts, suivis de trois questions à Carole Péon.
Daniel Borrillo :
• « Le sport est intimement lié à l’homosexualité historiquement. Cette proximité explique peut-être l’homophobie. »
Michel Royer :
• « Dans le foot, les sponsors et l’entourage font pression pour que les homos ne fassent pas leur coming-out. »
• « Il y a quand même une évolution : quand Martina Navratilova a été outée, elle a perdu ses sponsors, pas Amélie Mauresmo quand elle a fait son coming-out. »
• « La contre-figure, l’ennemi du sportif, c’est l’homo. »
Bénédicte Mathieu :
• « L’Insep a inscrit la lutte contre l’homophobie dans la formation des éducateurs. »
Daniel Borrillo :
• « Les choses évoluent quand il y a des coming-outs. »
Michel Royer :
• « Les clubs sportifs LGBT ont une dimension militante. Ils affichent publiquement l’idée que des gens homos sont des sportifs. »
Bénédicte Mathieu :
• « Le sport est un lieu d’affect absolu, de passion absolue. »
Michel Royer :
• « Le sport est le dernier endroit de la société, avec peut-être les jouets, où l’on fabrique les genres. »
• « Il faudrait aussi faire avancer la mixité dans le sport ».
Carole Péon :
• « En triathlon, on voyage ensemble, filles et garçons, les épreuves sont les mêmes. Après les épreuves des championnats du monde, qui ont lieu tout au long de l’année, il y a toujours une soirée où on se retrouve tous, filles et garçons du monde entier. Les autres athlètes apprécient que ma compagne (qui est aussi triathlète) soyons à l’aise avec notre homosexualité, ça les met à l’aise aussi que nous ne nous cachions pas. »
Michel Royer :
• « Plus le sport est collectif et masculin, plus il est homophobe. Mais même dans des milieux où l’homosexualité est très bien acceptée, il y a une sorte d’omerta. On a vu des équipes de basket françaises championnes d’Europe où toutes les filles étaient homos, mais on ne peut pas le dire parce que les instances ont peur que les parents n’inscrivent plus leurs enfants dans les clubs. »
Trois questions à Carole Péon :
Pourquoi un débat comme celui-ci est-il important ?
En fait, j’ai tendance à ne pas trop répondre aux journalistes parce que j’ai cette impression qu’on entre dans ma vie, et c’est un peu difficile.
Mais là, j’ai souhaité venir ce soir en raison de ce qui est arrivé à Yoann Lemaire. Ça m’a un peu énervée, et je me suis dit, je fais le déplacement, j’y vais, parce que j’ai vraiment l’impression que c’est sérieux, et là je le prends à cœur.
Comme vous le disiez lors de la discussion, vous n’avez pas vraiment subi l’homophobie dans votre carrière, ce que vous expliquez en partie par le fait que vous êtes dans un sport très ouvert, très mixte aussi. Est-ce que même avant d’arriver au haut-niveau les choses se sont toujours bien passées ?
Je pense que quand on est jeune, ce n’est pas forcément facile non plus. Pour moi, ça a commencé à aller mieux le jour où j’ai dit à ma mère que j’étais homo, et qu’elle m’a répondu « c’est tout ? ».
À partir de là, j’ai vraiment senti que j’étais en train de redevenir moi-même, comme quand j’étais plus jeune et que je ne m’étais pas encore rendu compte de ce qui se passait.
J’ai vraiment le sentiment, en ce qui me concerne, que ça venait de moi, et que je me sentais mal par rapport à moi parce que j’avais l’impression de ne pas faire quelque chose de bien. Alors est-ce que c’est parce que j’étais gay ou parce que j’étais gay et que je ne le disais pas à mes amis et que j’avais l’impression de mentir, ce qui fait que je me sentais mal ?
En fait, maintenant, tout le monde le sait, et ça n’a jamais posé de problème à personne, ce qui montre bien que le souci venait de moi, pas d’eux.
Il y a peut-être un petit peu moins d’homophobie que l’on croit… Il y en a, c’est évident, je ne dirai jamais le contraire, mais je pense que si chaque homosexuel avait un petit peu plus confiance en lui, était heureux et montrait une image d’une personne qui a envie d’aller vers les autres, je pense qu’on gagnerait un peu du terrain. C’est aussi un travail sur soi parfois.
Quand je pose la question à mes amies étrangères, c’est exactement ce qu’elles me disent : avant d’être gay, elles m’aiment parce que je suis sympa, que je suis drôle, que je les fais rire et voilà, c’est tout.
Que je suis heureuse, tout simplement, que je suis sociable et tout ça.
Quand on est mal dans sa peau, les gens n’ont pas forcément envie de venir vers nous, tout simplement.
Donc il y a ça aussi à résoudre, il y a un problème des deux côtés, du côté des homophobes et du côté des homosexuels qui doivent se forcer à prendre un peu plus confiance en eux dans certains cas.
Est-ce que sportivement le coming-out est libérateur ? Est-ce que quand on n’a plus cette pression de se cacher, on est plus fort ?
Sur cette question, je suis entièrement d’accord avec ce que dit Carl Blasco dans le film de Michel Royer.
Quand on cache quelque chose aux autres, qu’on a l’impression de mentir à tous les gens qui sont autour de soi et que finalement on se ment à soi-même, je ne vois pas comment on peut être bien dans sa peau.
Plus je l’ai dit, mieux je me suis sentie, plus j’ai été performante aussi. Il n’y a pas que ça, bien sûr, il y a plein d’autres choses pour être performant, mais c’est sûr qu’il faut être libéré.
Pour faire une performance, comme le souligne Carl, il faut être à 100% mentalement et physiquement. J’ai du mal à concevoir, personnellement, qu’on puisse être à 100% performant si on n’est pas en accord avec soi-même.
Maintenant, apparemment, il y a plein de sportifs gays qui sont très très performants et qui ne le disent pas, donc je pense que cela dépend énormément de la personnalité et du profil de chacun.
Mais moi, je ne peux pas mentir, cacher des choses, si je veux être bien avec moi-même et mon entourage.

"Imaginez à quoi ressemblerait le monde si tous les homos sortaient du placard, à un champ de bataille ? Non, on verrait des gens qui parlent davantage et qui sont plus honnêtes. Essayez pour voir " Xavier Héraud et Charles Roncier.