Concert pour tous mardi 21 mai à la Bastille !
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Concert pour tous mardi 21 mai à la Bastille !
Têu par Rédaction 12 juillet 2010,
Le 15 juin, trois hommes étaient condamnés à des peines de prison pour avoir fait vivre une nuit de cauchemar à Sébastien.
Ce styliste installé à Londres a contacté TÊTU pour évoquer l’affaire : sa frustration face au jugement, la difficulté de se reconstruire, et ses appels à la vigilance.
Quatre ans de prison, dont trois ferme pour deux d’entre eux. Deux ans, dont dix-huit mois ferme pour le troisième. Le 15 juin dernier, le tribunal correctionnel de Meaux condamnait trois hommes à des peines de prison pour avoir fait vivre une nuit de cauchemar à Sébastien, un jeune gay rencontré en boîte.
Le caractère homophobe de l’agression a été reconnu comme circonstance aggravante lors du procès…
Oui. Même si les agresseurs ont essayé de minimiser cet aspect, tout dans le dossier montrait qu’il s’agissait bien d’homophobie et le parquet n’a pas remis cela en cause.
Donc les faits sont là, les choses ont été dites, mais je ne sais pas si les gens réalisent vraiment ce que ça signifie, ce qui a été fait. Or sur le moment, cette nuit-là, je pensais que j’allais mourir, ce que j’ai subi était horrible. Et j’ai l’impression que l’affaire a été jugée comme de la petite délinquance.
Après l’agression, aviez-vous hésité à prévenir la police ?
Oui, au départ, je ne voulais pas porter plainte. J’avais honte, je pensais que c’était ma faute, que j’avais eu ce que je méritais.
C’est mon père qui a insisté, et aujourd’hui je ne regrette pas de l’avoir fait. Le contact avec la police s’est très bien passé. Je me suis trouvé face à des policiers d’aspect très viril, très macho, mais je n’ai pas été jugé, il n’y a eu aucun sous entendu.
Et aujourd’hui je le dis à ceux qui pourraient être victimes d’agressions homophobes : il faut porter plainte, il faut qu’il y ait des jugements comme celui de mon affaire, sinon rien ne changera.
Quelles ont été les conséquences directes de cette attaque sur votre quotidien ?
Cette agression a changé ma vie, ça a tout changé. J’ai été au chômage, sans pouvoir retrouver du travail. J’avais l’impression que tout s’écroulait autour de moi, et que tout découlait de cette nuit-là. Maintenant, j’ai toujours du mal à faire confiance aux autres, dans ma vie personnelle et professionnelle.
Une telle agression laisse-t-elle des séquelles psychologiques ?
Ils m’avaient conduit dans une sorte de champ. C’était en décembre, tout était très calme, silencieux. Il faisait froid et humide. Aujourd’hui, dès que je retrouve cette atmosphère, comme parfois chez mes parents, je repense immédiatement à l’agression.
De même, les situations de violences m’effraient désormais, et j’essaie de ne pas être trop à découvert, je me mêle dans la foule quand je redoute d’être trop voyant.
C’est devenu une priorité pour moi. Je ne veux plus faire de concessions sur ce que je suis, je veux être moi-même.
Est-ce une réaction au fait que vos agresseurs vous ont contraint à vous excuser d’être gay ?
Est-ce que cette brimade vous a particulièrement affecté ?
Ça a été très douloureux. Dans mon sac, ils ont trouvé un album de photos de famille, avec mon père, ma mère, ma soeur, ma nièce. Ils ont pris les photos une à une, en me les mettant sous les yeux, en me disant : « t’ as pas honte ? T’as pas honte d’être gay ? Regarde ta mère ! » Avec des coups qui pleuvaient ensuite dans mon dos…
D’où votre envie de vous affirmer d’autant plus aujourd’hui ?
Auparavant, il m’arrivait de faire attention à ce que je portais, quand je prenais le train de chez mes parents à Paris, par exemple.
Mais aujourd’hui je n’accepte plus cela, je ne veux pas me dire : « il faut que je renonce à être moi-même parce que je vais à tel endroit ». A 32 ans, je ne veux plus en être là, je ne veux pas baisser la tête.
En nous contactant, vous souhaitiez aussi faire passer un message de prudence…
Oui je voulais juste rappeler aux gays qu’il faut faire attention. Qu’il s’agisse de rencontres sur internet, ou dans la rue, ou même dans des boîtes homo, on peut rentrer très vite avec quelqu’un qu’on ne connaît pas, l’emmener chez soi. Et il faut être prudent. Moi je m’en suis sorti, mais on ne sait jamais ce qui peut arriver…

Toutes les petites filles sont plus passives, plus tournées vers les grandes personnes alors que les petits garçons sont plus actifs et plus tournés vers la réalité matérielle. C’est juste ! Mais ce n’est pas inné, c’est bel et bien inculqué. Dès le berceau !