:

Heterhomo

Égalité des Genres et des Sexualités dans le Monde de l'Éducation

Concert pour tous mardi 21 mai à la Bastille !

Bas
Accueil du site > Généralités > Stéréotypes sexistes > Stéréotypes sexistes dans les médias
agrandir le texte réduire le texte texte normal imprimer envoyer l'article par mail

Stéréotypes sexistes dans les médias

comment s’en débarasser

Dans la même semaine deux textes, l’un français, l’autre européen, ont mis l’accent sur le nécessaire travail à accomplir dans les médias pour lutter contre les stéréotypes sexistes.
Des petits pas contre ce que la parlementaire suisse Doris Stump considère comme des « jugements de valeur » qui « légitiment le sexisme ordinaire ». Rencontre et explications.

Haro sur les stéréotypes sexistes dans les médias

Écrit par Arnaud Bihel - 28 Juin 2010

"Plafond de verre" dans les médias français

« On note, tous médias confondus, une extraordinaire absence des femmes occupant des postes de pouvoir, comme si le pouvoir et la féminité étaient un cocktail qui faisait encore peur et n’entrait pas dans le contrat de lecture des journaux avec leurs lectrices. »

Cette analyse est issue du rapport sur l’image des femmes dans les média, publié en 2008.
Elle s’appliquait au contenu de la presse féminine.
Mais elle peut aussi s’appliquer à la direction et la représentation de la presse en général. En 2006, la délégation aux droits des femmes du Sénat remarquait une « proportion de femmes inférieure à 10 % dans les postes de direction "stratégiques" des médias français. »

Ainsi, le bureau du nouveau syndicat de la presse magazine - secteur au sein duquel la presse féminine est florissante – comporte uniquement des hommes.

Face au sexisme dans les médias, c’est une petite avancée qu’intègre la proposition de loi contre les violences conjugales – adoptée en première lecture par le Sénat jeudi 24 juin. Elle ouvre aux associations de défense des droits des femmes la saisine du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA).
Elle ajoute par ailleurs une précision aux objectifs de lutte contre les discriminations confiés à l’audiovisuel public : radios et télévisions publiques doivent agir contre « les préjugés sexistes, les violences faites aux femmes, les violences commises au sein du couple » et promouvoir « l’égalité entre les hommes et les femmes. »

Quelques heures plus tard, l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE) adoptait une résolution visant à « combattre les stéréotypes sexistes dans les médias ».
Le texte, proposé par la socialiste suisse Doris Stump, propose une série de mesures aux Etats membres du Conseil de l’Europe (1).

Ce ne sont que des propositions, sans valeur contraignante. Mais les mots sont forts : le texte considère les médias comme un « chaînon vital des démocraties », mais qui « perpétuent une représentation réductrice, figée et caricaturale de la femme et de l’homme, ils légitiment le sexisme ordinaire et les pratiques discriminatoires et peuvent faciliter ou légitimer l’usage de la violence fondée sur le genre ».

« Jugements de valeur »

Un sexisme médiatique présent à la fois dans le fond et dans la forme.
Pour Doris Stump, « si les médias donnent une image des femmes qui se réduit à leur aspect physique et les définit en fonction de leur relation avec les hommes, alors que les hommes sont montrés au travers de leurs activités économiques ou politiques, il ne s’agit plus simplement d’information, mais de jugements de valeur. »

La sous-représentation des femmes est en effet particulièrement visible quand arrivent les sujets économiques ou politiques. Et même dans les pays du Nord, réputés moins sexistes. Ainsi en Suède, 46 % des parlementaires sont des femmes, mais elles ne représentaient dans une enquête en 2005 que 28 % des parlementaires apparaissant dans les médias.

Dès lors, la recommandation de l’APCE propose aux parlements nationaux d’adopter une série de mesures. La plupart les invitent à multiplier les outils de travail pour faire progresser l’égalité – campagnes de sensibilisation, de formation, mécanismes d’autorégulation, d’échanges de bonnes pratiques.

D’autres sont plus concrètes : les parlementaires sont ainsi invités « à mettre en place des quotas ou d’autres mesures positives dans les médias publics, assortis d’objectifs visant à améliorer la participation et la représentation des femmes ».
Plus qu’une question quantitative, une affaire de visibilité. « Comme il y a beaucoup de femmes formées et actives dans le domaine du journalisme, ce ne devrait pas être difficile d’obtenir le droit à ce qu’elles y soient aussi bien représentées que les hommes », veut croire Doris Stump.
Pourtant, ces recommandations ne traduisent difficilement en actes. Dès 2002, l’APCE recommandait aux gouvernements « d’adopter une loi en faveur de l’égalité des sexes dans les médias ».
Huit ans plus tard, il lui faut remettre l’ouvrage sur le métier.

Dignité contre liberté d’expression

La résolution conseille par ailleurs un renforcement de l’arsenal judiciaire contre la diffusion des stéréotypes sexistes.
Doris Stump s’inquiète en particulier de leur propagation sur internet (tout en reconnaissant que les nouveaux médias « représentent un champ nouveau d’expression pour les femmes qui se sont emparées de l’espace virtuel »).
Elle insiste dès lors : le respect de la dignité de la personne humaine et la répression des pratiques discriminatoires doivent primer sur la liberté d’expression.
Laquelle « n’inclut certainement pas la liberté de propager des idées préconçues, des représentations stéréotypées et dangereuses sur une catégorie de la population, que ce soient les noirs, les juifs, les homosexuels, les femmes.
Le racisme est punissable, l’antisémitisme n’est pas acceptable. Le sexisme ne doit pas être toléré. »

Pour renforcer l’arsenal judiciaire, Doris Stump a inclus dans sa résolution un autre objectif : « garantir le droit fondamental à l’égalité entre les femmes et les hommes dans la Convention européenne des droits de l’homme, et donc devant les juridictions nationales. »
Là encore, le processus est long.
Cette proposition d’ajouter un tel protocole à la Convention – cela est du ressort des ministres - avait été proposée par l’APCE dès 2007, sans résultat pour le moment. D’où la nécessité de « relancer le processus », reconnaît Doris Stump.

La difficulté de convertir les idéaux en actes, le Secrétaire général du Conseil de l’Europe, Thorbjørn Jagland, ne la cachait pas le 8 mars 2010 : « 
Nous devons passer la vitesse supérieure, grâce à de nouvelles politiques et à de nouvelles stratégies.
En dépit de nos nobles idéaux, il manque aux démocraties européennes un pilier, et ce pilier est une véritable égalité entre les sexes »

(1) Le Conseil de l’Europe, qui siège à Strasbourg, regroupe 47 Etats européens. Il a « pour objectif de favoriser en Europe un espace démocratique et juridique commun, organisé autour de la Convention européenne des droits de l’homme et d’autres textes de référence sur la protection de l’individu. »

Haut

Citations

"Non seulement la société définit le sexe comme une réduction à partir de différents facteurs biologiques et sociaux, mais surtout elle transforme les individu-e-s de façon à les faire correspondre aux archétypes de sexe." Guillaume Carnino "La prise de conscience de la gravité du phénomène homophobe est un préalable nécessaire à l’action répressive, car dans le cas contraire, celle-ci sera ressentie comme partiale, au service exclusif des intérêts d’une partie de la population" Daniel Borillo

S'inscrire à la Newsletter

 

S'inscrire pour participer à la vie du site

Vous inscrire sur ce site

L'espace privé de ce site est ouvert aux visiteurs, après inscription. Une fois enregistré, vous pourrez consulter les articles en cours de rédaction, proposer des articles.

Identifiants personnels

Indiquez ici votre nom et votre adresse email. Votre identifiant personnel vous parviendra rapidement, par courrier électronique.

Liens Contact Mentions légales Plan du site Admin Haut